Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Dis-moi où tu vis, je te dirai comment tu t’appelles.

Contrairement à ce que laisse penser le titre, ce billet ne sera pas l’occasion de vous parler de gentilé. Ce sera un billet consacré à l’origine (possible) des noms de mes ancêtres.

Avant toute chose, quand et comment se sont formés les noms de famille ?

C’est entre les IXè et XIIè siècles que se répand l’utilisation des noms de famille (exception faite des Romains qui utilisaient un prénom, un gentilice, c’est-à-dire le nom du groupe de famille et un surnom, qui deviendra le nom de famille héréditaire).

Les noms de famille peuvent être formés à partir :

– d’un nom de baptême (Bernard, Martin, Garnier, Béranger…) Parfois, les noms de baptême sont accompagnés d’un préfixe marquant la filiation, comme Ageorges, « fils de » Georges, Fitzgerald, Ibn Saïd, O’Neal, ou d’un suffixe ayant la même signification, comme Robertson, Davydenko, Angelopoulos, Ivanovitch, Fernandez…). Ils sont appelés hypocoristiques lorsqu’il s’agit de diminutifs issus de noms de baptême (Guillaumet, Jacquot, Binet qui vient de Robinet qui vient de Robin qui vient de Robert, Mabilleau qui vient d’Aimable…).
Les noms de baptême peuvent être d’origine germanique (Bernard, Enjalbert), latine (Colomb, Fournier, Lafitte), grecque (André), hébraïque (Michel), bretonne (Guyomard), gauloise (Chastaing), biblique (David, Adam)…

– d’une origine géographique (topo-patronyme) (nom d’une région, d’une ville, d’un village, d’un hameau, d’un lieu d’habitation, comme Lallemand, Pagnol pour Espagnol, Normand, Toulouse, Delalande, Dujardin, Dupont, Rivière…)
– d’un métier (Charbonnier, Métivier, Meunier, Fournier, Lesueur, Maréchal et ses équivalents étrangers tels Legoff, Herrero, Kovac, Lefebvre)
– d’un sobriquet (caractéristique physique ou morale, comme Lepetit, Legrand, Leroux, Leborgne, Hardy, Lecomte, Lejeune, Trouvé…)

(source : Heredis)

En ce qui concerne mes ancêtres, certains étaient peut-être :
– juif (Lejude),
– brun ou blond ou chauve (Lebrun, Blond, Chauveau), petit (Le Corre),
– violent (Chopin),
– franc/hypocrite/fils d’un François (Lefrenc),
– fils d’un certain Genet (Agenet),
– meunier ou boucher ou bourreau ou charbonnier ou vendeur de peau ou boulanger ou forgeron (Meunier, Boucher, Bourreau, Charbonnier, Le Peltier, Painchault, Lefebvre),
– cultivateur d’un petit verger (Bergeret),
– hérétique/sodomite/prêteur sur gage/vaurien (Lebougre),
– noble/qui se donne des airs de nobles (Roy/Baron),
– ivrogne (Boileau)
– équarisseur/ fainéant (Tulasne, qui tue l’âne ou le fatigue à ne pas travailler)

(Et maintenant, la partie en rapport avec mon titre)
Et d’autres devaient vivre sur une lande (Delalande, Deslandes, Mariau), près d’un bois d’aulnes (Aulnet, Delaunay, Desaunay, Verna), ou d’un lieu broussailleux (Brosseau), dans un bois (Desbois), un champs (Deschamps, Desprès), près d’une haie de branches entrelacées (Deplaix).
D’autres étaient peut-être originaires d’Anjou ou de Gascogne (Angevine, Gascogne), d’un hameau d’Anctoville (Gastebled), d’un lieu-dit de St-Epain (Aviron) ou de Neuillé-Pont-Pierre (Mazouer) ou d’un hameau de Rivarennes (Chaussepied), ou de la paroisse de Plaix (rattaché à la commune de Draché en 1792),
Certains habitaient probablement près du cimetière (Cimetière), près d’un calvaire (Delacroix), d’une fontaine ou d’une source (Fontaine), près d’une clôture (Delabarre), en haut du village/d’un coteau (Duault), dans une maison faite de terre et de paille (Debauger),
D’autres vivaient peut-être près d’un sorbier (Cormier), d’un noisetier (Coudray, Coudret, Coudreau), d’un pin (Dupin, à moins qu’il ne soit boulanger), d’un étang (Delestang).

(1) Source bibliographique : Jean Moreau, Les Noms de famille en Touraine, origine, localisation, signification, C.L.D., 1992.
– Geneanet, Origine des noms de famille.
– Filae, Origine, étymologie, popularité de votre nom de famille.

 

LSF

 

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Quand un prénom n’en vaut pas un autre.

Jean n’est pas Pierre et Marie n’est peut-être pas Marie. Sauf que Marguerite est peut-être Perrine et François, bah, c’est François.

En généalogie, rien n’est sûr, même ce qui semble l’être. Les approximations et les erreurs sont monnaie courante. Ce n’est pas forcément la faute des prêtres, souvent les mariés eux-mêmes ne connaissent pas toujours leur âge, les déclarants pour un décès ne sont parfois que des voisins, et les intéressés ont régulièrement une fâcheuse tendance à ne pas utiliser leur prénom de baptême.
Alors, quand on cherche un François, né vers 1758 à Pétaouchnoc, fils de Pierre Machin et Jeanne Bidule et qu’on trouve un François, né à Pétaouchnoc comme ses 6 frères et sœurs aînés, fils de Pierre Machin et Jeanne Bidule, mais né en 1750, on a tendance à se dire, chouette, j’ai trouvé mon François, en oubliant un peu vite qu’il peut s’agir d’un frère aîné, ou que le François qu’on cherche peut être né dans une commune différente de celle de ses frères. Au contraire, si l’on cherche un Jean, fils de Jean Untel et Françoise Trucmuche, né à Perpète-les-oies en 1716, et qu’en 1716, naît Jacques, fils de Jean Untel et Françoise Trucmuche, il ne faut pas trop vite conclure qu’il s’agit d’un frère. Et que dire quand on cherche une Marie, née vers 1738, fille de Jacques Truc et Françoise Bidule et qu’on trouve une première Marie, fille Jacques Truc et Françoise Bidule, née en 1730, et une seconde Marie, fille des mêmes, née en 1742. La débutante que j’étais en aurait déduit (probablement à tort) que seule la seconde avait survécu, méconnaissant que les parents donnaient souvent un même prénom à deux enfants, même encore en vie.

Concrètement, mes ancêtres étaient-ils atteints de TDI (trouble dissociatif de la personnalité) ?

Premier cas : Marie BUREAU.

Marie Bureau, sosa 511, décède le 2 ventôse an XI (1803) à Saint-Branchs (Indre-et-Loire) à « environ 69 ans », comme l’indique son acte de décès. Je trouve une Marie Bureau naît le 17 mai 1743 à Saint-Branchs (Indre-et-Loire), au lieu de 1734. Problèmes, je n’ai pas la fratrie donc je sais que ma recherche est incomplète (peut-être y a-t-il une autre Marie née avant 1734 ou même après 1743) ; je n’ai pas noté le détail de ma recherche (je sais pas si j’ai cherché de 1734 à 1743, avant 1734…ah, les erreurs de débutants !!!). Recherches : vérifier que Marie est bien Marie.

Deuxième cas : les Caradeau.

René Caradeau, sosa 906, et Antoinette Quantin, sosa 907 ont 14 enfants dont 2 Marie et 4 René (je n’ai trouvé qu’un acte de décès en bas-âge). Et justement, l’une des deux Marie est mon ancêtre mais laquelle ? J’ai choisi la plus âgée, celle qui se serait mariée à l’âge de 22 ans (la cadette aurait eu 14 ans au moment du mariage, possible mais un peu jeune). Recherches : trouver des preuves que Marie est bien Marie.
Caradeau

Troisième cas : le couple BOUGRIER / HONET

Gilles Bougrier, fils de Jacques Bougrier et Jeanne Honet, épouse Jeanne Richard le 19 janvier 1708 à Saint Branchs. Françoise Bougrier, fille de Jacques Bougrier et Jeanne Honet, épouse Louis Caillot le 18 février 1743 à Saint-Branchs. Selon toute logique, Gilles et Françoise sont frère et sœur. Au vu de la date des mariages, Gilles pourrait être l’aîné de la fratrie et s’être marié jeune, tandis que Françoise serait la benjamine (20 ans plus jeune que Gilles) et se serait mariée âgée (naissance en 1710 et mariage à 33 ans). Sauf que…Jacques Bougrier et Jeanne Honet sont 4 personnes différentes et Gilles est l’oncle de Françoise. Mais pour le deviner, il faut chercher tous les mariages Bougrier de cette époque et trouver celui de Jacques Bougrier, fils de Jacques Bougrier et Jeanne Honet, avec Jeanne Honet, en 1709.
BOUGRIERxHONET

Quatrième cas : le couple SIMON / MAINGAULT

En 1673 naît Catherine, fille de Simon Mingault et Catherine Guérin.
En 1686, se marie Anne Mingault, fille de Simon et Mathurine Guérin.
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Catherine fille et Anne sont-elles sœurs ? Catherine mère et Mathurine sont-elles la même personne ?
On le découvre avec l’acte de baptême d’Anne Mingault. Encore fallait-il aller chercher l’acte de baptême d’Anne. Anne naît en 1665.
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En fait, il y a deux couples Mingault x Guérin
– Simon Mingault x1 Catherine Guérin, x2 Michelle Pidou, dont Simon, Jospeh, Catherine et Jeanne
– Simon Mingault x Mathurine Guérin, dont Anne qui a pour marraine Catherine Guérin ci-dessus.
Tous vivent à Sainte-Catherine-de-Fierbois.

Cinquième cas : Perrine Delaunay

Tout commence normalement avec le mariage d’Agathe Requien et Joseph Lihoireau (sosa 737 et 735), le 15 juin 1700 à Meigné-le-Vicomte (Maine-et-Loire). Agathe est la fille de Simon Requien et Perrine Delaunay. Son acte de baptême (23 avril 1680 à Meigné) confirme la parenté. Agathe a 10 frères et sœurs, nés entre 1660 et 1682, tous enfants de Simon et Perrine. Perrine meurt le 26 septembre 1689 à Meigné, à environ 60 ans. Les problèmes commencent. Je n’ai pas trouvé le mariage Simon et Perrine mais j’ai trouvé le mariage de Simon Requien et Marguerite Delaunay, le 18 août 1659 à Meigné. Marguerite est la fille de René Delaunay et Marguerite Renard. Jai trouvé des enfants pour Simon Requien et Perrine Delaunay mais je n’en ai pas trouvé pour Simon Requien et Marguerite Delaunay. Les problèmes continuent. Perrine Delaunay meurt en 1689 à environ 60 ans et je trouve la naissance d’une Perrine Delaunay, le 30 septembre 1639 ; elle est la fille de Girard et de Perrine Macé. Les problèmes se poursuivent. Je n’ai pas trouvé le mariage de René Delaunay et Marguerite Renard, mais j’ai trouvé celui de René Delaunay et Perrine Renard, le 03 novembre 1634 à Meigné. Perrine est le fille de Jean Renard et Perrine Beulay. J’ai trouvé des enfants pour René Delaunay et Perrine Renard, je n’en ai pas trouvé pour René Delaunay et Marguerite Renard. Les problèmes persistent. Il y a bien deux familles, Girard Delaunay x Perrine Macé, et René Delaunay x Perrine Renard/Regnard. J’aurais tendance à penser que ma Perrine descend de René et Perrine et que Perrine comme sa mère, se faisait appeler Marguerite au moment du mariage. De plus, René, fils de Simon Requien et Perrine Delaunay, a pour marraine, Renée Delaunay, fille de René et Perrine Renard (même s’il n’a pas dit que c’est sa tante, c’est tentant de le penser). Recherches : vérifier que  Perrine est bien Marguerite ?

Sixième cas : Anne VERRIER

Parmi mes ancêtres, j’ai Charles Doujée (sosa 250) et Magdeleine Galand (sosa 251). Ils se marient le 7 janvier 1788 à St-Flovier (Indre-et-Loire). Magdeleine est la fille de François Galand et Anne Verrier. En 1788, Magdeleine est mineure et ses parents vivent à Obterre (Indre). Magdeleine naît le 2 décembre 1767 à Cléré-du-Bois (Indre). Grâce à Geneanet, je trouve le mariage des parents de Magdeleine très facilement. François Galand et Anne Verrier se marient le 14 janvier 1729 à Charnizay (Indre-et-Loire). Alors, où est le problème ? Et bien l’acte correspondant est celui de François Galand et Anne Gaultier, fille de Jacques Gaultier et Anne Verrier. Est-il  vraisemblable que le prêtre ce soit trompé et ait interverti le nom du père et celui de la mère ? Recherches : trouver la fratrie pour vérifier s’il y a une ou deux familles.

LSF

 

 

 

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A combien de temps correspond « environ » ?

NB : temps de lecture, environ 10′, mais vous pouvez lire en diagonale, dans ce cas, le temps de lecture est divisé environ par trois, et si vous ne lisez que les premier et dernier paragraphes, il vous faudra environ 1’30 » (nota bene inclus)

Les généalogistes connaissent bien ce petit mot de 7 lettres, dont les curés usent et abusent pour avouer qu’ils ne savent pas quel âge a une personne. Il existe des synonymes, comme approximativement, à peu près, dans les, grosso modo. Alors, je me suis livrée à un petit jeu : déterminer à combien de temps correspond le terme « environ » dans ma généalogie (oui, je sais, encore une idée bizarre, mais je ne suis pas seule, voir ici et ).

Commençons avec mon sosa 380. Son acte de sépulture (3 février 1775) indique qu’il meurt à « environ 45 ans » ; il serait donc né vers 1730. Mais son acte de mariage (19 février 1754) indique qu’il a « environ 26 ans » ; il serait dons né vers 1728. C’est l’acte de mariage qui est correct puisqu’Urbain Tulasne est né le 16 mai 1728 à Savigné-sur-Lathan (Indre-et-Loire).
Environ correspond donc à – 3 mois et à +2 ans pour mon ancêtre 380.

Poursuivons avec François Montprofit, mon sosa 374. Dans son acte de sépulture (4 février 1792), on apprend qu’il s’est marié avec Françoise Vaucelle (sosa 37) il y a « environ 40 ans ». En réalité, François et Françoise se sont mariés le 20 juillet 1747 à Clefs (Maine-et-Loire), soit 5 ans plus tôt que ce qui est dit dans l’acte de 1792.
Environ correspond à +5 ans.

Marie Bureau, mon sosa 511, elle, décède le 2 ventôse an XI (1803) à Saint-Branchs (Indre-et-Loire) à « environ 69 ans », comme l’indique son acte de décès. Mais elle naît le 17 mai 1743 à Saint-Branchs (Indre-et-Loire), elle n’a donc que 60 ans en 1803.
Environ correspond à -9 ans.

En ce qui concerne Agathe Requien, mon sosa 737, elle meurt le 26 mars 1764 à Dénezé-sous-le-Lude (Maine-et-Loire) à « 84 ans ou environ ». Comme elle est née le 23 avril 1680 à Meigné-le-Vicomte (Maine-et-Loire), elle a bien 84 ans en 1764, à un mois près.
Environ correspond à -1 mois.

Antoine Picault, sosa 464, lui, meurt le 6 novembre 1791 à Trogues (Indre-et-Loire) à « environ 73 ans ». Il n’est pas né en 1718 mais le 17 février 1722 (à Trogues). Il a donc 69 ans à sa mort.
Environ correspond à -4 ans.

Marie Gervais, sosa 465, est sensée avoir « 55 ans ou environ » le 10 février 1774 lorsqu’elle meurt à Trogues. Mais elle est née le 11 décembre 1716 donc elle meurt à 58 ans.
Environ correspond à +3 ans.

Mon sosa 471, Marie Branger meurt à « environ 38 ans » le 16 janvier 1773, elle serait donc née en 1735, et effectivement, elle naît le 21 mars 1735 au Louroux (Indre-et-Loire).
Environ = 0.

Etienne Bullot, sosa 896, se marie le 16 janvier 1679 à Louans (Indre-et-Loire) avec Maire Tardiveau, sosa 897. Lui a « vingt sept ans ou environ », elle a « vingt deux ans ou environ ». Etienne naît le 28 février 1652 à Louans ; il a donc bien 27 ans en 1679. Marie naît le 7 avril 1652 à Louans ; elle a donc 27 ans en 1679.
Environ=0 et +5 ans.

Joseph Mingault, sosa 898, meurt le 1er août 1694 à Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire) à « 24 ans ou environ ». Il naît le 10 mars 1670 à Ste-Catherine. Il a bien 24 ans lorsqu’il meurt.
Environ=0.

Antoinette Quantin, mon sosa 907, meurt à « 60 ans ou environ » d’après son acte de sépulture daté du 2 août 1715. Or, elle n’est pas née en 1655 mais le 14 avril 1663. Elle a seulement 52 ans à son décès.
Environ correspond à -8 ans.

Mes sosa 912, René Guibert, et 914, Claude Chollet, sont tous les deux morts à Artannes en 1738, à « 57 ans ou environ ». Le premier est né le 27 janvier 1683 à Artannes et n’a donc que 54 ans, le second est né à Artannes le 7 septembre 1681 et n’a donc que 56 ans. 
Environ correspond -3 ans pour l’un et -1 an pour l’autre (7 mois et demi).

Joseph Brosseau, sosa 916, meurt le 29 mars 1732 à Artannes à « cinquante ans ou environ » d’après son acte de sépulture. Il naît le 20 mai 1682 à Artannes, il a donc 49 ans à son décès.
Environ correspond à -1 an (-10 mois).

Jeanne Gatillon, mon sosa 933, meurt à Noyant de Touraine (Indre-et-Loire) le 1er août 1728 à « environ 35 ans » si l’on se réfère à son acte de sépulture. Comme elle naît le 6 avril 1688 (Noyant de Touraine), elle a 40 ans et non 35.
Environ correspond à +5 ans.

Pierre Roy, sosa 1010, meurt très précisément à « 35 ans et environ 5 mois » si l’on en croit son acte de sépulture. On est le 30 mars 1763. En réalité, il a 35 ans et 4 mois et demi.
Environ =0 (-2 semaines).

Bernard Roisné, sosa 1502, meurt à « environ 70 ans », le 29 mars 1725. Sa date de naissance devrait se situer en 1655. C’est presque le cas puisqu’il naît le 11 juin 1656.
Environ correspond à -1 an (9 mois et demi).

Mon sosa 1531, Marie Boureau, meurt à « 45 ans environ » le 10 octobre 1707. Elle naît le 27 mars 1657, 50 ans avant sa mort.
Environ correspond à +5 ans.

Marie Goubeau, sosa 1809, meurt le 26 mars 1700 à « soixante et un à deux ans ». Elle est un peu plus âgée que ce que dit son acte de sépulture, avec ses 65 ans.
Environ correspond à +3/4 ans.

Qu’en est-il de mon sosa 1837 ? Son acte de sépulture (4 juillet 1737) stipule qu’elle est décédée à « environ 65 ans ». En réalité, Marie Barrault n’a que 60 ans puisqu’elle est née le 18 septembre 1677 à Villeperdue (Indre-et-Loire).
Environ correspond à -5 ans.

Jean Chantereau, sosa 1844, mort à « 27 ans ou environ » (14 décembre 1673) selon son acte de sépulture, et né le 29 mars 1646, a 27 ans et 9 mois et demi quand il décède.
Environ = 0.

Urbain Agenet, sosa 2028, meurt à « environ 38 ans » le 2 décembre 1712 et comme il est né le 23 avril 1674, il a bien 38 ans à son décès.
Environ = 0.

Etienne Bouhourdin, sosa 2040, a « 30 ans ou environ » le 15 juillet 1681, date de son mariage. Comme il est né le 25 avril 1651, il a bien bien 30 ans. Sa femme, Etiennette Lebougre, sosa 2041, a « 18 ans ou environ » lorsqu’elle se marie et « 45 ans ou environ » lorsqu’elle meurt le 18 juin 1716. Elle serait donc serait née soit en 1663, soit 1661. Elle naît le 06 décembre 1663 à Pont-de-Ruan (Indre-et-Loire), elle a donc 17 ans à son mariage et 42 ans à sa mort.
Environ correspond à 0, -1 an et -3 ans.

Jean Bineau, sosa 4050, meurt le 16 mai 1752 à Mouzay (Indre-et-Loire) à « environ 60 ans ».  Né le 21 février 1690, il a donc en réalité 62 ans.
Environ correspond à +2 ans.

Et mon sosa 4051, Anne Lusseau ? Son acte de décès indique qu’elle meurt « âgée d’environ 53 ans » (21 novembre 1750). Mais elle naît le 15 novembre 1692. Elle a donc 58 ans en 1750.
Environ correspond à +5 ans.

Antoine Barault, sosa 7348, a « 63 ans ou environ » en 1691 (acte de sépulture). Né en 1631, il a donc 60 ans lorsqu’il meurt et non 63.
Environ = -3 ans.

Mathurine Guinebault, sosa 7349, a « environ 82 ans » en 1713 (acte de sépulture). Née en 1633, elle a donc à 80 ans lorsqu’elle meurt et non 82.
Environ =-2 ans.

Nicolas Barault, sosa 3674, meurt à Thilouze le 31 juillet 1698 à « environ 40 ans ». Né le 18 août 1658 à Saché, il vit 39 ans et 11 mois.
Environ =0 (-3 semaines).

Pour certains ancêtres, je n’ai pas la date de naissance/baptême mais j’ai un âge au mariage.  

Marguerite Auger, sosa 1023, se marie le 13 février 1741 à Saint-Branchs (Indre-et-Loire). Elle a 46 ans. Mais lors de son décès le 10 novembre 1746, elle a « environ 62 ans ». Calcul fait, elle vieillit de 16 ans en 5 ans.

Pour mon sosa 750, je sais qu’il est décédé à Clefs (Maine-et-Loire) le 15 novembre 1752 à « 71 ans ou environ ». Mais son acte de mariage (28 novembre 1719) dit qu’il a « 26 ans ou environ ». D’après son acte de décès, René Vaucelle serait né vers 1681 et d’après son acte de mariage, il serait né vers 1693. Douze ans séparent les deux dates de naissances possibles.

Marie Robin, sosa 3063, décède le 8 décembre 1678 à « 45 ans ou environ » à Parçay-les-Pins (Maine-et-Loire), ce qui place sa naissance vers 1633. Or, son premier enfant naît le 31 août 1643. L’âge nubile étant de 12 ans, elle ne peut pas être née après 1631.
Environ correspond à minimum deux ans (15 ans si l’on en croit Geneanet).

Et il y a tous ceux pour lesquels il me manque les dates de naissance/baptême.

– Marie Lihoireau, sosa 741, décède le 24 novembre 1746 à Noyant (Maine-et-Loire), à « 67 ans ou environ ».
– François Montprofit, sosa 748, décède le 12 septembre 1762 à Pontigné (Maine-et-Loire), « environ 85 ans ».

– Françoise Tessier, sosa 749, décède le 23 décembre 1727 à Pontigné, à « environ 55 ans ».
– Marie Naulet, sosa 765, décède le 4 octobre 1756 à Savigné-sur-Lathan (Indre-et-Loire), à « environ à soixante six ou sept ans ».
– Brigitte Boubay, sosa 881, décède le 29 mai 1752 à Thun-Sain-Martin (et elle est inhumée le 26 mai !!!!), à « environ 60 ans ».
– Pierre Berge, sosa 808, décède le 23 mars 1718 à Boussageau (Vienne), à « 35 ans ou environ ».
– Jacques Guidez, sosa 882, décède  le 5 juin 1761 à Thun-Saint-Martin (Nord), à « 68 ans environ ».
– Jeanne Joumier, sosa 929, décède le 12 janvier 1735 à Trogues (Indre-et-Loire) à « 55 ans ou environ ».
– Jacques Picault, sosa 928, décède le 3 février 1748 à Trogues, à « environ 71 ans ».
– Françoise Champion, sosa 1805, décède le 27 décembre 1705 à Louans (Indre-et-Loire), à « environ 53 ans ».
– François Crétofleau, sosa 3710, décède le 21 août 1716 à Artannes (Indre-et-Loire), à « environ 92 ans ».
– Anne Violet, sosa 3711, décède le 23 février 1709 à Artannes, à « environ 76 ans ».
– Marie Thiollet, sosa 1663, décède le 3 octobre 1733 à Orches (Vienne), à « environ 80 ans ».
– Perrine Fournier, sosa 16197, décède le 1er février 1683 à « 65 ans ou environ ».
– Marie Osnet, sosa 905, décède le 29 septembre 1700 à St-Branchs, à « 32 ans ou environ ».
– Antoine Bineau, sosa 3830, décède le 08 février 1740 à St-Sénoch (Indre-et-Loire), « à environ 94 ans ».

Certains curé sont moins prudents et ne s’embêtent pas du précautionneux « environ ».
Parfois, ça marche.
Jeanne Rolland, sosa 3675, aurait 35 ans en 1693 (acte de sépulture). Elle est née en 1657, elle a donc bien 35 ans lors de son décès.
Et parfois, ça ne marche pas.
Jeanne Missire, sosa 1825, décède à 22 ans en 1684. En fait, elle a 25 ans puisqu’elle est née en 1658.

Mon sosa 904, Gatien Baron, aurait 78 ans en 1728 d’après son acte de sépulture (6 juin 1728). En réalité, il a 73 ans puisqu’il est né le 2 avril 1655 à Saint-Branchs.


Mon « étude » ne porte pas sur assez de personnes pour être représentative mais une tendance ressort : quand les curés ne tombent pas juste (6 occurrences sur 30, soit 20% des cas) ou pratiquement (9 fois l’âge donné par les curés est exacte à 1 mois près, soit 26,6% des cas), « environ » correspond à 5 ans, en plus ou en moins (6 occurrences sur 30, soit 20% des cas)
.
Donc, dans 20% des cas, « environ » tombe juste, dans 46,6% des cas, « environ » correspond à une fourchette d’un an, dans 53,3% dans cas, la fourchette est de 2 ans, dans 93,3% des cas, la fourchette est de 5 ans.

LSF

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AD37 – etc

Mes articles sur les AD37 s’arrêtent là. Non pas que les ressources que l’on y trouve sont épuisées, mais seulement que je n’ai pas consulté de façon approfondie les autres fonds.

Cherchez, fouillez, faites les curieux. Consulter notamment la presse locale (une partie est consultable sur le net, ici, une autre en salle de lecture, rue des Ursulines à Tours). Consultez les annuaires (ici). Le premier date de l’an X. On y trouve la liste des communes du département, le nombre d’habitants et le nom des maires et de leur adjoint, les dates de marchés par communes, la conversion des anciennes et nouvelles mesures, les distances avec d’autres grandes villes de France, la liste des notables, et même les numéros gagnants de la loterie nationale sortis au tirage de Paris pour la roue de fortune.

 

Dans d’autres annuaires plus récents, on trouve (dans le désordre) un historique et un plan de Tours, un calendrier, une liste des écoles du département, un éphéméride, une topographie du département, les dates des foires et marchés, les noms des membres du gouvernement et autres institutions nationales, les noms des juges et notaires du département, celui des membres des différents corps d’armée locaux, et une liste de toutes les communes avec les noms des notables, et principaux artisans et des abonnés téléphoniques, de la publicité.

 

Pensez à la série U_Justice, notamment si l’un de vos ancêtres est devenu orphelin alors qu’il était mineur. Il est fort probable qu’il y ait eu un jugement passé devant le juge de paix (sous-série 4U), pour la mise sous tutelle des mineurs et la constitution d’un conseil de famille.

Et vous pourrez peut-être trouver des chose intéressantes en série T_Enseignement général_Affaires culturelles_Sports, si vous avez un ancêtre instituteur, ou si vous voulez vous faire une idée du niveau d’alphabétisation d’une commune, ou en sous-série 2Y_Fonds des établissements pénitentiaires. Et puis, toutes les séries que je ne connais pas. Vous pouvez vous faire une idée ici.

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AD37 – Rôles d’impositions

Pour connaître le patrimoine d’une personne, on peut consulter les hypothèques, les minutes notariales, les états de section du cadastre, et on peut faire des recherches dans les rôles d’imposition. Et c’est parti pour une expédition dans la sous-série 2P.

Dans cette série, on trouve le rôle général de la contribution foncière, de la contribution personnelle mobilière et de la contribution sur les portes et fenêtres. On peut également consulter le rôle primitif de la taxe vicinale.

Ca y est, ça recommence, je ne vais encore rien comprendre. ut (et ça ne va pas s’arranger au fil des recherches !)

Pour que toi, cher lecteur, néophyte comme moi, tu puisses apprécier la complexité de la fiscalité du XIXème siècle, je ne vais pas expliquer tout de suite, les mots barbares que je viens d’énumérer. Je vais refaire le chemin que j’ai emprunté pour découvrir plein de documents sympas mais abscons.

Les rôles d’imposition de la commune de Monts sont côtés 2P338. Ils sont rangés dans du papier Kraft. J’ouvre le document et je commence avec l’année 1876 et la contribution sur les voitures et chevaux. J’apprends que la commune se compose de 1360 âmes.
impôts_voitures_Monts_1876
Je tourne les pages et je trouve les contribuables que je cherche à l’article 15 (erreur sur le nom des frères : ils s’appellent Santiago, dit Jacques, et Emmanuel et non Santiago et Jacques).
impôts_voitures_Monts_1876_art15

Ils possèdent 10 voitures à 4 roues, 2 voitures à 2 roues et 6 chevaux de selle ou d’attelage sur la commune de Monts. Ils possèdent également 2 voitures à 4 roues et 4 chevaux de selles ou d’attelage sur la commune de Pau. A ce titre, il sont redevables de la somme de 294,05 francs.

Un peu plus loin, je tombe sur la contribution foncière, personnel-immobilière et celle sur les portes et fenêtres. Les propriétaires précédents sont répertoriés à l’article 233 (bien en indivis).
impôts_fenêtres_Monts_1876.jpg

Jacques et Emmanuel sont imposés pour 7 portes cochères, 566 portes et fenêtres en rez-de-chaussée-1er-2è étage, 6 maisons à 2 ouvertures, 2 maisons à 3 ouvertures, 1 maison à 5 ouvertures (en bleu).

Attention, les problèmes pointent leur nez. Les 4 dernières colonnes concernent le  » relevés des diverses sommes dues, par le même contribuable en vertu d’autres rôles et titres » (en rouge). Si je comprends bien, ce sont des renvois vers d’autres impôts payés par la même personne.

La 4è ligne (en vert) renvoie vers l’article 623. En 623, il s’agit de la veuve Spitz, née Duperrier.
DSC_0503.JPG C’est la grand-mère de Jacques et Emmanuel.
La ligne 5 renvoie vers le 707.

DSC_0504.JPGL’article 707 est associé à Philippe Temple, le précepteur de Jacques et son frère.
Le 107, je ne sais pas qui c’est (enfin si, c’est Louis Brépin Brosseau, mais je ne sais pas quel lien il a avec la famille Drake). Il est dit « prest. » dans l’article 233 (en violet).

En 1887, Jacques et Emmanuel sont imposables pour 7 portes cochères, 597 portes et fenêtres en rez-de-chaussée-1er-2è étage (603 en 196), 6 maisons à 2 ouvertures, 5 maisons à 3 ouvertures, 1 maison à 5 ouvertures. On trouve des renvois vers Emile Bertechet, régisseur vivant sur la propriété de Jacques, et Maître Scoumanne, ami et notaire de Jacques, vivant à Tours.

Donc, résumons. Si j’ai bien compris, un contribuable paie des impôts en son nom et au nom d’autres personnes : des personnes vivant sous son toit (famille proche et employé par exemple), et d’autres personnes mais je ne sais pas pourquoi.

Maintenant, passons aux explications, histoire de voir si c’est plus clair. A défaut, je pourrai toujours aller en pèlerinage à St-Ours de Loches (les aveugles y recouvraient la vue).

C’est quoi un rôle ?

En droit fiscal, le  « rôle » désigne un document sur lequel sont portés les noms des assujettis et le montant des impôts ou le montant des taxes dont ils sont redevables.

C’est quoi la contribution foncière, la contribution personnelle mobilière et la contribution sur les portes et fenêtre ?

Avec la contribution des patentes, la contribution foncière, la contribution personnelle mobilière et la contribution sur les portes et fenêtres forment les « 4 vieilles », impôts établis sous la Révolution française.
Trois sont établies par l’Assemblée constituante (17 juin 1789 au 30 septembre 1791) :
– la contribution foncière, portant sur tous les terrains, est créée par une loi du 23 novembre 1790. C’est un impôt de répartition (il est fixé commune par commune), pesant sur les revenus des propriétés foncières. La mise en place progressive d’un cadastre couvrant tout le territoire français dans les premières décennies du XIXe siècle (tout le pays est couvert vers 1850) permet de mieux déterminer la valeur des propriétés, classées en plusieurs classes, notamment suivant le type de culture. Il faut attendre 1881 pour que soit opérée une distinction entre les propriétés non bâties et les propriétés bâties, ces dernières étant par la suite (1890) imposées en fonction de leur valeur locative. En 1974, la contribution mobilière devient la taxe d’habitation.
– la contribution personnelle et mobilière, portant sur tous les revenus qui ne sont pas tirés du commerce ou de la terre (rente, industrie), est créée par la loi du 13 janvier 1791. Elle est divisée en plusieurs taxes pesant sur les signes extérieurs de richesse : principalement la taxe d’habitation, déterminée à partir de la valeur locative des habitations, mais aussi une taxe sur les domestiques, les chevaux, et sur des revenus. A partir de 1832, il n’y a plus que deux taxes : une contribution personnelle, chaque habitant devant payer l’équivalent du revenu de trois journées de travail ; une contribution mobilière, due par chaque redevable de la contribution personnelle pour l’occupation d’un logement meublé, et assise sur la valeur locative.
– la contribution des patentes, qui taxe les professions selon des signes extérieurs, est créée le 2 mars 1791 parmi les dispositions du décret d’Allarde, en contrepartie de la suppression des corporations. Elle impose aux commerçants et aux artisans de se faire délivrer une patente pour pouvoir exercer leur métier. Son montant est d’abord déterminé en fonction de la valeur locative des locaux utilisés. Puis la loi du 22 octobre 1798 la modifie : elle est alors divisée en deux droits, un fixe en fonction de la profession et un proportionnel déterminé par la valeur locative des immeubles.En 1976, la contribution de la patente devient la taxe professionnelle.
Enfin, l’impôt sur les portes et fenêtres est introduit par la loi du 4 frimaire an VII (24 novembre 1798). Il est basé sur le nombre des fenêtres et/ou des portes des bâtiments. Son mode de détermination devient plus complexe en 1832. Le tarif applicable par ouverture est déterminé par commune, qui sont divisées en plusieurs classes en fonction de leur population, les plus peuplées étant soumise à une contribution plus élevée. Il a été en place de 1798 à 1926.

D’autres contributions directes sont venues compléter les « quatre vieilles », et suivent les mêmes principes : une contribution due par les propriétaires de mines, établie en 1810 ; une taxe sur les biens de mainmorte, due sur les immeubles détenus par des propriétaires immuables (communes, départements, hôpitaux, institutions religieuses) en contrepartie du fait qu’ils ne sont jamais soumis aux droits de mutations ; une taxe sur les chiens (1855) ; une taxe sur les billards publics et privés (1871) ; une taxe militaire payée par les personnes exonérées du service militaire (1889) ; une taxe sur les vélocipèdes (1893). (source : Wikipedia)

Et la taxe vicinale ?
Dès le début du XIXe siècle, la législation distingue 2 catégories de route : les routes nationales et départementales, gérées par les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées (rattachés au ministère des Travaux publics) et les chemins vicinaux, gérés par les agents-voyers du service vicinal (personnel du Conseil général). La vicinalité, régie par les lois du 24 juillet 1824 et 21 mai 1836, recouvre elle-même deux sous-ensembles. La grande vicinalité comporte les chemins de grande communication et les chemins d’intérêt commun (reliant le chef-lieu de département et les chefs-lieux de canton), réseau entretenu et développé par le Conseil général, avec l’appui financier des communes. La petite vicinalité, au niveau de la commune, regroupe les chemins vicinaux ordinaires, la voirie urbaine et les chemins ruraux.

Les taxes communales sont classées en deux catégories : les taxes obligatoires dans toutes les communes (taxe sur les chiens, taxe des prestations et taxe vicinale et redevance communale des mines) et les taxes facultatives. (source : http://perso.numericable.fr/cf50/articles/1951/1951557A.htm)

Votée le 2 mai 1855, la taxe sur les chiens est régie par l’article 1495 du Code général des impôts. Il est établi dans toutes les communes, et à leur profit, une taxe sur les chiens due pour les chiens possédés au 1er janvier, à l’exception de ceux qui sont encore nourris par la mère. L’article 1496 exempte de la taxe les chiens servant à conduire les aveugles ; ceux qui appartiennent à d’anciens militaires ou marins pensionnés pour blessures reçues ou infirmités ou maladies contractées en service, ayant au moins 80% d’invalidité. Le tarif va d’1 franc à 10 francs par chien selon les communes et selon qu’il s’agit d’un chien d’agrément ou de chasse (1ère catégorie), ou à garder les troupeaux et les habitations (2e catégorie). Les propriétaires de chiens doivent faire une déclaration en mairie.

En ce qui concerne la taxe des prestations, elle est établie par les conseils municipaux vise les dépenses concernant les chemins vicinaux et ruraux. Elle est due par tout habitant, chef de famille ou d’établissement, à titre de propriétaire, de régisseur, de fermier ou de colon partiaire, porté au rôle des contributions directes pour :

1° sa personne et pour chaque individu du sexe masculin, valide, âgé de dix-huit ans au moins et de soixante ans au plus, membre ou serviteur de la famille et résidant dans la commune ;

2° chacune des charrettes, voitures attelées, voitures automobiles, tracteurs automobiles et voitures attelées à ces tracteurs, ainsi que pour chacune des bêtes de somme, de trait ou de selle, au service de la famille ou de l’établissement dans la commune.

Les conseils municipaux ont la faculté de remplacer par une taxe vicinale le produit des journées de prestations pour les chemins vicinaux. La taxe vicinale est remplacée par des centimes additionnels aux contributions directes (mobilière, foncier bâti et non bâti, patentes). (source : http://perso.numericable.fr/cf50/articles/1951/1951557A.htm)

 Verdict : j’ai encore quelques interrogations.

Mais je n’en ai pas fini avec les impôts. Pour compléter, la série E-dépôt est très utile. Il s’agit des archives déposées par les communes (exemple, Monts, E-dépôt159-G44/G46).
Je vous sélectionne une page proche de ce que j’ai trouvé en série 2P.
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En 1888, Jacques Drake del Castillo possède 6 chiens de catégorie 1 et 1 chien de catégorie 2. Et en 1920, Jacques Drake del Castillo, dit Jean, fils du précédent, possède 2 voitures (Peugeot et Panhard) et une moto Sunbean.
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Et parce que j’ai mal cadré ma photo, la date me manque, mais les Drake possédaient 5 chevaux décrits dans le tableau de classement et de la réquisition.
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AD37 – Hypothèques

La Conservation des hypothèques est un service fiscal chargé de la publicité foncière qui encaisse les taxes et droits à percevoir lors d’une transaction immobilière. La Conservation prend alors une copie intégrale de tout acte notarié entraînant une mutation de propriété immobilière (acte de vente, donations, legs, partage de succession, échange…). Les registres d’ordre des conservations des hypothèques sont classés en sous-série 4Q.

On trouve deux catégories de registres :

1 – Les registres d’ordres, qui sont des documents de travail constitués par le conservateur pour faciliter ses recherches dans les registres de formalités :

– Le registre indicateur de la table alphabétique du répertoire des formalités recense par ordre alphabétique les seuls patronymes afin de faciliter la recherche dans la table alphabétique

– La table alphabétique du répertoire des formalités indique, dans l’ordre alphabétique, les noms et prénoms des personnes concernées avec le numéro du volume et de case du répertoire,

– Le répertoire des formalités hypothécaires : on y trouve les références des formalités (inscriptions et transcriptions) relatives à un propriétaire ou acquéreur,

2 – Les registres de formalités, sur lesquels sont portées les inscriptions d’hypothèques et les transcription d’actes de mutation et de saisie. L’inscription est l’enregistrement de la créance dans un registre, la transcription est la copie intégrale de tout acte translatif de propriété.

Les Archives départementales d’Indre-et-Loire conservent l’ensemble de la documentation hypothécaire depuis la création de cette administration en 1798 jusqu’au 31 décembre 1955. Les registres indicateurs, les tables alphabétiques et les répertoires de formalités sont consultables sur internet  (consultation ici). Les registres de formalités sont consultables en salle de lecture, rue des Ursulines à Tours. Pour préparer votre recherche, vous pouvez consulter l’inventaire des registres en ligne (consultation ici).

(source : Archives de l’Ain)

Mode d’emploi

Je vais prendre l’exemple d’une personne dont je sais qu’elle a effectué plusieurs transactions immobilières, Santiago Drake del Castillo. Santiago vit à Monts de 1853 à 1871, date de son décès.

La première étape est d’identifier le bureau de la Conservation des hypothèques. Les bureaux d’Indre-et-Loire correspondent aux 3 arrondissements du département, Chinon, Loches et Tours. Monts dépend du bureau de Tours.

Ensuite, le mieux est de consulter les registres indicateurs pour savoir quelle table alphabétique consulter, afin de savoir quelle registre des formalités consulter, pour savoir quelle transcription hypothécaire consulter.

Suivez le guide.

Dans la fenêtre de recherche, on renseigne le bureau et le type de document.

Recherche_hyp.JPG
Les registres indicateurs se présentent sous forme alphabétique. Le problème, c’est qu’il existe 2 séries, la première et la deuxième ; il faut chercher dans les deux. Dans mon exemple, c’est la deuxième série qu’il faut consulter.
Reg_indicateur_TOURS_2è_série_4Q5.24_capture.JPG
Ensuite, il faut aller jusqu’à la page 338.
Reg_indicateur_TOURS_2è_série_4Q5.24_p.338.JPG

On apprend qu’il faut aller voir la table alphabétique n°24. On retourne à la page de recherche et on renseigne le type de document et la série.

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Et on trouve facilement la table numéro 24.

Table_alphabétique_TOURS_2è_série_4Q5.164_capture.JPG

Une fois le registre ouvert, il faut aller en page 175.

Table_alphabétique_TOURS_2è_série_4Q5.164_p.175.JPG
NB :  le registre indicateur donnait volume 24, folio 86. Drake est en fait enregistré sous le folio 87 (voir pages 174 et 176, en haut à droite).


On trouve notre Santiago Drake del Castillo (et ses enfants Jacques et Emmanuel en dessous) et les numéros de répertoires lui correspondant (235, 245, 296, 338, 254). Allons consulter le premier répertoire (n°235). Il ne faut pas oublier de relever le numéro de la case dans la dernière colonne (n°44) .

Dernier passage par la page de recherche. On renseigne le type de document et le numéro du répertoire des formalités (on supprime la série).

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Là aussi, on trouve facilement.
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On va jusqu’à la case 44. Et on découvre le Saint Graal !

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La dernière étape consiste à consulter les registres des formalités et notamment les transcriptions. Grâce au répertoire, on sait qu’une transaction a été enregistrée le 13 juillet 1853 et transcrite/enregistrée dans le volume 669, article 42. Il s’agit d’une acquisition d’un montant de 200 000 francs.
Formalite_235_côte_4Q5.520_p.13_détail.JPG
Une nouvelle côte ayant été donnée aux anciens registres, il faut faire un tour du côté des inventaires (en ligne ou en salle lecture, au choix). Les inventaires sont classés par ordre chronologique.
inv_hyp_tours

De nouveau, il y a un petit problème, il y a deux registres correspondant à la date du 13 juillet 1853, le 4Q5/2709 et le 4Q5/2710. On pourrait consulter les deux…ou se souvenir que dans le répertoire, le numéro du volume était indiqué (volume 669, article 42). Or, si le numéro de gauche est le numéro de registre contemporain, le numéro de droite est l’ancien numéro. La côte à consulter est donc le 4Q5/2710.

Aussitôt dit, aussitôt fait (presque).
Reg_hyp.JPG
Je vous passe les détails. Notez cependant que monsieur Drake del Castillo vit rue de Rivoli à Paris. Santiago est l’une des plus grandes fortunes de Touraine du XIXè siècle. Ceci explique cela.

En ce qui me concerne, les hypothèques m’ont permis de trouver de quoi faire des recherches. Jean Perdreau, mon sosa 62, a effectué différentes transactions immobilières, retranscrites ci-dessous. Ne reste plus qu’à aller aux Archives pour consulter les registres.

Hypothèque_Tours_Rép_Formalités_366_4Q5_651_p.73
(C)AD37, Hypothèque Tours, répertoire des formalités, formalités 366, côte 4Q5/651

Mise à jour du 18-04-2019 : si je n’ai pas été assez claire, voir AD37, Faire une recherche immobilière grâce aux hypothèques.