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Le Petit Journal, 28 septembre 1917

Lorsque ma grand-mère a déménagé en 1996, elle a quitté une maison_ en fait, un ensemble formé de plusieurs maisons réunies ultérieurement (parcelles 501 et 502 du cadastre napoléonien)_ et a vidé plusieurs greniers et autres débarras dans lesquels s’accumulaient, s’entassaient, s’empilaient, depuis des décennies, divers objets de toutes sortes et de tous horizons.

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(C) AD37 numérisées, Gizeux_6NUM10/112/009_Section_C2_Bourg_1829

Parmi ces objets, un vieux journal, que tout destinait à la poubelle si mon père ne me l’avait pas montré, car éventuellement, cela pouvait m’intéresser. Et c’était peu dire que ça m’intéressait, un journal vieux de 89 ans. Mais voilà, il y a 20 ans, je n’avais aucune connaissance en matière de conservation des documents anciens, et pour le préserver, je l’ai bien emballé, soigneusement…dans du film alimentaire (pour lui assurer une atmosphère un peu hermétique !). Et bien ce morceau de papier (tout de même à l’abri de la lumière et de l’humidité depuis que je l’ai adopté, ce qui n’était pas le cas auparavant) est un dur à cuire car il n’a pas bougé. Mais il a conservé toute la poussière coincée entre ses pages, que je n’avais pas enlevée en 1996, et ses déchirures qui ne se sont réparées toutes seules. Il s’agit du Petit Journal du 28 septembre 1917. Je vous le présente.

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Notez l’encart pour un établissement soignant la syphilis, la pub pour le Petrol Hahn (crée en 1885), le quinquina Byrrh (crée en 1866), Jouvence de l’Abbé Soury (crée au XVIIIè siècle) ou pour un traitement pour les constipés et entérités. Sachez qu’à Paris, la vielle, le temps était couvert et pluvieux.

Pour les plus curieux, vous trouverez une version beaucoup plus lisible sur Gallica.

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Bretonneau, Trousseau, Velpeau, médecins

BRETONNEAU (1778-1862)

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Portrait du docteur Bretonneau d’après une photographie. Huile sur toile – Dim : H 141 x L 98. Signé : G. Moreau de Tours 1889. Offert par l’auteur à l’Hospice Général de Tours.
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Portrait par René Théodore Berthon

Pierre Fidèle Bretonneau naît le 3 avril 1778 à Saint-Georges-sur-Cher. Il descend d’une longue lignée de médecins (8 générations). Il est le fils de Pierre Bretonneau (1741-1811), maître-chirurgien à Saint-Georges-sur-Cher, l’un de ses oncles, Jean Bretonneau, est maître-chirurgien auprès de Jules Hercule Meriadec de Rohan, prince de Guéméné et du Duc de Montbazon et un autre de ses oncles, Pierre Mahiet, est maître-chirurgien à Savonnières.

C’est son oncle, l’abbé Lecomte, curé de la paroisse de Chenonceau, qui fait son éducation et lui apprend  lire. En 1795, Bretonneau est choisi par le district de Carimont (Saint-Aignan, Loir-et-Cher) pour suivre des études à l’Ecole de Santé de Paris (devenue Ecole de médecine) pendant 3 ans. Contemporain de Laennec, il a pour enseignants Philippe Pinel ou Jean-Nicolas Corvisart et pour condisciples Dupuytren, Richerand, Husson, Savingy, Bayle, Récamier, Duméril, Esquirol. En 1801, il passe et réussit ses deux premiers examens (anatomie, médecine, chirurgie, pharmacie) et devient ainsi officier de santé, mais il échoue au troisième (échec dû à une discussion pendant l’épreuve avec le professeur Boyer durant laquelle Bretonneau soutient son point de vue avec fermeté). Il rentre alors à Chenonceaux sans passer son doctorat, et partage son temps entre ses malades et l’étude des sciences naturelles. Il se passionne pour la botanique et pour la physique. A côté de son cabinet de travail, il installe un atelier de tourneur, un laboratoire de chimie et d’histoire naturelle. Il étudie la vie des abeilles et des fourmis, fabrique des baromètres, des thermomètres, des endoscopes. Souffleur de verre, il invente le tube capillaire et la canule de trachéotomie. Savant horticulteur, il créera plus tard le parc de Palluau.

Bretonneau est convaincu de la nécessité de la vaccination gratuite.  A cette époque, la variole fait des ravages. Dès 1803, les bons résultats dus à sa campagne de vaccination lui assurent une certaine renommée : « Sur plus de trois cents enfants que j’ai vaccinés depuis six mois, je n’en ai pas eu un seul grièvement incommodé et… la certitude de ce préservatif est mise ici dans tout son jour par une épidémie variolique qui n’épargne que les vaccinés ».

Sa réputation grandit au point que les autorités tourangelles pensent à le nommer médecin-chef de l’Hôpital général. Le doctorat en médecine étant exigé pour accéder à cette fonction, il retourne à Paris en 1814, passe son cinquième examen (il est dispensé des autres) le 14 décembre 1814, et soutient sa thèse le 7 janvier 1815, intitulée De l’utilité de la compression et en particulier du bandage de Theden dans les inflammations idiopathiques de la peau. (l’originalité et l’efficacité de ce bandage tient au fait qu’il est enduit d’une huile siccative donc antiseptique). Dès son installation à Tours, en 1815, il se passionne pour la diphtérie. Les épidémies de 1816 et 1819 lui donnent l’occasion de réfléchir à la notion de contagion. Les résultats de ses travaux lui permettent de démontrer l’autonomie nosologique de la fièvre typhoïde et de la diphtérie.  Il pratique avec succès la première trachéotomie sur la fille d’un ami en 1825. En 1829, il donne une communication à l’Académie de Médecine sur  la  “Notion sur la contagion de la dothinentérie ” (typhoïde). Ses conclusions sont reçues avec circonspection car elles remettent en question le dogme de la génération spontanée et réfutent les thèses de Casimir Broussais alors admises par tous et annoncent l’ère pasteurienne (à cette époque, on ignore la notion d’infection microbienne, et comme le microscope n’était pas encore inventé, Bretonneau n’a pas pu confirmer son hypothèse). Il défend la notion de remède spécifique (en 1855, il écrit « Un germe spécial, propre à chaque contagion, donne naissance à chaque maladie contagieuse. Les fléaux épidémiques ne sont engendrés, disséminés que par leur germe reproducteur… »), s’opposant aux diètes et aux saignées et  constate qu’une même maladie peut avoir une expression différente selon le malade. Il est convaincu que l’essentiel du diagnostic repose sur une observation très attentive du malade.

Il a pour disciples Alfred Velpeau et Armand Trousseau.

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Mausolée de la famille Bretonneau-Clary, cimetière Lasalle, St-Cyr-sur-Loire

Plaque_Bretonneau_Lasalle

Il est fait chevalier (28 octobre 1828), puis officier (26 juillet 1849) de la Légion d’honneur.

Deux hôpitaux, un à Paris (source au plaisir des Dieux), l’autre à Tours, portent son nom. Son buste est présent à la mairie de Saint-Georges-sur-Cher.

Hopital_Bretonneau_Paris   

Pour le centenaire de sa mort, la République française a émis un timbre de 0,50F à son effigie, le 19 février 1962.
Timbre_Bretonneau

La Faculté de médecine de Tours est ornée de trois médaillons de bronze représentant Bretonneau, Velpeau et Trousseau.

Le musée Grévin de Tours représentait une leçon d’anatomie donnée par Bretonneau, Velpeau et Trousseau, à leurs étudiants.

(Sources :
– Michel Laurencin, Dictionnaire biographique de Touraine, 1990, Chambray-lès-Tours, éd CLD
– Emile Aron, Bretonneau, le médecin de Tours, 1979, Chambray-lès-Tours, éd CLD
Base Léonore
Maitrise-orthop
EHESS
Academie de Touraine

Pour aller plus loin, voir la thèse_de Bretonneau
– Emile Aron, La médecine tourangelle des origines à nos jours, 1993, Chambray-lès-Tours, éditions CLD.
– René Coursault, La Médecine en Touraine, du Moyen-âge à nos jours, 1991, éditions Maisonneuve et Larose.)

 

VELPEAU (1795-1867)

VELPEAU
FEYEN-PERRIN Augustin, Velpeau enseignant à l’hôpital de la Charité (vers 1864)
Huile sur toile, H. 170 cm L. 233 cm
Dépôt de l’Etat, 1896. Transfert de propriété de l’Etat à la Ville de Tours, 2010 (Inv. 1896-1-1)

Alfred Velpeau est né le 29 Floréal de l’an III (18 mai 1795) à Brèches (Indre-et-Loire). Fils d’un maréchal ferrant,  il s’instruit comme le veut l’usage dans les petits villages, auprès du curé et d’un vieux maître d’école. Peut-être que Velpeau s’intéressa à la médecine en voyant son père pratiquer le métier de guérisseur de village. Grâce à Bodin, praticien de Saint-Paterne, il entre au service de Gouraud, chirurgien-chef de l’hôpital de Tours, qu’il étonne par son application et sa soif d’apprendre. Ainsi, il est présenté et recommandé à Bretonneau qui en fait son premier élève. En 1820, il quitte Tours pour Paris. En 1821, Velpeau est nommé aide d’anatomie et enseigne la pathologie externe, l’embryologie, l’occulistique et l’obstétrique. En 1823, il est reçu au concours de chirurgien et devient agrégé de médecine. En 1828, il devient chirurgien des hôpitaux après avoir réussi le concours du prosectorat et présenté 3 mémoires à l’Académie de Médecine. Ambitieux, il se met en quête d’une chaire. En 1830, il se présente à la chaire de pathologie chirurgicale mais échoue. Nouvel échec en 1831 pour la chaire de physiologie puis pour celle de pathologie externe. En 1834, il brigue la chaire de clinique d’accouchement, poste qui échoie à un autre médecin mais la même année, il est enfin reçu à la chaire de clinique chirurgicale. Il devient membre de l’Académie de médecine (1832) et de l’Académie des sciences (1843).

Parmi ses 341 publications, ses ouvrages les plus importants sont Traité d’anatomie chirurgicale (1825) ; Éléments de médecine opératoire (1832) ; Embryologie ou ovologie humaine (1833) ; Anatomie chirurgicale, générale et topographique (1836); Traité des accouchements (1835); Traité des maladies du sein (1853).

Le 11 août 1859, il est promu, commandeur de la Légion d’honneur. Il meurt en 1867. Il est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse (division 7, rangée 1).

Son buste trône sur la place de l’église de Brèches. Il donna une somme importante pour reconstruire l’église qui tombait en ruines. Sa générosité est rappelée sur un vitrail où il est représenté dans sa robe professorale avec cette inscription : « Hommage de reconnaissance au Docteur Velpeau, Fondateur de cette Eglise ». Un quartier de Tours, une école ainsi qu’un hôpital à Tours portent son nom.
Son nom est associé à un bandage compressif, la bande Velpeau (comme Bretonneau ne publiait pas ses découvertes, ce sont ses deux élèves, Velpeau et Trousseau, qui ont exposé au monde médical les découvertes du maître. Par exemple, Bretonneau avait inventé le tube capillaire pour recueillir et transporter la pulpe vaccinale, adopté par le Comité Central de Vaccine. Mais c’est Velpeau qui publia La meilleure manière de conserver le vaccin et qui vulgarisa la Compression dans les inflammations, sujet de la thèse de doctorat de Bretonneau. Pressentant que l’air était le vecteur de germes responsables des infections  Bretonneau avait recommandé un bandage compressif sur les plaies. Velpeau exposa si bien les idées et la technique de son mentor, avec une phrase historique : « toute plaie est une porte ouverte à la mort », que la bande élastique porte (encore) le nom de Velpeau.)
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(Sources :
– Michel Laurencin, Dictionnaire biographique de Touraine, 1990, Chambray-lès-Tours, éd CLD
Base Léonore

Pour aller plus loin :
–  Communication de la Société française d’Histoire de la médecine
– Emile Aron, La médecine tourangelle des origines à nos jours, 1993, Chambray-lès-Tours, éditions CLD.
– René Coursault, La Médecine en Touraine, du Moyen-âge à nos jours, 1991, éditions Maisonneuve et Larose).

TROUSSEAU (1801-1867)

 

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(C) Trousseau par Nadar, BNF-Gallica
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(C) RMN – Hervé Lewandowski

Armand Trousseau naît le 14 octobre 1801 à Tours. Jeune orphelin d’un père enseignant, il bénéficie d’une bourse pour faire ses études secondaires au lycée d’Orléans, puis à celui de Lyon où il est le condisciple d’Edgar Quinet. Ensuite, il est répétiteur au collège de Blois. Doté d’une bonne culture classique, il est quelque temps professeur de rhétorique à Châteauroux mais fortement attiré par la médecine, il change d’orientation et commence ses études à Tours sous la tutelle de Pierre Bretonneau alors médecin-chef de l’hôpital, avec qui il apprend les méthodes d’observation clinique. Cette rencontre est déterminente et son nom reste encore attaché à celui de Bretonneau, dont il sera l’ami fidèle, le fils spirituel et le continuateur.

Il poursuit ses études à Paris où il fréquente entre autres François Broussais, Joseph Récamier, Théophile-René Laënnec, Jacques Lisfranc. Son ascension est fulgurante. Après soutenance de sa thèse, il devient docteur en médecine en 1825, puis est nommé agrégé de la Faculté de Médecine de Paris en 1827. Médecin des Hôpitaux en 1830, il a d’abord un poste d’assistant de Récamier. En 1931, il entre à l’Hôtel-Dieu. En 1832, il obtient une position dans la santé publique au Bureau Central. En 1839, il accède à la Chaire de Thérapeutique.

Il s’oppose à la doctrine de Broussais et partage les idées de Bretonneau sur la diphtérie et le typhus, sur la notion de la spécificité et sur la contagion par germes. Il fut aussi un disciple de la trachéotomie, notamment dans le croup, qu’il sera un des premiers à pratiquer: « Encore une petite fille de quatre ans sauvée: c’est ma 130ème opération en tout, ma 120ème pour le croup ; c’est ma 29ème guérison. C’est à vous que tout cela appartient… ».

En 1837, l’Académie médicale lui offre un prix honorifique. Deux ans plus tard, en 1839, il est nommé à la tête de la chaire de thérapeutique à la Faculté de Médecine de l’Université de Paris.

Enfin, en 1852, il est titulaire de la Chaire de Clinique Médicale de l’Hôtel-Dieu de Paris qui est un des postes les plus prestigieux de l’époque. Jusqu’à sa retraite, il enseigne et répand les théories de Bretonneau.

En 1856, il devient membre de l’Académie de Médecine.

Son célèbre traité de la « Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu », publié en 1861, lui permet d’acquérir une renommée mondiale. Modèle de clarté et de précision, cet ouvrage fait le point entre autres sur la variole, la diphtérie, la notion de la contagion par des germes,  l’asthme (dont il est lui même atteint), l’angine de poitrine, le goitre exophtalmique, mais aussi sur l’ulcère chronique simple de l’estomac, la fissure à l’anus, les coliques hépatiques, l’ictère grave, la cirrhose, etc … ainsi que la tétanie qui se matérialise par une contracture de la main et qu’il observe lors d’une crise de spasmophilie en 1861 (nommé signe de Trousseau).

Il reste connu pour avoir inventé la thoracenthèse (ponction pleurale) dans les épanchements pleuraux, dont le procédé sera perfectionné par Paul-Georges Dieulafoy, l’un de ses principaux élèves.

Il meurt le 23 juin 1867, à l’âge de 66 ans,  en ayant suivi en clinicien, l’évolution d’un cancer de l’estomac dont il avait fait le diagnostic six mois auparavant, suite à l’apparition d’une thrombose veineuse du membre supérieur (nommé syndrome de Trousseau). Il a ce mot célèbre (à son élève Peter) : « Je suis perdu, une phlébite qui vient de se déclarer cette nuit ne me laisse plus aucun doute sur la nature de mon mal. » 

Ami de Victor Hugo, d’Eugène Delacroix et de bien d’autres, il a eu un renom considérable. Ses obsèques sont célébrés en l’église de la Madeleine à Paris, où une foule très nombreuse était venue lui rendre un dernier hommage. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 40).



Son fils, Georges Trousseau, devient également médecin, ainsi que son petit-fils, Armand-Henri Trousseau, devenu ophtalmologue.

« Ne croyez pas trop à la parole du maître, ne restez pas des écoliers serviles ; allez, voyez, comparez. »

(Sources :
– Michel Laurencin, Dictionnaire biographique de Touraine, 1990, Chambray-lès-Tours, éd CLD
Encyclopédie Universalis
Medarus
http://armandtrousseau.wifeo.com/biographie.php
Amis et passionnés du Père Lachaise

Pour aller plus loin :
– Emile Aron, La médecine tourangelle des origines à nos jours, 1993, Chambray-lès-Tours, éditions CLD.
– René Coursault, La Médecine en Touraine, du Moyen-âge à nos jours, 1991, éditions Maisonneuve et Larose.)

LSF

 

Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Le balcon l’Officialité

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Où le trouver ?

« –  Place Grégoire de Tours.
– Où ça ?
– Place Grégoire de Tours, derrière la cathédrale Saint-Gatien.
– Ahhh. [silence]
Mais ça servait à quoi ?
– C’est de là que l’archevêque rendait les jugements du Tribunal ecclésiastique.
– Mais c’est pas le Musée des Beaux-arts derrière.
-Si. Le Musée des Beaux-arts a été aménagé dans l’ancien Palais des Archevêques.
– Ah d’accord. [silence]
Mais, euh… ça date de quelle époque ?
– J’ai cru que tu n’allais pas me le demander.
– Si je ne te l’avais pas demandé, tu me l’aurais dit quand même !
– Pas faux [le savoir, c’est comme la confiture, moins tu en as, plus tu l’étales].
– Bon alors, c’est vieux ton truc ?
– La partie Ouest du Palais des Archevêques date du XVIIe siècle et est due à Monseigneur Bertrand d’Eschaux, qui aménage le nouveau palais archiépiscopal, tandis que la partie Est est constuite par Monseigneur Rosset de Fleury au XVIIIe siècle, tout comme l’aménagement des terrasses dont la courbe suit le tracé de l’amphithéâtre romain de Caesarodunum.
– Donc, c’est pas très vieux !
– Attends, j’ai pas fini !
Le Palais des Archevêques date des XVIIe siècle et XVIIe siècle mais le balcon est ajouté sur un bâtiment plus ancien.
– Tu ne pouvais pas le dire plus tôt.
– Ben non, sinon, comment je fais pour étaler ma science !!!
Donc, le Palais des Archevêques date des XVIIe siècle et XVIIe siècle mais le balcon est ajouté sur un bâtiment plus ancien.
– Tu l’as déjà dit !
– Je peux continuer ???!!!
– Je peux t’en empêcher ???!!!
– Ben nan, même pas en rêves 😀
Donc…  …   …
– Ben vas-y !
– Je voulais être sûre que tu écoutais.
– Archevêques, XVIIe, XVIIe, blablabla. C’est bon, j’ai compris. Le balcon est ajouté sur un bâtiment plus ancien.
– Je l’ai déjà dit.
– Je sais, je vérifie que j’ai tout retenu.
– Le bâtiment plus ancien
– Celui où il y a le balcon !
– Oui, celui-là ! Il date du XIIe siècle et abrite, au premier étage, la salle des Synodes . C’est dans cette immense salle que se sont rassemblés, à deux reprises (1468 et 1484), les Etats généraux du royaume de France [tu ne seras donc pas surpris d’apprendre que la salle des Synodes est parfois appelée salle des Etats généraux].
Après 1789, le Palais des Archevêques devient théâtre, Ecole Centrale, bibliothèque.
– Fais pas la maline, t’as lu ça sur le site du Musée !!!
– Euh, pas que. Je te rappelle que je suis guide et que j’ai un peu potassé l’histoire de Tours pour obtenir ma carte professionnelle !
– Et ton balcon ?
– Il a été ajouté au XVIe siècle (vers 1522) à la demande de l’archevêque Martin de Beaune, dont on voit le blason .

[De gueules au chevron d’argent accompagné de trois besants d’or]
(pour ta culture, petit Padawan, il s’agit également du blason de la commune de Semblançay où Jacques de Beaune Semblançay, père du précédent, avait un château)
(et si tu aimes l’héraldique, le blason de la commune de Ballan-Miré est très ressemblant à celui des Beaune car le même Jacques de Beaune Semblançay y avait un château, le Château de la Carte)

(et comme on dit « jamais deux sans trois », on peut voir le blason de Jacques de Beaune encore lui sur la fontaine qui porte son nom, installée devant les ruines de l’Hôtel de Beaune-Semblançay, hôtel particulier dudit JBS).
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– Et pourquoi il s’appelle blacon de l’ « officialité » ?
– Eh ho, va voir sur Wikipédia !

 

LSF

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Le tombeau des enfants de Charles VIII et Anne de Bretagne

 

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Ce tombeau est celui des enfants du roi Charles VIII et d’Anne de Bretagne, morts en bas-âge, Charles Orland, décédé des suites de la rougeole en 1495 à l’âge de 3 ans et demi, et Charles, décédé en 1496 à 25 jours.

 Achevé en 1506 et initialement placé dans la Basilique Saint-Martin, le tombeau est déplacé en 1815 (ou 1834) dans la première chapelle au Sud du déambulatoire de la  Cathédrale Saint-Gatien.

Les gisants des enfants sont réalisés par Guillaume Regnault, neveu de Michel Colombe. Leurs têtes reposent sur deux petits coussins de marbre que deux anges soutiennent. A leurs pieds, deux autres anges tiennent chacun le blason des Dauphins de France. Leurs visages sont délicats, les drapés des manteaux sont parsemés de fleurs de lys et de dauphins. L’aîné des dauphins porte la couronne tandis que le plus jeune porte les langes des nourrissons.

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La cuve du tombeau, en marbre de Carrare, est l’œuvre de Jérome de Fiésole, un artiste italien. Le décor et les sculptures, fins et minutieux, reflètent le goût italien de cette époque, avec des rinceaux et des scènes mythologiques. Les angles sont ornés de dauphins et de pattes de lions. Juste sous la plaque de marbre noir, on aperçoit une corde : c’est la cordelière, symbole d’Anne de Bretagne (référence à l’Ordre des Franciscains).

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Deux médaillons en marbre noir placés sur les petits côtés de la cuve, portent les inscriptions :

Charles huitiesme, roi pieux et excellent
Eut de Anne, reyne et duchesse en Bretagne
Son premier fils nommé Charles Orland
Lequel régna, sans mort que rien n’épargne
Trois ans, trois moys, Dauphin de Viennoys
Comte d’Yois et de Valentionois
Mais l’an cinq cens moins cinq il rendit l’âme
A Amboise, le seziesme du moys
De décembre, puis fut mis soubz la lame.

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Par Atropos, qui les cueurs humains fend
D’un dard mortel de cruelle souffrance
En dessoubz gist Charles, second enfant
Du roy Charles, et de Anne, reyne de France
Lequel vesquit Dauphin de Viennoys
Comte d’Yois et de Valentionois
Vingt et cinq jours, puis lès Tours du Plessis
En octobre mourut le deux du moys
Mil quatre cens avec nonante et six.

 

Le tombeau allie donc la tradition médiévale française avec les gisants et la Première Renaissance française inspirée de l’art italien avec la cuve.

[Crédits photographiques : photos personnelles ; collection BNF pour les dessins de Gaignières]

 

LSF

 

 

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V comme Villers-Cotterêts

La création des registres paroissiaux

L’Ordonnance de Villers-Cotterêts (1539)

L’ordonnance de Villers-Cotterêts est un texte législatif de cent quatre-vingt-douze articles, édicté par le roi de France François Ier, entre le 10 et le 25 août 1539 à Villers-Cotterêts (actuel département de l’Aisne), enregistré au Parlement de Paris le 6 septembre 1539. Cette ordonnance est le plus ancien texte français pour partie encore en vigueur et appliquée par les tribunaux français. Elle impose l’utilisation du Français pour les textes offciels, et la tenue de registres de baptême et de sépultures,.

Art. 111. De prononcer et expedier tous actes en langaige françoys Et pour ce que telles choses sont souventesfoys advenues sur l’intelligence des motz latins contenuz es dictz arretz. Nous voulons que doresenavant tous arretz ensemble toutes aultres procedeures, soient de nous cours souveraines ou aultres subalternes et inferieures, soient de registres, enquestes, contractz, commisions, sentences, testamens et aultres quelzconques actes et exploictz de justice ou qui en dependent, soient prononcez, enregistrez et delivrez aux parties en langage maternel francoys et non aultrement.
(De dire et faire tous les actes en langue française Et parce que de telles choses sont arrivées très souvent, à propos de la [mauvaise] compréhension des mots latins utilisés dans lesdits arrêts, nous voulons que dorénavant tous les arrêts ainsi que toutes autres procédures, que ce soit de nos cours souveraines ou autres subalternes et inférieures, ou que ce soit sur les registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments et tous les autres actes et exploits de justice qui en dépendent, soient prononcés, publiés et notifiés aux parties en langue maternelle française, et pas autrement.) »

Art.50. Que des sepultures des personnes tenans benefices sera faict registre en forme de preuve par les chappitres, colleges, monasteres et curez, qui fera foy pour la preuve du temps de la mort, duquel sera faict expresse mention esd. registres, pour servir au jugements des procès ou il seroit question de prouver led. temps de la mort, a tout le moins quant a la recrance.

Art. 51. Aussi sera faict registre en forme de preuve des baptesmes, qui contiendront le temps de l’heure de la nativite, et par l’extraict dud. registre se pourra prouver le temps de majorité ou minorité et fera plaine foy a ceste fin.
(Aussi sera tenu registre pour preuve des baptêmes, lesquels contiendront le temps et l’heure de la naissance, et dont l’extrait servira à prouver le temps de la majorité ou de la minorité et fera pleine foi à cette fin.)

L’Ordonnance de Blois (1579)

L’Ordonnance de Blois, promulguée par Henri III, marque une étape fondamentale du droit public français. Elle touche des questions concernant la police générale du royaume et des questions relatives à l’organisation de la justice, aux offices, à l’Université, ou encore aux hôpitaux.
Afin de lutter contre la bigamie, les mariages clandestins, ou consanguins et surtout à empêcher les mariages mixtes entre catholiques et protestants, elle impose aussi la tenue d’un registre de mariage par les curés. Le mariage est désormais un acte solennel, célébré après publication des bans trois dimanches consécutifs avant la cérémonie. De plus, alors que le concile de Trente (Italie, 1565), en réaction contre la Réforme protestante, édictait que les mariages devaient être célébrés en présence d’un curé compétent et de deux témoins, l’Ordonnance de Blois exige quatre témoins, le consentement des parents et la retranscription sur le registre.
L’ordonnance confirme l’ordonnance de 1539 pour l’obligation de tenir des registres de baptêmes et ordonne la tenue de registres de sépultures.

Art.40. Pour obvier aux abus et inconvénients qui adviennent des mariages clandestins : avons ordonné et ordonnons, que nos subjects de quelque estat, qualité et condition qu’ils soient, ne pourront valablement contracter mariages, sans proclamation précédentes de bans faits par trois divers jours de feste un avec intervalle compétent, dont on ne pourra obtenir dispense, sinon après la première proclamation faite , et ce seulement pour quelque urgence ou légitime cause, et à la réquisition des principaux et plus proches parens communs des parties contractantes :
Après lesquels bans seront épousez publiquement. Et pour pouvoir tesmoigner de la forme qui aura esté observée esdicts mariages , y assisteront quatre personnes dignes de foy, pour le moins : dont sera faict registre le tout sur les peines portées et indictées par les Conciles. Enjoignons aux curez, vicaires et autres, de s’enquérir soigneusement de la qualité de ce qui se voudront marier. Et s’ils sont enfans de familles, ou estans en la puissance d’autruy : nous leur défendons très étroitement de passer outre à la célébration desdicts mariages, s’il ne leur apparoist du consentements des pères mères, tuteurs ou curateurs, sur peine d’estre punis comme fauteurs du crime de rapt.

Art.41. Nous voulons que les ordonnances cy devant faictes contre les enfans contractant mariages sans le consentement de leurs pères, mères, tuteurs, et curateurs, soient gardées mesmement celle qui permet en ce cas les exheredations.

Art.42. Et néanmoins une voulons que ceux qui se trouveront avoir su borné fils ou fille mineur de 25 ans, sous prétexte de mariage, ou autre couleur sans le gré, vouloir et consentement express , des pères, mères, et des tuteurs soient punis de mort, sans espérance de grâce et pardon : n nonobstant tout consentements que lesdicts mineurs pourroient alléguer par après avoir donné audict rapt lors d’iceluyi ou auparavant. Et pareillement seront punis extraordinairement tous ceux qui auront participé au rapt, et qui y auront presté conseil, confort et ayde, en aucune manière que ce soit.

Art.43. Défendons à tous tuteurs accorder, ou consentir le mariage de leurs mineurs, sinon avec l’advise et consentements des plus proches parens d’ iceux : sur peine de punition exemplaire.

Art.181. Pour éviter les preuves par tesmoins, que l’on est souvent contraint faire en justice touchant les naissances, mariages, mort, enterrement des personnes : enjoignons à nos greffiers en chef de pour suyvre par chacun an tous curez ou leurs vicaires, du ressort de leur siège, d’apporter dedant deux mois après la fin de chacune année les registres des baptêmes mariages et sépultures de leurs paroisses, faicts en icelle année. Lesquels registres lesdicts curez en personne ou par procureur spécialement fondé affermeront judiciairement contenir vérité Autrement et à faute de ce faire par lesdicts curez ou leur vicaires ils seront condamnés es despens de la poursuite faicte contre eux : et néanmoins contrainct par saisie deleur temporel , d’y satisfaire et obéyr. Et seront tenus lesdicts greffiers de garder soigneusement lesdicts registres pour y avoir recours, et en delivrer un extrait aux parties qui le requerent.

L’Ordonnance de Saint-Germain-en-Laye (1667)

L’Ordonnance de Saint-Germain-en-Laye promulguée par Louis XIV en 1667, impose, quant à elle, des registres (actes de baptêmes, de mariages et de sépultures) en double exemplaire, à la suite et sans blanc pour éviter les fraudes et pouvoir pallier la destruction d’un dossier. Le premier exemplaire, portant les signatures des témoins, constitue la « minute » ou original et est conservé par le curé. Le second sert de « grosse », c’est-à-dire de copie, et doit être porté au début de l’année suivante au greffe du tribunal royal (baillage ou sénéchaussée) pour y être conservé. Normalement, les signatures des témoins n’ont pas à figurer sur la grosse, dont la conformité à la minute doit être certifiée par le curé, sous sa seule responsabilité, à la suite du dernier acte de l’année.L’ordonnance royale de 1667 connue sous le nom de « Code Louis » réglemente pour la première fois en France de façon précise la tenue des registres paroissiaux.
L’article 9 impose de mentionner  » le jour du décès « , et l’article 10 précise que les actes  » seront signés par deux des plus proches parents ou amis qui auront assistée au convoi ; et si aucun d’eux ne savent signer, ils le déclareront et seront de ceux interpellés par le curé ou vicaire, dont on fera mention « .

L’Ordonnance royale de 1736

Avec l’ordonnance royale de 1736, les curés doivent désormais tenir non un original et une copie, mais deux originaux de même valeur probante, également signés par les témoins, et dont l’un est destiné à être conservé par le curé et l’autre déposé au greffe. La nouvelle réglementation, en vigueur à compter du 1er janvier 1737.

Les registres BMS et NMD

Comme tous les généalogistes débutants, j’ai vite compris que les registres les plus intéressants pour remonter rapidement ses ancêtres, du moins, au début, étaient les actes de mariage. En effet, ils renseignent les noms, prénoms, âges, dates et lieux de naissance, professions, domiciles des mariés ainsi que les noms, prénoms, professions, domiciles, parfois l’âge, les dates et lieux de décès des parents s’ils sont décédés. Autrement dit, une foultitude de renseignements dans un seul document.
Sous l’Ancien Régime, les registres sont tenus par les curés des communes et répertorient les Baptêmes, Mariages, Sépultures (BMS), après 1792, les registres sont tenus par les officiers de l’Etat Civil et font état des Naissance, Mariage (civil) et Décès (NMD).

 

En ce qui concerne mes ancêtres

  • l’acte mariage le plus ancien que j’aie trouvé, Villeperdue, 25 juin 1612 (Hélie Leroulx x Marie Joubert)
  • l’acte de naissance le plus lointain dont je sois sûre, Savigné-sur-Lathan, 06 juin 1611 (Urbanne Tresnert, femme Eustache Delestang)
  • l’acte de décès le plus vieux que j’aie trouvé, Thilouze, 20 juillet 1631 (Marie Joubert, femme Hélie Leroulx).
Gatien Aviron et Marie Grolleau (sosa 4052 et 4053), ont quant à eux, 2 actes de mariage enregistrés dans deux communes, un le 25 juin 1698 à St-Jean-St-Germain (Indre-et-Loire) et un autre le même jour à St-Sénoch.