Publié dans Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

Sigismond Losserand (1845-1888), tailleur de limes

Sigismond Losserand naît le 5 décembre 1845 à Seythenex en Haute-Savoie. Il est le fils naturel de Marie Rose Losserand-Madoux. Orphelin à l’âge de 9 ans, il est d’abord berger, puis colporteur, comme beaucoup de petits savoyards de son époque. Il part à Nancy, puis à Metz, où il devint tailleur de limes (selon d’autres sources, il aurait travaillé à 14 ans comme ouvrier à Saint-Etienne, puis à Nancy).

La période de son service militaire coïncide avec la guerre de 1870. D’après plusieurs récits, ce serait à cette époque qu’il aurait appris à lire et à écrire, se formant en autodidacte. Dans le cadre de son instruction militaire, il aurait également acquis une solide formation musicale (d’après une allusion qu’il aurait faite lors de son séjour à l’école de gymnastique de Joinville-le-Pont).

Il épouse Elisabeth Ballion, en 1875 à Canéjan, en Gironde et quitte trois ans plus tard ce département pour s’installer au 24, rue Saint-Symphorien à Tours. Son premier enfant, Henri, naît le 24 avril 1880 et le second, prénommé Jean, naît le 8 octobre 1883.

Pratiquement, dès son installation à Tours, Losserand crée une société coopérative et en quelques années, il devient un organisateur de premier plan du syndicalisme et du mouvement socialiste tourangeau. Le journal L’Indépendant précise qu’il travaille comme « limier » pour 4,50 F par jour à la fabrique de limes de Portillon.

Dès 1882, Losserand est conseiller municipal de Tours, fonction qu’il occupe jusqu’en mai 1888. Pendant cette période, il déménage au 47 rue Thiers.

Syndicaliste actif, il participe aux congrès de la Fédération Nationale des Travailleurs Socialistes de France (FNTSF), et devient le délégué du groupe « la Sentinelle de Tours », au congrès de cette Fédération à Charleville en 1887.

En janvier 1886, le journal « Le Travail » trace un portrait de Losserand dans l’un de
ses articles :
«  Un  rude  jouteur,  qui  aime  la  liberté  et  sait  en  user.  L’Univers  est  sa  patrie.  Apprit  à travailler sous une grêle de coups prodigué par son patron, apprit à lire au Régiment où  il devint sous-officier, voyagea un peu partout et retint bien des choses. »
La  guerre  terminée,  il  retourne  à  la  vie  civile,  se  passionne  pour  la  Révolution  Sociale  et fonde un syndicat des tailleurs de limes.
Il bataille pour la cause ouvrière dissimulant un caractère autoritaire derrière une souplesse d’esprit et une « bonne tête ». Il s’exprime bien, avec aplomb, bon sens, et habileté.
Son  langage  académique  lui  permet  d’épater  le  bourgeois,  et  malgré  les  pointes  acérées qu’il  sait  prodiguer  a  l’adversaire,  se  crée  peu  d’ennemis.  Il  est  très  intelligent,   remuant, sympathique et très apprécié des travailleurs qui savent pouvoir compter sur lui. »
La presse réactionnaire, au travers du journal d’Indre et Loire, reconnaît certaines qualités à son adversaire : « La parole claire sinon élégante, nerveuse sinon châtiée ».
Qualifié  avec  son  camarade  Corbeau  de  «   francs  révolutionnaires,  dangereux  socialistes, mais ennemis loyaux, plus sincères, plus honnêtes, plus intelligents » que les modérés du Conseil municipal.
« Farouche démagogue, à la barbe hirsute, aux cheveux ébouriffés, Losserand est un des membres les plus intelligents et aussi les plus impartiaux du conseil municipal. »
Les camarades de SL voient en lui « l’enfant du peuple qui n’a pu s’élever à la considération publique  dont  il  jouit  que  par  la  seule  force  de  sa  volonté  et  de  son  intelligence  admirant l’énergie qu’il apporte à l’accomplissement de son mandat et l’ardeur vaillante avec laquelle il revendique les droits des ouvriers ».

Malade, affaibli et ayant perdu les siens, Sigismond meurt le 14 novembre 1888, à 5 heures du soir. Il est enterré civilement le 17 suivant, au cimetière Lasalle de St-Symphorien.

Le 9 août 1901, suite à plusieurs démarches d’associations d’ouvriers, une délibération du Conseil municipal débaptise la rue Saint-Symphorien (dénommée ainsi depuis  l’arrêté municipal du 5 mars 1844) après que M Pic-Paris, maire de Tours, fait préparer une notice biographique de Sigismond Losserand pour faire admettre le nouveau nom. Le nouveau nom est confirmé par le décret du Président de la République le 17 janvier 1902. La rue Saint-Symphorien devint officiellement rue Losserand.

 

(sources : – https://paul-bert.jimdo.com/lieux-faits-et-personnages/personnages/sigismond-losserand/
http://books.openedition.org/pufr/1856
https://37.force-ouvriere.org/IMG/pdf/Sigismond_LOSSERANDdef2.pdf)

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