Publié dans Challenge AZ, Challenge AZ 2016

J comme…Juin

Juin est le sixième mois des calendriers julien et grégorien. À l’époque antique, c’était le quatrième mois du calendrier romain. Selon Ovide, son nom viendrait du latin junius, donné en l’honneur de la déesse Junon. Une autre étymologie possible est junius (mensis), le mois de Lucius Junius Brutus, le fondateur légendaire de la République romaine.

Mais en patois tourangeau, juin est un autre nom pour purin ( « on a répandu l’juin dans les prés » ). Mais de quoi parlons-nous exactement. Le fumier est une matière organique issue des déjections animales (excréments et urine) mélangées à de la litière (paille, fougère etc.), le lisier est un effluent composé de déjections animales (urine et excréments) et d’eau, qui peut contenir des résidus de litière mais en faible quantité (c’est l’élément liquide qui domine sinon, c’est du fumier), le purin est un liquide animal constitué principalement d’urines éventuellement complétées du liquide s’écoulant du fumier (un petit tas de fumier se dit mériau en Tourangeau et le fombrage est du fumier, surtout le fumier de mouton).

Je pensais être sortie du fameux stade anal (pipi, caca, prout) depuis plusieurs années déjà (éventuellement parle-je d’excréments, de selles), mais quand le Museum d’Histoires naturelles de Tours a présenté une exposition nommée « Crottes alors ! », je n’ai pas pu m’empêcher d’aller y faire un tour.

 crottes alors

Plutôt conçue pour les enfants, cette expo était à la fois ludique et instructive. Voici quelques infos que j’ai retenues.
Tout le monde connaît les crottes de chien (celles qu’on maudit sur les trottoirs),  les crottes de lapin et les crottes de bique (non, pas les bonbons, celles qu’on utilise dans l’interjection pour ne pas dire m….!), la bouse de vache et le crottin de cheval, les fientes de pigeon et les chiures de mouches. Et bien, ce ne sont là que quelques-uns des termes pour désigner les déjections animales. Il en existe d’autres, plus amusantes, plus insolites, plus surprenantes et parfois plus poétiques.
De façon générale, on parle de « bouse » pour les bovins et les éléphants, de « crottin » pour les équidés, de « fiente » pour les oiseaux, de « guano » pour les oiseaux de mer et les chauve-souris, de « laissées » pour le gibier et particulièrement pour les cervidés et les suidés. Mais on peut aller encore plus dans le détail. On parle de « laissées » de martre, de loup, de blaireau et de belette, de « moquette » de chevreuil, de « fumées » ou de « bousard » de cerf, de « colombine » de pigeon, d’« émeut » de faucon, de « merdoie » d’oie, de « migou » de mouton, de « miroir » de bécasse, de « fiente » de ragondin, de « repaire » de rongeur, de « fèces » de poisson, de « pécole » de chèvre.

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Et puisque qu’on (je) parle d’excréments, voici deux expressions tourangelles sur le même thème : « d’eune marde dé chian, il en fait eune pinte d’huile » , qui se dit d’une personne qui attache beaucoup d’importance aux plus petits faits, aux plus petits potins ou qui grossit les faits dont il parle, et « s’torcher l’kiu anc dé la marde » , qui signifie faire un travail totalement inutile ou n’avoir aucune chance de réussite en le continuant de la même façon. 

Si tout cela diversifie notre vocabulaire et approfondit notre culture, pas facile à placer dans une conversation !

(source complémentaire : Wikipedia ; exposition Crottes alors !)

 

LSF

 

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