Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Mon moment de sérendipité

J’ai découvert ce qu’était la sérendipité en 2018, grâce à Sophie (voir ici).
Mais pour moi, il ne pouvait pas y avoir de sérendipité en généalogie car la découverte due au hasard ou l’heureuse découverte imprévue sont le propre de la recherche généalogique. Et souvent, ce qui est une découverte imprévue à un instant T aurait été une recherche prévue à l’instant T+1. Autrement dit, tout ce qui est découvert par hasard l’aurait été volontairement à un instant ou à un autre, le hasard a juste précipité les choses (c’est clair ou pas ?). Mais ça, c’était avant. Avant d’avoir mon moment de sérendipité.
Avant que le Covid19 ne ferme l’accès des AD aux généalogistes, j’ai pu assouvir ma curiosité dans les transcriptions des Hypothèques. Et là j’ai découvert ce que je n’aurais jamais soupçonné et donc jamais cherché. Des ancêtres ont acheté des terres jouxtant celles de Jacques Drake del Castillo !!! Bon, normalement, vous ne connaissez pas Jacques Drake. Jacques est le propriétaire de la terre de Candé, sur la commune de Monts, entre 1876 et 1918. Il fait partie des plus grandes fortunes tourangelles de cette époque. Il a été maire de Monts, conseiller général du canton de Montbazon, conseiller municipal de Tours et député d’Indre-et-Loire. Et je travaille dans l’une des propriétés des Drake.

Donc, le 3 novembre 1888, a été déposé à la transcription de la formalité, l’acte de mutation constatant la vente entre Toussaint Boisgard et sa femme Elisabeth Dupuy, et François Picault et sa femme Jeanne Proust (mes sosa). Les parcelles ne sont pas nommées et la matrice cadastrale portant le numéro de folio de mes ancêtres (propriétés bâties) est abîmée.

AD37, matrices
Joué, 3P3/1254, p.600

Il va donc falloir que j’établisse la liste des différents propriétaires alentours, que je recoupe avec les matrices et logiquement, je vais trouver les parcelles appartenant à mes ancêtres. Mais depuis 10 jours, j’essaie de faire l’école à la maison (continuité pédagogique oblige) alors, je manque de temps. Je sais tout de même que les parcelles non bâties sont vendues à Jacques Drake. Il en est peut-être de même pour les parcelles bâties.

Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Le curé de Thun-Saint-Martin, 1753-1774

Certains curés sont plus volubiles que d’autres (voir ici si vous en doutez). Ceux de Thun-Saint-Martin(1), dans le Nord, sans que cela soit systématique, avaient pris l’habitude de préciser la cause du décès de leurs paroissiens. Voici un florilège de maux mortels des Martiniens entre 1750 et 1777.

  • langueur, longue langueur, « langeure »
  • langueur asmatique
  • langueur de romatice ? (rhumatisme ?)
  • « langeur suivie d’un accouchement »
  • langueur d’éthique, étique, maladie d’éthique (=syndrome Gilles de la Tourette ?)
  • langueur en forme d’hétisie, hétisie (=une hectisie est une fièvre continue, qui dure longtemps)
  • « hidropisie », « une espèce d’hidropisie », « langeur tournée en hidropisie », « une maladie d’hidropisie » (=le terme d’hydropisie était anciennement employé pour désigner tout épanchement de sérosité dans une cavité naturelle du corps ou entre les éléments du tissu conjonctif. Il pouvait donc être synonyme d’«œdème»)
  • maladie de miserere (=la colique de miserere est l’ancien nom d’une maladie mortelle, sorte de péritonite ou d’appendicite aiguë)
  • petite vérole (=variole), « maladie de petite vérolle », « sa petite vérolle »
  • défaiance, defailliance, en défaillance
  • fièvre chaude
  • « refroidisemens »
  • « asoupisment avec la fièvre »
  • « une espèce de paralisie »
  • subitement, mort subite, maladie subite, décédée d’une mort subite ayant été atteinte d’apoplexie depuis deux ans (=l’apoplexie est un terme médical historique, qui se définissait comme la suspension brutale, plus ou moins complète, de l’activité cérébrale, le plus souvent causée par une hémorragie cérébrale. Par extension et par analogie, le terme apoplexie a pu désigner toute hémorragie soudaine survenant dans les tissus, ou tout arrêt fonctionnel brusque, d’un organe quelconque. Le terme devient médicalement obsolète au cours du XXe siècle, mais il reste utilisé dans le langage populaire et littéraire. Au début du XXIe siècle, le terme accident vasculaire cérébral (AVC) englobe plus ou moins ce qui était historiquement apoplexie cérébrale)
  • maladie, maladie extraordinaire, longue maladie, subite maladie, une maladie de 6 jours, une maladie de 8 jours, une courte maladie
  • maladie coûte (= maladie courte ?),
  • « maladie pourpreuze »
  • mal de gorge et « mal de george » (pauvre Georges)
  • « maladie de dicentrie » (=la dysentrie est caractérisée par des selles fréquentes et aqueuses, souvent mêlées de sang, de mucus ou de glaires et accompagnées de fortes crampes abdominales)
  • maladie d’epilepsie
  • « maladie dite cathar », « maladie de la cathar » (=un catarrhe est une inflammation aiguë ou chronique des muqueuses)
  • « maladie de létargie » (=la léthargie est un état pathologique de sommeil profond et prolongé ou de mort apparente, caractérisé par une résolution musculaire presque complète et un affaiblissement des fonctions de la vie végétative)
  • mal de cris ?
  • d’une couche ? (=en couche ?)
  • un purisie, une purisie (une pleurésie ?)
  • de*ande
  • « trenerie », « trenerie de viellesse », « langueur de viellesse », « maladie de viellesse », « en sa vielesse » (les personnes mortes de traînerie et de vieillesse avaient respectivement 68 ans environ, 69 ans environ, 70 ans environ, 67 ans, 88 ans)
  • privé subitement de l’usage de la raison
  • tombé sans paroles


Mon ancêtre, Jean Jacques Tranchant (sosa 880), fait partie de ceux pour lesquels ont connaît la cause de la mort. Il est décédé le 5 avril 1774 d’une mort subite. Sa femme, Brigitte Boubay (sosa 881) est morte le 29 mai 1752, de purisie ? (pas de chance pour elle, elle a été enterrée le 26 du mois ! ).

(1) Les prêtres sont Mercier, prêtre, curé, pasteur, jusqu’au 6 juin 1750, Jacquery vicaire générale de Cambray jusqu’au 9 juin 1750, Malbaux pasteur, prêtre bap, pasteur bap, prêtre pasteur, jusqu’au 13 dec 1778, Corbaux, coadjuteur à partir du 23 décembre 1778 jusqu’en mars 1782 puis desserviteur jusqu’au 15 juin 1782. La cause du décès est précisée dans 70 actes de sépulture.

Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Entre choir et gésir, il faut choisir.

Hier, j’évoquais la nouvelle pratique dans l’enregistrement des naissances.
Ce qui sera sans nul doute une difficulté supplémentaire pour les généalogistes, trouvera son pendant avec les recherches sur les décès. En effet, aujourd’hui, tout comme on ne naît plus chez soi, on ne meurt plus à la maison. Et parce qu’on meurt dans la commune où se trouve la structure médicale, les lieux de décès et d’inhumation sont souvent différents.

J’ai encore du boulot pour vérifier que mes ancêtres mourraient bien chez eux car si je calcule jusqu’à G10, il me manque 304 décès (sur les 562 ancêtres identifiés mon arbre). Mais je peux déjà dire que deux d’entre ont un lieu de sépulture différent de leur lieu de décès (ma grand-mère et son père, décédés à l’hôpital) et trois autres ne sont pas morts « chez eux ». Parmi les trois, il y a mon sosa 200, Pierre Auclerq, mort noyé après une chute dans le puits du village et son fils Pierre (sosa 100), décédé chez son fils, à 7 km de chez lui. Et il y a mon AGP, mort chez son frère, à 9 km de chez lui.

Pascal s’est penché sur la question des causes de décès de nos ancêtres dans les campagnes, notamment dans une petite paroisse de Mayenne, de 1776 à 1780.

Pour ma part, je sais que trois de mes ancêtres sont morts de maladie, Marie Auger (sosa 405), en 1785, Charles Mennauteau (sosa 406), en 1779 et Urbain Agenet (sosa 2028), en 1712.
Lire la suite de « Entre choir et gésir, il faut choisir. »

Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Dis-moi où tu nais, je te dirai où tu vis.

Cela peut paraître être une évidence pour nos ancêtres, ça n’est plus le cas aujourd’hui. En effet, si les primo-parturientes pouvait retourner chez leur mère pour donner naissance à leur enfant, et ainsi quitter la commune où elles vivaient, la quasi-totalité femmes accouchait dans leur maison. Aujourd’hui, la norme est plutôt d’accoucher à l’hôpital ou en clinique et (de moins en moins) rares sont celles qui accouchent chez elles. Donc, les naissances n’ont pas lieu dans la commune de résidence de la mère mais dans la commune où est située la structure médicale.

Ne croyez pas que ce sujet n’intéresse que les généalogistes, le Sénat a délibéré sur ce thème (voir www.senat.fr).

Et pour les plus fervents défenseurs de la cause des communes sans actes de naissances, cliquez ici.

Ceci dit, et contrairement aux idées reçues, naître dans une commune ne signifiait pas forcément y passer toute sa vie et y mourir. Déjà parce que souvent, l’un des deux époux partait vivre dans la commune de son conjoint, et parce que les personnes « voyageaient » plus qu’on ne le pense. Parfois de quelques kilomètres, parfois d’un département à un autre limitrophe mais aussi parfois vers une région plus lointaine. Lire la suite de « Dis-moi où tu nais, je te dirai où tu vis. »

Publié dans La boîte à trucs, Qui sont mes ancêtres ?

Dis-moi où tu gis, je te dirai comment tu t’appelles.

Le département d’Indre-et-Loire a été créé le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789. Dès la fin du XVIIIè siècle, certaines communes du département fusionnent (fusion pour créer une nouvelle commune ou rattachement/absorption d’une petite commune au profit d’une plus grande). Jusqu’en 2016, le département comptait 277 communes. Trois « communes nouvelles » sont créées en 2017, une quatrième en 2018, portant le nombre total de communes à 272 (cf. liste des communes d’Indre-et-Loire).

Mais comment appelle-t-on les habitants de chaque commune ? (en bleu, les communes où sont morts mes ancêtres) Lire la suite de « Dis-moi où tu gis, je te dirai comment tu t’appelles. »

Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Dis-moi où tu vis, je te dirai comment tu t’appelles.

Contrairement à ce que laisse penser le titre, ce billet ne sera pas l’occasion de vous parler de gentilé. Ce sera un billet consacré à l’origine (possible) des noms de mes ancêtres.

Avant toute chose, quand et comment se sont formés les noms de famille ? Lire la suite de « Dis-moi où tu vis, je te dirai comment tu t’appelles. »