à la Une
Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Ils étaient une fois Magazine n°1

J’avais une petite idée qui me trottait dans la tête depuis quelques mois, présenter les articles de mon blog sous forme d’un magazine. Et bien , voilà, c’est fait ! Et je suis assez contente du résultat. Si vous aimez, je monterez le numéro 2.

ILS ETAIENT UNE FOIS MAGAZINE n°1

Note aux lecteurs
Attention, ne comparez pas ce que vous allez lire avec un vrai magazine de généalogie, il s’agit juste d’une mise en page différente des articles du blog. Autrement dit, mon magazine n’a pas plus de prétention que mon blog. 

Appli utilisée : CANVA.

Publié dans Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

Michel Colombe, tailleur d’ymaiges

(je ne suis pas l’auteure de l’article. Pour lire le texte original, voir le blog du Centre Généalogique de Touraine, ici).

Recherches et article de Hélène VAGNINI – Paru dans le Touraine Généalogie n° 93 – 1er trimestre 2013 pages 26 à 31 Rubrique « Histoire et Généalogie »

Buste de Michel COLOMBE
par François SICARD (opéra de Tours)

Les textes écrits sur Michel COLOMBE, par des chercheurs émérites, sont fort nombreux depuis le XIXème siècle jusqu’à nos jours et il est difficile d’en écrire un énième sans y apporter de nouveaux éléments. J’ai simplement placé cet éminent « tailleur d’ymaiges » dans son contexte tourangeau.

Incontestablement issu d’une famille d’artistes, il serait originaire du Berry ou du Bourbonnais, né autour de 1432. Il a certainement travaillé avec son père Philippe, qui était tailleur d’ymaiges (+ 1457). Michel a alors 26 ans à peu près à la mort de ce dernier. Il a vécu plus de la première moitié de sa vie en Berry et en Bourbonnais, la seconde partie va se passer en Touraine.

Arrivée à Tours

En quelle année arrive-t-il en Touraine, cela n’est pas très clair : certains le font arriver vers 1490, d’autres vers 1480, un document de 1474 semble donner un indice de sa présence en Touraine mais, en tous cas, pas avant cette date car, lorsque Louis XI fait entreprendre les travaux du château d’Amboise réalisés entre 1461 et 1468, le nom de Michel COLOMBE n’y est jamais mentionné. Idem lorsque Louis XI fait restaurer toutes les portes de la Ville de Tours et même en fait construire deux autres, son nom n’apparaît dans aucun document ; idem lorsque le roi fait construire son château des Montils à partir de 1462, on ne parle pas de notre tailleur d’ymaiges.

– On sait qu’entre 1460 et 1470, il travaillait pour le seigneur de Baugy en Berry, Jean IV de BAR (5 statues en pierre pour la chapelle du château). Ce Jehan IV de BAR devait vivre plus souvent à Tours puisqu’il a été successivement chambellan des rois Charles VII et Louis XI et bailli gouverneur de Touraine, capitaine des châteaux de Tours et Amboise entre 1460 et 1466 (il est décédé en 1469). Cette commande rapproche donc Michel COLOMBE d’un seigneur berrichon qui vivait plus souvent en Touraine et qui a pu l’inciter à venir s’y installer?
Un acte de 1491 nous fait connaître un certain Henry COLOMBE, escuyer, maistre d’hostel du Seigneur de Baugy (en 1491 le seigneur de Baugy était Robert de BAR, échanson du Roy, député de la noblesse à Tours en 1484 +1498). Cet Henry COLOMBE se fait faire un harnois complet auprès de Balsarin de TREZ armurier tourangeau1. Il y a une forte chance que cet Henri soit de la famille de Michel COLOMBE ? Auquel cas l’appui du seigneur de BAR est à tenir en compte.

– En 1473, Louis XI le charge d’exécuter un bas-relief représentant Saint-Michel pour l’église de Saint-Michel-en-l’Herm en Vendée2

Louis XI
(portrait anonyme XVe)

– Puis en 1474, Louis XI passe commande à Michel COLOMBE et à Jehan FOUCQUET d’un projet pour sa propre sépulture, ceci est consigné dans les comptes de Jean BRIÇONNET receveur général des Finances à Tours : « à Michau COLOMBE, tailleur d’ymaiges et Jehan FOUQUET, peintre à Tours, 22 livres, pour avoir taillé en pierre un petit patron en forme de tombe qu’il a fait du commandement du roi Louis XI et à sa pourtraicture et semblance, pour, sur ce, avoir avis à la tombe que le roi ordonnera estre faicte de sa sépulture ».3
Cette commande de 1474 est un début de preuve que Michel COLOMBE était en Touraine à cette période (installation définitive ou en cours) car Jehan FOUCQUET est un peintre de grande renommée domicilié lui-même à Tours…

– En 1480, il fait la maquette du tombeau de Louis de ROUAULT, évêque de Maillezais en Vendée. Mais il fait peindre cette maquette par Saturnyn FRANÇOYS maistre peintre à Tours. On peut donc penser que Michel a lui-même fait la maquette à Tours où il a forcément un atelier.4
Il est tout à fait possible que l’arrivée à Tours se situe plutôt entre 1471 et 1480 et, si on le retrouve à Moulins en 1484 pour honorer la commande d’éléphants articulés pour l’entrée de la Duchesse Jeanne d’Armagnac5, cela peut s’entendre d’une autre façon : à cette date, il a une cinquantaine d’années, il se déplace facilement et va là où l’on a besoin de ses services. C’était d’ailleurs une habitude de travailler ainsi : l’homme allait vers le travail, pour discuter les prix, pour prendre les mesures etc, ensuite il revenait à son atelier pour réaliser la commande.

– Dans la lettre de Brou (1511), Michel COLOMBE dit qu’il travaille avec Guillaume RÉGNAULT depuis 40 ans, ce qui veut dire depuis 1471 ; or Guillaume RÉGNAULT est incontestablement Tourangeau. L’a-t’il connu à Tours ou sur un autre chantier ?6

Installation à Tours

Michel COLOMBE s’installe dans un quartier nouveau, près de la cathédrale, le faubourg Saint-Étienne. L’église Saint-Étienne est en cours de reconstruction, elle sera terminée en 1488 ; la porte Saint-Étienne est une construction nouvelle, on l’appelle d’ailleurs la Porte Neufve Saint-Étienne, et la ville a vendu des terrains sur ledit fief (dès 1470) hors les murs, au pied du rempart, pour y construire des maisons qui constitueront la rue des Filles Dieu (portion nord actuelle de la rue Bernard Palissy), rue apparemment réservée aux artistes et aux artisans. Le propriétaire du fonds offre des parcelles rectangulaires de 6 à 8 m de large en bordure des chemins, et le preneur s’engage à bâtir dans un délai déterminé, une maison bonne et compétente, pour un ménage, couverte de tuiles ou d’ardoises. La rente demandée varie de 26 à 60 sols tournois.7 Un acte du 23/09/1501 mentionne que Michel COLOMBE a une maison et un jardin, rue des Filles Dieu.8 Il n’a été trouvé aucun acte précisant s’il a acheté un terrain pour y construire une telle maison, ou s’il a acheté une maison déjà construite, ou encore s’il a loué une de ces maisons mais, plusieurs années après son décès (ca 1512), un acte de partage de succession de 1533 entre ses neveux mentionne qu’ils héritent des biens, sans précision, de leur oncle Michel COLOMBE. 9

Habitent près de lui, dans les maisons voisines, Guillaume RÉGNAULT, maistre tailleur d’ymaiges, Charles COURTOYS, maistre tailleur d’ymaiges, Jérome PASCHEREAU maistre sculpteur ornementiste et Pierre DELAMARRE peintre, comme le prouvent de nombreux actes notariés (Cela ne permet pas de situer exactement la maison, certains historiens du XIXème siècle la placent au n° 32 de la rue Bernard Palissy).

Il est à deux pas de la Cathédrale Saint-Gatien toujours en chantier, c’est une fourmilière où travaillent de nombreux artistes tailleurs de pierre ou de marbre, des peintres, des peintres verriers (La tour Nord ne sera terminée qu’en 1506 et la tour Sud en 1546). Il est également tout proche du château de Tours. De plus, la Loire qui coule au pied du château est le meilleur chemin pour le transport des matériaux, marbre ou pierre, qui arrivent, ou pour les oeuvres en partance. La ville de Tours que Louis XI a instaurée en « bonne ville » vit à l’heure des transformations. La Municipalité est très active, passe de nombreuses commandes aux artisans et artistes. Elle y reçoit la Cour à chaque entrée dans la ville, c’est l’occasion de fêtes et de travaux d’embellissement.

Ainsi, lorsque Michel COLOMBE remonte la rue des Filles Dieu, il passe par la porte nouvelle Saint-Étienne. Il peut admirer l’écusson offert par la ville et réalisé par Mathelin POYET peintre enlumyneur en 1453, mis dans le haut du portail Saint-Étienne, fait « aux Armes du Roy où il y a trois fleurs de lis et une couronne dessus, deux cerfs volans estans aux deux coustez dudit escusson et ung autre estant au dessus dudit escusson, lequel tient entre ses bras la couronne et escu, au dessoubs duquel y a un pot de lis ; le tout peint d’or et d’argent. »10

D’ailleurs, son regard doit être attiré par tous les écussons sculptés et peints qui sont apposés sur tous les édifices de la ville. Pierre REGNARD, en 1481, peint une « ymaige de Notre-Dame » de couleurs riches avec un angelot derrière portant les Armes du Roy et de la ville. Cette image était destinée à être placée sur le portail du pont de la Loire. Colin REGNART peint les Armes de la ville et celles du maire en 1489, sur le portail neuf en l’île des Ponts de Loire.11

Il s’arrête à l’église Saint-Étienne qui vient d’être reconstruite et terminée en 1488. En connaisseur, il peut apprécier les travaux de la cathédrale, il rencontre peut-être les Illustrissimes et Révérendissimes archevesques Hélie de BOURDELLES (1468-1484) ou Robert de LENONCOURT (1484-1509). Il est reçu d’ailleurs dans la Confrérie Saint-Gatien dès 1491 (on retrouve son nom plusieurs années de suite) : cette Confrérie, entre autres, avait pour mission de collecter des dons pour la poursuite des travaux de la Cathédrale. En fait, il s’était fortement impliqué dans la vie de la cité.12

Il assiste aux évènements de la cité et, pour l’entrée du roi Louis XII et d’Anne de Bretagne dans la ville en novembre 1500, la municipalité lui demande de faire à cette occasion le moule de l’armure de l’acteur qui tiendra le rôle de Turnus, pour lequel il a fait un « patron » (un moule) « en terre fort grasse » à la façon de Milan, ainsi que le patron d’une médaille à l’effigie de Louis XII.

Cette médaille sera réalisée par l’orfèvre Jehan CHAPILLON ; on en tira 61 pièces d’or et 60 pour le roi. L’une de ces médailles existe toujours à la Bibliothèque Nationale.
Pour ces deux commandes, il aura un peu de mal à se faire régler d’ailleurs les trois escus d’or qui lui sont dus.13

Bien entendu, c’est au nouvel « ostel de ville » de Tours (terminé depuis 1478) qu’il remet sa lettre de réclamation. Il peut y admirer les peintures et les enluminures d’Allart FOLLATRON. En 1501, le maire est Pierre MORIN, conseiller du roy et trésorier de France ; c’est lui qui confirme le règlement de 3 escus dus à Michel COLOMBE.

« … Il m’estoit duez trois escus d’or… » Lettre envoyée à M. le greffier de la Ville de Tours le 6 janvier 1501 avec cette magnifique signature.

Son équipe habituelle et sa famille

Il est difficile de parler de Michel COLOMBE sans parler de sa famille et de son équipe. C’est un tout et certains documents prouvent combien cela avait d’importance pour lui.
Lorsqu’il pose ses bagages à Tours, entre 1473 et 1480, il a entre 40 et 48 ans. Il s’installe avec sa renommée, et constitue une équipe tourangelle, solide et compétente.

En premier lieu, c’est une équipe étroitement liée par le travail, l’admiration réciproque, la volonté d’un maître, l’entière confiance qu’il accorde à leur savoir-faire irréprochable (Il suffit de lire sa lettre de 1511 pour en être convaincu).
L’équipe travaille fortement soudée auprès du maître :
Tout d’abord Jehan PERREAL dit Jehan de Paris, peintre de grand talent, qui est chargé de dessiner le tableau de la commande, sur les indications de Michel COLOMBE. Son nom n’apparaît qu’en 1502 mais on le trouve jusqu’en 1512.
Guillaume RÉGNAULT, devenu maistre tailleur d’ymaiges, avec lequel il travaille depuis 1471 et qui continuera l’oeuvre du maître après sa mort. Jehan de Chartres tailleur d’ymaiges : Michel COLOMBE dit de lui « mon disciple et serviteur, lequel m’a servi l’espace de 18 ou 20 ans et est maintenant tailleur d’ymaiges de Madame de Bourbon (Anne de Beaujeu) ». Jérosme PACCHIAROTTI, d’origine italienne qui n’apparaît auprès du maître qu’en 1500, maistre tailleur de pierre ornementiste. Saturnyn FRANÇOIS, peintre et enlumineur, Bernard DUPATILZ peintre et enlumineur. Et puis, les maistres maczons : Sébastien FRANÇOYS, Jehan RASHEZ, Macé TASCHEREAU, Martin COURTOYS.

En second lieu, c’est aussi une entreprise familiale. On remarque que travaillent auprès de lui son frère Jehan COLOMBE peintre enlumineur, « alluminatore ducale » de la duchesse Charlotte de Savoie. Etabli à Bourges en 1467, on le retrouve à Tours jusqu’en 1486. Il serait l’initiateur de l’ombre portée.14 Son neveu François COLOMBE, qui peint et enlumine la pierre et le marbre (+ avant 1511) ; un autre neveu Jehan COLOMBE peintre enlumineur (+ 1531) ; Guillaume RÉGNAULT tailleur d’ymaiges, son neveu par alliance (+ av. 1533), (il avait épousé en premières noces Louise COLOMBE, nièce de Michel COLOMBE, vers 1495 et en secondes noces Marie de POMMIERS vers 1500, également nièce de Michel COLOMBE) ; Sébastien FRANÇOYS (+1540), maître d’oeuvre de la Cathédrale son petit-neveu par alliance (il a épousé Marie fille de Guillaume RÉGNAULT), cette famille que l’on retrouve dans les documents, d’un bout à l’autre de sa vie tourangelle.
Il arrive aussi avec sa soeur Jehanne COLOMBE dont on connaît l’existence grâce à un manuscrit de 1487 (et non 146715 ) : Michel COLOMBE avait fait faire un livre d’Heures pour lui-même, enluminé et écrit par Pierre FABRI. A la fin du manuscrit se trouve un texte en latin : « Pierre Fabri m’a écrit pour le prolifique Michel Colombe, sculpteur suprême du royaume de France et si le sort le fait disparaître, c’est au contraire Jehanne Colombe sa soeur qui le gardera dignement ».
Il n’est question à aucun moment d’une femme dans la vie de Michel, il était célibataire et on peut admettre que sa soeur Jehanne, en qui il avait totalement confiance, l’ait suivi là, sur les bords de Loire où elle l’accompagnera tout au long de la deuxième partie de sa vie. Jehanne épousera d’ailleurs un certain Jehan de POMMIERS et le couple aura une fille, Marie de POMMIERS, qui épousera Guillaume RÉGNAULT veuf en premières noces d’une autre nièce de Michel COLOMBE, Louise COLOMBE.

Il a connu la disette frumentaire de 1501, une épidémie de peste et la crue mémorable de 1504, de ces crues dont la rue des Filles Dieu était bien sûr souvent victime (Jérosme PACHEROT en a vu une en 1527 et cela fut marqué sur une pierre de l’église Saint-Sébastien, rue des Filles Dieu).

Les commanditaires

Michel COLOMBE va travailler, pendant son long séjour tourangeau, sous le pouvoir de grands commanditaires royaux et des proches de la Cour ainsi que de grands ecclésiastiques, comme Georges d’Amboise par exemple qui fait construire le château de Gaillon.
Louis XI, qui règne sur la France depuis Tours où il s’est installé en son château du Plessis-lès-Tours et jusqu’en août 1483, date de sa mort, puis la fille aînée de Louis XI, Anne de Beaujeu et son mari en attendant que le dauphin Charles soit en âge de régner jusqu’en 1492, date à laquelle Charles VIII devient roi de France avec son épouse Anne de Bretagne.
Charles VIII meurt en 1498, Anne de Bretagne devient l’épouse de Louis XII en 1499. Louis XII meurt en 1515.

Il travaille pour le seigneur de Baugy, pour Louis XI, pour la ville de Moulins. En 1484, où l’on voit qu’il ne faisait pas que sculpter la pierre, c’est presque un travail d’ingénieur : réaliser des éléphants articulés pour une fête. Pour la ville de Tours, pour l’Eglise Saint-Saturnin de Tours, un superbe bas-relief, la Dormition de la Vierge, mais celui-ci n’existe plus, pourtant il a été admiré. Pour l’église Saint-Saulveur à La Rochelle, pour Anne de Bretagne (les tombeaux de ses enfants à Saint-Martin de Tours et de ses parents François II et Marguerite de Foix, à Nantes) ; son oeuvre majeure, pour le Cardinal Georges d’Amboise, avec le magnifique bas-relief de la chapelle du château de Gaillon (il ne se déplace plus, il a alors 76 ans, on lui apporte à Tours la pierre de marbre pour qu’il la sculpte dans son atelier).


Retable en marbre de la chapelle haute du château de Gaillon – 1508  (Le Louvre)
La renommée de Michel COLOMBE est bien réelle, au point que son avis est presque incontournable : en 1496, Louis du BELLAY, abbé de Saint-Florent-lès-Saumur dans le Maine-et-Loire, désirant s’assurer si les murs de son église avaient besoin d’arcs-boutants, s’adresse à lui en le priant d’envoyer des maistres d’oeuvre capables de faire l’expertise.

Son atelier et sa façon de travailler

L’atelier d’un sculpteur imagier se doit d’être très grand, il faut y entreposer les blocs de pierre et de marbre, de la place pour travailler, une maison assez vaste pour y vivre avec ses compagnons de métiers, ses apprentis etc. Il faut peut-être qu’un four y soit installé pour cuire les maquettes d’argile, car le travail de sculpteur ne consiste pas uniquement à sculpter la pierre, mais tout d’abord à faire un modelage en argile (terre cuite, ce en quoi il excellait) sous forme de maquette, pour la présenter au commanditaire.
– Il faut bien sûr distinguer les sculpteurs d’ymages, ceux qui sculptaient les statues proprement dites (c’était le plus souvent le maistre qui sculptait les visages ou les parties délicates, le reste du vêtement et autre était confié à des compagnons sculpteurs). Quant aux fioritures qui entouraient les statues, celles-ci étaient confiées aux maistres sculpteurs ornementistes.

Chaque commande est consignée devant notaire, ou sur le registre des comptes municipaux, ou dans les comptes royaux, avec les modalités de façon, de temps et de règlement, comme n’importe quel marché actuel. Michel COLOMBE était donc un peu homme d’affaires, mais également très diplomate quand on lit les termes qu’il emploie pour s’adresser aux plus grands de la Cour. Tant qu’il peut le faire, le maistre se déplace et va voir en quoi consiste le travail, l’emplacement, les difficultés. Plus tard, un peu fatigué, il enverra les plus sérieux de son équipe.

Les dates indiquent en général celles où l ‘on a actuellement connaissance dudit travail, mais il faut penser que cela ne se faisait pas rapidement, plusieurs années étaient quelquefois nécessaires. Pendant les tractations, l’un fait le dessin, l’autre fait le modelage de la maquette, puis on la porte au commanditaire et, si celle-ci est acceptée, le travail de sculpture proprement dit peut commencer. Bien entendu, blocs de marbre, albâtre et pierre sont déjà entreposés dans l’atelier (ceux-ci ont été apportés du Sud de la France ou d’Italie, via Lyon par « terre et par eaue » en descendant la Loire).
Lorsque le travail est terminé, chaque pièce est mise en caisse de bois (un marché de transport des frères JUSTE le décrit ainsi) : cela peut aller de 10 à 40 caisses et le tout part vers sa destination, encore « par eaue et par terre ». Les hommes de confiance du maistre sont là à l’arrivée pour la mise en place de l’oeuvre.16

– Pourquoi tant de peintres et enlumineurs ? On peignait les marbres, l’albâtre et les statues de pierre, de toutes les couleurs de l’enluminure, dans des tons vifs, rehaussés d’or et d’argent. C’était le goût de l’époque. Donc autant de statues peintes, autant de peintres enlumineurs.
– Pourquoi des maistres maczons ? Ceux-là ne faisaient pas que la maczonnerie, ils étaient un peu « architectes » et en matière de grands monuments tels cathédrales, églises ou tombeaux, il y avait des calculs à faire pour préparer l’arrivée des sculptures et leur mise en place dans un endroit donné.

Ses oeuvres

Une vingtaine d’oeuvres sont recensées, mais il en reste très peu.
Son oeuvre majeure existante est le tombeau des parents d’Anne de Bretagne, François II et Marguerite de Foix, actuellement dans la cathédrale de Nantes.

Leurs gisants sont entourés de personnages représentant les quatre vertus qui, ensemble, forment la Sagesse : La Force – La Tempérance – La Justice et la Prudence (photos wikipedia.org)

Sa réussite sociale

Cela est bien difficile à dire : si l’on cerne mieux Guillaume REGNAULT que l’on retrouve dans de nombreux actes notariés, pour Michel COLOMBE cela est beaucoup plus rare. On sait combien il était payé pour telle ou telle oeuvre, qu’il avait quelquefois bien du mal à obtenir un règlement, qu’il a une fois prêté de l’argent (avec Guillaume REGNAULT) à un couple de Vernou – l’Archevesque, et des renseignements sur l’héritage qu’il laisse à ses neveux et nièces. Par ailleurs, si Guillaume REGNAULT était valet de chambre de la Reyne Anne et appelé le plus souvent honorable homme, il n’est pas de mention telle pour Michel COLOMBE.

Cependant, son travail suscite l’admiration et engendre de nombreux superlatifs. On ignore tout sur une oeuvre dans l’église Saint-Saturnin qui, pourtant cela ne fait aucun doute, a été réalisée par Michel COLOMBE avec, pour seule preuve, ce qu’en dit Thibault Le PLEIGNEY un apothicaire tourangeau (écrit en 1541)17 :
« Je ne veulx oublier de faire mention du beau tableau d’icelle église (St Saturnin de Tours) qui est le plus riche qui soit en France, qui est le « Trépassement de la glorieuse Vierge Marie », lequel tableau est tout de marbre et est estimé par les bons maîtres et ouvriers qui ont veu (vu) ledit tableau car ledit tableau est fait selon le naturel et diroit-on proprement qu’il ne reste que la parole, tant de choses sont bien faictes, ledit tableau est tout painct d’or et d’azur, celui qui le fist s’appeloit Michel COULOMBE, estimé le plus savant de son art qui fust en chrétienté, ledict tableau est toujours ouvert aux bonnes festes et ne se montre aultrement. »
Peut-on mettre en doute cette constatation faite 30 ans après la mort du maître, donc encore très présent dans les mémoires.

La lettre de Flandres

Ainsi de suite la liste de ses oeuvres continue jusqu’en 1511, date à laquelle il reçoit une importante commande de la Duchesse de Bourgogne. Mais le maistre est bien vieux, il a du mal à marcher, il dit lui-même qu’il est pesant, il a 80 ans. Jehan PERREAL a fait le portrait du Duc Philibert de Savoie, c’est selon ce portrait que Michel COLOMBE devra faire un « patron » c’est-à-dire une maquette d’argile.

L’historiographe de la Duchesse de Bourgogne écrit lui-même : « le bonhomme COLOMBE est fort ancien et pesant c’est assavoir IIIIxx (80 ans) et est goutteux et maladif à cause des travaux passez … ».
– Pour être sûr que le maistre accepte cette énième commande, on le caresse dans le bon sens, comme l’écrit ledit historiographe : « Il faut que je le gaigne par doulceur et longanimité ce que je fais et ferais jusques à parfaire » ; il ajoute aussi « mais il rajouesnit (rajeunit) pour l’honneur de vous Madame et a le cuer (coeur) à votre besoigne ». (Plus tard il dira « il fut le sculpteur le plus souffisant de deça les monts »). Autrement dit le meilleur ! N’est-ce pas là le meilleur titre pour un homme qui a consacré sa vie à son art ?

– Que pouvait faire d’autre le maistre, sinon accepter la commande de la Duchesse de Bourgogne. Il répond : « Je promets, avec l’aide de Dieu, faire un chef d’oeuvre selon la possibilité de mon art et de mon industrie ». Mais il connaît ses possibilités personnelles, ses mains le font souffrir puisqu’il est « goutteux » : il s’engage à ne faire lui-même que la maquette en terre cuite du Duc Philibert de Savoie, mari de ladite Duchesse, « comme déjà son neveu François COULOMBE enlumineur et Sébastien FRANCOIS masson, ses neveux, ont fait la maquette du reste du tombeau », (c’est-à-dire en terre cuite). Pour le reste, c’est toute son équipe qui va le faire.
– La Duchesse est sceptique, elle précise qu’elle veut « des gens meurs (murs), graves, savans, seurs (sûrs) certains et expérimentés, bien conditionnés et observant leur promesse »…

Le maistre va alors lui faire un portrait très chaleureux des hommes de confiance qu’il lui propose :
« Mon neveu Guillaume Regnault est souffisant et bien expérimenté pour réduire (reproduire) en grand volume ensuyvant mes patrons car il m’a aidé et servi pendant 40 ans y compris dans la dernière oeuvre que j’ai achevée, la sépulture du Duc François II de Bretagne père de la reine.
« Bastyen Françoys gendre de mondit nepveu (Guillaume Régnault) est souffisant pour exploiter et dresser en grand volume lesdits patrons quant à l’art de massonnerie et architecture. Il enverra son équipe en Flandres pour faire voir la maquette à ladite Dame »
car lui ne pourra pas s’y rendre : « et ce, pour autant que à cause de mon aige et pesanteur je ne me puis transporter sur ledict lieu personnellement ».

C’est Guillaume RÉGNAULT qui fera les tractations nécessaires, « il faut lui faire confiance ».
Le projet n’aura pas de suite, il sera confié à d’autres artistes flamands …

La fin de sa vie

Michel COLOMBE va mourir une année plus tard… Le « bonhomme » COLOMBE (comme dit la Duchesse de Bourgogne) est mort fin 1512, à l’âge impressionnant pour cette époque de 80 ans, sans avoir pris le moindre repos, certainement usé par le travail. Il avait gagné l’estime de toute la Cour et avait régné sur la sculpture dans toute la vallée de la Loire, depuis l’Allier jusqu’à Nantes et en ayant même quelque peu débordé les frontières ligériennes.
En 1487, on lui avait donné le titre honorifique de « prince des Sculpteurs français » et, une trentaine d’années après sa mort, Jean BRÈCHE, un avocat tourangeau né à Tours vers 1514 qui a vu les oeuvres de Michel COLOMBE, a écrit que « l’artiste n’excellait pas seulement dans la sculpture mais encore dans l’art de modeler des figures en terre, art qu’il porta beaucoup plus loin qu’on ne l’avait fait jusqu’à lui. L’artiste travaillait avec une égale habileté la pierre et le marbre ».18

————————————————–
SOURCES
1 12/10/1491 Jean Jaloignes 3E1/4 AD 37
2 B. Fillon Lettre à Mr de Montaiglon Poitou et Vendée doc. sur MC., paru dans Abbé Bosseboeuf Amboise p.238
3 mss gaignières n° 772 p.615 – Delaborde, la Renaissance des Arts à la cour de France 1. p.159, Grandmaison doc.inédits p.192 et Tours archéologique p.180
4 MSAT IV Abbé Bosseboeuf Amboise page 239 Reglt à Saturnin François pour Maillezais 21/11/1484 oeuvre faite entre 1480 et 1485
5 AD Allier 4E/196
6 acte notarié Bruxelles : paru dans Les analectes Historiques du Dr LeGlay (archiviste du département du Nord paru dans Poitou et Vendée (Bernard Pillon) p.21, publié intégralement dans MSAT XX pages 192 à 199
7 Jaloignes du 27/8/1473 au 13/4/1474 (Ces terrains n’étaient pas à l’abri des crues de la Loire !)
8 AN. Jehan Jaloignes 29/03/1501 3E1/6 AD 37
9 AN Etienne Viau 15/04/1531 et 30/04/1531 3E1/78 AD 37
10 Comptes Ville de Tours se terminant en 1453 Mathelin Poyer
11 Comptes Ville de Tours se terminant 31/10/1481 Pierre Regnard et se terminant 31/10/1489 Colin Regnart
12 Mss BMT- MSAT III 1847 p.262 – Michel Colombe fait partie de la confrérie de Saint-Gatien de Tours depuis 1491
13 Comptes Ville de Tours : 6/01/1500 – 6/01/1500-8/01/1500-9/01/1500
14 L’invention du corps, de Nadeije Laneyrie-Dagen, éditions Flammarion, 2006 (l’invention de l’ombre p.14) enlumineurs « Jehan Colombe »
15 BSAT XIII p.431
16 Acte notarié Jacques Foussedouaire 18/01/1530 concernant Jehan Juste
17 Thibault Le Pleigney, « Décoration du pays de Touraine » cité par Abbé Bosseboeuf Amboise p.458
18 Jehan Brèche, cité par Abbé Bosseboeuf Amboise p.258.

Publié dans Généalogie

Poisson d’avril !

D’après Wikipedia, la locution « poisson d’avril » est attestée au XVè siècle. Sa plus ancienne occurrence connue se trouve dans le Doctrinal du temps présent de Pierre Michault, daté de  ; elle y désigne un « entremetteur, intermédiaire, jeune garçon chargé de porter les lettres d’amour de son maître ». Cet emploi est confirmé par le Livre de la Deablerie d’Eloy d’Amerval, daté de . Son emploi pour désigner une « tromperie, mystification traditionnelle du 1er avril » n’est attesté qu’au XVIIè siècle. Sa plus ancienne occurrence connue se trouve dans La Vie de Charles V duc de Lorraine, de Jean de Labrune, daté de . Cet emploi entre dans le Dictionnaire de l’Académie française en  par l’intermédiaire de la locution « donner un poisson d’avril » qui signifie « obliger quelqu’un à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui ».

Autrement dit, lorsque Pierre Gaudin naît, le 1er avril 1706 à Clermont (Sarthe), ses parents, Jean Gaudin et Suzanne Guiet, auraient pu jouer les galéjeurs.

Donc, Pierre Gaudin naît le 1er avril 1706, dans la Sarthe, à Clermont (aujourd’hui, Clermont-Créans), au Nord-Est de La Flèche. Il est le fils de Pierre Gaudin (+1763), tailleur d’habits, et de Suzanne Guiet, sa légitime épouse. Pierre est le sixième d’une fratrie de sept, le troisième et dernier fils identifié du couple. Bien que je n’ai pas trouvé le mariage de ses parents, on peut supposer que celui-ci a lieu à la toute fin des années 1680. En effet, Jean, qui semble être le fils aîné, voit le jour en décembre 1690. Pierre serait donc né environ 17 ans après le mariage de ses parents. A l’âge de 26 ans, Pierre épouse Madeleine Foucreau, le 12 août 1732 à Courléon (Maine-et-Loire). Madeleine a 22 ans et est originaire de Courléon. Ensemble, ils ont au moins deux enfants, Pierre Joseph René, né le 6 octobre 1733 à Courléon, et Marie, ma sosa, née le 19 janvier 1735 à Vernoil-le-Fourrier (Maine-et-Loire).  Pour ce que j’ai pu trouver, Pierre Gaudin est marchand.

CONCLUSION : recherches à approfondir !

Publié dans Cousins d'hier et d'aujourd'hui, Généalogie, Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

The Importance of being Earnest – L’importance d’être Ernest.

The Importance of being Earnest est une pièce de théâtre d’Osacr Wilde de 1894. Le quiproquo, à la base de l’intrigue, est fondé sur le prénom du personnage principal, Ernest, frère imaginaire de Jack. Or, en Anglais, le prénom Ernest se prononce comme un autre mot, earnest. Earnest signifie sérieux ou fidèle. Alors, pour garder le jeu de mot et l’ambiguïté sur le sens, le titre est, le plus souvent traduit en L’Importance d’être Constant. Mais parfois, il est aussi en L’Importance d’être Ernest. Alors après avoir démontré (s’il le fallait) pourquoi il est important d’être sérieux et constant, en notant les parrain et marraine (voir ici), je vais vous expliquer pourquoi il est important d’être Ernest.

Je n’ai aucun ancêtre prénommé Ernest et je n’ai que 2 Ernest parmi mes collatéraux. Mais celui que je veux vous présenter, c’est un cousin généalogique, Ernest Gouïn.

Image dans Infobox.

Ernest-Alexandre Goüin, né le 22 juillet 1815 à Tours et mort le 24 mars 1885 à Paris, est un ingénieur polytechnicien, entrepreneur, industriel et philanthrope français. En 1845, il épouse Anne-Mathilde Rodrigues-Henriques (1824-1884).

Cousinage Goüin
Cousinage entre Marie Louise Picau, mon AAGM, et Ernest Goüin.

La famille Goüin est célèbre à Tours, pour peu qu’on s’intéresse à l’histoire et l’architecture de la ville. En tant que guide VPAH, je ne peux méconnaître ce nom.

Tout d’abord, pour le promeneur, le nom de Goüin est attaché à l’Hôtel homonyme, sis rue du Commerce. Cet hôtel n’a pas été construit par la famille Goüin mais ils y ont vécu durant plusieurs siècles. L’hôtel a été construit à la fin du XVè siècle (vers 1490) et a été attribué, à tort, à Jean de Xaincoings, trésorier des finances de Charles VII. Le remaniement de la façade sud, avec l’ajout d’un corps central hors-œuvre avec porche et loggia et un corps latéral à gauche, daterait de 1510 environ. Au milieu du XVIè siècle, l’hôtel appartient au marchand René Gardette, avant de passer, en 1738, à la famille éponyme Goüin, qui lui a donné son nom définitif (pour plus de détail sur les propriétaires de l’Hôtel Goüin, voir ici).

D’autres monuments de la capitale tourangelle, moins connus, porte l’empreinte des Goüin, comme le siège de la caisse d’Epargne et de prévoyance de Tours, situé Boulevard Béranger, construit par Henri Goüin, dont je vous ai parlé dans mon calendrier de l’Avent 2020, le Manoir Béranger, même localisation, construit par Georges Goüin, ou le château de Beaujardin, détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale. Calendrier de l'Avent J9Calendrier de l'Avent J10

Et puisque je cousine avec Ernest Goüin, je cousine aussi avec son grand-père, Henri-Jacques-Marie Goüin-Moisant, né le 14 février 1758 à Tours et mort le 5 avril 1823 à Tours. Henri-Jacques-Marie Goüin-Moisant est un banquier et homme politique, maire de Tours en 1795, et député royaliste d’Indre-et-Loire de 1815 à 1823.
Je cousine aussi avec Henri Goüin (1782-1861), son oncle, banquier, archéologue et collectionneur, président-fondateur de la Caisse d’épargne et de prévoyance de Tours en 1832, cofondateur en 1840 de la Société archéologique de Touraine (celui du calendrier de l’Avent).
Je cousine également avec son cousin du 3 au 2 (le petit-fils de son AGP, Henri Pierre Goüin), Alexandre Henri Goüin, né à Tours, le 25 janvier 1792 et mort dans la même ville le 7 mai 1872. Alexandre Goüin est banquier et homme politique, commandeur de la Légion d’Honneur.
Je cousine avec le fils d’Alexandre Goüin ci-dessus, Eugène Goüin, né le 18 septembre 1818 au château des Douets, à Saint-Symphorien, et mort le 31 mai 1909 à Paris. Eugène Goüin est un banquier et homme politique. Surnommé le Pereire tourangeau, il était un des plus remarquables financiers français de l’époque moderne. Il est un des fondateurs de la Banque de Paris puis de la Banque de Paris et des Pays-Bas, dont il assure la présidence du conseil d’administration de 1895 à sa mort.
Et je cousine avec le petit-fils d’Eugène, Louis-Emile Goüin (1872-1960), militaire, banquier et industriel français, officier de la Légion d’Honneur, trésorier de la Société de protection des monuments historiques et de La Demeure historique, membre de la Société archéologique de Touraine, de l’Association des amis de Rabelais, des Bibliophiles de Flandre, du Cercle de l’Union artistique, de la Société du Livre d’art, de la Société nationale de sauvetage en mer.  Vice-président du comité de la Ligue antimaçonnique de France et membre des associations d’anciens combattants (délégué du Souvenir français, administrateur de l’Association des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie, membre de l’Amicale des officiers de réserve de Touraine, etc), il est l’un des fondateurs de la fédération du département de la Seine de la Fédération républicaine, le grand parti de la droite libéral-conservateur, dont il est vice-président départemental. 
Je cousine aussi avec Jacques Goüin, banquier et aviateur, né à Saint-Fiacre-sur-Maine, le 18 août 1887 et mort pour la France, abattu en vol le 25 avril 1917 dans la Meuse.

Et je cousine bien évidemment avec les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants d’Ernest Goüin, dont Jules Goüin, ingénieur, industriel et philanthrope, né le 27 mai 1846 à Paris et mort le 10 septembre 1908 à Royaumont (époux de Marie-Thérèse Singer), fondateur de l’hôpital Goüin, Gaston-Henri Goüin, né le 11 décembre 1877 à Paris et mort le 24 septembre 1921 à Paris, ingénieur et industriel, Magdeleine Goüin, comtesse de Ganay, pilote automobile, aviatrice et philanthrope, née à Paris le 2 mars 1901 et morte à Casablanca (Maroc) le 30 juin 1949, Henry Goüin, né le 9 mars 1900 à Paris (8e) et mort dans la même ville le 24 février 1977, industriel, mélomane et mécène, président-fondateur de la Fondation Royaumont, première fondation privée à but culturel voyant le jour en France et ayant été reconnue d’utilité publique.

12345

NB : je n’ai pas vérifié les dates concernant la famille Goüin. Cependant, faisant partie des grandes familles de banquiers et d’industriels des XVIIè et XIXè, il y a pléthore d’études et de textes en tout genre sur eux. Pour une fois, je fais aveuglément confiance à Wikipedia.

Pour en savoir pus sur la famille Goüin, voir ici.
Pour en savoir plus sur la banque Goüin, voir .

arabesque

Et mes ancêtres dans tout cela ?

Jules Goüin, qui est né presqu’à la même époque que mon ancêtre François Picau (1846 pour le premier, 1835 pour le second), n’est pas né en Touraine mais à Paris, tandis que François est né dans la campagne sud tourangelle, à Bossée. Le premier est fils d’industriel tandis que le second est fils de cultivateur. La différence de statut social ne date pas d’hier, elle remonte quasiment au moment ou les deux branches se séparent, c’est-à-dire à la fin du XVIIè siècle, à l’époque des enfants de Mathurin Boisseau et Catherine Gadin. Mathurin et Catherine ont deux fils prénommés François. L’un est né en 1633 (l’ancêtre des Goüin), l’autre en 1644 (mon ancêtre). Le premier deviendra marchand, le second laboureur. Le fils du premier sera notaire royal. Je ne sais pas ce que sera le fils du second mais il épousera une fille de fermier/laboureur. Etc, etc.
Voilà comment je n’ai pas eu d’hôtel particulier à mon nom !

 

Publié dans Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

Les maires de Tours – XVè et XVIè siècles

Si, au XVè siècle, les rois de France étaient encore itinérants, ils avaient un attachement particulier pour la Touraine. Louis XI (1423-1461-1483) aimait à séjourner en son château du Plessis-Lès-Tours. Son fils, Charles VIII (1470-1483-1483), naît et passe toute son enfance au château d’Amboise (il y meurt après s’être cogné la tête contre le linteau d’une porte basse). Ce n’est qu’à partir de Louis XII (1462-1483-1515), qui fait de Blois, sa demeure principale, et surtout François 1er (1494-1515-1547), qui construit Chambord et réhabilite Fontainebleau et Saint-Germain-en-Laye, que le pouvoir royal quitte la Touraine pour se diriger vers Paris. Mais la présence royale en Touraine permet à de grands bourgeois de s’enrichir, parfois de façon considérable, et d’obtenir des fonctions importantes, que l’on pourrait qualifier de politique (dans le sens influence). Et nombre de ces bourgeois tourangeaux seront notamment maires de la ville (à l’origine, les maires étaient élus pour un an).

Le premier est Jean Briçonnet (+1493), dit l’aîné, surnommé « le Père de pauvres »,
maire de Tours en 1462 (élu du 8 octobre 1462 au 31 octobre 1463).
Il est aussi secrétaire du roi Charles VII, seigneur de Varennes, de Chanfreau, des terres de La Kaéri et du Portau.
Il est le frère de Jean Briçonnet le jeune et le grand-père de Katherine Briçonnet. Il épouse Jeanne Berthelot, tante de Gilles Berthelot.
Une rue de Tours, quartier Plumereau, porte son nom.

Suivent : attention, on s’accroche.

Jean Ruzé
Maire en 1463
Seigneur de Charentais à St-Cyr-sur-Loire, de Beaulieu à Joué-lès-Tours, d’Argy à Montrichard et de Jallanges à Vernou. Il devient receveur des tailles et aides du Mans de 1450 à 1459 puis conseiller, argentier et maître de la Chambre aux Deniers de la Reine. En 1463, il est échevin de Tours.

Il est marié à Guillonne Berthelot, tante de Gilles Berthelot et sœur de Jeanne Berthelot. (Guillonne est donc la belle-sœur de Jean Briçonnet l’aîné).
Il est le beau-père de Jacques de Beaune, de Guillaume de Beaune, d’Adam Fumée (garde des sceaux de France et premier médecin des rois Charles VII, Louis XI et Charles VIII) ; 
il est le grand-père de Guillaume Ruzé.

Jean Peslieu
Maire en 1464
Avocat honoraire du Roi en Touraine.

Jean Bernard
Maire en 1465
Juge et lieutenant du bailli de Touraine.

Jean Bonnard
Maire en 1466
Seigneur de la Bonardière, secrétaire du roi, receveur de Loudun.

Pierre Penigault
Maire en 1467
Grenetier au grenier à sel de Tours, valet de chambre du Roi.

François Bernard
Maire en 1468
Avocat, il est l’un des rédacteur de la Coutume de Touraine (1461).

Jean Briçonnet le jeune (+1502), dit Patron,
Maire en 1469
Elu des Aides à Tours en 1646 et 1453, receveur général des finances.
Frère de Jean Briçonnet l’aîné. Il épouse Catherine de Beaune puis Jeanne de Neufbourg. Il s’associe avec son beau-père, Jean de Beaune, et Jean Quétier et fonde une compagnie qui s’identifie à la boutique de l’argenterie royale. Dès 1469, ils fournissent au roi Louis XI, 92% des draps de laine et 70% des draps de soie. Michel Laurencin, dans son Dictionnaire biographique de Touraine dit de lui qu’il est « moins intéressé par les charges administratives que par le grand négoce » .
Il est marié à Catherine de Beaune, fille de Jean de Beaune, argentier du roi Charles VIII.

Jean Galocheau
Maire de Tours en 1470
Elu des aides.
Il est marié à Jeanne Briçonnet, nièce de Jean Briçonnet l’aîné et Jean Briçonnet le jeune.

Jean de Beaune
Maire de Tours en 1470
Bourgeois de Tours, marchand drapier, argentier des rois Louis XI et Charles VIII. Il s’associe avec Jean Briçonnet le jeune, et Jean Quétier et fonde une compagnie qui s’identifie à la boutique de l’argenterie royale.
Epoux de Jeanne Binet, il est le père de Jacques de Beaune.

Louis de La Mezière
Maire de Tours en 1477 et en 1480
Marchand, Maître d’hôtel du roi.
Louis est le beau-père de Nicolas Gaudin.

Jean de Coutances
Maire en 1479
Ecuyer, seigneur de Négron, de Baillou.

Étienne Ragueneau
Maire en 1482
Lieutenant particulier au bailliage.

Martin d’Argouges
Maire en 1483
Elu sur le fait des aides à Tours.

Jean Fame
Maire en 1484
Marchand bourgeois, fournisseur de la Cour.

Pierre Burdelot
Maire en 1485
Seigneur de Montfermeil, grenetier au grenier à sel de Vézelay, secrétaire du roi.

Jean Quétier
Maire de Tours en 1487
Il est l’époux de Marie de Beaune, fille de Jean de Beaune.

Jean Travers
Maire en 1488
Lieutenant général du bailli.

Guillaume Le Clerc
Maire en 1489
Avocat du roi.

Jean Falaiseau
Maire en 1490
Lieutenant bailli de Touraine à Chinon.

Nicolle Charetier
Maire en 1491
Notaire et secrétaire du roi, trésorier des guerres du roi Charles VIII.

Michel Gaillard
Maire en 1493
Seigneur de Longjumeau, maître d’hôtel du roi Louis XI, élu en la cour des aides de Blois, général des finances.

Jean Bernard
Maire en 1494
Trésorier de l’Anjou.

Pierre Briçonnet (+1509)
Maire de Tours en 1496
Fils de Jean Briçonnet l’aîné et Jeanne Berthelot.
Notaire et secrétaire du roi, il devient argentier de Louis XI et Maître de la Chambre aux Deniers du dauphin Charles. En 1482, il devient maître extraordinaire à la Chambre des comptes ; en 1493, son frère, Guillaume, élu évêque de St-Malo, lui cède sa charge de général des Finances du Languedoc.

Thomas Bohier (ca 1460-1524)
Maire en 1497
Seigneur de Chenonceau, secrétaire du roi Charles VIII, lieutenant-général du roi et trésorier général des guerres en Italie, où il décède le 24 mars 1523.
Il épouse Katherine Briçonnet, petite-fille de Jean Briçonnet l’aîné.

Jacques de Beaune Semblançay (1445-1527)
Maire en 1498
Baron de Semblançay, de la Carte (il fait construire les deux châteaux), surintendant des Finances de François 1er.
Marié à Jeanne Ruzé, fille de Jean Ruzé.
Accusé (à tort) de concussion, il est condamné à mort et pendu au gibet de Montfaucon en 1527.

François Briçonnet (?-1504)
Maire en 1499 (du 1er novembre 1499-30 octobre 1500)
Seigneur de Candé, receveur général des Finances de Charles VIII et de Louis XII, maître de la Chambre aux Deniers du Roi (sous le règne de Charles VI, le Maître de la Chambre aux Deniers réglait toute la dépense de l’Hôtel du Roi).
Il est le fils de Jean Briçonnet le jeune.
(pour en savoir plus sur les seigneurs de Candé, voir ici).

Guillaume de Beaune
Maire en 1501
Seigneur de Charmoise, général des monnaies.
Guillaume est le frère de Jacques de Beaune, et le second fils de Jean de Beaune.

Jean de Poncher
Maire en 1502
Trésorier des guerres.
Fils de Jean et de Perrine Briçonnet, petit-neveu de Jacques de Beaune Semblançay, comme lui, il est arrêté et condamné à mort pour malversations. Il est pendu au gibet de Montfaucon le 18 septembre 1535.

Guillaume Sireau
Maire en 1503 

Lieutenant général du bailliage.

Nicolas Gaudin
Maire en 1504
Marchand, seigneur de la Bourdaisière, receveur des aides du Loudunois, argentier de la reine Anne de Bretagne, notaire et secrétaire du roi.
Il fait sans doute reconstruire le château de Jallanges, il fait également fait bâtir l’hôtel Gouin.
Il épouse Charlotte de La Mézière, et devient ainsi le gendre de Louis de la Mézière.

Jean Fournier
Maire en 1505
Secrétaire et notaire du roi, grenetier au grenier à sel de Tours.

Henry Bohier
Maire en 1506
Valet de chambre ordinaire, notaire et secrétaire du roi vers 1470, sénéchal de Lyon et de Mâcon.
Il est le frère de Thomas Bohier, et le père d’Antoine Bohier. Son passage à la tête du corps de ville est notamment marqué par la décision d’amener les eaux du Cher à Tours, grâce à un système de canalisations et de fontaines.

Guillaume Menager
Maire en 1507
Seigneur de Bougenays, marchand fournisseur de la Cour.

Victor Blondelet
Maire en 1508
Seigneur des Seillois, marchand fournisseur de la Cour.

Pierre Thevenin
Maire en 1509
Sieur de la Rabière, contrôleur du grenier à sel de Tours.

Jean (de) Cueillette
Maire en 1510
Sieur de Gesvres et de Freschines, secrétaire du roi, contrôleur général des finances en Languedoc.

Jean Galocheau
Maire en 1511
Elu des aides († 1536), marié à Jeanne Briçonnet, nièce de Jean Briçonnet l’aîné et Jean Briçonnet le jeune.

Jean Ragueneau
Maire en 1512
Lieutenant particulier au bailliage.

Alexis Goyet
Maire en 1513
Sieur de la Dorée, conseiller en cour.

Jean Prunier
Maire en 1514
Notaire et secrétaire du roi, élu en l’élection de Tours.

Emery Lopin
Maire en 1515
Sieur de Nitray, maître des requêtes de la reine Louise de Savoie.

Guillaume de Beaune
Maire de Tours en 1517 et 1518
Guillaume est le fils de Jacques de Beaune Semblançay.

Gilles Berthelot
Maire de Tours en 1519
Seigneur d’Azay-le-Rideau (il construit le château), notaire et secrétaire du roi Louis XII puis président de la Chambre des comptes et trésorier de France.
Martin, son père, est le beau-frère de Jean Briçonnet et de Jean Ruzé.

Philibert Babou de la Bourdaisière
Maire de Tours en 1520
Seigneur de la Bourdaisière.
Il épouse Marie Gaudin, qui passait pour être la plus belle femme de son époque (Marie Gaudin était la maîtresse de François Ier. Son arrière-petite-fille, Gabriel d’Estrée était la maîtresse d’Henri IV).

James Brahier
Maire en 1521
Sieur de La Croix.

Gilles Descartes (+1522)
Maire en 1522
Sieur de Châtillon, bourgeois, receveur des deniers de la ville de Tours (1502 et 1515).

Jean Papillon
Maire en 1523
Conseiller au parlement de Paris.

Jean IV Binet
Maire en 1524
Fils de Macé Binet et Jeanne Briçonnet (Jeanne Briçonnet est la fille de Jean Briçonnet et Catherine de Beaune).

Seigneur d’Andigny, de Valmer, de la Picardière et de Vaumorin, et l’Ile-Barbe et de Launay, des Tourelles. Maître d’hôtel ordinaire d’Henri d’Albret (roi de Navarre) et de la reine de Navarre, receveur général du Berry et trésorier des finances du Duc d’Alençon (1523). Il est à l’origine de la construction de l’église du Vieux-Bourg à St-Etienne de Chigny.

Nicolas d’Argouges
Maire en 1525
Sieur de Vaux.

Guillaume Cottereau (+1546)
Maire en 1526
Seigneur du Vivier, de Courcelles, ministre de François Ier. Epoux de Marie Quétier.

Jean Viau
Maire en 1527
Sieur des Moulins.

Georges de Vercle
Maire en 1528
Seigneur de Châtre, secrétaire de la duchesse d’Angoulême et de François Ier, contrôleur des finances de Louise de Savoie.

Pierre Forget
Maire en 1530
Sieur du Bouchet, de la Branchoire, argentier de la reine Eléonore d’Autriche, secrétaire du roi François Ier.

Antoine II Bohier
Maire en 1531
Baron de Saint-Cirgues, seigneur de Chenonceau et autres lieux, gouverneur de Touraine.
Antoine est le fils ainé de Thomas Bohier et de Katherine Briçonnet.

Nicolas Le Clerc
Maire en 1532
Sieur de Courselles, conseiller du roi, juge lieutenant général au bailliage

Guillaume Ruzé
Maire en 1533

Il est le petit-fils de Jean Ruzé.

Marc de La Rue
Maire en 1535
Seigneur de la Côte, maître de la chambre des comptes.

Guillaume Bohier
Maire de Tours en 1536, 1549, 1553
Il est le fils de Thomas Bohier.

Guillaume Chaussade
Maire en 1537
Avocat au siège présidial.

Victor Barguin
Maire en 1538
Seigneur de Montifray, de Bois-Garnier, de la Forest et de Vaufouinar
Receveur général des aides et des tailles du Loudunois, trésorier général des filles de France et argentier de la reine-mère Louise de Savoie.
Il épouse la fille du maire Jean Binet (mais lequel ?).

Guillaume Houtreau
Maire en 1539
Seigneur du Bouchet et de la Boivinière.

Charles Mesnager
Maire de Tours en 1540
Seigneur de Candé, argentier de la reine Catherine de Médicis.
Il épouse Jeanne Briçonnet, fille de François Briçonnet.

Jean VI Binet
Maire de Tours en 1543
Fils de Jean IV Binet
Seigneur de Nitray, Montifray, des Grandes Ortières, receveur général du Berry.

Jean Quetier
Marie en 1544
Maître de la chambre des comptes de la reine.

Anthoine Bohier
Marie en 1545
Baron de Saint-Cirgues, seigneur de Chenonceau et autres lieux, gouverneur de Touraine.

Jean Laillier
Maire en 1546
Maître des requêtes de Louise de Savoie

Jean Fournier
Maire en 1547
Sieur des Hermites, receveur général des finances

Guillaume Bohier
Maire en 1549
Seigneur de Longuetouche, Panchien, bailli du Cotentin.

Gilbert Coëffier
Maire en 1550
Seigneur de la Bussière et d’Effiat. Il est trésorier de France, général des finances et maître des comptes en Piémont, Savoie et Dauphiné.
Il est marié à Bonne Ruzé, fille de Guillaume Ruzé (il est aussi le grand-père du maréchal de France Antoine Coëffier de Ruzé d’Effiat).

René Lucas
Maire en 1551
Sieur du Plessis.

Guillaume Bohier
Maire en 1553
Seigneur de Longuetouche, Panchien, bailli du Cotentin.

Jean Falaiseau
Maire en 1554
Seigneur de Boisjoly.

Guillaume Habert
Maire en 1555
Sieur de la Cousture.

Robert Fichepain
Maire en 1556
Maître orfèvre du roi, fournisseur de la Cour.

Claude L’Aubespine (1510-1567)
maire en 1557
Secrétaire d’État sous François Ier, Henri II, François II et Charles IX.

Laurent Le Blanc
Maire en 1558
Ecuyer, seigneur de Choisy-sur-Seine, de La Vallière, de La Roche-Lopin, du Plessis-Girard, du Puy et de Villiers.
Bailli de Bourbon-Lancy en 1532, élu pour le Roi sur le fait des Aides et Tailles dans l’élection du Maine, conseiller du Roi, comptable de Bordeaux, maître d’hôtel de la reine Éléonore d’Autriche.
Il est le père du maire Jean Le Blanc (maire en 1575 ?), le grand-père des maires Jean Le Blanc (maire en 1589 ?) et Pierre Le Blanc (maire en 1637 ?), et l’ancêtre de Gilles de La Baume Le Blanc de La Vallière et de Louise de La Vallière.

René Gardette
Maire en 1559
Conseiller et magistrat au bailliage et siège présidial de Tours, conseiller et gouverneur des aumônes et hôpitaux de Tours.
Il épouse Jehanne Barguin (parente de Victor Barguin).

Claude de Plex
Maire en 1561
Secrétaire ordinaire de la reine Jeanne d’Albret, mère du roi Henri IV, sieur de L’Ormaye, Lormois.

Jean Coustely
Maire en 1562
Seigneur de Valmer, contrôleur des finances.

Pierre Paulmier
Maire en 1563
Procureur général d’Eglise de Tours.

Astremoine du Bois
Maire en 1564
Seigneur de Fontaine-Maran.

Jean Bellodeau
Maire en 1565
Sieur de la Loge, marchand bourgeois.

Charles Voulsy
Maire en 1566
Sieur de Malsay, receveur de l’Anjou.

Nicolas Le Pelletier
Maire en 1568
Sieur de Boutard.

François Joret
Maire en 1570
Seigneur du Vau, de Berruries, de Vaufouynard, élu en l’élection de Tours.

Foulques de La Salle
Maire en 1570
Sieur de Bourgchevreau, marchand de draps de soie.

Guillaume Menager
Maire en 1573
Seigneur de Mettray, trésorier général du Languedoc.

Jean Le Blanc
Maire en 1575
Seigneur de La Vallière, Maître d’hôtel de Monsieur, général des finances en la généralité de Languedoïl, trésorier de France au bureau des finances.

Guillaume Cherbonneau
Maire en 1579
Sieur du Bouchet.

Mathurin Davenel
Maire en 1580
Vicomte de Préaux, Seigneur de Bonrepos

Jean du Faultrey
Maire en 1581
Sieur de La Charpraie, des Forges, ambassadeur de France en Ecosse, trésorier général de la maison du duc d’Alençon, trésorier de France au bureau des finances de Tours, secrétaire de Pierre Forget de Fresnes, le rédacteur de l’édit de Nantes.

René de Garence
Maire en 1582
Sieur du Pavillon, marchand.

Pierre Coheu
Maire en 1583
Sieur de Trizay, conseiller de l’élection.

Jean Lucas
Maire en 1585
Sieur du Plessis, receveur des aides et tailles de Tours

Julien Chalopin
Maire en 1586
Seigneur de Bonrepos, Boisrenault, receveur des tailles en l’élection de Tours.

Charles Bruneau
Maire ne 1587
Chevalier, Seigneur de la Rabastelière, de la Rochefarou, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.

Gilles Duverger
Maire en 1588
Seigneur de Chasteigné, de la Fontaine, Conseiller du roi, président du bailliage.

Jean Le Blanc
Maire en 1589
Seigneur de La Vallière, Maître d’hôtel de Monsieur, général des finances en la généralité de Languedoïl, trésorier de France au bureau des finances

Claude Cottereau
Maire en 1590
Seigneur de la Bédouère, du Clouseau et autres lieux, Président du bureau des finances de Tours.

François Maillé
Maire en 1591
Seigneur de Valesne, notaire et secrétaire du roi.

César Forget
Maire en 1592
Seigneur de Baudry, Beauvais, Boucahu, trésorier de France au bureau des finances de Tours.

Victor Brodeau,
Maire de Tours en 1594
Seigneur de Candé et de la Chassetière.
Secrétaire d’Etat sous Charles IX, Henri III et Henri IV.
Fils de Victor Brodeau et Catherine de Beaune, petit-fils de Guillaume de Beaune et Catherine Ruzé.

Eustache Gault
Maire en 1595
Seigneur de la Brillaudière, auditeur en la chambre des comptes du duc d’Alençon.

Jacques Bouet
Maire en 1596
Seigneur de la Noue, conseiller du duc d’Alençon, trésorier de France au bureau des finances de Tours.

Aule Galand
Maire en 1597
Sieur de Montorrant, Bezay, La Gastinière, marchand de draps de soie, maître particulier des eaux et forêts.

Jean Forget
Maire en 1598
Seigneur de la Tortinière, conseiller maître des requêtes de la duchesse de Bar.

Jean Tardif
Maire en 1599
Sieur de Chénier, marchand, marchand bourgeois.

 

Sources : Francegenweb, annuaire-mairie.fr, Wikipedia

LSF

Publié dans #RDV Ancestral, Généalogie

RDV Ancestral n°5 – le destin ou quand la mort frappe à la porte

Le Rendez-vous ancestral est un défi lancé par Guillaume sur son blog Le Grenier de nos ancêtres. Il s’agit de remonter le temps et traverser l’espace pour « rencontrer » un ancêtre. Les généablogueurs partagent leurs expériences spatio-temporelles sur leur blog le 3è samedi du mois.

Temps de lecture : 4 minutes

En ce 3è samedi du mois, je me prépare pour mon voyage spatio-temporel mensuel. Pas de tenue excentrique, pour me fondre parmi mes ancêtres quelle que soit l’époque, lunettes de soleil dans la poche, pour ne pas revivre un autre jour de la marmotte (voir ici)…je suis prête ! Je prends une livre, en attendant que le processus s’enclenche, et je commence à lire. Les minutes passent quand je sens l’irrépressible envie de lever le nez de mon bouquin. Ca y est, je suis partie. 

Je regarde autour de moi. Je ne reconnais rien, forcément. Je suis sur un chemin de terre. Quelques maisons ponctuent le paysage. La rue est quasiment déserte. Au loin, une vieille femme aux cheveux blancs me sourit et me fait un signe de la main. Je me retourne, il n’y a personne d’autre. J’hésite. Ce serait quand même un bon moyen d’en savoir plus que d’habitude, de pouvoir poser des questions. Tout à coup, j’ai l’impression que quelque chose me traverse le corps. Une autre veille femme, toute vêtue de noir, apparaît devant mes yeux. Elle répond au signe de la première. Bon, j’en conclus que je suis un ectoplasme ! La seconde femme se dirige vers la première. Sans que mes jambes n’aient fait aucun mouvement, je me sens aspirer dans la sillage de la dame en noir. Une fois que les deux femmes se sont rejointes, je ne rends compte que nous sommes sur la place de l’église. Décidément, tous les chemins mènent à l’église. Les deux femmes engagent la conversation.
« Bonjour Marie !
_ Bonjour Louise. Tu vas au lavoir aujourd’hui ?
_ Oui, j’ai mis le linge dans les cendres ce matin.
_ C’est qui avec monsieur le curé ?
_ C’est le père Conan.
_ Celui qui vit à Ker Bleix ?
_ Oui, le fils au Joseph et à la Marie.
_ Sa femme a accouché?
_ Non, il vient enterrer le petit dernier.
_ Le petit Mathurin ? Celui qui est naît à la Sainte Barbe ? Pauvre enfant, mourir à l’âge de 3 mois. Comment va la Catherine ?
_ Tu imagines bien, mais c’est la vie.
_ Quel malheur quand même de perdre tant d’enfants. C’est le cinquième ?
_ Non, c’est le sixième. Ils ont perdu le petit Pierre en mars.
_ Heureusement, les aînés sont vaillants. 
_ Ce sont les enfants de feue sa première femme, Vincente Le Garnec si ma mémoire ne me joue pas des tours.
_ Elle ne s’appelait pas Marie Lescoarnec ?
_ Non, ça c’est la deuxième, celle qui est morte a 26 ans, ou environ. D’ailleurs, des 4 enfants qu’elle a eu, aucun n’a survécu.

Soudain, le vent se lève, un vent froid qui glace jusqu’aux os. Je tente de résister mais je commence à m’envoler. Je prends de la hauteur à mesure que je m’éloigne des deux femmes. Le temps d’un battement de cils et je suis de retour chez moi.

Vite, j’ouvre mon logiciel de généalogie, je cherche un nommé Conan, vivant à Ker Blay, fils de Joseph Conan et de Marie, et marié 3 fois (à Vincente Le Garnec, Marie Lescoarnec, et Catherine). Il est le père de Mathurin et Pierre, décédés la même année, issus de sa troisième union.
Il s’agit de Julien Conan, mon sosa 162. Julien naît le 5 février 1728 au village de Ker Blay, commune d’Elven (Morbihan). Il est le fils de Joseph Conan et Marie Le Penrû (+1764). Il est le 5è d’une fratrie de 15 enfants.
Le 26 juin 1753, il épouse en premières noces, Vincente Le Garnec, avec laquelle il a 3 enfants, Guillemette (°1756), Jacques (°1758) et Jean (°1762). Après 15 ans de mariage et un peu plus d’un an de veuvage, il épouse en secondes noces, Marie Lescoarnec, le 28 novembre 1769 à Elven. Des 4 enfants qu’il a avec Marie, 2 jumeaux sans noms (1770-1770), Mathurin (1771-1771) et Perrine (1772-1773), aucun ne survit. Marie meurt en 1773, mettant fin un peu plus de 3 ans de mariage. Julien se remarie 7 mois après, le 24 août 1773 à Elven, avec Catherine Lebrun (sosa 163). Ensemble, ils ont 3 enfants, Pierre Louis, Mathurin, Marie Jeanne. Pierre Louis meurt le 6 février 1776, avant d’avoir atteint 3 ans. Mathurin meurt le 30 mars 1776, à l’âge de 3 mois et 26 jours. Marie Jeanne, la dernière née, est ma sosa. Elle a 22 d’écart avec Guillemette, sa sœur consanguine. Née le 30 mai 1778 à Ker Blay, elle est orpheline de père à l’âge de 5 ans. Elle meurt en 1814 à l’âge de 35 ans.

Publié dans Non classé

Semaine de la langue française et de la francophonie, késako ?

Du 13 au 21 mars 2021, c’est la semaine de la langue française et de la francophonie. Mais késako ?
La Semaine de la langue française et de la francophonie a été créée en 1995 à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication. C’est un événement culturel annuel organisé dans plusieurs pays (France, Suisse, Belgique) avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie, autour du 20 mars, journée internationale de la Francophonie. Pour reprendre les mots du Ministère de la Culture, la SLFF est «le rendez-vous des amoureux des mots en France comme à l’étranger», «l’occasion de fêter la langue française en lui manifestant son attachement et en célébrant sa richesse et sa modernité» . Pour plus de détails, voir ici.
Cette année, le thème est « l’air » .

Comme chaque année depuis la création de ce blog, je vous propose à cette occasion de découvrir la LSF, la langue des signes française. Et ça tombe bien puisque l’article le plus lu du blog est LSF, les premiers mots pour communiquer.

Comme son nom l’indique, la LSF est une langue qui se parle avec des signes, donc avec les mains (entre autres). La position de la main, sa position par rapport au corps, par rapport à l’autre main, le mouvement des mains, par rapport au corps, l’une par rapport à l’autre, la position des doigts, tout cela fait qu’un geste peut avoir du sens…ou pas. Alors, comment faire pour apprendre les signes, c’est-à-dire les mots ? De la même façon que lorsqu’on veut apprendre une langue étrangère, avec un dictionnaire (ABC…LSF, dictionnaire visuel bilingue de Monica Companys, La Langue des Signes, dictionnaire bilingue Français-LSF par l’IVT, La Langue des signes française, dictionnaire 1200 signesEncore !, Les P’tits signes). Oui, mais les signes sont vivants, ils font bouger les mains. Donc, à moins d’avoir un dictionnaire sorti de la bibliothèque de Poudlard, les images de nos livres restent lamentablement immobiles. On peut utiliser internet. De nombreux sites proposent des vidéos (Elix, plus de 15 000 signes et 22 000 définitions, Sematos, plus de 3600 mots, LSFplus, plus de 13 000 mots, Pisourd, plus de 1800 vidéos, Wikisign, 548 signes). Et bien sûr, il y a les cours. Mais comment prendre des notes pendant les cours ? Quand il s’agit d’une langue parlée, on note le mot et sa traduction, on écrit une phrase pour illustrer une règle de grammaire. Et pour la LFS ? Prenons un exemple concret.
Je vous remets quelques éléments de base.
Dactylologie LSF
En fonction que vous êtes gaucher ou droitier, vous utilisez la main droit ou ma main gauche. Moi, je suis droitière donc je vous fais l’explication avec la main droite. 
1er signe : main en configuration « V », paume vers le haut, doigts vers la gauche, main au niveau de l’épaule gauche, le majeur vient frotter l’épaule 2 fois du bas vers la haut. Vous avez réussi ? Vous venez de signer « docteur ».
2è signe : main en configuration « V », paume vers le bas, doigts vers la gauche, main au niveau de l’épaule gauche, l’index vient frotter l’épaule 2 fois du haut vers la bas. Vous venez de signer « assurance ».
Vérifions si mes explications étaient claires. Voici comment on signe Docteur et Assurance.
Parfois, c’est plus simple. Pour signer « au revoir », faire « au revoir » avec la main. Voici le signe pour Au revoir.
Et parfois, j’utilise des moyens mnémotechniques personnels. Pour signer « chômage », j’ai noté : les 2 poings serrés, paumes vers le haut et faire le geste de quelqu’un qui « se serre la ceinture » . Voici le signe pour Chômage.
Et puis, il y a les signes un peu compliqués qui le deviennent moins quand on explique pourquoi le signe est fait comme cela. Par exemple, « maman » peut se signer de plusieurs façons.
Le signes pour Maman. Celui où l’on tape la tranche de la main sous la poitrine fait référence à l’allaitement. Celui où l’index tape sur la narine vient du temp où on obligeait les sourds à oraliser. Quand on prononce la lettre lettre en mettant son doigt sur la narine, on sent les sinus résonner. Celui où la main est en bec de canard et tape sur la joue fait référence au bisou.
Et il y a les proformes.

Définition de « proforme » : la grammaire définit la proforme comme une unité linguistique qui peut prendre la place d’un syntagme ou d’une phrase, ou encore comme une unité morphologique particulière pour référer de façon anaphorique à un élément lexical.
Mot-outil qui peut prendre la place d’un syntagme ou d’une phrase. Selon la nature du syntagme, les proformes sont classées en pronoms, pro-verbes, pro-adverbes, etc.
Syntagme : (linguistique) Groupe de morphèmes ou de mots qui se suivent avec un sens déterminé (ex. relire, sans s’arrêter).
Morphème : (linguistique) Forme minimum douée de sens (mot simple ou élément de mot).
Pour faire simple, la proforme est la transposition d’une action avec le corps et ou les mains. Pour les proformes de personnes les mains représentant les corps et miment l’action. 
Par exemple, « rencontrer » se signe rencontrer : les index matérialisent les personnes qui arrivent l’une vers l’autre. « D’accord » se signe d’accord : bras et mains matérialisent les personnes et le mouvement de tête qui acquiesce. Et il y en a plein d’autres, voir ici et .

Ca marche aussi avec les animaux.

Donc, quand on débute la LSF, le meilleur moyen de se souvenir d’un signe est de :
1. décrire le signe : les 2 poings serrés, paumes vers le haut et faire le geste de quelqu’un qui « se serre la ceinture ». Si on n’a pas de dictionnaire sous la main ni internet, on doit pouvoir retrouver le signe. 
2. consulter un dictionnaire. J’aime bien celui de Monica Companys car, il comprend un dessin humoristique, une définition du mot, la configuration des mains et le mouvement (ci-dessous, ABC…LSF, dictionnaire visuel bilingue, Companys).
Chômage_LSF
3. regarder une vidéo. Presque pas de risque de se tromper. Attention cependant, les signes peuvent différer d’un pays à l’autre mais aussi d’un région à l’autre. Et il faut bien regarder l’expression du visage, qui peut avoir de l’importance.

4. connaître son étymologie. Un prof explique souvent l’étymologie d’un signe aux entendants, certains dictionnaire le font également (ci-dessous, Les Ptits signes, Companys, Mahieux).
Peur_LSF
Mais à chaque, on a ou l’image vidéo sans explication, ni configuration ni étymologie ou ou l’image avec configuration et l’étymologie sans vidéo.
Voilà pourquoi j’aime bien le compte Twitter de Chris consacré à la LSF. Je peux pas mettre les gifs sur mon blog car ils ne sont pas libre de droits, mais je peux mettre le lien vers le compte Twitter. C’est par
.

Et pour revoir mes anciens posts sur la LSF, cliquez sur les liens.
Semaine linguistique autour de la LSF
Le nom-signe
Les gros mots
Les premiers mots pour communiquer
Intermède musical
Conte du soir
Comptines

Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

The Importance of Being Earnest – L’importance d’être constant

Encore aujourd’hui, après plusieurs années de pratique de la généalogie, j’ai gardé de mauvaises habitudes de débutant. La plus coupable consiste à dénigrer les parrains et marraines. S’ils ne sont pas apparentés, je les laisse négligemment sur le bord de la route de mes recherches. Pourtant, je SAIS qu’ils peuvent débloquer des voies de garage, je SAIS qu’ils peuvent nous ouvrir un chemin vers d’autres horizons, je SAIS qu’ils peuvent nous conduire sur un boulevard de nouvelles perspectives. Mais voilà, que voulez-vous, je suis comme je suis, je suis faite comme ça.

En 2017, je me demandais si certains de mes ancêtres, vivant dans la même commune, se connaissaient. Cette question me semblait d’autant plus pertinente que les ancêtres en question s’étaient mariés le même jour (voir ici). Si je n’ai pas répondu à cette question, j’ai découvert que d’autres ancêtres se connaissaient, et cela, grâce aux parrain et marraine.

Le 28 octobre 1688, Jacques Moreau (sosa 3764), époux de Françoise Georget (sosa 3765) fait baptiser son fils François, dans l’église de Louans. Le parrain est Jacques Bougrier, fils de Jacques et Jeanne Honet. Jacques Bougrier, fils de Jacques et Jeanne Honet, est mon sosa 900. Il a 21 ans. S’il est né à Saint-Catherine-de-Fierbois (1667), en 1688, il est dit de Saint-Branchs. Il se marie trois fois, à St-Branchs et à Louans et ses enfants naissent à Louans.
Le 11 may 1697, Jacques Moreau fait baptiser sa fille Françoise. La marraine est Marie Froger, fille de Mathurin et de Françoise Champion. Françoise Champion est ma sosa 1805, femme en secondes noces de Pierre Germain, sosa 1804. Marie fait partie des collatéraux qui n’avaient pas mon attention quand j’ai débuté ma généalogie. Je n’ai donc pas encore de renseignements sur elle.
Donc, mes sosa 3764/3765, 1800/1801, 1805 se connaissaient assez pour associer leur foi religieuse.
Jacques Moreau et Françoise Georget vivaient à la Bréchotière. Est-ce que Jacques Bougrier et Françoise Champion étaient des voisins ? Probablement pas car Jacques Bougrier vit à St-Branchs, à quelques kilomètres de là. Tous issus du monde rural des laboureurs, partageaient-ils plutôt des points communs par leur activité ? Encore de questions à élucider.
Parrain et marraineVous avez remarqué, je n’ai parlé que des parrain et marraine qui été apparentés. Fichue mauvaise habitude ! Corrigeons cela tout de suite. La marraine du premier baptême est Anne, fille de Jean Musnier et Renée Bardoulleau. J’ai des Musnier à Louans mais pas au Louroux, commune de la marraine. Peut-être une piste à explorer tout de même. Le parrain lors du second baptême est Me Jean Caillaut le jeune.

Alors soyons sérieux, restons constant dans notre méthodologie, notons les parrains et marraines.

Publié dans Avis de recherches, Généalogie

Les matrices cadastrales, mon cauchemar préféré

Il est une source archivistique qui me fait m’arracher les cheveux : LES MATRICES CADASTRALES !!!! Mais j’adore ça. 
Je n’en suis pas un mon premier paradoxe du genre. Au lycée déjà, je pratiquais certaines disciplines de façon très médiocre mais avec un plaisir masochiste. Le latin, par exemple, que j’ai abandonné après le premier trimestre de Terminale, était une vraie gageure (j’ai senti un soulagement non dissimulé de la part de mon prof qui m’a donné un « avis favorable à l’abandon du latin« ). J’ai lâché les versions et autres thèmes car, il faut le dire, j’étais nulle et que cela me demandait beaucoup de travail pour un résultat dérisoire : j’avais pris latin en option facultative au Bac donc seuls les points au-dessus de 10 comptaient dans la moyenne générale (autrement dit, avec une note de 10/20 au Bac, le latin rapportait 0 point, avec 11/20, il rapportait 1 point, avec une note de 12/20, il rapportait 2 points…etc). Même Bérézina avec les maths. Mais à force de persévérance, ça a payé ! J’ai commencé avec une moyenne de 09,5/20 au premier trimestre de Terminale, j’ai continué avec 08/20 et j’ai fini avec 11/20 au troisième trimestre. Quand il s’agit de son option principale avec un coefficient 4 au Bac, cela peut paraître un peu inquiétant. Mais au final, mon 16/20 m’a rapporté pas mal de points.

Tout cela pour dire que j’adore essayer de résoudre les problèmes et énigmes, et les matrices satisfont à ma bizarrerie.
Ma dernière lubie en date est le pavillon que mes ancêtres possédaient à la Rabière, commune de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire). Je voulais en savoir plus.
Joué_3P3.1257_Folio626B_p.327
AD37, matrices cadastrales, Joué-lès-Tours, 3P3/1257, vue 327

Je suis quasiment sûre que ce sont mes ancêtres qui font construire le pavillon. En effet, il s’agit d’une construction nouvelle imposée en 1893. Les travaux sont donc achevés vers 1891. Or, mes ancêtres sont propriétaires à partir de 1888 (la date de 1890 sur le registre correspond au décalage entre la date réelle et la prise en compte par les services du cadastre. Il se passe la même chose avec la parcelle R245 des Brosseaux, dont j’ai trouvé l’achat dans les Hypothèques en 1888). Premier problème, j’ai pas trouvé l’achat dans les Hypothèques pour la parcelle G64 de la Rabière, ni comme parcelle nue de constructions ni comme parcelle avec un quelconque bâtiment. Deuxième problème, je n’ai pas trouvé la trace de la nouvelle construction dans le registres des augmentations et diminutions du cadastre. Du coup, si je veux retracer l’évolution de la parcelle, je dois remonter les propriétaires. Comme la case 626 ci-dessus correspond au registre de 1882, je dois chercher dans les registres de 1823. Mais, nouveau problème, le répertoire des propriétaires est abîmé.
Joué_3P3.1254_p.600
AD37, matrices cadastrales, Joué-lès-Tours, 3P3/1254, vue 600

Bon, il ne me reste plus qu’à partir du premier propriétaire de la parcelle et suivre les mutations jusqu’à mes ancêtres. Le premier propriétaire est De Salabery, case 290.
Un détail m’interpelle : la parcelle est enregistrée à partir de 1856. Que se passe-t-il avant ? Pourquoi De Salabery est considéré comme le premier propriétaire alors que le registre débute en 1823 ? Laissons cela de côté pour l’instant. Donc De salabery possède la parcelle G64 de la Rabière. Autre détail qui me surprend, la parcelle est une « partie de » . Donc, cela confirme qu’il existe un « avant » où la parcelle est « entière » . Je garde cette information sous le coude. Donc, De Salabery est le premier propriétaire inscrit dans le registre. Je vous passe les détails…et puis non, je vous fais partager mon bonheur. Il vend une partie de la parcelle, en garde une autre partie pour lui qu’il va finir par vendre aussi en plusieurs morceaux. Concrètement, cela donne quoi ?
En 1856, De Salabery possède une partie de la parcelle G64, soit une superficie de  5 arpents 24 perches 97 mètres. Il garde 3 arpents 74 perches 88 mètres pour lui et partage le reste de la parcelle entre 4 personnes. En 1857, il partage de nouveau la parcelle, en garde une partie pour lui (3 arpents 22 perches 12 mètres) et vend l’autre partie à un nouveau propriétaire. En 1858, il morcelle encore la parcelle, en garde 37 perches 23 mètres, et morcelle le reste en 5 portions. En 1859, il cède sa dernière parcelle à un nouveau propriétaire. Donc, avec seulement le premier propriétaire, je me retrouve au bout de 4 ans, avec 11 nouveaux propriétaires. 

Après avoir scrupuleusement suivi les différentes branches, les unes après les autres, sans suivre deux lièvres à la fois, je me retrouve avec 9 feuilles A4 petits carreaux de propriétaires, soit 113 folios consultés. Et je n’ai pas retrouvé mes ancêtres Picault/Proust. En revanche, je suis tombée sur des propriétaires qui ne faisaient pas partie du fil conducteur de départ. J’ai donc remonté aussi ces branches et je suis tombée sur un autre premier propriétaire, la Dame De Jermanovska, case 267, propriétaire en 1841 (en fait, je pense que son numéro de case apparaît dans la case de Salabery, mais je le devine a posteriori). Elle aussi possède une partie de la parcelle G64. Elle possède presque 1 arpent en 1841 (la parcelle est transmise à plusieurs propriétaires portant le même numéro de folio jusqu’en 1894), tandis que De Salabery possède plus de 5 arpents en 1856. Et effectivement, dans les états de section qui mentionnent De Salabery comme premier propriétaire, la parcelle G64 mesure plus de 6 arpents. Pour faire les choses bien, j’ai suivi les nouvelles parcelles issues de madame la comtesse, mais toujours pas de François Picault, mon ancêtre.
La Rabière_matrices

Je décide de mettre ma recherche sur la touche, enfin presque. Il me reste une dernière branche à finaliser : partir de mes ancêtres et arriver au plus près d’aujourd’hui, pour éventuellement découvrir si leur pavillon existe toujours et à quoi il ressemble. Et là, Brassica oleracea var. capitata f. alba (chou blanc quoi) ! En effet, le pavillon est démoli.  Mais peut-être pourrais-je trouver une photo ? Ou pas.
Joué_Folio531_3P31264_p.351
La parcelle sort des propriétés appartenant à mes ancêtres en 1924, logiquement avec le décès de Jeanne Proux, la femme de François Picault (souvenez-vous du décalage de 2 ans entre les faits et l’enregistrement par le cadastre)…sauf que Jeanne meurt en 1921, donc la sortie aurait dû être enregistrée sur le cadastre vers 1923 et non 1926. Et puis, je suis bien avancée avec la mention « Démolition ancienne ». 

Conclusion 1 : plusieurs possibilités peuvent expliquer mon échec.
1. j’ai laissé passer un proprio, et pas de chance, c’est celui qui m’aurait amené à mon ancêtre.
2. il y a un autre premier propriétaire, avant De Jermanovska en 1841 et De Salabery en 1856, que je n’ai pas trouvé, et pas de chance, il m’aurait permis de remonter jusqu’à mes ancêtres. Cette hypothèse me paraît pertinente puisque les 5 arpents 24 perches² 97 mètres² de Salabery + les 98 perches 93 mètres de Jermanosvska donnent un total de 6 arpents 23 perches² 90 mètres². Or, la parcelle G64 est sensée mesurer 6 arpents 77 perches² 93 mètres². Il manque donc 54 perches² 03 mètres².
3. je ne comprends rien au fonctionnement des matrices. Ca aussi, c’est un hypothèse crédile.

Conclusion 2 : je ne vais pas tarder à ressembler à Kojak !

Mise à jour du 03 mars 2021, 9h30
Certains disent que je suis têtue, d’autres pourraient penser que je suis obsessionnelle, moi, je dis que je suis pugnace.

A force de consulter les matrices cadastrales, j’ai acquis quelques réflexes et accepter de ne pas tout comprendre. Par exemple, que ce soit dans les répertoires des propriétaires ou dans les folios eux-mêmes, certains numéros (écrits en noirs) sont barrés et remplacés par d’autres numéros (écrits en rouge). Joué_3P3.1256_Folio1714_p.215Je ne sais pas à quoi correspondent ces corrections, pas à un renvoi vers d’autres folios en tout cas. Du coup, j’ai pris l’habitude de ne pas en tenir compte. Enfin, presque. Je vérifie toujours, au cas où.
Et sur le folio de dame Jermanovska (folio 267), la deuxième propriétaire de la parcelle G64, on se trouve dans cette même situation. J’ai donc décidé de vérifier le folio 1071. Et…
troisième premier propriétaire trouvé !
François Vouteau, cultivateur à Veigné, possède 2 parties de la parcelle G64, une de 25 perches 06 mètres², et une autre de 29 perches². Tiens, 25 perches 06 mètres² + une autre de 29 perches² donnent 54 perches² 06 mètres². Cela ne vous rappelle rien ? Mais si, réfléchissez bien. En additionnant les parcelles de De Salabery et De Jermanovska, il me manquait 54 perches² 03 mètres². CQFD.
Bon, les problèmes ne sont pas tous réglés puisque les parcelles de François Vouteau sont  notées comme tant des « parties de »,  en 1824 pour la première et en 1827 pour la seconde. Et j’ai une troisième ligne pour la parcelle G64, entre 1824 et 1827 pour 12 arpents 53 mètres² (Vouteau partage donc la parcelle de 25 arpents en 1824 et en conserve 12 arpents jusqu’en 1827).
De plus, les 25 perches² 06 mètres² sont sensées être issues du folio 183. Or, il n’y a pas de parcelle G64 sur le folio 183.
La Rabière_2

NB : j’ai déjà effectué de recherches dans les matrices pour mes ancêtres Picault/Proust. Vous retrouverez l’article ici.

LSF

 

Publié dans De père en fils, Généalogie

Les signatures de mes ancêtres

Mon intérêt pour les signatures de mes ancêtres n’est pas nouveau. J’ai déjà écrit un article sur le sujet (pour le lire ou le relire, c’est ici). J’y traitais de ceux qui « ont déclaré ne scavoir signer de ce enquis » et de ceux qui, plus ou moins adroitement, apposaient leur nom en bas d’un acte.

D’après mon logiciel Heredis, j’ai, à l’heure actuelle, 76 sosa qui savent signer. Si j’enlève 7 personnes, correspondant à moi, mes parents et mes grands-parents, il en reste 69.
Si je notais scrupuleusement les ancêtres qui savaient signer lors de mes débuts, je ne notais pas ceux qui ne savaient pas signer. Il me semblait logique que soit on savait signer, soit on ne savait pas. C’était méconnaître que dans les actes de baptêmes, le curé précise si les témoins savent signer mais pas forcément si le déclarant, souvent le père, sait le faire et que les personnes peuvent déclarer ne pas savoir signer à un moment et signer à un autre (et inversement). Du coup, faute d’avoir fait une mise à jour scrupuleuse, je n’ai que 56 personnes qui ne savent pas signer.

Depuis 2016, j’ai étoffé mon catalogue de signatures et diversifié mes présentations. Donc, pour cet article, je mets à profit mon goût pour les infographies. Je ne vais pas vous présenter toutes les signatures de mon arbre mais sélectionner quelques ancêtres qui illustreront la multitude de profils.
Comme pour l’article citer en début d’article (Ont déclaré ne scavoir signer de ce enquis), mon ouvrage de référence est celui de Thierry Sabot, Les Signatures des nos ancêtres, ou l’apprentissage d’un geste, Théma n°3, 2012, éd Thisa.

C’est parti !

Le niveau 0 d’alphabétisation ou analphabétisme
L’individu ne sait ni lire ni écrire et ne sait donc pas signer. Son inaptitude est mentionnée dans l’acte.
Pierre Lesserre et Marie Besnier, mes sosa 126 et 127 sont de ceux-là.
Signature_sosa_126

Le niveau 1 d’alphabétisation ou analphabétisme
L’individu ne sait ni lire ni écrire mais laisse une marque en bas de l’acte.

Pour moi, cela ressemble à de la coquetterie ; les personnes ne savent pas écrire mais tiennent à affirmer physiquement leur présence.
Pierre Tranchant et Bergitte Boubay, mes sosa 880 et 881, ont laissé cette trace physique de leur engagement.
Signature_sosa_880

Lire la suite de « Les signatures de mes ancêtres »