Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Tours dans les années 20 – au détour d’un plan

Temps de lecture : 7 minutes

J’ai dans ma bibliothèque un vieux plan de Tours (Gambier éditeur). Malheureusement (ou pas), il n’est pas daté. Je suis donc partie à la recherche d’indices qui me permettraient de le situer dans le temps. Et mes connaissances de guide agréée VPHA ont été mises à mal.

Première chose que je constate, le quartier de mon enfance, le quartier du Sanitas (1958) n’existe pas. Sanitas Le plan date donc d’avant la reconstruction. A la place de ce quartier et de celui de la Rotonde, se trouvent encore les ateliers de montage et de réparation des locomotives (le quartier de la Rotonde doit d’ailleurs son nom à ces installations). Le plan date donc d’avant la guerre. La date d’avant guerre est confirmée par la présence de la bibliothèque et du Muséum d’Histoire naturelles, sur les bords de Loire. Ces 2 bâtiments ont été détruits lors des bombardements de 1940.
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Mon regard poursuit son exploration et je constate qu’on voit les abattoirs des quais de Loire (détruits en 1923, rue de l’abattoir), mais pas l’Université François Rabelais (construite en 1971, rue des Tanneurs). Le Palais des sports (construit en 1955) n’est pas non plus sorti de terre.
Un autre bâtiment attire mon attention, à l’emplacement de la Poste, boulevard Béranger, se trouve la Maison d’arrêt. Quelques recherches aux AD37 plus tard et j’apprends que la maison d’arrêt est construite en 1841 et détruite en 1935 pour laisser place à la Poste. La Caisse d’Epargne (construction 1864-1866, agrandissement 1880 et 1898), boulevard Béranger, ne m’en apprendra pas plus car elle existe toujours.
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Tiens, un bâtiment que je n’avais pas vu. Dans le quartier de St-Symphorien, il y a l’école normale (installé dans les bâtiments des Bénédictines en 1888). Bon, à ce stade, ça ne me donne pas plus de renseignement puisque que les écoles normales deviennent IUFM en 1989 et que l’IUFM de Tours s’installe à Fondettes en 1990.

Donc, pour l’instant, je peux dire que le plan date d’avant 1923, date à laquelle les anciens abattoirs du Champ de Mars ont été détruits.

Je continue ma promenade visuelle, j’aperçois le Théâtre français, construit en 1884, détruit par un incendie en 1929 et réhabilité en clinique en 1931. Théâtre_françaisThéâtre_français_culture_gouv
Je vois aussi le cirque de Touraine, détruit en 1927, et l’usine à gaz, rue du gazomètre.

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La rue du gazomètre est rebaptisée ainsi après qu’une usine à gaz y est implantée en 1836. L’usine cesse son activité en 1931, date à laquelle une seconde usine plus importante est mise en service rue du Général Renault. La fontaine de Beaune trône place du Grand Marché (depuis 1820), où elle reste jusque dans les années 50 (1958), avant de retrouver son emplacement d’origine (à quelques dizaines de mètres près). Ah, intéressant (je ne le sais pas encore, mais c’est intéressant pour la datation de mon plan), je tombe sur le nouvel abattoir situé quartier Tonnellé. Les AD37 doivent bien avoir des infos sur le sujet. BINGO. Le nouvel abattoir est construit entre 1912 et 1916.

Mon plan illustre donc la ville de Tours entre 1916 et 1923. Puis-je être plus précise ?

Je trouve la machine élévatoire de St-François et l’incinération d’immondices (la machine élévatoire date de 1891-92), le vélodrome (1896-1962), les usines Schmid (1918-1985) et St-Gobain (cessation d’activité après la Seconde Guerre Mondiale), les Docks, remplacés en 1963 par les Champs Girault. Le canal du Berry n’est pas encore comblé (1960) donc l’autoroute A10 ne traverse pas la ville (1972). Le château de Beaujardin est encore debout (détruit lors des bombardements de 1940). Le champ de manœuvre du Menneton est toujours en activité (1829-1960). Mon collège, le collège Michelet, n’existe pas (1954), mais il y a une école rue Michelet. Une école a été construite rue Michelet en 1921, pour remplacer celle de la rue de Bordeaux (1875) devenue vétuste ; il faudrait vérifier aux Archives qu’il s’agit bien du même établissement. Je découvre qu’à Tours, il y a eu un parc à fourrage, rue du Plat d’étain et le magasin régional du 9è régiment, rue Camille Desmoulin (tous les deux installées dans le dernier quart du XIXè siècle, voir ici).

Donc, mon plan aurait été édité entre 1918 (installation des usines Schmid) et 1923 (destruction des anciens abattoirs), et peut-être même entre 1921 (création de l’école rue Michelet et du patronage laïque rue Parmentier) et 1923. Et si l’école est créée en 1921 et les abattoirs détruits en 1923, le plan devrait dater de 1922 ou 1923.

J’ai un guide de 1931 des éditions Arrault et Compagnie, dans lequel il y un autre plan de Tours. Les abattoirs des bords de Loire, détruits en 1923, n’apparaissent plus, remplacés par la cité-jardin des bords de Loire (1926-30), mais le cirque de Touraine, détruit en 1927, est toujours indiqué, tout comme le Théâtre français, détruit par le feu en 1929. Parmi les constructions postérieures à 1922, la cité-jardin du sénateur Letellier, édifiée en 1927, est indiquée, juste à côté du nouvel abattoir de 1916 et non loin du stade Tonnellé, inauguré en 1924 sous le nom de stade Rolland-Pilain (firme automobile sponsor de l’USTours Rugby), avant d’être renommé en 1931, stade Timbror (fabriquant de meubles sponsor de l’USTours Rugby). Le plan de 1931 est plus grand donc plus lisible ; je déchiffre les bâtiments illisibles sur le plan de 1922. Ainsi, je découvre le bureau de bienfaisance de la rue Baleschoux, créé le 1er frimaire an XII (23 novembre 1803). Des bâtiments non dénommés en 1922 apparaissent comme étant un marché aux bestiaux. Le marché aux bestiaux est construit sur les bords de Loire en 1897-1901.

DONC, soit mon plan de 1931 n’est pas à jour puisqu’en 1931, il présente des bâtiments détruits depuis 3 ans… soit il n’appartient pas au guide de 1931 et date de 1927. Du coup, mon premier plan ne date peut-être pas de 1922, mais il est la représentation de Tours en 1922.

Ces plans n’ont amenée à découvrir des trucs, des bâtiments que je ne connaissais pas, comme l’usine de Rochepinard, l’usine St-Gobain. La relecture de mon guide de visite de 1943 s’impose.
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Les anciens se souviennent que des octrois taxaient les marchandises entrant dans Tours et que des portes se refermaient tous les soirs sur la ville. En 1943, les octrois vivent leurs derniers instants. Et si certains pavillons existent encore de nos jours (Place Choiseul), ceux de la Place des Portes de fer (actuelle Place Jean Jaurès) ont disparu. Page 96, quelques lignes m’apprennent que les portes de fer, Place des portes de fer (Place du Maréchal Pétain en 1943), grille à trois battants, pesaient 30 000 livres, avaient été exécutées à Paris et posées en 1751.
Après cette petite parenthèse confiture (pourquoi confiture ? Parce que la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale…moi, je m’en fiche, je préfère le Nutella), je poursuis mes recherches. Vais-je trouver des renseignements sur l’abattoir Tonnellé ? Oui, page 136. En fait , non, à part, que ce nouvel abattoir est « un vaste établissement, doté de tous les perfectionnements modernes, [qui] répond à toutes les conditions d’hygiène et aux besoins de la population tourangelle ».
Je feuillète les pages, et m’arrête page 137. Le paragraphe s’intitule « L’eau du Cher. L’usine de Rochepinard. » L’origine du nom Rochepinard viendrait d’une propriété appelée Les Roches, qui aurait appartenue à un nommé Pierre Pinard. En 1854, une première usine de pompage de l’eau du Cher est construite à Rochepinard. Elle comprenait deux turbines hydrauliques et une pompe à vapeur de 15 CV. DE 1877 à 1855, l’usine est dotée de trois turbines et de deux pompes à vapeur de 80 CV. D’autres modifications sont effectuées, jusqu’à sa transformation en usine hydro-électrique.
Sympa le guide ! En 1943, on avait le sens du tourisme ! Alors, je continue avec l’usine d’incinération des ordures ménagères, page 140. L’usine d’incinération est construite entre 1924 et 1927. Une première série de trois fours est mise en service en 1925, une seconde de quatre fours deux ans plus tard. L’usine est modernisée en 1933 et 1937 et en 1943, elle traite annuellement 18 000 à 20 000 tonnes d’ordures ménagères. En 2017, cela donne :
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Tout est bien rodé, chaque déchet a sa poubelle. Bien malhonnête celui qui parlerait d’une usine à gaz ! En parlant d’usine à gaz, on en parle page 141 du guide.
L’usine à gaz de la rue du Gazomètre n’est plus : usine devenue trop centrale par suite de l’accroissement de la population, emplacement trop exigu pour la modernisation de l’usine, projet de construction d’un groupe scolaire sur l’emplacement de la rue du Gazomètre. C’est une nouvelle usine à gaz qui voit le jour rue du Général Renault en 1931. Info en passant, le réseau électrique de Tours est alimenté, entre autres, par l’usine d’incinération des ordures ménagères (600 kw) (à titre de comparaison, aujourd’hui, la Centrale de Chinon produit 900 Mw. 600 kw en 1943 devait permettre d’alimenter un quartier de Tours).
Et l’usine St-Gobain dans tout cela ? Je la trouve page 118. L’usine St-Gobain, succursale de la société St-Gobain, Chauny et Cirey pour la fabrication des engrais, emploie une cinquantaine d’ouvriers qui habitent pour la plupart une cité voisine.
Quant aux Postes, construites à la place la maison d’arrêt du Boulevard Béranger, j’en apprends plus page 102. « Tours vient d’être doté d’un Hôtel des Postes digne de son importance économique, touristique et de son rayonnement artistique. […] Construit de 1934 à 1937, cet édifice aux lignes simples, bâti selon la technique moderne, s’harmonise par sa hauteur avec le Palais de Justice qu’il côtoie. […] »

Voilà, voilà ! Et si l’aspect touristique de cet article vous a échappé, il a le mérite d’aborder des lieux méconnus de Tours.

 

LSF

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Les Saponariens morts pour la France

Dans le cimetière de Savonnières, il y a des tombes anciennes. Mais la notion d’ancienneté n’étant pas universelle, soyons précise. Dans le cimetière de Savonnières, il y a (encore) des tombes datant du XIXè siècle, et des tombes centenaires, datant de la Première Guerre mondiale. La petite commune, comme beaucoup, perd un grand nombre de ses habitants durant la Première Guerre mondiale, dont beaucoup étaient nés à Savonnières. En 1911, la population saponarienne s’élève à 1101 personnes, en 1921, elle s’élève à 1027 personnes. Mais la commune avait commencé à voir sa population baisser depuis 1881. La guerre fait au moins 30 soldats morts pour la France parmi les habitants, dont au moins 16 étaient nés à Savonnières (en bleu dans la liste ci-dessous).

– Emmanuel Ernest PASQUEREAU, 1886-1915, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Robert Louis Armand FONVERNE, 1890-1916, né à St-Avertin (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Auguste Louis Prosper DAVID, 1877-1916, né à St-Hilaire de Montagne (Vendée), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Eugène René JUDE, 1893-1916, né à Ballan-Miré (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– François Jules FROMAGER, 1885-1916, né au Lude (Sarthe), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– François Jean Baptiste CAILLAUD, 1895-1916, né à Ballan-Miré (Indre-et-Loire) – tombe toujours dans le cimetière de Savonnières, Mémoire des Hommes
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– Robert Louis Jean BEAUMONT, 1894-1916, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Lucien Gaston HERBASSIER, 1892-1916, né à Savonnières, mort pour la France, tombe toujours dans le cimetière de Savonnières, Mémoire des Hommes
– Victor Auguste Alfred LERPINIERE, 1893-1916, né à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– PARE Henri, 1890-1916, né à Asnières les Bourges (Cher), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Louis Eugène GRANGER, 1892-1916, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Arsène SERELLE, 1889-1914, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Maurice Marcel REMON, 1894-1917, né à Tours (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Théophile Louis LEOTIER, 1897-1917, né à Rivarennes (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Ferdinand CERISIER, 1895-1918, né à Savonnières, mort pour la France, tombe toujours dans le cimetière de Savonnières, Mémoire des Hommes
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– Auguste MOLISSON, 1887-1918, né à St-Epain (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Emile Hyacinthe NOURRY, 1884-1918, né à Cangey (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Raoul-Anatole ROUAULT, 1892-1914, né à Huismes (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Théodore-Pierre MAILLET, 1877-1918, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Gustave Louis Ernest CAILLARD, 1896-1919, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Louis Jean Emmanuel ROUGEBEC, 1881-1914, né à Savonnières, mort pour la France, tombe toujours dans le cimetière de Savonnières, Mémoire des Hommes
– Maximilien Marie Joseph FERIN, 1891-1914, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Eugène RECOLLON, 1885-1917, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Victor Désiré ROY,  1888-1814, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Louis Auguste JAHAN, 1893-1914, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Auguste Georges MARCHAND, 1892-1914, né à Druye (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Georges Robert LECOMTE, 1893-1916, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Alphonse Théodore ROUZEAU, 1880-1916, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Louis Alexandre ROY, 1893-1918, né à Savonnières, mort pour la France, Mémoire des Hommes
– Fernand Jean Baptiste MARECHAU, 1890-1918, né à Ballan-Miré (Indre-et-Loire), mort pour la France, Mémoire des Hommes

Pas trouvé l’acte de décès de Justin Rougebec (1887-1914, tombe toujours présente dans le cimetière de Savonnières), Jean Maurice Courvoisier (absent de la base Mémoires des hommes, tombe toujours présente dans le cimetière de Savonnières), Marcel Trigalot (1892-1914, tombe toujours présente dans le cimetière de Savonnières), Emmanuel Beaussier (1891-1914, tombe toujours présente dans le cimetière de Savonnières).

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Les tombes anciennes de Savonnières

Après celles de Ballan, je m’intéresse aux tombes anciennes d’une autre petite commune d’Indre-et-Loire.

Savonnières est situé sur la rive gauche du Cher. Au Nord-Ouest, il y a Berthenay, à l’Ouest, Villandry, au Sud, Druye, au Sud-Est, Ballan et au Nord-Est, St-Genouph.
Le blason de la commune est D’argent à la saponaire fleurie de gueules, tigée et feuillée de sinople, chaussé d’azur aux deux fleurs de lys d’or.
Quant à la population, elle est de 1166 habitants en 1793, 3151 en 2016 (Sources : Ldh/
EHESS/Cassini jusqu’en 1999 et Insee).

Si ma première visite dans un cimetière m’avais laissé une sensation pesante, ma promenade à Savonnières n’a pas été plus douce. En effet, dès l’entrée de ce lieu de recueillement, on tombe sur le carré des enfants.

Je n’ai pas identifié le nom de la première tombe. En revanche, la deuxième tombe est celle de frère et sœur, Lucien et Lucienne Lebougre (1915-1918 / 1918-1919).

Deux autres frères suivent, Maximilien et  Maximilien Albert Léon Mergerand (1896-1896 / 1898-1898).

Et deux autres frères et sœurs, Jean et Geneviève Wiard, âgés de 3 mois.
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« Ici repose une centenaire » ? Mme Guibert-Bodin aurait même 102 ans.

Effectivement, elle est bien centenaire. Céline Victorine, fille de Pierre Bodin, cultivateur, et d’Anne Madeleine Messant, naît le 21 juillet 1836 à Savonnières. Elle meurt le 30 janvier 1938 dans la même commune.

La tombe la plus ancienne date de 1882. C’est celle d’Alphonse Martin Noël Guette, né le 03 octobre 1877 et décédé 4 ans après, le 1er juin 1882.

Son petit frère, qu’il ne connaîtra pas, le rejoint 18 mois plus tard.

La plus vieille saponarienne s’appelle Madeleine Leroux. Elle « hante » la commune depuis 207 ans, dont 72 ans bien vivante. Elle naît le 22 octobre 1812 à Savonnières et meurt le 24 novembre 1884 dans la même commune.

Le plus vieux saponarien, Nicolas Reignier, est né le 06 septembre 1820 à Ballan, il y a presque 199 ans. Il meurt à Savonnières le 22 mars 1897. C’est par son mariage avec Eléonore Merienne, le 24 septembre 1849, qu’il devient habitant de la commune.

Parmi les autres tombes, celles d’Yves Jubault (1935-1941), Georgette Beaumont (1901-1901), Jacques Roy (1903-1903), Julienne Emilienne Chevrier (1904-1904), Suzanne Daguet (1904-1905), Théodore Eugène Fournier, Georges Viau (1907-1907), Fernande Viau (1899-1899), Marie Claude Portefaix (1943-1945), Gustave Jacques Caillard (1886-1886), Françoise Artaud (1856-1923), Marie Julia Devigneau (ca 1875-1902), Aimé Roy (ca 1862-1931), Raoul Bertier (1867-1930), Joséphine Hervé, Marie Tourmeau (1848-1930), Jeanne Maurice (1822-1887), Auguste et Louis Lemonnier (1874-1899/1844-1881), François Clément, Joseph Simon (ca 1852-1916), Joseph Vuillaumé (ca 1825-1927), Marie Louise Portefaix (1916-1946), Marie Moussard (1866-1950), Arsène Messant (ca 1840-1875) et Célestine Hardy, Célestine Arrault (ca 1864-1936), François Reignier (ca 1854-1929), Armand Reignier (1889-1889), Gisèle Artault (1938-1939).

Et les soldats morts pour la France.

 

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Les Ballanais morts pour la France

Lors de ma visite au cimetière de Ballan-Miré, je me suis intéressée aux tombes anciennes, parmi lesquelles, celles des soldats de la guerre 14-18.

En 2017, il ne restait que 7 tombes de soldats morts pour la France :
– Henri BELUET, mort pour la France (accident service commandé) – (carré G27),
– Charles BLED, mort pour la France (maladie contractée au front) – (carré B82),
– Adrien et Constant CHAMPEAUX, morts pour la France (tués à l’ennemi) – (carré G31),
– Constant MIGEON, mort pour la France (maladie contractée en service commandé) – (carré G24, tombe sans nom, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise),
– Pierre POIRIER, mort pour la France (tué à l’ennemi) – (carré G21, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise),
– De Serbrun (carré A49).

Ont disparu les tombes des soldats (dans l’ordre des registres d’Etat civil) :
– BONNIGAL Daniel (1884-1914), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– HAY Félix (1883-1914), mort pour la France (des sites des blessures reçues à l’ennemi-blessures de guerre).
– COULON Pierre (1872-1915), mort pour la France (maladie contracté en service),
– HAY Clément (1881-1915), mort pour la France (décédé à l’hôpital-maladie contracté en service, fièvre typhoïde),
– HELLER Gérome (1890-1915), mort pour la France (tué à l’ennemi, décédé des suites d’une fracture compliquée de la cuisse droite et du bras droit avec hémorragie-mort des suites de blessures de guerre),
– MENEAU Arthur (1895-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– COULON Marcel (1893-1915), mort pour la France (décédé à l’hôpital-maladie consécutive au service, méningite tuberculeuse),
– PELLE François (1870-1916), non mort pour la France (mort subite),
– LEBOUGRE Joseph (1876-1915), mort pour la France (blessures de guerre),

– GANGNEUX Amédée (ca 1879-1916), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– BARRIER Jean (1880-1914), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– MENEAU Arthur Désiré, (1895-1918) mort pour la France (décédé des suites de blessure de guerre en service sur le champ de bataille-tué à l’ennemi)
– MATHA Paul Constant, (1895-1916), mort pour la France (tué à l’ennemi)
– PELLE Julien (1876-1917), mort pour la France (par fracture du crâne consécutivement à un éboulement de carrière en service commandé)
– BROSSEAU Alphonse Eugène (1890-1914), mort pour la France (tué à l’ennemi)
– FONQUERNY Gustave Emile Léopold (1883-1917), mort pour la France (tué à l’ennemi)

– ARRAULT Louis (1881-1915), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– PASTEAU Raoul (1893-1915), mort pour la France (tué à l’ennemi), 
– METTON Désiré (1873-1916), mort pour la France (disparu-naufrage du Gallia),
– MIGEON Jean (1880-1916), mort pour la France (blessures de guerre),
– PICHAUREAU Auguste (1895-1918), mort pour la France (maladie contacté en service),
– BABIN Joseph (1898-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– COULON Abel (1892-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– BARAT Alfred (1891-1918), mort pour la France (mort en captivité),
– CHAUVELIN Rigobert (1890-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– COURTAULT Désiré (1883-1918), mort pour la France (tué à l’ennemi),
– ROBIN Alexandre (1891-1918), mort pour la France (disparu au combat),
– PELLE Alexandre (1890-1914), mort pour la France (disparu au combat),

– ALLAN Emile (1889-1914), mort pour la France (tué à l’ennemi), 
– PELLE Albert (1888-1918), mort pour la France (disparu au combat),

 

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Les tombes anciennes de Ballan-Miré

Tous les cimetières comportent un carré ancien, tous les cimetières sont parsemés de tombes d’un autre temps. Le cimetière de Ballan-Miré (Indre-et-Loire) n’échappe pas à la règle.
Après avoir obtenu l’autorisation de la mairie, je suis allée à la rencontre de ces inconnus oubliés.

La sépulture la plus ancienne que j’ai trouvée date de 1851. C’est celle de Marie Boilève, décédée le 19 janvier 1851 à l’âge de 86 ans.
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La plus jeune décédée (tombes anciennes) est Arlette Annick Brault, décédée le 16 octobre 1940 à l’âge de 5 mois (carré G5, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise).
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Juste à côté de la tombe d’Arlette se trouve celle de Jackie Brault, 8 mois (carré G3, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise).
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Les deux enfants sont certainement parents puisqu’Emmanuel, employé des chemin de fer est le père de la première et que le déclarant pour le second est Emmanuel, garde-barrière.

Il y a de nombreuses tombes devenues anonymes (G69-G62-G36, G54-G71-G22, G25-G23-G24, concessions faisant l’objet d’une procédure de reprise).

Certaines tombes n’ont plus de nom mais sont identifiables grâce aux procès verbaux de la Mairie. C’est le cas de la tombe G1 (concession faisant l’objet d’une procédure de reprise), dans laquelle repose Alain Lebrougre.
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Il y a aussi les tombes qui ne font pas l’objet d’une procédure de reprise mais qui sont visiblement à l’abandon. Le temps fait son œuvre.

Pour finir, on trouve les tombes disparues (carrés G38-G35, concessions faisant l’objet d’une procédure de reprise). Seul le panonceau de la Mairie indique qu’ici gît encore un Ballanais.

En 2017, il reste encore 7 tombes de soldats morts pour la France, Henri Beluet (carré G27), Charles Bled (carré B82), Adrien et Constant Champeaux (carré G31), Constant Migeon (carré G24, tombe sans nom, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise), Pierre Poirier (carré G21, concession faisant l’objet d’une procédure de reprise), De Serbrun (carré A49).

 

Et quelques noms au hasard…

 

LSF

 

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Visiter la Touraine en 1938

C’est à Château-la-Vallière, en 1890, qu’est créé en le premier syndicat d’initiative du département, le « Comité d’initiative des promenades et des embellissements de Château-la-Vallière ».
Constitué de notables locaux, le comité concourt à une politique municipale très active en faveur du tourisme : aménagement de jardins et boulevards, inscription d’éléments de patrimoine aux Monuments historiques…Il publie en 1890 un fascicule de visite à destination des voyageurs. On y trouve la description des principaux monuments de la ville et des villages alentours, ainsi que quelques informations pratiques ! (FRAD037 _ Fonds Bongars)(1)
Aucune description de photo disponible.
(1)(Sources : 200 ans de Tourisme en Touraine, catalogue d’exposition/Archives départementales d’Indre-et-Loire)

Parmi les publications « anciennes » que je possède, il y a un petit guide touristique de 1938.
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En 1938, le guide édité par Arrault & Cie en est à sa 38è édition. La Tour Charlemagne s’est déjà écroulée (1928) mais l’Hôtel Gouïn n’a pas encore souffert des affres de la guerre (1940) ; l’Hôtel de la Crouzille n’a pas été détruit par les bombardements (1940), ni l’Hôtel de Beaune-Semblançay ; la fontaine de Beaune-Semblançay a été déplacée plusieurs fois mais n’a pas encore retrouvé son emplacement d’origine ; la maison de la cordelière dite de Tristan Lhermitte, n’est pas encore le siège de l’IEHCA (Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation) et la chapelle St-Eloi n’accueille pas les Archives Municipales de Tours (1990) ; si les châteaux de Langeais, Loches, Chenonceau (entre autres) se visitent déjà, ceux de Montbazon et de Candé ne sont pas ouverts au public, et celui de Comacre est à 26 ans de sa destruction ; la bibliothèque municipale, encore sise place Anatole France (détruite dans l’incendie de 1940), est ouverte tous les jours, sauf jours de fête, du 1er août au 31 mars, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 4h00, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 5h00 du 1er avril au 1er août, fermée 8 jours avant et après Pâques.

J’ai un autre guide édité par Arrault et Cie, datant de 1943.

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Cette fois-ci, la guerre a laissé des ruines dans le centre historique de Tours : l’Hôtel Gouïn, l’Hôtel de Beaune-Semblançay, l’Hôtel Gazil, l’Hôtel Bohier, l’Hôtel de la Vallière, l’Hôtel du Gouvernement, la bibliothèque municipale, le Museum d’Histoire naturelles,  « Toutes ces belles demeures ou leurs vestiges ont disparu dans la catastrophe de juin 1940 ». Idem pour l’imprimerie Mame, l’usine Liotard, l’hôtel du Faisan…

La société Arrault et compagnie, créé en 1881 a d’abord été, sous la direction d’Ernest Arrault, son fondateur, l’imprimeur de Charles Wilson et de son journal « La Petite France » qui devient, en 1890, la « Dépêche  du  Centre ». Sous l’impulsion de Charles Gay,  qui succède à Ernest Arrault en 1925, la Dépêche du Centre devient un  grand  quotidien  régional  couvrant  l’Indre-et-Loire, le Cher, le Loir-et-Cher, les Deux-Sèvres et, en partie, la Sarthe, la Vienne et le Maine-et-Loire. Parallèlement, l’imprimerie travaille avec de grands  éditeurs  parisiens et développe une activité d’imprimeur d’art. En 1949, la  société Arrault est condamnée pour collaboration et ses biens dévolus à la Société nationale des entreprises de presse (SNEP) ; le contentieux se poursuivra longuement. L’imprimerie de labeur poursuit son activité jusqu’en 1954. L’entreprise de presse est  réattribuée dès 1944 à la Nouvelle république du Centre Ouest de Jean Meunier, qui succède à Libé-Nord, journal clandestin résistant. (source : AD37)

 

LSF