Publié dans Challenge AZ, Challenge AZ 2016

Challenge AZ 2016, le bilan

Ça y est, le mois de juin est terminé et le Challenge AZ 2016 avec lui.

J’ai publié 26 billets, chaque jour de la semaine (sauf le dimanche), j’ai atteint l’objectif.

Voici un récapitulatif des publications :

– A comme…A chieuve bibi
– B comme…Berdindaine
– C comme…Cacrotte
– D comme…Déribouliner
– E comme…Etêter les choux
– F comme…Frippe-douzi
– G comme…Grolle
– H comme…Hâline
– I comme…Iaque
– J comme…Juin
– K comme…Kich’notte
– L comme…Leucifare
– M comme…Miotte
– N comme…Nârouiller
– O comme…Oindiner
– P comme…Pitrouille
– Q comme…Querti
– R comme…Rondiner
– S comme…Siaupérer
– T comme…Tatouiller
– U comme…Upper
– V comme…Vérnéler
– W comme…What else ?
– X comme…Classé X
– Y comme…Yorte
– Z comme…Zoguer

Je me suis bien amusée à écrire certains textes (F comme…, J comme…), j’ai appris des choses avec d’autres (K comme…, S comme…), j’ai un peu brodé quelquefois (E comme…, O comme…) ou pas (I comme…, Z comme…), j’ai triché (W comme…), j’ai passé du temps à chercher (B comme…, G comme…), j’ai changé d’avis (H comme…, N comme…).
J’espère avoir fait sourire, avoir étonner, attiser la curiosité.

On recommence en 2017 ?

 

 

LSF

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Y comme…Yorte

Yorte ou rote (en Poitevin, riorte ou riote, en Angevin, riorte) : 1. baguette flexible,  » alla a coursé les p’tits voleux, eune rote à la main. » 2. Lien de bois vert, fait d’une branche tordue sur elle-même, qui enserre une bourrée (un fagot),  » on lie les bourrées anc des rotes » .

Ainsi, roter signifiait frapper quelqu’un avec une rote, « i l’a m’nacé d’lé roter » , tandis que rorter signifiait fabriquer des rortes.

Deux expressions utilisent le mot rote dans le sens de lien : « franc coume eune rote de seu  » qui voulait dire pas franc du tout , une rote de seu (sureau) étant très cassante ; et « y’a point d’fagôt si ch’tite qui ne trove sa rote. » qui affirmait qu’ il n’y a pas si vilaine ou si pauvre fille qui ne puisse trouver un mari.

La rote désignait également un sentier, une petite allée de jardin et le rotin ou routin ou rotillon était une toute petite rote marquée seulement par la trace des pas des personnes qui y passent occasionnellement.

Pour terminer sur le sujet, voici une locution très imagée, « la rote au pain bénit« , qui désignait le gosier, l’œsophage.
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X comme…classé X

Je n’ai pas trouvé de mot commençant pas la lettre x dans mes deux ouvrages de référence. Je vais donc tricher un peu et vous proposer des mots ou des expressions un peu coquins.
chenasserie : érotisme
m’noper : caresser, peloter une femme ; m’nopeu : celui qui caresse les femmes et surtout qui ne peut plus que les caresser.
pognasser* ou pougnasser : peloter une femme
traignier : mendiant, vagabond ou homme qui court les femmes ; c’est alors un synonyme de chénassier, putassier, fuméllier, chian (homme très porté sur les rapports sexuels) ; traignière : fille publique, traign’gniée : p…ain
pétrasse, pétasse** ou bâille-vente : p…ain
câsser sa marmite, câsser son sabote : perdre sa virginité
râper (une femme) : coïter ; prendre sexuellement (de gré ou de force)
tabourer : coîter brutalement 
faie la piau (faire la peau) :  se prostituer ; eune piau : une femme de mauvaise vie
calibistri : clitoris et parfois membre viril
pisseux : vulve. D’une fille à un garçon qui veut la séduire, « j’veux bin q’tu pougnasses, j’veux qu’tu m’bisouilles, j’veux bin qu’tu m’berdances, mais si tu toches à mon pisseux, jé l’dis à mon p’pa !« 
indécence : cul, « la bonne à noute curé, alle a-t-i pâs d’mander n’une indécence à la boucherie »
charnel : parent, consanguin (cousin charnel = cousin germain)
se faire ramoner : se confesser
catin : 1. poupée grossièrement faite. 2. pansement au doigt, « tu t’es copé, qu’t’âs eune catin ?« . 3. épi de maïs encore vert, muni de son enveloppe et de ses barbes, le faisant ressembler à une poupée emmaillottée.
*autres sens : manier, tripoter longuement (Davau) ; saisir très vite un objet ; tourmenter, faire souffrir (Rougé).
** se dit également d’une femme vaniteuse qui fait plus de bruit que de besogne.

 

LSF

 

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W comme…What else ?

What ? Who want to whirl with Woody Woodpecker ? A white Wookie !

Tout ça pour essayer de faire oublier que je n’ai pas de mot commençant ni même avec un W. Je ne peux même pas faire un article sur les waters puisque par chez nous, on disait les cabinets. En revanche, je pourrais trouver des mots en M, puisque le W est un m qui a les deux fers en l’air, ou en S puisque Σ (sigma en Grec) est un w qui dort sur le côté (je sais, c’est capillo-tracté).
Tant pis, je sélectionne un petit florilège de mots en vrac commençant par M et S.
– magni-magna : personnage important (Davau), personne orgueilleuse et riche (Rougé).
– mabi : (transitif) meurtrir légèrement. « son choual i a donné in coup d’pied qui i a mabi la cuisse » ; « la grêle a mabi les fruits dans les âbes »
– marcou : 1. Chat mâle. 2. Septième enfant mâle d’une même famille (sans qu’il soit née de fille intermédiaire).
– mal : mal et particulièrement les affections de la peau. Locutions : mal en train = souffrant ; « crainde son mal » ou « être pichelin » = être extrêmement douillet ; « prende son mal » = prendre en mauvaise part ce qui vient d’être dit ou écrit.
– malade : « l’temps est malade » = il fait une chaleur lourde qui présage l’orage.
– marcite : merci
– margoulétte ou margoulin : gueule (goule). « il a érçu in gnon su l’margoulin »
– mascander : abîmer, détériorer en manipulant sans précaution. « j’veux bin t’préeter moune appareil mais faut pâs l’mascander »
– mée : mère
– menti (nom) : mensonge. « dans trouais paroles i dit quat’mentis » se dit d’un fieffé menteur.
– mérienne ou mariénne : sieste qui suit le repas de midi en été.
– métte : (transitif) mettre.
Locutions « eune grippe coume ça, ça vous met à rien » = ça vous épuise. « son p’tit drôle c’mince à métte des dents » = des dents lui poussent.
– migniouner ou mignioter : dorloter. « i s’fait migniouner pa sa grande sœur »
– à la mistenflûte : en dépit du bon sens.
– montrer : instruire. « on a in maît’d’école qui montère bin les enfants »
– moûcher : 1. s’agiter. « Dès qu’y’a du soulé, les abeillent moûchent » = elles s’activent en grand nombre autour de la ruche, « quanqu’lé temps est orageux, les vachent moûchent » = elles s’agitent comme aiguillonnées par les mouches ; « En vouéyant l’patron arriver su l’chant’quier, les ouvriers s’sont mis à moûcher » = à déployer beaucoup d’activité. 2. se moucher. « Il est enrheumé et i moûche biaucoute »
– mortél, -élle : excessivement chaud. « i fait mortél, anhuite !
– mosseri ou mousseri ou moss’ri ou mouss’ri : moucheron. « j’ai un mouss’ri dans l’oeil »
– mûlot  ou mûlotte (mûlotte est utilisé aussi bien au masculin qu’au féminin) ou meûlot : se dit d’une personne qui n’est jamais pressée de rentrer chez elle, qui s’attarde chez les gens qu’elle va voir. Synonyme : coquelon (coqueloune au féminin) ou couqeline (se dit d’une personne lente, molle qui n’est jamais pressée). Mulotter : flâner, prendre son temps, être lent au travail. Synonymes : tâtillouner ou tâtillonner, coquelonner.
– mâtiné cochon d’Inde : se dit d’un animal qui n’est pas de race pure.
– sagouillaud ou sagouillon : personne qui travaille malproprement ou qui vit dans le désordre, la saleté.
– sagouin : (adj. et nom) se dit d’une personne malpropre.
– sansouiller ou sasouiller : laver en éclaboussant tout autour de soi.
– sicoter : (transitif) remuer, ébranler à petits coups « sicoter in loquétte  » ; (intransitif) remuer « j’ai eune dent qui sicote « 
– since : serpillière
– saquier : 1. frotter avec bruit. 2. Claquer des dents.
– saûcette : 1. Bouchée de pain trempée dans de la sauce. 2. Morceau de sucre trempé dans de l’eau de vie.
– souriton (nom) : se dit en parlant d’un enfant vif et espiègle

 

 

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V comme…Vérnéler

Pression ! je ne sais pas comment débuter mon article. Tout est là mais ça se présente encore sous forme d’énumération. N’allez pas croire que j’ai passé mon temps à vérnéler, j’ai cherché mais les résultats n’ont pas été à la hauteur du travail fourni. Et si je n’ai pas vérléné/bérléné (travailler peu tout en étant occupé), je n’ai pas non plus bernassé/bérdassé/bérlassé (aller lentement, prendre du temps pour travailler, faire peu de besogne en beaucoup de temps), pas plus que je n’ai bousiné** (aller et venir sans cesse en s’occupant à des choses peu importantes), vésiné*** (travailler à de menus besognes sans se presser), béduché (se livrer à de menus travaux qui ne demandent pas un gros effort), bouiné (musarder, faire lentement de petits travaux), ou boustronné (se livrer à de menus travaux). Au pire, ai-je foutimassé* (travailler très lentement, n’arriver à rien, ne rien faire de valable), ou toupiné (aller très lentement). Mais ce n’est pas parce que je n’ai pas oursé (travailler beaucoup, sans arrêt) que je suis une bérnassiée  (bérnassier au masculin) ou bérdassiée ou bérlassiée (celui qui a l’habitude de bérnasser). La bérnasserie/bérdasserie/bérlasserie (travail peu utile, futile) et la bérnasse/bérdasse/bérlasse (travail qui se fait lentement, bricolage)…non…jamais !

Quoi qu’il en soit, après avoir roûché**** (travailler péniblement avec des efforts répétés), les Tourangeaux pouvaient faire une pause. « y’a pas préesse…on a bin l’temps », «  la fouée est pâs su l’ont ! » (il n’y a pas lieu de se presser), « i faut prendre lé temps d’soffler eune heûre su chaque oureille », troculonner (aller et venir sans occupation précise), feûgnasser (fainéanter), s’arpouser avant d’être t’t’ent’quier floupi (se reposer avant d’être complètement éreinté), s’acagnoter (manquer d’énergie, se laisser aller à la paresse) . Autrement dit, ils pouvaient guigner le vent. Bien que Balzac soit né à Tours, il ne reprend pas cette expression tourangelle et lui préfère bayer aux corneilles*****, qui a exactement la même signification.

La plupart des gens de province ne se rendent évidemment pas un compte exact des procédés que les gens illustres emploient pour mettre leur cravate, marcher sur le boulevard, bayer aux corneilles ou manger une côtelette […]. 

(Balzac, Modeste Mignon, 1844)

Il aurait également pu utiliser l’expression peigner la girafe (perdre son temps, ne rien faire d’intéressant). 

D’ailleurs, beaucoup d’expressions françaises mettent en scène des animaux. En voici un petit florilège.

être doux comme un agneau, y avoir anguille sous roche, avoir une araignée au plafond, faire l’autruche, rire comme une baleine, chercher la petite bête, faire un vent à décorner les bœufs, avoir le cafard, ne pas casser trois pattes à un canard, faire un froid de canard, muet comme une carpe, avoir une haleine de chacal, appeler un chat un chat, la nuit tous les chats sont gris, avoir d’autres chats à fouetter, avoir un chat dans la gorge, donner sa langue au chat, jouer au chat et à la souris, monter sur ses grands chevaux, avoir une fièvre de cheval, devenir chèvre, avoir du chien, arriver comme un chien dans un jeu de quilles, entre chien et loup, être comme chien et chat, faire des yeux de chien battu, malade comme un chien, faire un temps de chien, être copain comme cochon, manger comme un cochon, avoir un caractère de cochon, sauter du coq à l’âne, avaler des couleuvres, un panier de crabes, pleurer des larmes de crocodile, être le dindon de la farce, être rouge comme une écrevisse, être comme un  éléphant dans un magasin de porcelaine, avancer comme un escargot, avoir des fourmis dans les jambes, être frais comme un gardon, faire le pied de grue, poser un lapin, na pas valoir un pet de lapin, se faire prendre pour un lapin de six semaines, soulever un lièvre, courir deux lièvres à la fois, avoir une tête de linotte, être fort comme un lion, tourner comme un lion en cage, dormir comme un loir/une marmotte, tomber/se jeter dans la gueule du loup, connu comme le loup blanc, entre chien et loup, avoir une faim de loup, l’homme est un loup pour l’homme, avoir un œil de lynx, avoir une cervelle de moineau, manger comme un moineau, prendre la mouche, faire mouche, être la mouche du coche, écrire en pattes en mouche, on n’attrape pas les mouches avec du miel, revenir à ses moutons, chercher un mouton à cinq pattes, être têtu comme une mule, avoir un appétit d’oiseau, être un ours mal léché, avoir des oursins dans les poches, être fier comme un paon, être bavard comme un pie, être gai comme un pinson, se sentir comme un poisson dans l’eau, noyer le poisson, moche/vexé comme un pou, chercher des poux à quelqu’un, avoir la bouche en cul de poule, être une poule mouillée, quand les poules auront des dents, avoir la chair de poule, être excité comme une puce, mettre/avoir la puce à l’oreille, puer comme un putois, être fait comme un rat, écorcher le renard (gormiter en Tourangeau), être rusé comme un renard, être serrés comme des sardines, être malin comme un singe, on n’apprend pas aux vieux singes à faire la grimace, être myope comme une taupe, prendre le taureau par les cornes, être une peau de vache, pleuvoir comme vache qui pisse, parler comme une vache (un basque) espagnole, être nu comme un ver, tirer les vers du nez, ne pas être piqué des vers, être une langue de vipère…

(sources complémentaires : projet-voltaire ; ecoledeverneuil ; Wikipedia)
Photo Droits Réservés

*autre sens pour foutimasser : tourmenter moralement, tracasser.
**autres sens pour bousiner : 1. jouer de la cornemuse ou de la vielle 2. exécuter un travail avec de de mauvais outils ou sans disposer de moyens propres à le faire rapidement et bien.
***autre sens pour vésiner : produire un léger bruissement, comme le font certains animaux en se faufilant dans l’herbe, « j’ai entendu vésiner au bord dé la boucheue (bouchure=haie) » .
****autre sens pour roûcher : ronger, manger, « on n’a même pas eun’ou (os) à roûcher !« 
*****bayer aux corneilles (rester bouche bée et non bâiller) : 1. Rêvasser, perdre son temps en regardant en l’air niaisement. 2.  Faire quelque chose sans intérêt, ne rien faire. Synonyme : bader la figue, qui n’est pas une expression tourangelle même si bader existe en Tourangeau et signifiait perdre son temps a dire des riens, cancaner.

 

LSF