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Tours dans les années 20 – au détour d’un plan

Temps de lecture : 7 minutes

J’ai dans ma bibliothèque un vieux plan de Tours (Gambier éditeur). Malheureusement (ou pas), il n’est pas daté. Je suis donc partie à la recherche d’indices qui me permettraient de le situer dans le temps. Et mes connaissances de guide agréée VPHA ont été mises à mal.

Première chose que je constate, le quartier de mon enfance, le quartier du Sanitas (1958) n’existe pas. Sanitas Le plan date donc d’avant la reconstruction. A la place de ce quartier et de celui de la Rotonde, se trouvent encore les ateliers de montage et de réparation des locomotives (le quartier de la Rotonde doit d’ailleurs son nom à ces installations). Le plan date donc d’avant la guerre. La date d’avant guerre est confirmée par la présence de la bibliothèque et du Muséum d’Histoire naturelles, sur les bords de Loire. Ces 2 bâtiments ont été détruits lors des bombardements de 1940.
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Mon regard poursuit son exploration et je constate qu’on voit les abattoirs des quais de Loire (détruits en 1923, rue de l’abattoir), mais pas l’Université François Rabelais (construite en 1971, rue des Tanneurs). Le Palais des sports (construit en 1955) n’est pas non plus sorti de terre.
Un autre bâtiment attire mon attention, à l’emplacement de la Poste, boulevard Béranger, se trouve la Maison d’arrêt. Quelques recherches aux AD37 plus tard et j’apprends que la maison d’arrêt est construite en 1841 et détruite en 1935 pour laisser place à la Poste. La Caisse d’Epargne (construction 1864-1866, agrandissement 1880 et 1898), boulevard Béranger, ne m’en apprendra pas plus car elle existe toujours.
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Tiens, un bâtiment que je n’avais pas vu. Dans le quartier de St-Symphorien, il y a l’école normale (installé dans les bâtiments des Bénédictines en 1888). Bon, à ce stade, ça ne me donne pas plus de renseignement puisque que les écoles normales deviennent IUFM en 1989 et que l’IUFM de Tours s’installe à Fondettes en 1990.

Donc, pour l’instant, je peux dire que le plan date d’avant 1923, date à laquelle les anciens abattoirs du Champ de Mars ont été détruits.

Je continue ma promenade visuelle, j’aperçois le Théâtre français, construit en 1884, détruit par un incendie en 1929 et réhabilité en clinique en 1931. Théâtre_françaisThéâtre_français_culture_gouv
Je vois aussi le cirque de Touraine, détruit en 1927, et l’usine à gaz, rue du gazomètre.

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La rue du gazomètre est rebaptisée ainsi après qu’une usine à gaz y est implantée en 1836. L’usine cesse son activité en 1931, date à laquelle une seconde usine plus importante est mise en service rue du Général Renault. La fontaine de Beaune trône place du Grand Marché (depuis 1820), où elle reste jusque dans les années 50 (1958), avant de retrouver son emplacement d’origine (à quelques dizaines de mètres près). Ah, intéressant (je ne le sais pas encore, mais c’est intéressant pour la datation de mon plan), je tombe sur le nouvel abattoir situé quartier Tonnellé. Les AD37 doivent bien avoir des infos sur le sujet. BINGO. Le nouvel abattoir est construit entre 1912 et 1916.

Mon plan illustre donc la ville de Tours entre 1916 et 1923. Puis-je être plus précise ?

Je trouve la machine élévatoire de St-François et l’incinération d’immondices (la machine élévatoire date de 1891-92), le vélodrome (1896-1962), les usines Schmid (1918-1985) et St-Gobain (cessation d’activité après la Seconde Guerre Mondiale), les Docks, remplacés en 1963 par les Champs Girault. Le canal du Berry n’est pas encore comblé (1960) donc l’autoroute A10 ne traverse pas la ville (1972). Le château de Beaujardin est encore debout (détruit lors des bombardements de 1940). Le champ de manœuvre du Menneton est toujours en activité (1829-1960). Mon collège, le collège Michelet, n’existe pas (1954), mais il y a une école rue Michelet. Une école a été construite rue Michelet en 1921, pour remplacer celle de la rue de Bordeaux (1875) devenue vétuste ; il faudrait vérifier aux Archives qu’il s’agit bien du même établissement. Je découvre qu’à Tours, il y a eu un parc à fourrage, rue du Plat d’étain et le magasin régional du 9è régiment, rue Camille Desmoulin (tous les deux installées dans le dernier quart du XIXè siècle, voir ici).

Donc, mon plan aurait été édité entre 1918 (installation des usines Schmid) et 1923 (destruction des anciens abattoirs), et peut-être même entre 1921 (création de l’école rue Michelet et du patronage laïque rue Parmentier) et 1923. Et si l’école est créée en 1921 et les abattoirs détruits en 1923, le plan devrait dater de 1922 ou 1923.

J’ai un guide de 1931 des éditions Arrault et Compagnie, dans lequel il y un autre plan de Tours. Les abattoirs des bords de Loire, détruits en 1923, n’apparaissent plus, remplacés par la cité-jardin des bords de Loire (1926-30), mais le cirque de Touraine, détruit en 1927, est toujours indiqué, tout comme le Théâtre français, détruit par le feu en 1929. Parmi les constructions postérieures à 1922, la cité-jardin du sénateur Letellier, édifiée en 1927, est indiquée, juste à côté du nouvel abattoir de 1916 et non loin du stade Tonnellé, inauguré en 1924 sous le nom de stade Rolland-Pilain (firme automobile sponsor de l’USTours Rugby), avant d’être renommé en 1931, stade Timbror (fabriquant de meubles sponsor de l’USTours Rugby). Le plan de 1931 est plus grand donc plus lisible ; je déchiffre les bâtiments illisibles sur le plan de 1922. Ainsi, je découvre le bureau de bienfaisance de la rue Baleschoux, créé le 1er frimaire an XII (23 novembre 1803). Des bâtiments non dénommés en 1922 apparaissent comme étant un marché aux bestiaux. Le marché aux bestiaux est construit sur les bords de Loire en 1897-1901.

DONC, soit mon plan de 1931 n’est pas à jour puisqu’en 1931, il présente des bâtiments détruits depuis 3 ans… soit il n’appartient pas au guide de 1931 et date de 1927. Du coup, mon premier plan ne date peut-être pas de 1922, mais il est la représentation de Tours en 1922.

Ces plans n’ont amenée à découvrir des trucs, des bâtiments que je ne connaissais pas, comme l’usine de Rochepinard, l’usine St-Gobain. La relecture de mon guide de visite de 1943 s’impose.
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Les anciens se souviennent que des octrois taxaient les marchandises entrant dans Tours et que des portes se refermaient tous les soirs sur la ville. En 1943, les octrois vivent leurs derniers instants. Et si certains pavillons existent encore de nos jours (Place Choiseul), ceux de la Place des Portes de fer (actuelle Place Jean Jaurès) ont disparu. Page 96, quelques lignes m’apprennent que les portes de fer, Place des portes de fer (Place du Maréchal Pétain en 1943), grille à trois battants, pesaient 30 000 livres, avaient été exécutées à Paris et posées en 1751.
Après cette petite parenthèse confiture (pourquoi confiture ? Parce que la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale…moi, je m’en fiche, je préfère le Nutella), je poursuis mes recherches. Vais-je trouver des renseignements sur l’abattoir Tonnellé ? Oui, page 136. En fait , non, à part, que ce nouvel abattoir est « un vaste établissement, doté de tous les perfectionnements modernes, [qui] répond à toutes les conditions d’hygiène et aux besoins de la population tourangelle ».
Je feuillète les pages, et m’arrête page 137. Le paragraphe s’intitule « L’eau du Cher. L’usine de Rochepinard. » L’origine du nom Rochepinard viendrait d’une propriété appelée Les Roches, qui aurait appartenue à un nommé Pierre Pinard. En 1854, une première usine de pompage de l’eau du Cher est construite à Rochepinard. Elle comprenait deux turbines hydrauliques et une pompe à vapeur de 15 CV. DE 1877 à 1855, l’usine est dotée de trois turbines et de deux pompes à vapeur de 80 CV. D’autres modifications sont effectuées, jusqu’à sa transformation en usine hydro-électrique.
Sympa le guide ! En 1943, on avait le sens du tourisme ! Alors, je continue avec l’usine d’incinération des ordures ménagères, page 140. L’usine d’incinération est construite entre 1924 et 1927. Une première série de trois fours est mise en service en 1925, une seconde de quatre fours deux ans plus tard. L’usine est modernisée en 1933 et 1937 et en 1943, elle traite annuellement 18 000 à 20 000 tonnes d’ordures ménagères. En 2017, cela donne :
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Tout est bien rodé, chaque déchet a sa poubelle. Bien malhonnête celui qui parlerait d’une usine à gaz ! En parlant d’usine à gaz, on en parle page 141 du guide.
L’usine à gaz de la rue du Gazomètre n’est plus : usine devenue trop centrale par suite de l’accroissement de la population, emplacement trop exigu pour la modernisation de l’usine, projet de construction d’un groupe scolaire sur l’emplacement de la rue du Gazomètre. C’est une nouvelle usine à gaz qui voit le jour rue du Général Renault en 1931. Info en passant, le réseau électrique de Tours est alimenté, entre autres, par l’usine d’incinération des ordures ménagères (600 kw) (à titre de comparaison, aujourd’hui, la Centrale de Chinon produit 900 Mw. 600 kw en 1943 devait permettre d’alimenter un quartier de Tours).
Et l’usine St-Gobain dans tout cela ? Je la trouve page 118. L’usine St-Gobain, succursale de la société St-Gobain, Chauny et Cirey pour la fabrication des engrais, emploie une cinquantaine d’ouvriers qui habitent pour la plupart une cité voisine.
Quant aux Postes, construites à la place la maison d’arrêt du Boulevard Béranger, j’en apprends plus page 102. « Tours vient d’être doté d’un Hôtel des Postes digne de son importance économique, touristique et de son rayonnement artistique. […] Construit de 1934 à 1937, cet édifice aux lignes simples, bâti selon la technique moderne, s’harmonise par sa hauteur avec le Palais de Justice qu’il côtoie. […] »

Voilà, voilà ! Et si l’aspect touristique de cet article vous a échappé, il a le mérite d’aborder des lieux méconnus de Tours.

 

LSF

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Visiter la Touraine en 1938

C’est à Château-la-Vallière, en 1890, qu’est créé en le premier syndicat d’initiative du département, le « Comité d’initiative des promenades et des embellissements de Château-la-Vallière ».
Constitué de notables locaux, le comité concourt à une politique municipale très active en faveur du tourisme : aménagement de jardins et boulevards, inscription d’éléments de patrimoine aux Monuments historiques…Il publie en 1890 un fascicule de visite à destination des voyageurs. On y trouve la description des principaux monuments de la ville et des villages alentours, ainsi que quelques informations pratiques ! (FRAD037 _ Fonds Bongars)(1)
Aucune description de photo disponible.
(1)(Sources : 200 ans de Tourisme en Touraine, catalogue d’exposition/Archives départementales d’Indre-et-Loire)

Parmi les publications « anciennes » que je possède, il y a un petit guide touristique de 1938.
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En 1938, le guide édité par Arrault & Cie en est à sa 38è édition. La Tour Charlemagne s’est déjà écroulée (1928) mais l’Hôtel Gouïn n’a pas encore souffert des affres de la guerre (1940) ; l’Hôtel de la Crouzille n’a pas été détruit par les bombardements (1940), ni l’Hôtel de Beaune-Semblançay ; la fontaine de Beaune-Semblançay a été déplacée plusieurs fois mais n’a pas encore retrouvé son emplacement d’origine ; la maison de la cordelière dite de Tristan Lhermitte, n’est pas encore le siège de l’IEHCA (Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation) et la chapelle St-Eloi n’accueille pas les Archives Municipales de Tours (1990) ; si les châteaux de Langeais, Loches, Chenonceau (entre autres) se visitent déjà, ceux de Montbazon et de Candé ne sont pas ouverts au public, et celui de Comacre est à 26 ans de sa destruction ; la bibliothèque municipale, encore sise place Anatole France (détruite dans l’incendie de 1940), est ouverte tous les jours, sauf jours de fête, du 1er août au 31 mars, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 4h00, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 5h00 du 1er avril au 1er août, fermée 8 jours avant et après Pâques.

J’ai un autre guide édité par Arrault et Cie, datant de 1943.

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Cette fois-ci, la guerre a laissé des ruines dans le centre historique de Tours : l’Hôtel Gouïn, l’Hôtel de Beaune-Semblançay, l’Hôtel Gazil, l’Hôtel Bohier, l’Hôtel de la Vallière, l’Hôtel du Gouvernement, la bibliothèque municipale, le Museum d’Histoire naturelles,  « Toutes ces belles demeures ou leurs vestiges ont disparu dans la catastrophe de juin 1940 ». Idem pour l’imprimerie Mame, l’usine Liotard, l’hôtel du Faisan…

La société Arrault et compagnie, créé en 1881 a d’abord été, sous la direction d’Ernest Arrault, son fondateur, l’imprimeur de Charles Wilson et de son journal « La Petite France » qui devient, en 1890, la « Dépêche  du  Centre ». Sous l’impulsion de Charles Gay,  qui succède à Ernest Arrault en 1925, la Dépêche du Centre devient un  grand  quotidien  régional  couvrant  l’Indre-et-Loire, le Cher, le Loir-et-Cher, les Deux-Sèvres et, en partie, la Sarthe, la Vienne et le Maine-et-Loire. Parallèlement, l’imprimerie travaille avec de grands  éditeurs  parisiens et développe une activité d’imprimeur d’art. En 1949, la  société Arrault est condamnée pour collaboration et ses biens dévolus à la Société nationale des entreprises de presse (SNEP) ; le contentieux se poursuivra longuement. L’imprimerie de labeur poursuit son activité jusqu’en 1954. L’entreprise de presse est  réattribuée dès 1944 à la Nouvelle république du Centre Ouest de Jean Meunier, qui succède à Libé-Nord, journal clandestin résistant. (source : AD37)

 

LSF

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Le Tram à Tours, 1877-2013

Lorsque que les Tourangeaux ont inauguré la ligne de tram le 31 août 2013, beaucoup avaient oublié que la tram avait déjà circulé dans la ville. Bon, on parle d’un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître. Retour sur 73 ans d’histoire tourangelle. Et pour cela, je vous présente une chronique que j’aime bien, HistLoire (par Mathieu Giua). Bonne lecture.

HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, replongeons nous dans l’histoire du tramway de Tours.

L’histoire de la ville de Tours avec le tramway ne date pas d’hier, ni de 2013. Une histoire débutée en 1877 puis interrompue entre 1949 et 2013, non sans refaire parler à intervalles réguliers. En effet, si aujourd’hui, le tramway se fond dans la ville et l’agglomération et est une composante essentielle du quotidien pour beaucoup, il fut à l’inverse pendant longtemps un serpent de mer, alimentant parfois d’âpres débats. Pour bien comprendre ce lien, il faut remonter au XIXe siècle.

En 1877, la ville de Tours inaugure alors son réseau urbain de voies ferrées tractées par chevaux. Tours est alors seulement la 6e ville française à se doter d’un tel réseau après Paris, Nancy, Le Havre, Marseille et Versailles. Ce premier tramway parcourt alors une distance de 3,9 km entre la barrière de Vouvray (aux abords de l’Ile Aucard) à la barrière de Grandmont (actuel carrefour de Verdun). Réseau entièrement urbain au départ, le tramway va connaître un essor à partir de 1889 avec la création d’une ligne jusqu’à Vouvray, puis un autre vers Saint-Avertin et Azay-sur-Cher plus tard.

A son apogée au début du XXe siècle le réseau de tramway, électrifié à partir de 1901, est alors composé de cinq lignes urbaines et de 3 lignes suburbaines : Tours (Place Anatole France) – Vouvray / Tours (Place du Palais) – Saint-Avertin (puis Azay-sur-Cher) / Tours (Place de Choiseul) – Mareuil-Fondettes (ou Luynes), soit un réseau total de 54 km (19 km de lignes urbaines et 34 km de lignes suburbaines).

Lors de la Première Guerre Mondiale, la Compagnie des tramways de Tours va connaître néanmoins des difficultés financières et dès 1916 des tronçons sont abandonnés. Dès lors, le déclin est amorcé et en 1932, les lignes suburbaines devenues moins fréquentées du fait de la concurrence de la route seront supprimées et remplacées par des autobus. Le matériel est également vieillissant. La Seconde Guerre Mondiale sera le coup de grâce du réseau avec des infrastructures détruites. Circulant encore quelques années après 1945, la dernière rame cesse de circuler le 14 septembre 1949.

Dès les années 1970, la question d’un renouveau du tramway, ou plus généralement d’un réseau de transports en communs en site propre, refait surface dans les débats publics à intervalles réguliers. Plusieurs pistes sont étudiées, y compris celle d’un métro aérien. Dans les années 90, alors que le tramway a fait son retour dans plusieurs grandes villes de France, Jean Royer évoque de nouveau la mise en place de ce mode de transports, avec une préférence d’un système de transports sur pneumatiques. Tel un serpent de mer, le tramway fait dès lors parler de lui, mais il faudra attendre le milieu des années 2000 pour que le projet devienne concret.

En 2007, un an avant les élections municipales pour lesquelles il sera de nouveau candidat, le maire de Tours, Jean Germain, dévoile un projet de ligne de tramway avec un tracé Nord-Sud reprenant peu ou prou la ligne 1 du réseau de bus Fil Bleu. Ce projet de tramway sera au cœur de la campagne municipale qui s’annonce entre le maire sortant et son principal opposant Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) préférant un tramway sur pneus et rejetant le projet du maire sortant, critiquant notamment le coût jugé prohibitif (le candidat de la droite évoquait alors un coût de 500 millions d’euros qui fut finalement presque atteint contrairement aux premières prévisions du projet qui étaient d’un montant de 300 millions d’euros).

Finalement la réélection de Jean Germain ne souffrira d’aucune contestation et avec un score de 62.06%, le maire de Tours prendra cela comme un plébiscite en faveur du tramway. La mise en place de la première ligne de tramway sera le grand projet du mandat 2008-2014. Un projet mené tambours battants (en moins de 5 ans) mais non sans contestations. Entre opposants aux abatages des arbres sur le tracé (et notamment les 160 du mail au Sanitas), accusations de favoritisme dans le choix de certains prestataires (Alors adjointe à Jean Germain, Régine Charvet-Pello a obtenu le marché du design du tramway via son agence RCP), critiques sur le coût du projet… plusieurs recours ont lieu mais qui finalement n’aboutiront pas. Le 31 août 2013, le maire de Tours inaugure alors en grandes pompes son tramway. La première rame porte alors le numéro 51, un clin d’oeil à la dernière rame de 1949 qui portait elle le numéro 50… comme pour symboliquement marquer la continuité entre les deux réseaux.

Inauguration du tramway le 31 août 2013Un degré en plus : Un historique complet et détaillé est visible sur le blog letramdetours

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La loge franc-maçonnique des « amis du peuple » à Tours

Aujourd’hui, je vous présente une chronique que j’aime bien, HistLoire. Bonne lecture.

Articles

HistLoire, c’est une nouvelle chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, découvrez l’histoire du temple des Démophiles, situé rue Georges Courteline.

Rue Georges Courteline, une drôle de façade se dresse sur la rue. Cette dernière est celle du temple des Démophiles, principal temple franc-maçonnique de la ville de Tours.

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Ce lieu est chargé d’histoire, avant d’abriter la communauté franc-maçonne il fut notamment un couvent religieux. En 1711 s’y installent les sœurs de Notre-Dame de Charité du Refuge. Dès lors, le lieu prend le surnom du « Refuge ». Pendant la Révolution, le Refuge est nationalisé puis est transformé sous le Directoire pour abriter le VIe régiment de Hussards de la République.

Lors de la Restauration (1814-1830), le Refuge change de nouveau d’activité. L’ordonnance royale du 11 septembre 1816 créé en ces lieux un orphelinat et une maison de correction pour les filles de « mauvaise vie ou en danger moral ». La maison de correction restera en activité tout le XIXe siècle, précisément jusqu’en 1903, année ou éclate un scandale. Certaines sœurs en charge du Refuge sont accusées de mauvais traitements et de sadisme sur leurs pensionnaires. Cette affaire fit grand bruit, Georges Clemenceau couvrit même le procès pour le journal l’Aurore.

Rachetés par l’Etat, les lieux sont en partis détruits avec le percement de la rue Dabilly en 1904. La loge maçonnique des Démophiles s’en porte alors acquéreur en 1907. Cette loge dépendante du Grand Orient de France, est toujours en possession des lieux aujourd’hui.

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Outre l’histoire maçonnique, ce lieu fut également lié à l’histoire politique. En effet, ce lieu porta bien son nom puisqu’il servit de refuge pour les délégués minoritaires du Congrès de Tours de Décembre 1920. Lors de ce congrès, avec la scission de la SFIO, qui entraina la création du Parti Communiste, les délégués ayant refusé l’adhésion à la IIIe Internationale, Léon Blum en tête, quittent la salle du Manège et rejoignent la loge des Démophiles pour y continuer leurs travaux et réfléchir à l’avenir de la SFIO, dorénavant orpheline de sa majorité de délégués ayant rejoint la IIIe Internationale.

Les Démophiles c’est quoi ?

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La loge des Démophiles naît en décembre 1847 de la volonté de Jules Charpentier. Cette appellation, tirée de la mythologie latine, se traduit par «amis du peuple». La loge des Démophiles est rattachée au Grand Orient de France (GODF). Sur la façade du bâtiment nous pouvons d’ailleurs observer les lettres GODF de part et d’autre de la porte.

(source : 37 degres mag)

L’Indre-et-Loire compte huit loges du Grand Orient de France : Les Enfants de Rabelais à Chinon, Concorde et Solidarité Lochoise à Loches, Altérité, Cosmodicée, Des Enfants de la Loire, Les Démophiles, Saint-Jean de Tours, Temple et Cité à Tours.

 

Pour aller plus loin :
Ecossais37.over-blog.org
L’express.fr
https://books.openedition.org/pufr/1853?lang=fr
https://books.openedition.org/pufr/1855?lang=fr

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L’Hôpital général de Tours

Paris ne s’est pas fait en un jour. L’hôpital Bretonneau de Tours non plus. Il a évolué, changeant de fonctions, de nom et d’agencement.

Les premiers bâtiments datent XVe siècle, et ont été édifiés sous l’égide du clergé, grâce aux dons faits en faveur des pauvres. Le 20 mars 1641, Louis XIII octroie à la municipalité la somme de 4000 livres par an pour une aumônerie, mais les échevins encaissent cette somme chaque année sans mettre le projet à exécution. Le 23 juin 1656, par arrêté du Conseil d’Etat, Louis XIV décide de la construction d’un hôpital général dans chaque ville du royaume. Trois bâtiments longs de 80 mètres forment alors l’hôpital général de la Charité à Tours, le premier pour les services administratifs, le deuxième pour les femmes et le troisième pour les hommes. Mais les épidémies de peste (1626-1640), les aléas climatiques (ouragan de 1637, inondations de 1649, 1652) augmentent le nombre de vagabonds et de mendiants qui affluent vers Tours avec l’espoir de trouver du travail dans les manufactures de soie. Afin de préserver l’ordre public, l’arrêté de 1656 prévoit aussi que les indigents de la ville de Tours et des faubourgs de Marmoutier, du Plessis et de La Riche soient enfermés et astreints à un travail obligatoire. L’hospice devient donc une prison. Peu à peu, les mentalités évoluent, l’hôpital devient un asile accueillant les incurables, les aliénés, les épileptiques et les orphelins.
En 1658, Louis XIV confirme la création de cet établissement par lettres patentes, permettant ainsi l’organisation administrative de l’hôpital. (Ces lettres patentes sont confirmées par Louis XV en 1716, 1718, 1719 et 1720)
En 1698, un certain nombre d’aumônes et maladreries de Touraine sont réunies à l’Hôtel-Dieu de Tours (la présence de l’Hôtel-Dieu est attestée à partir du XIe siècle lorsque sa chapelle est mentionnée).
En 1766, le collège royal de chirurgie de Tours est fondé par lettres patentes.
L’Hôpital général met en place un enseignement pratique et, par décision l du 29 juin 1768, l’administration autorise l’utilisation des cadavres nécessaires aux démonstrations chirurgicales. A la veille de la Révolution, l’hospice ne présente que peu de différence avec l’établissement créé en 1656.

Le XIXe siècle

Le 14 fructidor an X (1er septembre 1802), l’Hôpital général de La Charité, l’Hôpital de La Madeleine et l’Hôtel-Dieu, fusionnent en un organisme unique.
A partir du 2 février 1814, le Ministre de la Guerre ordonne d’évacuer les militaires blessés et les malades de la Grande Armée sur Tours. L’hospice est alors transformé en hôpital militaire.
Une épidémie de typhus décime les malades et le personnel soignant.
Dès le XIXe siècle, l’hôpital ne suffit plus à accueillir la population sans cesse croissante.
Sous la Restauration et le Monarchie de Juillet, plusieurs bâtiments sont construits, tels les asiles dits de fous, une maternité édifiée vers 1817. De plus, un puits artésien est percé, une buanderie est organisée (auparavant, il fallait transporter le linge jusqu’au Cher pour le laver) et des travaux d’hygiène sont réalisés. De nouveaux bâtiments destinés à recevoir les enfants abandonnés sont construits à partir de  1840.
En 1825, l’arrivée de Pierre-Fidèle Bretonneau et de ses disciples Velpeau et Trousseau font évoluer l’hôpital. L’école de médecine est créée au sein de l’hospice général le 22 juin 1841 par ordonnance du roi.

A partir de 1854, l’établissement se divise en trois grandes structures : l’hôpital, l’hospice et l’asile des aliénés. Le premier reçoit les malades militaires ou marins, les malades civils hommes, femmes et enfants, les blessés
 accidentels, les galeux et les teigneux, les femmes et les filles enceintes et les vénériennes. Le second reçoit les vieillards et les incurables, les enfants assistés, les enfants et familles indigents, les vieillards des deux sexes tant valides qu’incurables et les épileptiques à titre de pensionnaire. Enfin, le quartier des aliénés reçoit les aliénés pensionnaires. Les « vénériennes » sont reçues dans un pavillon qui semble avoir été construit entre 1826 et 1828. Celui-ci prend par la suite, le nom de « Maison Neuve ». Ce sera en fait un hôpital-prison pour les  prostituées. Ce pavillon semble fonctionner encore en 1948.

Le XXe siècle

L’entre-deux-guerres voit la création de plusieurs services grâce à des dons.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les locaux de l’hôpital et le personnel sont réquisitionnés par l’armée allemande. Des abris antiaériens et des tranchées sont creusés. L’afflux des blessés oblige à transformer des lieux (lingerie, réfectoires), en chambres provisoires. Un cimetière de fortune est crée dans le jardin de l’hospice.

L’hôpital général de Tours devient Centre hospitalier universitaire. 

La chapelle (1661) ainsi que les toitures et les façades de l’ancien hospice sont inscrits au titre de Monuments historiques par arrêté du