Publié dans Personnalités tourangelles

Rabache, instituteur

Marcel Rabache, né dans l’Oise,  fait sa carrière d’instituteur à Saint-Pierre-des-Corps, à Ambillou puis à Tours dans les écoles Raspail jusqu’au 1er octobre 1940 et Mirabeau Mirabeau jusqu’à son arrestation par la Gestapo à Charentilly le 13 septembre 1943 suite à une dénonciation. Interné à la prison de Tours jusqu’au 15 janvier 1944, il est déporté à Buchenwald-Dora où il meurt en août 1944.

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Pour aller plus loin…

Né le 02 avril 1904, à Ognolles , Edouard, Julien, Louis, Marcel Rabache doit se réfugier avec sa famille à Tours à l’âge 10 ans : c’est l’exode devant l’avancée allemande de 1914. La maison familiale est détruite. Cinq ans après, il écrit, après être retourné dans sa ville natale : « On ne peut se rendre compte du désastre sans l’avoir vu. » Il effectue son service militaire dans l’Allemagne occupée, à Landau. Son père refuse qu’il devienne militaire. En 1924, il devient instituteur et se marie. Sa carrière professionnelle le mène de Saint-Pierre-des-Corps à Tours (école du musée, détruite en 1940), puis à Ambillou, où il est aussi secrétaire de mairie. Intégré à la population, il n’hésite pas à aider des agriculteurs lors des moissons. En 1939, il est mobilisé avec le grade de sous-lieutenant. Il participe à des combats près de Sully-sur-Loire (Loiret). Sa conduite lui vaut d’être cité (félicité). Démobilisé le 1er septembre 1940, il habite avec sa femme et ses quatre enfants au 74, avenue Maginot, à Saint-Symphorien (aujourd’hui quartier nord de Tours). Il est nommé à l’école Raspail puis à l’école Mirabeau. Une photo de classe, la dernière, le montre au milieu des ses élèves de CM2 en 1942-1943 : les joues sont déjà creusées. Il doit trouver le ravitaillement pour nourrir toute la famille. C’est ce qu’il dit chez lui pour excuser ses absences nocturnes.

Instituteur le jour, résistant la nuit, Marcel Rabache est facilement enrôlé par le pharmacien Lafuye de l’avenue de la Tranchée à Saint-Symphorien. Un ancien élève se souvient que le maître réparait son vélo à l’école. Les pneus avaient roulé pendant la nuit. Dans le mouvement Libé-Nord, il côtoie un instituteur de l’école Velpeau, Marcel Nay. Il recherche des terrains de parachutages à Richelieu avec Bonnin et à Amboise. Il participe à un parachutage sur le terrain Thorium-Gobelville à Semblançay, non loin du château de Poillé de Charentilly. Le message d’alerte à la radio de Londres est : « La montagne est verte, le poisson ne mord pas. » Ce message mobilise l’équipe de réception au sol durant la nuit du 8 au 9 septembre 1943, sous la conduite du capitaine de réserve Louis Maus. Sept containers d’armes, un paquet ainsi que quatre postes émetteurs venant d’Angleterre sont reçus. Les armes sont transportées par un cultivateur de Charentilly, Jean Claveau, dans une cave. Les postes sont camouflés dans une cage à faisans dont Fossard a la garde au château de Poillé.

Marcel Rabache est l’une des victimes des 28 arrestations effectuées par la Gestapo dans la Résistance tourangelle. Cruels interrogatoires. Vêtements tâchés de sang que Madame Rabache doit laver. Rencontre inespérée des quatre enfants à la prison à la Toussaint. Une lettre parvient à la famille en novembre : le père encourage ses enfants et sa femme, remercie d’avoir eu des nouvelles de ses élèves. De sa belle écriture, il termine: « Je me sens très près de vous en ce clair dimanche et suis de bonne humeur et bien tendrement à vous tous. Marcel« .

Le 19 janvier 1944, un convoi part de la gare de Tours pour Compiègne, dans l’Oise, son département de naissance. C’est de là qu’il quittera la France quelques jours après. Le 29 janvier, c’est l’arrivée au camp de Buchenwald. Matricule 44 498. Il est astreint à de pénibles travaux pour le percement du tunnel de Dora dans le massif du Harz (actuel Land de Saxe-Anhalt). Hitler veut y abriter une immense usine souterraine pour la construction d’armes secrètes. Il tente de renverser le cours de la guerre avec les fusées V1 et V2 mises au point par Von Braun, le pionnier de la conquête spatiale. Pour les déportés, c’est l’enfer de Dora et de ses annexes : Laura, Ellrich. Marcel Rabache aide les plus âgés, encourage ceux qui faiblissent. Il utilise ses connaissances de la langue allemande pour protester auprès des militaires contre les brutalités des condamnés de droit commun qui les gardent.

Usé par l’effort et les privations, il meurt à l’infirmerie de Harzungen le 14 août 1944, au moment où l’Indre-et-Loire commence à être libérée.

Décorations et Etats de service

– Légion d’honneur et Médaille de la Résistance à titre posthume. Mention « Mort pour la France » .

– Plaque à l’école primaire Mirabeau de Tours, apposée en 1946. Ambillou inaugure un passage Marcel Rabache le 11 novembre 1995, près de la mairie. Par délibération du 18 mai 1998, la rue Ampère à Tours, devenue Alexis Carrel le 06 juillet 1964, prend le nom de rue Marcel  Rabache. Elle est inaugurée le 21 mai 1999 dans le quartier de Saint-Symphorien où il habitait.

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– Pseudo : Redy

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Appelé le 10 novembre 1924 dans l’infanterie coloniale du Maroc

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groupe paramilitaire rattaché au BOA, région M.

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Réseau Denis Aristide Buckmaster 1er mai 1943 – 12 septembre 1943

Activité clandestine : plans de terrains de parachutages, transport d’armes, recrutement de volontaires.

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(source internet : Musée de la résistance

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source bibliographique : Geneviève Gascuel, Les Noms de rues de Tours, éditions C.M.D.

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source photographique : Droits réservés, Archives municipales de Tours – Fonds Jean Meunier – 5Z12N21)

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LSF

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