Publié dans Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

Fernand Randon, père et fils, compagnons du Devoir

Si vous vous promenez dans le cimetière Lasalle (carré 34, concession 103), vous trouverez la tombe de la famille Randon, Bouhour et Marquet. C’est là que reposent Fernand Randon (1859-1950), compagnon bourrelier-harnacheur du Devoir et son fils Fernand, mort pour la France.

© Photographie Laurent Bastard (site Compagnons & compagnonnages)

La stèle mentionne la qualité compagnonnique du père par les lettres : « T. LT. DA. C. D. D. » mais celles-ci ne correspondent pas exactement au surnom du compagnon, qui était « Tourangeau l’Ile d’Amour ». Le graveur s’est trompé et a confondu le I de « Ile » avec un T et a omis un point ou une apostrophe entre LT et DA.

Fernand Randon naît le 15 août 1859 à Neuvy-le-Roi (Indre-et-Loire). Il entre à 13 ans comme apprenti chez un bourrelier du canton. Trois ans plus tard, il entreprend son tour de France. Il est admis aspirant à Nantes et c’est à Bordeaux qu’il est reçu compagnon bourrelier-harnacheur du Devoir à 19 ans. Il continue son tour en passant par Toulouse, Montpellier, Marseille, Lyon, Paris et rentre à Tours pour accomplir son service militaire en Tunisie. Une fois revenu à la vie civile, il s’installe à Tours, rue des Docks puis, en 1888, rue Bretonneau, comme fournisseur en bourrelerie. Son activité au sein du compagnonnage s’intensifie. E, 1910, avec un petit groupe de compagnons, il fonde la Société Protectrice des Apprentis de Touraine, dont il assure la direction jusqu’à sa mort.

En 1932, Fernand Randon est fait chevalier de la Légion d’Honneur. De 1922 à 1940, il assure la présidence de l’Alliance compagnonnique tourangelle, association qui a permis de créér le musée compagnonnique.

Les obsèques de Fernand Randon se déroulent le 5 avril 1950 et rassemblent 150 compagnons, comme l’indique la notice nécrologique du journal Compagnonnage, n° 111, de juillet 1950.

Fernand Randon fils était aussi un compagnon bourrelier, dit « Tourangeau la Clef des Coeurs », mais rien ne le rappelle. Il naît le 04 juillet 1886 à Tours. Blessé le 24 février 1916 au Bois de la Vache, prés de Cappy, il meurt le 17 mars suivant à l’hôpital temporaire 106, Lycée de Garçons, des suites de ses blessures, à l’âge de 29 ans. Il est inhumé le 29 mars 1921.

Base Léonore
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De mes ancêtres à moi

Je fais partie de ces généalogistes amateurs qui ont débuté leurs recherches dans un but clair : remonter le plus loin possible et trouver le plus d’ancêtres possible. Avec le temps, mes objectifs ont évolué mais je n’en suis toujours pas rendue à m’intéresser à la généalogie descendante.

Mais Raymond m’a donné envie de faire une démarche intellectuelle inverse à celle que je pratique : me situer par rapport à mes ancêtres et non plus situer mes ancêtres par rapport à moi. Pour cela, je vais choisir quelques branches de mon arbre (comme la branche cognatique, la branche Fontaine, une branche bretonne…). Le problème est que je n’ai pas cherché les fratries entières et/ou il me manque les dates de naissance donc le résultat sera forcément faussé.

Avant tout, petit rappel sur la les numérotations descendantes. Lire la suite de « De mes ancêtres à moi »

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Née un premier juillet

Si Tom Cruise est Né un quatre juillet sous la caméra d’Oliver Stone, moi je suis née un premier juillet.

Voyons voir si certains de mes ancêtres sont aussi nés un premier juillet.

Une seule personne.
Jacques Guyet, mon sosa 3046.  

Jacques Guyet est né le 1er juillet 1620 à Savigné-sur-Lathan (Indre-et-Loire). Il est le fils de Jacques Guyet et de Perrine Delalande.

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(C) AD37

Jacques a 2 sœurs identifiées, Catherine (°1618) et Françoise (°1621). Je ne sais pas si les sœurs ont eu une descendance contemporaine (pas d’infos sur Geneanet).

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Jacques se marie le 11 juillet 1652 à Savigné avec Louise Delabarre. Il a 30 ans tandis que sa fiancée a 22 ans.

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(C) AD37

Ensemble, ils ont 7 enfants, Mathurin (°1654-), Pierre (°1655-), Louise (°1657-), Jeanne (°1659-), Louise (°1664-),Marie (°1666-/1705), René (°1670-), tous nés à Savigné.

Jacques meurt le 31 janvier 1679 à Savigné. Il est dit charpentier. C’était également le métier de son père.

Bien que j’aie recueilli peu d’informations, je pense qu’il n’a jamais quitté sa commue natale.

What else ?
Plusieurs ancêtres se sont mariés un premier juillet.

– Toussaint DUBLINEAU (sosa 1850) et Jeanne LOTHION (sosa 1851), le 1er juillet 1696 à Artannes (Indre-et-Loire),
– Joseph GUIMONNEAU (sosa44) et Louise BESNAUT (sosa745), le 1er juillet 1706 à St-Jean de la Motte (Sarthe),
– François GASTEBLED (sosa 1944) et Madeleine COUDRE (sosa 1945), le 1er juillet 1711 à Ecueillé Cloué (Indre),
– Urbain XAINTE/SAINTE (sosa 724) et Anne ROBAIN (sosa 725), le 1er juillet 1723 à Brain sur Allonnes (Maine-et-Loire),
– Joseph TURPAULT (sosa 818) et Marie TEXIER (sosa 819), le 1er juillet 1732 à Thurageau (Vienne),
– Pierre LESIERRE (sosa 504) et Catherine ROY (sosa 505), le 1er juillet 1783 au Louroux,
– Pierre AUCLERQ (sosa 100) et Catherine BERGE (sosa 101), le 1er juillet 1828 à Vendeuvre-du-Poitou (Vienne),

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Quant à ceux qui sont décédés un premier juillet, ils sont 2.

– Renée THOMAS , née le jeudi 13 février 1670 à Louans (Indre-et-Loire), décédée le 1er juillet 1721 à Louans, à l’âge de 51 ans. Elle est le fille de Pasques et Perrine Renou, et la sœur de Perrine (°1666-), Pasques (1676-1696), Anne (°1678-), Marie et Louis . Elle se marie le 17 janvier 1689 à Louans avec Joseph MINGAULT. Ils ont trois enfants identifiés, Simon (°1690), Martin (°1691), Marie (°1694, mon sosa).

– Pierre ROY (sosa 2020), né le vendredi 9 septembre 1707 à Bournan (Indre-et-Loire), décédé le 1er juillet 1753 à Bournan,  à l’âge de 45 ans. Il est le fils de Toussaint et Jeanne Flisseau, et se marie le dimanche 9 février 1727 à Civray-sur-Esves (Indre-et-Loire), avec Marie Magdeleine BOURSAULT (sosa 2021). Ils ont 8 enfants identifiés : Pierre (sosa 1010, 1727-/1783) marié le 9 juillet 1754 avec  Anne CHESNON (sosa 1011), Martin (1729-1753), Marie (°1730-), Jean (°1732-), Marie Magdelaine (°1733-), Marie Catherine (°1735-), Laurent (°1738-), Michel (°1741).

 

LSF

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Victor La Salle, capitaine d’aviation

(NB : le texte sur Victor La Salle est issu du site aéroplane de Touraine, la partie sur le cimetière Lasalle est ma petite contribution)

Officier au 31e régiment d’aviation de Tours, Victor Lasalle trouve la mort le 15 décembre 1929 dans le désert qui borde le golfe de Syrte en percutant des dunes, lors d’une liaison rapide entre Paris et Saigon.

1929 est une triste année pour le 31e régiment d’aviation de Tours. Vendredi 23 août, un Potez 25 peine au décollage et vient en percuter un autre autour duquel s’affairent trois aviateurs. Deux sont tués, le sergent Fond et le caporal Dambricourt.
Samedi 5 octobre, deux Potez 25 rentrent de mission, en Roumanie et en Yougoslavie. Ils se percutent dans le mauvais temps, dans l’Allier : quatre morts, le commandant François Tulasne, l’adjudant-chef Favier dans l’un ; le sergent-chef Vergnaud et le sergent Josserand dans l’autre.
Dimanche 15 décembre, le 31e perd son « champion », le capitaine Victor Lasalle, qui trouve la mort en Libye lors d’une liaison rapide entre la France et l’Indochine.

D’un camp allemand à Odessa

Lorsqu’il arrive au 31e régiment d’aviation de Tours, en octobre 1920, Victor Lasalle est presque neuf dans l’aviation. Pas dans l’armée. Engagé dès 1911 au 5e régiment d’infanterie, il débute la guerre au 205e (régiment de réserve du 5e). Prisonnier en novembre 14 au Grand Douaire, le sergent Lasalle fête à sa façon le 14 Juillet, en 1916, en prenant la fuite pour la troisième fois d’un camp de Basse-Saxe. Il n’est pas près de s’arrêter. Première étape, la Suisse, la liberté et donc la guerre. Puis c’est le Maroc où Victor Lasalle obtient une citation et sa nomination au grade de sous-lieutenant (à titre temporaire) dans des combats contre les tribus rebelles. Rapatrié pour cause de dysenterie, il revient en France mais l’armistice intervient avant son retour au front. Lorsqu’il fait mouvement avec sa nouvelle unité (le 21e RTA), en mars 1919, c’est pour Odessa où doit débarquer un corps expéditionnaire chargé de soutenir les Russes blancs en lutte contre l’armée bolchevique. Victor Lasalle y obtient trois citations, une blessure au bras et le grade de lieutenant, toujours à titre temporaire.

La carrière du fantassin touche à sa fin. Il ne suit pas son régiment, parti de Sofia pour ce qu’on nommait alors le Levant. Le 31 juillet 1919, il est détaché à l’escadrille Br 509, stationnée à l’actuelle Istambul (1). A son programme, des vols sur Constantinople et le Bosphore, une mission postale à Bucarest, des vols de nuit où il démontré ses qualité de navigateur. Ce que les aviateurs nomment : le sens de l’air. Il y est breveté observateur (20 janvier 1920) et débute une formation d’élève pilote interrompue par la fermeture du camp de San Stefano.

Élève de l’adjudant Jean Foiny

Le 15 octobre 1920, Victor Lasalle est affecté au 31e régiment d’aviation de Tours. Il se rapproche ainsi de sa région d’origine puisqu’il est né à Candé (Maine-et-Loire), le 30 juillet 1893. Son terrain est celui de l’actuelle base aérienne 705, au nord-ouest de la ville, en bordure de la route de Paris, sur les communes de Parçay-Meslay, Tours, Saint-Symphorien et Saint-Radegonde (les deux dernières sont devenues quartiers de Tours après la dernière guerre). L’aviation y avait installé, en novembre 1915, une école pour former les pilotes sur Caudron. Les Américains l’occuperont à leur tour en 1917.

Le rôle du 31e ? Il « se trouve être le seul régiment d’aviation à l’ouest du méridien de Paris, son secteur très vaste s’étend de l’embouchure de la Rance à celle de la Gironde et couvre un cinquième de la France », précise son historique (2). « Les groupes d’observations travaillent avec les divisions voisines : 11e division, région Tours et Rennes pour le GO 3 ; 21e division, région Nantes et Limoges pour le GO 4. Le groupe de reconnaissance n°5 est en collaboration avec les écoles de Poitiers, Saumur et Saint-Maixent. »

Mais en 1921, le 31e régiment n’a encore que cinq escadrilles (1, 3, 5, 7 et 9). Victor Lasalle est nommé à l’escadrille 7 (3). Il effectue son premier vol le 11 février 1921, sur Breguet 14, avec le sous-lieutenant Chrétien, autre grande figure de l’aviation tourangelle de l’entre-deux-guerres. Il commence sa formation de pilote, quelques jours plus tard, avec l’adjudant Jean Foiny, sur un antique Caudron G3. Victor Lasalle doit beaucoup à Foiny. Les deux « champions » du 31e régiment vont longtemps voler ensemble, même après le brevet, obtenu le 25 juillet 1921, n° 19082.

Commandant en second du Parc 31

En juin 1921, Victor Lasalle est nommé adjoint au commandant du Parc 31. Il est sous les ordres de Victor Gruel, arrivé en mars. Ce poste l’accapare. Il y est toujours très bien noté (4). D’ailleurs, quand le commandant Gruel part en formation à l’École supérieure d’électricité, en novembre 1923, Victor Lasalle hérite, par intérim, du commandement du Parc 31, jusqu’à la nomination d’Alphonse Le Bihan, fin mai 1924. Au cours de cette période, Victor Lasalle poursuit son entraînement à la SE, le plus souvent avec Jean Foiny.

Deux arrivées vont changer la destinée de Victor Lasalle. Celle d’un avion d’abord. Celle d’un pilote ensuite. L’avion, c’est le Potez 25 qui a pointé le bout de son nez en janvier 1927. En juin, lorsque le Potez 25 s’installe vraiment à Tours, Victor Lasalle vole sur les n° 3, 5 et 13 .

Le pilote, c’est l’adjudant Gustave Duroyon. Il vient du 34e régiment d’aviation de Dugny. Il a remporté la coupe Breguet en 1926. C’est avec lui que Victor Lasalle découvre la compétition. En 1927, il participe à la coupe Breguet. Puis, avec Duroyon, il reçoit pour mission d’effectuer un voyage aérien Tours – Paris – Prague – Vienne – Cracovie – Varsovie et retour, du 30 octobre au 8 novembre. Le but est de promouvoir le Potez 25 (5).

La réussite de cette mission – malgré le mauvais temps – leur ouvre un peu plus grand les portes de la maison Potez. Les deux équipiers se complètent bien, avec Duroyon, plus pilote que technicien, et Lasalle, plus technicien que pilote. Potez leur « prête » un avion pour participer au rallye international de Vincennes, un Potez 25 Grand Raid, semble-t-il celui muni d’un moteur Hispano Suiza de 600 ch  (6).

Le raid des capitales en étoile en 1928

Après avoir laissé leur avion à Villacoublay (le 151), ils rallient leur point de départ, Agadir. Ils sont le 25 juin à Madrid, le 26 à Casablanca, le 27 à Marrakech, le 28 à Agadir. Le 29, repos et préparation du matériel. Le 30 juin, jour de la course, ils relient Agadir à Vincennes d’une seule traite, en 11 h 10 min. de vol, dont 2 h 30 de nuit. Ils remportent ainsi le rallye militaire de Vincennes (7), succès qui leur donne une tout autre dimension.

Car « le premier prix » de ce rallye, c’est un ticket pour deux personnes pour une autre épreuve : le raid des capitales en étoile. Ce sera sur le Potez n°70 Grand Raid. Le programme est pantagruélique :

  • le 7 juillet 1928, Paris – Oslo (Norvège) ;
  • le 8 juillet, Oslo – Paris ;
  • le 9 juillet, Paris – Madrid (Espagne) – Paris ;
  • le 10 juillet, Paris – Varsovie (Pologne) – Paris ;
  • le 11 juillet, Paris – Rome – Paris ;
  • le 12 juillet, Paris – Lisbonne (Portugal) – Paris.

Au terme de cet exploit, petits fours et réception le 13, Paris – Tours le lendemain avec l’avion du raid pour défiler le 14 juillet au-dessus de Tours. Duroyon (pilote) et Lasalle (navigateur) ont parcouru près de 14.000 km en six jours avec seulement quatre heures de sommeil par nuit. Lasalle est fait officier de la Légion d’honneur et Duroyon, chevalier.

Pour eux, c’est le moment de faire le point sur leur carrière. Gustave Duroyon a choisi sa voie. Il va quitter l’armée pour entrer chez Potez comme pilote essayeur.

Deux voies s’offrent à Victor Lasalle : le pilotage ou la technique ? On peut penser que Victor Lasalle a hésité. D’un côté, la lumière, les raids et les exploits ; de l’autre, l’ombre, un travail qu’il a toujours apprécié.

Côté pilotage, il est nommé commandant de la 14e escadrille, celle de ses débuts à Tours (8), le 1er octobre 1929. Mais, côté technique, il participe du 7 janvier au 12 mai 1929 au « stage de perfectionnement des officiers chargés de fonctions techniques »,s. Il en sort avec une moyenne de 16 sur 20 et ce viatique de Saconney : « POURRA faire un commandant de parc ». Pendant ces quelques mois de stage, Victor Lasalle vole peu.

L’interview de Victor Lasalle deux semaines avant sa mort

En 1929, Victor Lasalle obtient la permission de faire un raid civil. Il offre les premiers détails à un journaliste de la Dépêche, le 1er décembre, à quelques jours de son départ.

– Alors, mon lieutenant… Madagascar ?
« Pas du tout… Saigon. »
– C’est un raid ou un voyage de tourisme ?
« Ni l’un ni l’autre. C’est une liaison rapide que je ferai avec un Nieuport type commercial équipé avec un moteur de 230 CV à refroidissement par air. Nous avons un rayon d’action de 2.000 km et nous espérons faire une liaison rapide en 7 ou 10 jours, c’est-à-dire plus vite que Bailly et Réginensi. »
– Et le but de cette mission ?
« Effectuer une liaison aussi rapide que possible avec Saigon, transporter du courrier postal et, par la même occasion, étudier la création d’une ligne commerciale. Ces liaisons rapides sont maintenant à l’ordre du jour et nous ne sommes pas les seuls à partir […] Notre raid est commandité par la maison Lorraine, dont le moteur de 230 CV équipe notre Nieuport. »
– Mais, vous partez avec trois passagers et une importante cargaison de courrier et vous n’avez qu’un moteur de 230 CV.

Le lieutenant Lasalle a un sourire ironique :

« C’est la formule civile, dit-il. Un moteur de 230 CV est suffisant pour nous emmener à Saigon. Il n’est pas lourd et consomme peu de carburant. »
[…]
– Croyez-vous qu’en cette saison vous ne serez pas gêné sur le parcours par le mauvais temps ?
« Je ne le crois pas, parce que j’ai étudié mon itinéraire par l’Égypte. La saison est bonne sur cette région. En suivant la ligne droite et en passant par la Grèce, au contraire, nous aurions rencontré du mauvais temps. »

Disparus dans la tempête

L’avion de Victor Lasalle est un Nieuport-Delage 641 à moteur Lorraine Mizar 230CV. Le départ est fixé au 9. Mais l’avion n’est pas prêt. Pire, il est légèrement endommagé par un chariot de queue le 12. Enfin, le 14 décembre, l’adjudant Rébard le décolle du Bourget.

La première partie du voyage se déroule sans histoires. « Lasalle, Rébard et Faltot sont partis pour Saigon », titre la Dépêche, précisant : « Ils ont fait escale et Istres et sont repartis pour Tunis ».

Mais très vite, c’est l’inquiétude : « Les aviateurs Lasalle, Rébard et Faltot ne sont toujours pas signalés à Benghasi »… « On recherche Lasalle, Rébard et Faltot ».

Puis une lueur d’espoir : « Lasalle, Rébard et Faltot aurait atterri en Tripolitaine ». Courte lueur puisque  la Dépêche révèle : « Des débris d’avion sur la côte du golfe de Syrte en Tripolitaine  » « Est-ce le monoplan de Lasalle et de ses compagnons ».

La réponse vient aussitôt : « Le raid Paris – Saigon tragiquement interrompu ». Le 15 décembre, le NiD-641 F-AJDA de Lasalle, Rébard et Faltot a bel et bien percuté des dunes, à Bir el Amar. La confirmation est donnée par le lieutenant Sanard, en poste à Tunis, qui s’est rendu sur place pour reconnaître l’épave. Il avait accueilli le trio à l’escale de Tunis et suivi leur préparation. « J’ai pu établir une version de l’accident et je ne crois pas me tromper en affirmant que l’équipage français fut victime d’une tempête extraordinairement violente », écrit-il à l’intention du commandant Prat, du 31e régiment. Cette même nuit d’ailleurs, un équipage anglais a trouvé la mort au sud de Tunis.

La veille de son départ, son épouse lui écrivait : « Si tu as le moindre doute, ne pars pas, tu me rendras bien heureuse. » Elle pensait à elle et à sa fille, Yvette. Mais, par avance, Victor Lasalle avait chassé tous les doutes : « Nous arriverons », avait-il déclaré. « Que je vole de Tours à Marseille ou que je continue plus loin, c’est la même chose. » La suite a montré que non.
Notes

(1) Petite remarque amusante dans les carnets de vol de Victor Lasalle qui montre que l’aviation avaient du mal à intégrer les réformes de l’aviation. Sur le premier tampon : Br 509. Normal. Puis Br 51 à la place de Br 509. Et enfin, un tampon créé au nom de l’escadrille Br 51. Une escadrille qui n’a jamais existé. Il s’agit en fait de la 51e escadrille du 25e régiment d’aviation d’observation, héritière des traditions de la Br 509.

(2) Historique du 31e régiment d’aviation au Service historique de la Défense, au château de Vincennes.
(3) Cette escadrille 7 est devenue 14e escadrille le 1er janvier 1924 avec insigne et traditions de la C 56.
(4) En 1927, il reçoit d’ailleurs une lettre de félicitations du colonel Pujo pour avoir encadré les élèves mécaniciens des aéro-clubs d’Indre-et-Loire qui préparent leur examen militaire. La popularité de Victor Lasalle ne s’expliquent pas par ses seuls résultats. Tout le monde a vanté sa disponibilité et sa modestie.
(5) Ils utilisent le Potez 25 n°38, avion du 31e RA0.
(6) Les carnets de vols de Victor Lasalle ne fournissent pas, exceptionnellement, de précisions sur l’avion.
(7) Pour cette course, chacun choisissait son point de départ. Lasalle et Duroyon ont devancé : Weiser, Fonds-Lamothe, Challe, etc.
(8) En 1921, la C 56 était alors l’escadrille 7 du 31e RAO. En 1929, elle appartenait au groupe n°4 dirigé par le commandant Prat, qui a prononcé le discours lors des obsèques de Victor Lasalle à Tours et lors de l’inauguration de la rue Victor-Lasalle à Candé. Le commandant Prat a également baptisé Capitaine-Lasalle le hangar de la 14e escadrille.

Articles

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le nom du cimetière où est enterré Victor Lasalle n’aurait rien à voir avec lui mais ferait référence au nom d’une ancienne ferme. Cette hypothèse est plausible au regard du cadastre napoléonien (1811).

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Cadastre napoléonien (1811), Tours-St-Symphorien, plan d’assemblage, (C) AD37

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Cadastre napoléonien (1811), Tours-St-Symphorien, section A2, (C) AD37

 

LSF

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François Boileau (1846-1878), conducteur de train

François Boileau naît le 24 août 1846 à Tours. Il est le fils de François Boileau et Pauline Richard. Le 09 septembre 1867, il épouse Reine Charlot, 17 ans t 10 mois, couturière. Conducteur de train à la compagnie du PO (Paris-Orléans), il décède le 30 mars 1878, dans un accident de chemin de fer survenu sur la ligne Le Mans-Tours, à Dissay-sous-Coussillon (Sarthe), au niveau du moulin de Vernay. Fragilisé par une crue du Loir, le pont s’effondre au passage du convoi de marchandises qu’il conduit. François Boileau et une autre personne périssent dans l’accident. Si le nom de la seconde victime n’est pas mentionnée sur le net, il n’est pas difficile à trouver ; il suffit de lire le registre des décès de Dissay. Le 30 mars, deux tourangeaux y sont enregistrés, François Boileau et sur l’acte suivant, François Raimbault.

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François Boileau est inhumé au cimetière Lasalle de St-Symphorien (commune rattachée à Tours en 1964), carré 15. Son monument funéraire est sculpté par Coussin qui a reproduit l’enchevêtrement de la locomotive PO730 et de ses wagons.

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LSF

 

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Ma branche cognatique paternelle

Je sais, vous allez me dire que la branche cognatique ne peut pas être paternelle puisque cognatique veut dire par les femmes et que paternel veut dire par les hommes. Et bien, je vais vous parler de la branche cognatique de mon papa.
Ma branche paternelle est celle de mes débuts en généalogie, c’est donc celle qui est la moins fournie en détails.  Et elle le reste encore, bien que je me sois replongée dans les registres paroissiaux. 
Lire la suite de « Ma branche cognatique paternelle »