Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Le balcon l’Officialité

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Où le trouver ?

« –  Place Grégoire de Tours.
– Où ça ?
– Place Grégoire de Tours, derrière la cathédrale Saint-Gatien.
– Ahhh. [silence]
Mais ça servait à quoi ?
– C’est de là que l’archevêque rendait les jugements du Tribunal ecclésiastique.
– Mais c’est pas le Musée des Beaux-arts derrière.
-Si. Le Musée des Beaux-arts a été aménagé dans l’ancien Palais des Archevêques.
– Ah d’accord. [silence]
Mais, euh… ça date de quelle époque ?
– J’ai cru que tu n’allais pas me le demander.
– Si je ne te l’avais pas demandé, tu me l’aurais dit quand même !
– Pas faux [le savoir, c’est comme la confiture, moins tu en as, plus tu l’étales].
– Bon alors, c’est vieux ton truc ?
– La partie Ouest du Palais des Archevêques date du XVIIe siècle et est due à Monseigneur Bertrand d’Eschaux, qui aménage le nouveau palais archiépiscopal, tandis que la partie Est est constuite par Monseigneur Rosset de Fleury au XVIIIe siècle, tout comme l’aménagement des terrasses dont la courbe suit le tracé de l’amphithéâtre romain de Caesarodunum.
– Donc, c’est pas très vieux !
– Attends, j’ai pas fini !
Le Palais des Archevêques date des XVIIe siècle et XVIIe siècle mais le balcon est ajouté sur un bâtiment plus ancien.
– Tu ne pouvais pas le dire plus tôt.
– Ben non, sinon, comment je fais pour étaler ma science !!!
Donc, le Palais des Archevêques date des XVIIe siècle et XVIIe siècle mais le balcon est ajouté sur un bâtiment plus ancien.
– Tu l’as déjà dit !
– Je peux continuer ???!!!
– Je peux t’en empêcher ???!!!
– Ben nan, même pas en rêves 😀
Donc…  …   …
– Ben vas-y !
– Je voulais être sûre que tu écoutais.
– Archevêques, XVIIe, XVIIe, blablabla. C’est bon, j’ai compris. Le balcon est ajouté sur un bâtiment plus ancien.
– Je l’ai déjà dit.
– Je sais, je vérifie que j’ai tout retenu.
– Le bâtiment plus ancien
– Celui où il y a le balcon !
– Oui, celui-là ! Il date du XIIe siècle et abrite, au premier étage, la salle des Synodes . C’est dans cette immense salle que se sont rassemblés, à deux reprises (1468 et 1484), les Etats généraux du royaume de France [tu ne seras donc pas surpris d’apprendre que la salle des Synodes est parfois appelée salle des Etats généraux].
Après 1789, le Palais des Archevêques devient théâtre, Ecole Centrale, bibliothèque.
– Fais pas la maline, t’as lu ça sur le site du Musée !!!
– Euh, pas que. Je te rappelle que je suis guide et que j’ai un peu potassé l’histoire de Tours pour obtenir ma carte professionnelle !
– Et ton balcon ?
– Il a été ajouté au XVIe siècle (vers 1522) à la demande de l’archevêque Martin de Beaune, dont on voit le blason .

[De gueules au chevron d’argent accompagné de trois besants d’or]
(pour ta culture, petit Padawan, il s’agit également du blason de la commune de Semblançay où Jacques de Beaune Semblançay, père du précédent, avait un château)
(et si tu aimes l’héraldique, le blason de la commune de Ballan-Miré est très ressemblant à celui des Beaune car le même Jacques de Beaune Semblançay y avait un château, le Château de la Carte)

(et comme on dit « jamais deux sans trois », on peut voir le blason de Jacques de Beaune encore lui sur la fontaine qui porte son nom, installée devant les ruines de l’Hôtel de Beaune-Semblançay, hôtel particulier dudit JBS).
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– Et pourquoi il s’appelle blacon de l’ « officialité » ?
– Eh ho, va voir sur Wikipédia !

 

LSF

Publié dans Challenge AZ, MON Challenge AZ avant LE Challenge AZ

G comme Gueules, azur, sable et sinople

Certains auteurs attribuent l’origine du terme gueules à un mot d’origine persane gul ou ghiul (گل), qui désigne un rose pâle. L’étymologie est incertaine car le mot gueules était couramment utilisé dans le vocabulaire des teinturiers pour désigner la gorge de petits mustélidés (fouine, martre), et par extension, les fourrures faites à partir de celles-ci. C’est aussi un terme d’héraldique.

Apparue au cours du XIè siècle au sein de la chevalerie, l’héraldique, ou l‘art du blason, s’est développée tout au long du Moyen-âge et s’est rapidement diffusée à l’ensemble de la société occidentale (clercs, nobles, bourgeois, paysans, communautés, puis corporations de métiers, villes et même régions). A l’origine, c’était un moyen de différencier les adversaires sur les champs de batailles, grâce à des étendards et des détails vestimentaires aux couleurs (armes) de chaque camps. En effet, alors que les peuples belligérants se différenciaient par leur costume durant l’Antiquité, les guerres féodales se faisaient parfois entre voisins et les combattants avaient sensiblement le même équipement militaire qui les couvrait presque totalement. Il fallait donc trouver un mode de ralliement autre que la voix ou la physionomie (à la bataille d’Hastings, Guillaume (le Conquérant) a dû enlever son casque pour prouver qu’il n’était pas mort).

L’héraldique est une science très codifiée. Par exemple, on ne dit pas droite et gauche mais dextre et senestre (qui sont la partie gauche du blason pour dextre et la partie droite pour senestre). De même, on ne parle pas derouge, bleu, vert ou noir mais de gueules, azur, sinople et sable. Ces couleurs, que l’on appelle émaux (émail au singulier) sont classées en 3 catégories : les métaux (or et argent), les fourrures (hermine, vair, contre-hermine et contre-vair) et les couleurs (gueules, azur, sinople, sable, pourpre, orangé, ainsi que carnation qui désigne la couleur chair et naturel qui désigne la couleur naturel du sujet représenté). L’adoption du terme gueules apparaît dans les armoriaux du XIIIè siècle, cet émail étant auparavant appelé rutile, ruffe, crocée ou bellic, vermillon, couleur de sang et d’écarlate, rouge par les hérauts médiévaux.

(cf. http://blasons.free.fr/heraldique/heraldique.php
http://leherautdarmes.chez.com/histoire.html#sommaire)

En ce qui concerne mes ancêtres

Voici qq blasonnements des communes où sont nés, se sont mariés, sont morts ou ont vécus mes ancêtres.

  • De sable, à trois tours d’argent, un chef d’azur, chargé de trois fleurs de lys d’or (Tours, Indre-et-Loire)
  • De gueules, au tilleul arraché d’or, surmonté en pointe d’une croix simple trèflée au pied fiché de sable, au chef d’argent, à trois cœurs du champ (Thilouze, Indre-et-Loire)
  • De gueules au brasier d’or à dextre, au marteau versé de sable posé en barre contre une enclume d’argent à senestre, le tout surmonté des lettres S, P et C capitales du même entrelacées en pal, au mantel d’azur, aux deux clefs d’or posées en chevron brochant sur le mantelé, leurs pannetons en pointe et liées par un anneau du même, au chef cousu de gueules chargé de quatre pals cousus de sinople et d’une étoile d’argent brochant en cœur (Saint-Pierre-des-Corps, Indre-et-Loire)
  • Écartelé : au 1, de gueules, à neuf macles accolées d’or, 3, 3 et 3 ; au 2, de gueules, aux chaînes d’or, posées en croix, sautoir et orle ; au 3, d’azur, à trois fleurs de lys d’or, à la cotice componée d’argent et de gueules, brochant sur la partition ; au 4, d’hermine ; et sur le tout d’argent, à une guivre d’azur, couronnée de gueules, à l’issant du même (Sainte-Maure-de-Touraine, Indre-et-Loire)
  • Parti : au 1, d’or, semé de fleurs de lys de gueules, à une demie aigle essorante de sable, brochant sur le tout ; au 2, d’azur, à un Saint Côme et un Saint Damien vêtus de robes de docteur d’or, debout sur une terrasse du même, l’un tenant un livre, l’autre une boîte (La Riche, Indre-et-Loire)
  • D’or, à une roue dentée de sable, encerclée de deux tiges de blé de sinople, à trois tours couvertes de gueules, soutenues d’une grappe de raisin fruitée du même, tigée et feuillée de sinople, brochantes sur le tout(Esvres-sur-Indre, Indre-et-Loire)
  • Parti : au 1, d’or, à une aigle bicéphale de sable ; au 2, d’azur, à une fleur de lys et une demi d’or, à une épée d’argent à la poignée d’or, posée en pal la pointe en bas brochant sur le tout (Cormery, Indre-et-Loire)
  • d’azur à la fasce d’or, accompagnée en chef d’un croissant du même accosté de deux étoiles aussi d’or, et en pointe de trois roses d’argent, boutonnées d’or, ordonnées 2 et 1 (Parcay-les-Pins, Maine-et-Loire)
  • au lion de gueules, à la bordure de sable besantée d’or ; au chef d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or (Poitiers, Vienne)
  • D’azur, à trois moutons passants d’argent, à la bordure engrêlée de gueules, au chef d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or (Bourges, Cher)