Publié dans Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

Henri de Noyelle (1763-1794), guillotiné

Henri-François de Paule de Noyelle naît à Loches le 27 septembre 1763 (et non pas le 29 novembre comme le dit Michel Laurencin dans la source citée).

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(C) AD37, 6NUM6/132/140, vue 18

« Le vingt huit septembre 1763 a été baptizé henry françois de paule né d’hier
fils de messire Charles joseph de noyelle, ecuyer, chevalier de l’ordre Royal et militaire
de st Louis, officier des troupes de France en Canada et de dame margueritte Mogé
à eû pour parrein messire henry françois de paule D’Aguesseau
Conseiller D’etat ordinaire et au Conseil Royal de Commerce Représenté par messire
jacques joseph de noyelle frère de l’Enfant et pour marraine demoiselle charles
magdelaine de noyelle sœur de l’Enfant lesquels ont signé avec nous.« 

Il est le dixième et dernier enfant du couple.

En 1765, le père d’Henri est affecté au Sénégal ; toute la famille le suit. Mme de Noyelle rentre à Loches en 1770, après la mort de son mari (1767).
Henri est alors placé au collège de La Flèce (1772), puis après le licenciement de l’école, il est envoyé au collège de Vendôme (1776), tenu par les Oratoriens. Il quitte l’établissement en 1779 et obtient une place de cadet-gentilhomme au régiment de Forez. Le 10 avril 1780, il est nommé sous-lieutenant dans la compagnie de Montault mais il abandonne le métier des armes pour embrasser la carrière religieuse.
A la fin de l’année 1786, il entre à l’abbaye bénédictine de St-Vincent du Mans, appartenant à l’ordre de St-Maur. Il fait profession le 29 juillet 1785, reçoit la tonsure et les ordres mineurs le 1er avril 1786 et est ordonné prêtre le 22 décembre 1787. En septembre 1788, il est envoyé à l’abbaye de St-Florent de Saumur. Lors de l’explusion des moines le 13 septembre 1790 (suite à l’interdiction des voeux monastiques et  à l’abolition de ordres religieux par décret du 13 février 1790), il se retire un temps à l’abbaye de Marmoutier à Tours, puis, suite aux pressions, se retire chez sa mère, à Loches.
Opposé à la Constitution civile du clergé (auquel il n’est pas tenu de prêter serment), il refuse le serment de liberté-égalité imposé en août 1792. Le 25 septembre, il est expulsé de l’abbaye et trouve refuge rue du cygne, à Tours. En février 1793, il se rend à Paris. Le 13 mars 1793, un arrêté des autorités départementales rend obligatoire le serment ou la réclusion des religieux. Il part alors pour Rouen puis Amiens où il est arrêté dans la nuit du 18 au 19 frimaire an II (8-9 décembre 1793). Après avoir été interrogé, il est déféré au Tribunal criminel de Tours. De nouveau interrogé, il est condamné à mort le 22 thermidor an II (9 août 1794) et guillotiné le lendemain place de la Nation (actuelle place Gaston Paillhou).

Sur son acte de décès, il n’est pas fait mention de la cause de son décès.

DC_denoyelle_6NUM8_261_011_p.131.JPG
(C) AD7, 6NUM8/261/011, p.131

Source :
– Michel Laurencin, Dictionnaire biographique de Touraine, Chambray-lès-Tours, 1990, C.L.D.

Illustration : photo personnelle, Guillotine mobile de 1794, Musée Maurice Dufresne (Azay-le-rideau, Indre-et-Loire)

 

LSF

2 commentaires sur « Henri de Noyelle (1763-1794), guillotiné »

    1. Bonjour,

      je me suis beaucoup aidée de l’ouvrage de Michel Laurencin, qui est très complet (et ma bible en matière de personnalités tourangelles).

      Quant à la guillotine mobile, elle fait partie des objets insolites du Musée Maurice Dufresne. Elle a été trouvée par hasard à Tours en 1960. M. Dufresne expliquait :
      « Nous l’avons ramassée à Tours en 1960 lors d’un chantier près de la rue des Tanneurs. Elle se trouvait dans un souterrain parmi des poutres et des ferrailles et était entièrement démontée. Sur le moment personne n’a compris de quoi il s’agissait. J’ai fait transporter cet amas à Villeperdue sans y toucher pendant 30 ans.
      En 1993, en voulant nettoyer l’endroit envahi par les ronces, j’ai découvert le couteau en croyant qu’il s’agissait d’un socle de charrue.
      A force de sortir les morceaux, je me suis rendu à l’évidence, il s’agissait d’une guillotine. Nous en avons eu la certitude en découvrant le mouton, cette pièce de fer qui s’emboite sur la lame pour lui donner du poids. »

      Merci de me lire.

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