Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Visiter la Touraine en 1938

C’est à Château-la-Vallière, en 1890, qu’est créé en le premier syndicat d’initiative du département, le « Comité d’initiative des promenades et des embellissements de Château-la-Vallière ».
Constitué de notables locaux, le comité concourt à une politique municipale très active en faveur du tourisme : aménagement de jardins et boulevards, inscription d’éléments de patrimoine aux Monuments historiques…Il publie en 1890 un fascicule de visite à destination des voyageurs. On y trouve la description des principaux monuments de la ville et des villages alentours, ainsi que quelques informations pratiques ! (FRAD037 _ Fonds Bongars)(1)
Aucune description de photo disponible.
(1)(Sources : 200 ans de Tourisme en Touraine, catalogue d’exposition/Archives départementales d’Indre-et-Loire)

Parmi les publications « anciennes » que je possède, il y a un petit guide touristique de 1938.
DSC_0183
En 1938, le guide édité par Arrault & Cie en est à sa 38è édition. La Tour Charlemagne s’est déjà écroulée (1928) mais l’Hôtel Gouïn n’a pas encore souffert des affres de la guerre (1940) ; l’Hôtel de la Crouzille n’a pas été détruit par les bombardements (1940), ni l’Hôtel de Beaune-Semblançay ; la fontaine de Beaune-Semblançay a été déplacée plusieurs fois mais n’a pas encore retrouvé son emplacement d’origine ; la maison de la cordelière dite de Tristan Lhermitte, n’est pas encore le siège de l’IEHCA (Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation) et la chapelle St-Eloi n’accueille pas les Archives Municipales de Tours (1990) ; si les châteaux de Langeais, Loches, Chenonceau (entre autres) se visitent déjà, ceux de Montbazon et de Candé ne sont pas ouverts au public, et celui de Comacre est à 26 ans de sa destruction ; la bibliothèque municipale, encore sise place Anatole France (détruite dans l’incendie de 1940), est ouverte tous les jours, sauf jours de fête, du 1er août au 31 mars, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 4h00, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 5h00 du 1er avril au 1er août, fermée 8 jours avant et après Pâques.

J’ai un autre guide édité par Arrault et Cie, datant de 1943.

DSC_0184

Cette fois-ci, la guerre a laissé des ruines dans le centre historique de Tours : l’Hôtel Gouïn, l’Hôtel de Beaune-Semblançay, l’Hôtel Gazil, l’Hôtel Bohier, l’Hôtel de la Vallière, l’Hôtel du Gouvernement, la bibliothèque municipale, le Museum d’Histoire naturelles,  « Toutes ces belles demeures ou leurs vestiges ont disparu dans la catastrophe de juin 1940 ». Idem pour l’imprimerie Mame, l’usine Liotard, l’hôtel du Faisan…

La société Arrault et compagnie, créé en 1881 a d’abord été, sous la direction d’Ernest Arrault, son fondateur, l’imprimeur de Charles Wilson et de son journal « La Petite France » qui devient, en 1890, la « Dépêche  du  Centre ». Sous l’impulsion de Charles Gay,  qui succède à Ernest Arrault en 1925, la Dépêche du Centre devient un  grand  quotidien  régional  couvrant  l’Indre-et-Loire, le Cher, le Loir-et-Cher, les Deux-Sèvres et, en partie, la Sarthe, la Vienne et le Maine-et-Loire. Parallèlement, l’imprimerie travaille avec de grands  éditeurs  parisiens et développe une activité d’imprimeur d’art. En 1949, la  société Arrault est condamnée pour collaboration et ses biens dévolus à la Société nationale des entreprises de presse (SNEP) ; le contentieux se poursuivra longuement. L’imprimerie de labeur poursuit son activité jusqu’en 1954. L’entreprise de presse est  réattribuée dès 1944 à la Nouvelle république du Centre Ouest de Jean Meunier, qui succède à Libé-Nord, journal clandestin résistant. (source : AD37)

 

LSF

Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Le Tram à Tours, 1877-2013

Lorsque que les Tourangeaux ont inauguré la ligne de tram le 31 août 2013, beaucoup avaient oublié que la tram avait déjà circulé dans la ville. Bon, on parle d’un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître. Retour sur 73 ans d’histoire tourangelle. Et pour cela, je vous présente une chronique que j’aime bien, HistLoire (par Mathieu Giua). Bonne lecture.

HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, replongeons nous dans l’histoire du tramway de Tours.

L’histoire de la ville de Tours avec le tramway ne date pas d’hier, ni de 2013. Une histoire débutée en 1877 puis interrompue entre 1949 et 2013, non sans refaire parler à intervalles réguliers. En effet, si aujourd’hui, le tramway se fond dans la ville et l’agglomération et est une composante essentielle du quotidien pour beaucoup, il fut à l’inverse pendant longtemps un serpent de mer, alimentant parfois d’âpres débats. Pour bien comprendre ce lien, il faut remonter au XIXe siècle.

En 1877, la ville de Tours inaugure alors son réseau urbain de voies ferrées tractées par chevaux. Tours est alors seulement la 6e ville française à se doter d’un tel réseau après Paris, Nancy, Le Havre, Marseille et Versailles. Ce premier tramway parcourt alors une distance de 3,9 km entre la barrière de Vouvray (aux abords de l’Ile Aucard) à la barrière de Grandmont (actuel carrefour de Verdun). Réseau entièrement urbain au départ, le tramway va connaître un essor à partir de 1889 avec la création d’une ligne jusqu’à Vouvray, puis un autre vers Saint-Avertin et Azay-sur-Cher plus tard.

A son apogée au début du XXe siècle le réseau de tramway, électrifié à partir de 1901, est alors composé de cinq lignes urbaines et de 3 lignes suburbaines : Tours (Place Anatole France) – Vouvray / Tours (Place du Palais) – Saint-Avertin (puis Azay-sur-Cher) / Tours (Place de Choiseul) – Mareuil-Fondettes (ou Luynes), soit un réseau total de 54 km (19 km de lignes urbaines et 34 km de lignes suburbaines).

Lors de la Première Guerre Mondiale, la Compagnie des tramways de Tours va connaître néanmoins des difficultés financières et dès 1916 des tronçons sont abandonnés. Dès lors, le déclin est amorcé et en 1932, les lignes suburbaines devenues moins fréquentées du fait de la concurrence de la route seront supprimées et remplacées par des autobus. Le matériel est également vieillissant. La Seconde Guerre Mondiale sera le coup de grâce du réseau avec des infrastructures détruites. Circulant encore quelques années après 1945, la dernière rame cesse de circuler le 14 septembre 1949.

Dès les années 1970, la question d’un renouveau du tramway, ou plus généralement d’un réseau de transports en communs en site propre, refait surface dans les débats publics à intervalles réguliers. Plusieurs pistes sont étudiées, y compris celle d’un métro aérien. Dans les années 90, alors que le tramway a fait son retour dans plusieurs grandes villes de France, Jean Royer évoque de nouveau la mise en place de ce mode de transports, avec une préférence d’un système de transports sur pneumatiques. Tel un serpent de mer, le tramway fait dès lors parler de lui, mais il faudra attendre le milieu des années 2000 pour que le projet devienne concret.

En 2007, un an avant les élections municipales pour lesquelles il sera de nouveau candidat, le maire de Tours, Jean Germain, dévoile un projet de ligne de tramway avec un tracé Nord-Sud reprenant peu ou prou la ligne 1 du réseau de bus Fil Bleu. Ce projet de tramway sera au cœur de la campagne municipale qui s’annonce entre le maire sortant et son principal opposant Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) préférant un tramway sur pneus et rejetant le projet du maire sortant, critiquant notamment le coût jugé prohibitif (le candidat de la droite évoquait alors un coût de 500 millions d’euros qui fut finalement presque atteint contrairement aux premières prévisions du projet qui étaient d’un montant de 300 millions d’euros).

Finalement la réélection de Jean Germain ne souffrira d’aucune contestation et avec un score de 62.06%, le maire de Tours prendra cela comme un plébiscite en faveur du tramway. La mise en place de la première ligne de tramway sera le grand projet du mandat 2008-2014. Un projet mené tambours battants (en moins de 5 ans) mais non sans contestations. Entre opposants aux abatages des arbres sur le tracé (et notamment les 160 du mail au Sanitas), accusations de favoritisme dans le choix de certains prestataires (Alors adjointe à Jean Germain, Régine Charvet-Pello a obtenu le marché du design du tramway via son agence RCP), critiques sur le coût du projet… plusieurs recours ont lieu mais qui finalement n’aboutiront pas. Le 31 août 2013, le maire de Tours inaugure alors en grandes pompes son tramway. La première rame porte alors le numéro 51, un clin d’oeil à la dernière rame de 1949 qui portait elle le numéro 50… comme pour symboliquement marquer la continuité entre les deux réseaux.

Inauguration du tramway le 31 août 2013Un degré en plus : Un historique complet et détaillé est visible sur le blog letramdetours

Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

La loge franc-maçonnique des « amis du peuple » à Tours

Aujourd’hui, je vous présente une chronique que j’aime bien, HistLoire. Bonne lecture.

Articles

HistLoire, c’est une nouvelle chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, découvrez l’histoire du temple des Démophiles, situé rue Georges Courteline.

Rue Georges Courteline, une drôle de façade se dresse sur la rue. Cette dernière est celle du temple des Démophiles, principal temple franc-maçonnique de la ville de Tours.

bIMG_4035

Ce lieu est chargé d’histoire, avant d’abriter la communauté franc-maçonne il fut notamment un couvent religieux. En 1711 s’y installent les sœurs de Notre-Dame de Charité du Refuge. Dès lors, le lieu prend le surnom du « Refuge ». Pendant la Révolution, le Refuge est nationalisé puis est transformé sous le Directoire pour abriter le VIe régiment de Hussards de la République.

Lors de la Restauration (1814-1830), le Refuge change de nouveau d’activité. L’ordonnance royale du 11 septembre 1816 créé en ces lieux un orphelinat et une maison de correction pour les filles de « mauvaise vie ou en danger moral ». La maison de correction restera en activité tout le XIXe siècle, précisément jusqu’en 1903, année ou éclate un scandale. Certaines sœurs en charge du Refuge sont accusées de mauvais traitements et de sadisme sur leurs pensionnaires. Cette affaire fit grand bruit, Georges Clemenceau couvrit même le procès pour le journal l’Aurore.

Rachetés par l’Etat, les lieux sont en partis détruits avec le percement de la rue Dabilly en 1904. La loge maçonnique des Démophiles s’en porte alors acquéreur en 1907. Cette loge dépendante du Grand Orient de France, est toujours en possession des lieux aujourd’hui.

bIMG_4057

Outre l’histoire maçonnique, ce lieu fut également lié à l’histoire politique. En effet, ce lieu porta bien son nom puisqu’il servit de refuge pour les délégués minoritaires du Congrès de Tours de Décembre 1920. Lors de ce congrès, avec la scission de la SFIO, qui entraina la création du Parti Communiste, les délégués ayant refusé l’adhésion à la IIIe Internationale, Léon Blum en tête, quittent la salle du Manège et rejoignent la loge des Démophiles pour y continuer leurs travaux et réfléchir à l’avenir de la SFIO, dorénavant orpheline de sa majorité de délégués ayant rejoint la IIIe Internationale.

Les Démophiles c’est quoi ?

bIMG_4034

La loge des Démophiles naît en décembre 1847 de la volonté de Jules Charpentier. Cette appellation, tirée de la mythologie latine, se traduit par «amis du peuple». La loge des Démophiles est rattachée au Grand Orient de France (GODF). Sur la façade du bâtiment nous pouvons d’ailleurs observer les lettres GODF de part et d’autre de la porte.

(source : 37 degres mag)

L’Indre-et-Loire compte huit loges du Grand Orient de France : Les Enfants de Rabelais à Chinon, Concorde et Solidarité Lochoise à Loches, Altérité, Cosmodicée, Des Enfants de la Loire, Les Démophiles, Saint-Jean de Tours, Temple et Cité à Tours.

 

Pour aller plus loin :
Ecossais37.over-blog.org
L’express.fr
https://books.openedition.org/pufr/1853?lang=fr
https://books.openedition.org/pufr/1855?lang=fr

Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

L’Hôpital général de Tours

Paris ne s’est pas fait en un jour. L’hôpital Bretonneau de Tours non plus. Il a évolué, changeant de fonctions, de nom et d’agencement.

Les premiers bâtiments datent XVe siècle, et ont été édifiés sous l’égide du clergé, grâce aux dons faits en faveur des pauvres. Le 20 mars 1641, Louis XIII octroie à la municipalité la somme de 4000 livres par an pour une aumônerie, mais les échevins encaissent cette somme chaque année sans mettre le projet à exécution. Le 23 juin 1656, par arrêté du Conseil d’Etat, Louis XIV décide de la construction d’un hôpital général dans chaque ville du royaume. Trois bâtiments longs de 80 mètres forment alors l’hôpital général de la Charité à Tours, le premier pour les services administratifs, le deuxième pour les femmes et le troisième pour les hommes. Mais les épidémies de peste (1626-1640), les aléas climatiques (ouragan de 1637, inondations de 1649, 1652) augmentent le nombre de vagabonds et de mendiants qui affluent vers Tours avec l’espoir de trouver du travail dans les manufactures de soie. Afin de préserver l’ordre public, l’arrêté de 1656 prévoit aussi que les indigents de la ville de Tours et des faubourgs de Marmoutier, du Plessis et de La Riche soient enfermés et astreints à un travail obligatoire. L’hospice devient donc une prison. Peu à peu, les mentalités évoluent, l’hôpital devient un asile accueillant les incurables, les aliénés, les épileptiques et les orphelins.
En 1658, Louis XIV confirme la création de cet établissement par lettres patentes, permettant ainsi l’organisation administrative de l’hôpital. (Ces lettres patentes sont confirmées par Louis XV en 1716, 1718, 1719 et 1720)
En 1698, un certain nombre d’aumônes et maladreries de Touraine sont réunies à l’Hôtel-Dieu de Tours (la présence de l’Hôtel-Dieu est attestée à partir du XIe siècle lorsque sa chapelle est mentionnée).
En 1766, le collège royal de chirurgie de Tours est fondé par lettres patentes.
L’Hôpital général met en place un enseignement pratique et, par décision l du 29 juin 1768, l’administration autorise l’utilisation des cadavres nécessaires aux démonstrations chirurgicales. A la veille de la Révolution, l’hospice ne présente que peu de différence avec l’établissement créé en 1656.

Le XIXe siècle

Le 14 fructidor an X (1er septembre 1802), l’Hôpital général de La Charité, l’Hôpital de La Madeleine et l’Hôtel-Dieu, fusionnent en un organisme unique.
A partir du 2 février 1814, le Ministre de la Guerre ordonne d’évacuer les militaires blessés et les malades de la Grande Armée sur Tours. L’hospice est alors transformé en hôpital militaire.
Une épidémie de typhus décime les malades et le personnel soignant.
Dès le XIXe siècle, l’hôpital ne suffit plus à accueillir la population sans cesse croissante.
Sous la Restauration et le Monarchie de Juillet, plusieurs bâtiments sont construits, tels les asiles dits de fous, une maternité édifiée vers 1817. De plus, un puits artésien est percé, une buanderie est organisée (auparavant, il fallait transporter le linge jusqu’au Cher pour le laver) et des travaux d’hygiène sont réalisés. De nouveaux bâtiments destinés à recevoir les enfants abandonnés sont construits à partir de  1840.
En 1825, l’arrivée de Pierre-Fidèle Bretonneau et de ses disciples Velpeau et Trousseau font évoluer l’hôpital. L’école de médecine est créée au sein de l’hospice général le 22 juin 1841 par ordonnance du roi.

A partir de 1854, l’établissement se divise en trois grandes structures : l’hôpital, l’hospice et l’asile des aliénés. Le premier reçoit les malades militaires ou marins, les malades civils hommes, femmes et enfants, les blessés
 accidentels, les galeux et les teigneux, les femmes et les filles enceintes et les vénériennes. Le second reçoit les vieillards et les incurables, les enfants assistés, les enfants et familles indigents, les vieillards des deux sexes tant valides qu’incurables et les épileptiques à titre de pensionnaire. Enfin, le quartier des aliénés reçoit les aliénés pensionnaires. Les « vénériennes » sont reçues dans un pavillon qui semble avoir été construit entre 1826 et 1828. Celui-ci prend par la suite, le nom de « Maison Neuve ». Ce sera en fait un hôpital-prison pour les  prostituées. Ce pavillon semble fonctionner encore en 1948.

Le XXe siècle

L’entre-deux-guerres voit la création de plusieurs services grâce à des dons.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les locaux de l’hôpital et le personnel sont réquisitionnés par l’armée allemande. Des abris antiaériens et des tranchées sont creusés. L’afflux des blessés oblige à transformer des lieux (lingerie, réfectoires), en chambres provisoires. Un cimetière de fortune est crée dans le jardin de l’hospice.

L’hôpital général de Tours devient Centre hospitalier universitaire. 

La chapelle (1661) ainsi que les toitures et les façades de l’ancien hospice sont inscrits au titre de Monuments historiques par arrêté du