Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Dis-moi où tu vis, je te dirai comment tu t’appelles.

Contrairement à ce que laisse penser le titre, ce billet ne sera pas l’occasion de vous parler de gentilé. Ce sera un billet consacré à l’origine (possible) des noms de mes ancêtres.

Avant toute chose, quand et comment se sont formés les noms de famille ?

C’est entre les IXè et XIIè siècles que se répand l’utilisation des noms de famille (exception faite des Romains qui utilisaient un prénom, un gentilice, c’est-à-dire le nom du groupe de famille et un surnom, qui deviendra le nom de famille héréditaire).

Les noms de famille peuvent être formés à partir :

– d’un nom de baptême (Bernard, Martin, Garnier, Béranger…) Parfois, les noms de baptême sont accompagnés d’un préfixe marquant la filiation, comme Ageorges, « fils de » Georges, Fitzgerald, Ibn Saïd, O’Neal, ou d’un suffixe ayant la même signification, comme Robertson, Davydenko, Angelopoulos, Ivanovitch, Fernandez…). Ils sont appelés hypocoristiques lorsqu’il s’agit de diminutifs issus de noms de baptême (Guillaumet, Jacquot, Binet qui vient de Robinet qui vient de Robin qui vient de Robert, Mabilleau qui vient d’Aimable…).
Les noms de baptême peuvent être d’origine germanique (Bernard, Enjalbert), latine (Colomb, Fournier, Lafitte), grecque (André), hébraïque (Michel), bretonne (Guyomard), gauloise (Chastaing), biblique (David, Adam)…

– d’une origine géographique (topo-patronyme) (nom d’une région, d’une ville, d’un village, d’un hameau, d’un lieu d’habitation, comme Lallemand, Pagnol pour Espagnol, Normand, Toulouse, Delalande, Dujardin, Dupont, Rivière…)
– d’un métier (Charbonnier, Métivier, Meunier, Fournier, Lesueur, Maréchal et ses équivalents étrangers tels Legoff, Herrero, Kovac, Lefebvre)
– d’un sobriquet (caractéristique physique ou morale, comme Lepetit, Legrand, Leroux, Leborgne, Hardy, Lecomte, Lejeune, Trouvé…)

(source : Heredis)

En ce qui concerne mes ancêtres, certains étaient peut-être :
– juif (Lejude),
– brun ou blond ou chauve (Lebrun, Blond, Chauveau), petit (Le Corre),
– violent (Chopin),
– franc/hypocrite/fils d’un François (Lefrenc),
– fils d’un certain Genet (Agenet),
– meunier ou boucher ou bourreau ou charbonnier ou vendeur de peau ou boulanger ou forgeron (Meunier, Boucher, Bourreau, Charbonnier, Le Peltier, Painchault, Lefebvre),
– cultivateur d’un petit verger (Bergeret),
– hérétique/sodomite/prêteur sur gage/vaurien (Lebougre),
– noble/qui se donne des airs de nobles (Roy/Baron),
– ivrogne (Boileau)
– équarisseur/ fainéant (Tulasne, qui tue l’âne ou le fatigue à ne pas travailler)

(Et maintenant, la partie en rapport avec mon titre)
Et d’autres devaient vivre sur une lande (Delalande, Deslandes, Mariau), près d’un bois d’aulnes (Aulnet, Delaunay, Desaunay, Verna), ou d’un lieu broussailleux (Brosseau), dans un bois (Desbois), un champs (Deschamps, Desprès), près d’une haie de branches entrelacées (Deplaix).
D’autres étaient peut-être originaires d’Anjou ou de Gascogne (Angevine, Gascogne), d’un hameau d’Anctoville (Gastebled), d’un lieu-dit de St-Epain (Aviron) ou de Neuillé-Pont-Pierre (Mazouer) ou d’un hameau de Rivarennes (Chaussepied), ou de la paroisse de Plaix (rattaché à la commune de Draché en 1792),
Certains habitaient probablement près du cimetière (Cimetière), près d’un calvaire (Delacroix), d’une fontaine ou d’une source (Fontaine), près d’une clôture (Delabarre), en haut du village/d’un coteau (Duault), dans une maison faite de terre et de paille (Debauger),
D’autres vivaient peut-être près d’un sorbier (Cormier), d’un noisetier (Coudray, Coudret, Coudreau), d’un pin (Dupin, à moins qu’il ne soit boulanger), d’un étang (Delestang).

(1) Source bibliographique : Jean Moreau, Les Noms de famille en Touraine, origine, localisation, signification, C.L.D., 1992.
– Geneanet, Origine des noms de famille.
– Filae, Origine, étymologie, popularité de votre nom de famille.

 

LSF

 

Publié dans Généalogie, Qui sont mes ancêtres ?

Mes ancêtres Artannais

Temps de lecture : 4 minutes

Celle par qui tout commence, c’est Catherine Guibert, mon sosa 57. Elle est issue d’une longue lignée d’Artannais. Près de 7 générations avant elle ont vécu dans cette petite commune d’Indre-et-Loire (65 ancêtres).

Branche_artannaise (2)
LEGENDE
ancêtre racine : Catherine Guibert

gris : n’ont jamais vécu à Artannes
vert : sont nés à Artannes mais n’y sont pas décédés
jaune : ne sont pas nés à Artannes mais y sont décédés
rouge : ont toujours vécu à Artannes (BMS)
bleu : ont vécu à Artannes mais actes de baptême ou de sépulture manquants
Ancêtres_artannais_G10
LEGENDE
ancêtre racine : Henri Bulot (mon AGP)
gris : n’ont jamais vécu à Artannes
rouge : ont vécu à Artannes
jaune : Catherine Guibert

En l’an X, Artannes comprend 1006 âmes. A titre de comparaison, Tours comprend 20 fois plus d’habitants (source : AD37, annuaire). La population artannaise a oscillé entre 960 et 1160 jusqu’en 1968, puis n’a cessé d’augmenter pour arriver à 2621 habitants en 2016 (source : Ldh/EHESS/CassiniINSEE).
En 1836, la commune se compose de 263 garçons, 231 hommes mariés, 22 veufs, 272 filles, 231 femmes mariées, 65 veuves (source : recensements).
Jusqu’en 1936, Artannes s’appelle Artannes. A partir de 1936, Artannes s’appelle officiellement Artannes-sur-Indre. Parmi les lieux-dits attachés à la commune, un seul identifié est lié à mes ancêtres, La Pichardière, où naît René Brosseau (sosa 458) le 03 juillet 1725 et où décède celle qui sera sa femme, Marguerite Fourmiau (sosa 459), le 25 décembre 1799.

Artannes_la_Pichardière_H2.PNG
(C)AD37, cadastre (1821), Artannes, section H, 2è feuille

Revenons à Catherine Guibert. Deux des AAGP de Catherine, ont retenu mon attention : René Guibert, sosa 912, décédé le 6 janvier 1738 à Artannes à 54 ans, et Claude Chollet, sosa 914, décédé le 19 janvier 1738 à Artannes, à 56 ans. Les deux hommes sont de la même génération (le premier naît le 27 janvier 1683 à Artannes et le second naît le 7 septembre 1681 également à Artannes) et coïncidence, ils meurent à 15 jours d’intervalle, à Artannes. Se connaissaient-ils ? C’est certain car Jacques (1721-1788, sosa 456), le fils de René, épouse Marie (1725-1767, sosa 457), la fille de Claude. La véritable question est de savoir s’ils se sont connus lors de leur enfance ou lorsqu’il a fallu trouver un concubin à leur progéniture. Un troisième AAGP de Catherine, Joseph Brosseau (sosa 916), pourrait aussi avoir connu les deux précédents. Il naît le 20 mai 1682 et meurt le 29 avril 1732 à 49 ans.

Le cas est le même pour Pierre Moreau, sosa 924, né le 29 juillet 1696 et mort le 11 décembre 1742 (à l’âge de 46 ans), et Pierre Chollet, sosa 926, né le 19 mai 1691 et mort le 22 avril 1739 (à l’âge de 47 ans), dont le fils du premier, Pierre (1721-?1748, sosa 462), épouse Marie (1720-1767, sosa 463), la fille du second.

Il s’en est fallu de peu que Jacques épouse la Marie de Pierre, et que la Marie de Jacques épouse Pierre (vous avez suivi ?) ! Jacques Guibert (sosa 456) aurait pu épouser Marie Chollet (sosa 463), plutôt que Marie Chollet (sosa 457), et Pierre Moreau (sosa 462) aurait pu épouser Marie Chollet (sosa 457), plutôt que Marie Chollet (sosa 463). Autrement dit, Jacques Guibert (sosa 456) aurait pu épouser Marie Chollet (sosa 463), fille Pierre Chollet et d’Anne Habert, mais il épouse Marie Chollet (sosa 457), fille de Claude Chollet et d’Anne Chollet, et Pierre Moreau aurait pu épouser Marie Chollet (sosa 457), fille de Claude Chollet et d’Anne Chollet, mais il épouse Marie Chollet (sosa 463), fille de Pierre Chollet et d’Anne Habert. Donc, ma sosa 457 aurait pu être ma sosa 463 et inversement.

Marie_Chollet.png

Mon ancêtre artannaise la plus ancêtre est Michelle Tuffeau (sosa 7397). Elle se marie avec Claude Lejude à une date indéterminée (les registres de mariages de la commune ne débutent qu’en 1641 mais le couple se marie avant le 1er février 1635, puisque leur fille Marie naît à cette date). Michelle meurt après le 28 juin 1665 (mariage de son fils Jean avec Renée Duvau), probablement le 16 décembre 1666 à Artannes :
« Le jeudy seziesme jour de décembre 1666 enterrement
de deffuncte femme de Claude Lejude »

Quel est l’intérêt de ce billet ? Juste mettre en évidence que j’ai un certain nombre d’ancêtres artannais.

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Les Ballanais morts pour la France

Lors de ma visite au cimetière de Ballan-Miré, je me suis intéressée aux tombes anciennes, parmi lesquelles, celles des soldats de la guerre 14-18.

En 2017, il ne restait que 7 tombes de soldats morts pour la France :
– Henri BELUET, mort pour la France (accident service commandé) – (carré G27),
– Charles BLED, mort pour la France (maladie contractée au front) – (carré B82),
– Adrien et Constant CHAMPEAUX, morts pour la France (tués à l’ennemi) – (carré G31),
– Constant MIGEON, mort pour la France (maladie contractée en service commandé) – (carré G24, tombe sans nom, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise),
– Pierre POIRIER, mort pour la France (tué à l’ennemi) – (carré G21, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise),
– De Serbrun (carré A49).

Ont disparu les tombes des soldats (dans l’ordre des registres d’Etat civil) :
– BONNIGAL Daniel (1884-1914), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– HAY Félix (1883-1914), mort pour la France (des sites des blessures reçues à l’ennemi-blessures de guerre).
– COULON Pierre (1872-1915), mort pour la France (maladie contracté en service),
– HAY Clément (1881-1915), mort pour la France (décédé à l’hôpital-maladie contracté en service, fièvre typhoïde),
– HELLER Gérome (1890-1915), mort pour la France (tué à l’ennemi, décédé des suites d’une fracture compliquée de la cuisse droite et du bras droit avec hémorragie-mort des suites de blessures de guerre),
– MENEAU Arthur (1895-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– COULON Marcel (1893-1915), mort pour la France (décédé à l’hôpital-maladie consécutive au service, méningite tuberculeuse),
– PELLE François (1870-1916), non mort pour la France (mort subite),
– LEBOUGRE Joseph (1876-1915), mort pour la France (blessures de guerre),

– GANGNEUX Amédée (ca 1879-1916), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– BARRIER Jean (1880-1914), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– MENEAU Arthur Désiré, (1895-1918) mort pour la France (décédé des suites de blessure de guerre en service sur le champ de bataille-tué à l’ennemi)
– MATHA Paul Constant, (1895-1916), mort pour la France (tué à l’ennemi)
– PELLE Julien (1876-1917), mort pour la France (par fracture du crâne consécutivement à un éboulement de carrière en service commandé)
– BROSSEAU Alphonse Eugène (1890-1914), mort pour la France (tué à l’ennemi)
– FONQUERNY Gustave Emile Léopold (1883-1917), mort pour la France (tué à l’ennemi)

– ARRAULT Louis (1881-1915), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– PASTEAU Raoul (1893-1915), mort pour la France (tué à l’ennemi), 
– METTON Désiré (1873-1916), mort pour la France (disparu-naufrage du Gallia),
– MIGEON Jean (1880-1916), mort pour la France (blessures de guerre),
– PICHAUREAU Auguste (1895-1918), mort pour la France (maladie contacté en service),
– BABIN Joseph (1898-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– COULON Abel (1892-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– BARAT Alfred (1891-1918), mort pour la France (mort en captivité),
– CHAUVELIN Rigobert (1890-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– COURTAULT Désiré (1883-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– ROBIN Alexandre (1891-1918), mort pour la France (disparu au combat),
– PELLE Alexandre (1890-1914), mort pour la France (disparu au combat),

– ALLAN Emile (1889-1914), mort pour la France (tué à l’ennemi), 
– PELLE Albert (1888-1918), mort pour la France (disparu au combat),

 

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Les tombes anciennes de Ballan-Miré

Tous les cimetières comportent un carré ancien, tous les cimetières sont parsemés de tombes d’un autre temps. Le cimetière de Ballan-Miré (Indre-et-Loire) n’échappe pas à la règle.
Après avoir obtenu l’autorisation de la mairie, je suis allée à la rencontre de ces inconnus oubliés.

La sépulture la plus ancienne que j’ai trouvée date de 1851. C’est celle de Marie Boilève, décédée le 19 janvier 1851 à l’âge de 86 ans.
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La plus jeune décédée (tombes anciennes) est Arlette Annick Brault, décédée le 16 octobre 1940 à l’âge de 5 mois (carré G5, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise).
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Juste à côté de la tombe d’Arlette se trouve celle de Jackie Brault, 8 mois (carré G3, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise).
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Les deux enfants sont certainement parents puisqu’Emmanuel, employé des chemin de fer est le père de la première et que le déclarant pour le second est Emmanuel, garde-barrière.

Il y a de nombreuses tombes devenues anonymes (G69-G62-G36, G54-G71-G22, G25-G23-G24, concessions faisant l’objet d’une procédure de reprise).

Certaines tombes n’ont plus de nom mais sont identifiables grâce aux procès verbaux de la Mairie. C’est le cas de la tombe G1 (concession faisant l’objet d’une procédure de reprise), dans laquelle repose Alain Lebrougre.
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Il y a aussi les tombes qui ne font pas l’objet d’une procédure de reprise mais qui sont visiblement à l’abandon. Le temps fait son œuvre.

Pour finir, on trouve les tombes disparues (carrés G38-G35, concessions faisant l’objet d’une procédure de reprise). Seul le panonceau de la Mairie indique qu’ici gît encore un Ballanais.

En 2017, il reste encore 7 tombes de soldats morts pour la France, Henri Beluet (carré G27), Charles Bled (carré B82), Adrien et Constant Champeaux (carré G31), Constant Migeon (carré G24, tombe sans nom, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise), Pierre Poirier (carré G21, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise), De Serbrun (carré A49).

 

Et quelques noms au hasard…

 

LSF

 

Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Visiter la Touraine en 1938

C’est à Château-la-Vallière, en 1890, qu’est créé en le premier syndicat d’initiative du département, le « Comité d’initiative des promenades et des embellissements de Château-la-Vallière ».
Constitué de notables locaux, le comité concourt à une politique municipale très active en faveur du tourisme : aménagement de jardins et boulevards, inscription d’éléments de patrimoine aux Monuments historiques…Il publie en 1890 un fascicule de visite à destination des voyageurs. On y trouve la description des principaux monuments de la ville et des villages alentours, ainsi que quelques informations pratiques ! (FRAD037 _ Fonds Bongars)(1)
Aucune description de photo disponible.
(1)(Sources : 200 ans de Tourisme en Touraine, catalogue d’exposition/Archives départementales d’Indre-et-Loire)

Parmi les publications « anciennes » que je possède, il y a un petit guide touristique de 1938.
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En 1938, le guide édité par Arrault & Cie en est à sa 38è édition. La Tour Charlemagne s’est déjà écroulée (1928) mais l’Hôtel Gouïn n’a pas encore souffert des affres de la guerre (1940) ; l’Hôtel de la Crouzille n’a pas été détruit par les bombardements (1940), ni l’Hôtel de Beaune-Semblançay ; la fontaine de Beaune-Semblançay a été déplacée plusieurs fois mais n’a pas encore retrouvé son emplacement d’origine ; la maison de la cordelière dite de Tristan Lhermitte, n’est pas encore le siège de l’IEHCA (Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation) et la chapelle St-Eloi n’accueille pas les Archives Municipales de Tours (1990) ; si les châteaux de Langeais, Loches, Chenonceau (entre autres) se visitent déjà, ceux de Montbazon et de Candé ne sont pas ouverts au public, et celui de Comacre est à 26 ans de sa destruction ; la bibliothèque municipale, encore sise place Anatole France (détruite dans l’incendie de 1940), est ouverte tous les jours, sauf jours de fête, du 1er août au 31 mars, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 4h00, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 5h00 du 1er avril au 1er août, fermée 8 jours avant et après Pâques.

J’ai un autre guide édité par Arrault et Cie, datant de 1943.

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Cette fois-ci, la guerre a laissé des ruines dans le centre historique de Tours : l’Hôtel Gouïn, l’Hôtel de Beaune-Semblançay, l’Hôtel Gazil, l’Hôtel Bohier, l’Hôtel de la Vallière, l’Hôtel du Gouvernement, la bibliothèque municipale, le Museum d’Histoire naturelles,  « Toutes ces belles demeures ou leurs vestiges ont disparu dans la catastrophe de juin 1940 ». Idem pour l’imprimerie Mame, l’usine Liotard, l’hôtel du Faisan…

La société Arrault et compagnie, créé en 1881 a d’abord été, sous la direction d’Ernest Arrault, son fondateur, l’imprimeur de Charles Wilson et de son journal « La Petite France » qui devient, en 1890, la « Dépêche  du  Centre ». Sous l’impulsion de Charles Gay,  qui succède à Ernest Arrault en 1925, la Dépêche du Centre devient un  grand  quotidien  régional  couvrant  l’Indre-et-Loire, le Cher, le Loir-et-Cher, les Deux-Sèvres et, en partie, la Sarthe, la Vienne et le Maine-et-Loire. Parallèlement, l’imprimerie travaille avec de grands  éditeurs  parisiens et développe une activité d’imprimeur d’art. En 1949, la  société Arrault est condamnée pour collaboration et ses biens dévolus à la Société nationale des entreprises de presse (SNEP) ; le contentieux se poursuivra longuement. L’imprimerie de labeur poursuit son activité jusqu’en 1954. L’entreprise de presse est  réattribuée dès 1944 à la Nouvelle république du Centre Ouest de Jean Meunier, qui succède à Libé-Nord, journal clandestin résistant. (source : AD37)

 

LSF

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Le Tram à Tours, 1877-2013

Lorsque que les Tourangeaux ont inauguré la ligne de tram le 31 août 2013, beaucoup avaient oublié que la tram avait déjà circulé dans la ville. Bon, on parle d’un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître. Retour sur 73 ans d’histoire tourangelle. Et pour cela, je vous présente une chronique que j’aime bien, HistLoire (par Mathieu Giua). Bonne lecture.

HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, replongeons nous dans l’histoire du tramway de Tours.

L’histoire de la ville de Tours avec le tramway ne date pas d’hier, ni de 2013. Une histoire débutée en 1877 puis interrompue entre 1949 et 2013, non sans refaire parler à intervalles réguliers. En effet, si aujourd’hui, le tramway se fond dans la ville et l’agglomération et est une composante essentielle du quotidien pour beaucoup, il fut à l’inverse pendant longtemps un serpent de mer, alimentant parfois d’âpres débats. Pour bien comprendre ce lien, il faut remonter au XIXe siècle.

En 1877, la ville de Tours inaugure alors son réseau urbain de voies ferrées tractées par chevaux. Tours est alors seulement la 6e ville française à se doter d’un tel réseau après Paris, Nancy, Le Havre, Marseille et Versailles. Ce premier tramway parcourt alors une distance de 3,9 km entre la barrière de Vouvray (aux abords de l’Ile Aucard) à la barrière de Grandmont (actuel carrefour de Verdun). Réseau entièrement urbain au départ, le tramway va connaître un essor à partir de 1889 avec la création d’une ligne jusqu’à Vouvray, puis un autre vers Saint-Avertin et Azay-sur-Cher plus tard.

A son apogée au début du XXe siècle le réseau de tramway, électrifié à partir de 1901, est alors composé de cinq lignes urbaines et de 3 lignes suburbaines : Tours (Place Anatole France) – Vouvray / Tours (Place du Palais) – Saint-Avertin (puis Azay-sur-Cher) / Tours (Place de Choiseul) – Mareuil-Fondettes (ou Luynes), soit un réseau total de 54 km (19 km de lignes urbaines et 34 km de lignes suburbaines).

Lors de la Première Guerre Mondiale, la Compagnie des tramways de Tours va connaître néanmoins des difficultés financières et dès 1916 des tronçons sont abandonnés. Dès lors, le déclin est amorcé et en 1932, les lignes suburbaines devenues moins fréquentées du fait de la concurrence de la route seront supprimées et remplacées par des autobus. Le matériel est également vieillissant. La Seconde Guerre Mondiale sera le coup de grâce du réseau avec des infrastructures détruites. Circulant encore quelques années après 1945, la dernière rame cesse de circuler le 14 septembre 1949.

Dès les années 1970, la question d’un renouveau du tramway, ou plus généralement d’un réseau de transports en communs en site propre, refait surface dans les débats publics à intervalles réguliers. Plusieurs pistes sont étudiées, y compris celle d’un métro aérien. Dans les années 90, alors que le tramway a fait son retour dans plusieurs grandes villes de France, Jean Royer évoque de nouveau la mise en place de ce mode de transports, avec une préférence d’un système de transports sur pneumatiques. Tel un serpent de mer, le tramway fait dès lors parler de lui, mais il faudra attendre le milieu des années 2000 pour que le projet devienne concret.

En 2007, un an avant les élections municipales pour lesquelles il sera de nouveau candidat, le maire de Tours, Jean Germain, dévoile un projet de ligne de tramway avec un tracé Nord-Sud reprenant peu ou prou la ligne 1 du réseau de bus Fil Bleu. Ce projet de tramway sera au cœur de la campagne municipale qui s’annonce entre le maire sortant et son principal opposant Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) préférant un tramway sur pneus et rejetant le projet du maire sortant, critiquant notamment le coût jugé prohibitif (le candidat de la droite évoquait alors un coût de 500 millions d’euros qui fut finalement presque atteint contrairement aux premières prévisions du projet qui étaient d’un montant de 300 millions d’euros).

Finalement la réélection de Jean Germain ne souffrira d’aucune contestation et avec un score de 62.06%, le maire de Tours prendra cela comme un plébiscite en faveur du tramway. La mise en place de la première ligne de tramway sera le grand projet du mandat 2008-2014. Un projet mené tambours battants (en moins de 5 ans) mais non sans contestations. Entre opposants aux abatages des arbres sur le tracé (et notamment les 160 du mail au Sanitas), accusations de favoritisme dans le choix de certains prestataires (Alors adjointe à Jean Germain, Régine Charvet-Pello a obtenu le marché du design du tramway via son agence RCP), critiques sur le coût du projet… plusieurs recours ont lieu mais qui finalement n’aboutiront pas. Le 31 août 2013, le maire de Tours inaugure alors en grandes pompes son tramway. La première rame porte alors le numéro 51, un clin d’oeil à la dernière rame de 1949 qui portait elle le numéro 50… comme pour symboliquement marquer la continuité entre les deux réseaux.

Inauguration du tramway le 31 août 2013Un degré en plus : Un historique complet et détaillé est visible sur le blog letramdetours