Publié dans Le "petit" patrimoine de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Visiter la Touraine en 1938

C’est à Château-la-Vallière, en 1890, qu’est créé en le premier syndicat d’initiative du département, le « Comité d’initiative des promenades et des embellissements de Château-la-Vallière ».
Constitué de notables locaux, le comité concourt à une politique municipale très active en faveur du tourisme : aménagement de jardins et boulevards, inscription d’éléments de patrimoine aux Monuments historiques…Il publie en 1890 un fascicule de visite à destination des voyageurs. On y trouve la description des principaux monuments de la ville et des villages alentours, ainsi que quelques informations pratiques ! (FRAD037 _ Fonds Bongars)(1)
Aucune description de photo disponible.
(1)(Sources : 200 ans de Tourisme en Touraine, catalogue d’exposition/Archives départementales d’Indre-et-Loire)

Parmi les publications « anciennes » que je possède, il y a un petit guide touristique de 1938.
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En 1938, le guide édité par Arrault & Cie en est à sa 38è édition. La Tour Charlemagne s’est déjà écroulée (1928) mais l’Hôtel Gouïn n’a pas encore souffert des affres de la guerre (1940) ; l’Hôtel de la Crouzille n’a pas été détruit par les bombardements (1940), ni l’Hôtel de Beaune-Semblançay ; la fontaine de Beaune-Semblançay a été déplacée plusieurs fois mais n’a pas encore retrouvé son emplacement d’origine ; la maison de la cordelière dite de Tristan Lhermitte, n’est pas encore le siège de l’IEHCA (Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation) et la chapelle St-Eloi n’accueille pas les Archives Municipales de Tours (1990) ; si les châteaux de Langeais, Loches, Chenonceau (entre autres) se visitent déjà, ceux de Montbazon et de Candé ne sont pas ouverts au public, et celui de Comacre est à 26 ans de sa destruction ; la bibliothèque municipale, encore sise place Anatole France (détruite dans l’incendie de 1940), est ouverte tous les jours, sauf jours de fête, du 1er août au 31 mars, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 4h00, de 10h00 à 11h30 et de 1h00 à 5h00 du 1er avril au 1er août, fermée 8 jours avant et après Pâques.

J’ai un autre guide édité par Arrault et Cie, datant de 1943.

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Cette fois-ci, la guerre a laissé des ruines dans le centre historique de Tours : l’Hôtel Gouïn, l’Hôtel de Beaune-Semblançay, l’Hôtel Gazil, l’Hôtel Bohier, l’Hôtel de la Vallière, l’Hôtel du Gouvernement, la bibliothèque municipale, le Museum d’Histoire naturelles,  « Toutes ces belles demeures ou leurs vestiges ont disparu dans la catastrophe de juin 1940 ». Idem pour l’imprimerie Mame, l’usine Liotard, l’hôtel du Faisan…

La société Arrault et compagnie, créé en 1881 a d’abord été, sous la direction d’Ernest Arrault, son fondateur, l’imprimeur de Charles Wilson et de son journal « La Petite France » qui devient, en 1890, la « Dépêche  du  Centre ». Sous l’impulsion de Charles Gay,  qui succède à Ernest Arrault en 1925, la Dépêche du Centre devient un  grand  quotidien  régional  couvrant  l’Indre-et-Loire, le Cher, le Loir-et-Cher, les Deux-Sèvres et, en partie, la Sarthe, la Vienne et le Maine-et-Loire. Parallèlement, l’imprimerie travaille avec de grands  éditeurs  parisiens et développe une activité d’imprimeur d’art. En 1949, la  société Arrault est condamnée pour collaboration et ses biens dévolus à la Société nationale des entreprises de presse (SNEP) ; le contentieux se poursuivra longuement. L’imprimerie de labeur poursuit son activité jusqu’en 1954. L’entreprise de presse est  réattribuée dès 1944 à la Nouvelle république du Centre Ouest de Jean Meunier, qui succède à Libé-Nord, journal clandestin résistant. (source : AD37)

 

LSF

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Le Tram à Tours, 1877-2013

Lorsque que les Tourangeaux ont inauguré la ligne de tram le 31 août 2013, beaucoup avaient oublié que la tram avait déjà circulé dans la ville. Bon, on parle d’un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître. Retour sur 73 ans d’histoire tourangelle. Et pour cela, je vous présente une chronique que j’aime bien, HistLoire (par Mathieu Giua). Bonne lecture.

HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, replongeons nous dans l’histoire du tramway de Tours.

L’histoire de la ville de Tours avec le tramway ne date pas d’hier, ni de 2013. Une histoire débutée en 1877 puis interrompue entre 1949 et 2013, non sans refaire parler à intervalles réguliers. En effet, si aujourd’hui, le tramway se fond dans la ville et l’agglomération et est une composante essentielle du quotidien pour beaucoup, il fut à l’inverse pendant longtemps un serpent de mer, alimentant parfois d’âpres débats. Pour bien comprendre ce lien, il faut remonter au XIXe siècle.

En 1877, la ville de Tours inaugure alors son réseau urbain de voies ferrées tractées par chevaux. Tours est alors seulement la 6e ville française à se doter d’un tel réseau après Paris, Nancy, Le Havre, Marseille et Versailles. Ce premier tramway parcourt alors une distance de 3,9 km entre la barrière de Vouvray (aux abords de l’Ile Aucard) à la barrière de Grandmont (actuel carrefour de Verdun). Réseau entièrement urbain au départ, le tramway va connaître un essor à partir de 1889 avec la création d’une ligne jusqu’à Vouvray, puis un autre vers Saint-Avertin et Azay-sur-Cher plus tard.

A son apogée au début du XXe siècle le réseau de tramway, électrifié à partir de 1901, est alors composé de cinq lignes urbaines et de 3 lignes suburbaines : Tours (Place Anatole France) – Vouvray / Tours (Place du Palais) – Saint-Avertin (puis Azay-sur-Cher) / Tours (Place de Choiseul) – Mareuil-Fondettes (ou Luynes), soit un réseau total de 54 km (19 km de lignes urbaines et 34 km de lignes suburbaines).

Lors de la Première Guerre Mondiale, la Compagnie des tramways de Tours va connaître néanmoins des difficultés financières et dès 1916 des tronçons sont abandonnés. Dès lors, le déclin est amorcé et en 1932, les lignes suburbaines devenues moins fréquentées du fait de la concurrence de la route seront supprimées et remplacées par des autobus. Le matériel est également vieillissant. La Seconde Guerre Mondiale sera le coup de grâce du réseau avec des infrastructures détruites. Circulant encore quelques années après 1945, la dernière rame cesse de circuler le 14 septembre 1949.

Dès les années 1970, la question d’un renouveau du tramway, ou plus généralement d’un réseau de transports en communs en site propre, refait surface dans les débats publics à intervalles réguliers. Plusieurs pistes sont étudiées, y compris celle d’un métro aérien. Dans les années 90, alors que le tramway a fait son retour dans plusieurs grandes villes de France, Jean Royer évoque de nouveau la mise en place de ce mode de transports, avec une préférence d’un système de transports sur pneumatiques. Tel un serpent de mer, le tramway fait dès lors parler de lui, mais il faudra attendre le milieu des années 2000 pour que le projet devienne concret.

En 2007, un an avant les élections municipales pour lesquelles il sera de nouveau candidat, le maire de Tours, Jean Germain, dévoile un projet de ligne de tramway avec un tracé Nord-Sud reprenant peu ou prou la ligne 1 du réseau de bus Fil Bleu. Ce projet de tramway sera au cœur de la campagne municipale qui s’annonce entre le maire sortant et son principal opposant Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) préférant un tramway sur pneus et rejetant le projet du maire sortant, critiquant notamment le coût jugé prohibitif (le candidat de la droite évoquait alors un coût de 500 millions d’euros qui fut finalement presque atteint contrairement aux premières prévisions du projet qui étaient d’un montant de 300 millions d’euros).

Finalement la réélection de Jean Germain ne souffrira d’aucune contestation et avec un score de 62.06%, le maire de Tours prendra cela comme un plébiscite en faveur du tramway. La mise en place de la première ligne de tramway sera le grand projet du mandat 2008-2014. Un projet mené tambours battants (en moins de 5 ans) mais non sans contestations. Entre opposants aux abatages des arbres sur le tracé (et notamment les 160 du mail au Sanitas), accusations de favoritisme dans le choix de certains prestataires (Alors adjointe à Jean Germain, Régine Charvet-Pello a obtenu le marché du design du tramway via son agence RCP), critiques sur le coût du projet… plusieurs recours ont lieu mais qui finalement n’aboutiront pas. Le 31 août 2013, le maire de Tours inaugure alors en grandes pompes son tramway. La première rame porte alors le numéro 51, un clin d’oeil à la dernière rame de 1949 qui portait elle le numéro 50… comme pour symboliquement marquer la continuité entre les deux réseaux.

Inauguration du tramway le 31 août 2013Un degré en plus : Un historique complet et détaillé est visible sur le blog letramdetours

Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Quand un prénom n’en vaut pas un autre.

Jean n’est pas Pierre et Marie n’est peut-être pas Marie. Sauf que Marguerite est peut-être Perrine et François, bah, c’est François.

En généalogie, rien n’est sûr, même ce qui semble l’être. Les approximations et les erreurs sont monnaie courante. Ce n’est pas forcément la faute des prêtres, souvent les mariés eux-mêmes ne connaissent pas toujours leur âge, les déclarants pour un décès ne sont parfois que des voisins, et les intéressés ont régulièrement une fâcheuse tendance à ne pas utiliser leur prénom de baptême.
Alors, quand on cherche un François, né vers 1758 à Pétaouchnoc, fils de Pierre Machin et Jeanne Bidule et qu’on trouve un François, né à Pétaouchnoc comme ses 6 frères et sœurs aînés, fils de Pierre Machin et Jeanne Bidule, mais né en 1750, on a tendance à se dire, chouette, j’ai trouvé mon François, en oubliant un peu vite qu’il peut s’agir d’un frère aîné, ou que le François qu’on cherche peut être né dans une commune différente de celle de ses frères. Au contraire, si l’on cherche un Jean, fils de Jean Untel et Françoise Trucmuche, né à Perpète-les-oies en 1716, et qu’en 1716, naît Jacques, fils de Jean Untel et Françoise Trucmuche, il ne faut pas trop vite conclure qu’il s’agit d’un frère. Et que dire quand on cherche une Marie, née vers 1738, fille de Jacques Truc et Françoise Bidule et qu’on trouve une première Marie, fille Jacques Truc et Françoise Bidule, née en 1730, et une seconde Marie, fille des mêmes, née en 1742. La débutante que j’étais en aurait déduit (probablement à tort) que seule la seconde avait survécu, méconnaissant que les parents donnaient souvent un même prénom à deux enfants, même encore en vie.

Concrètement, mes ancêtres étaient-ils atteints de TDI (trouble dissociatif de la personnalité) ?

Premier cas : Marie BUREAU.

Marie Bureau, sosa 511, décède le 2 ventôse an XI (1803) à Saint-Branchs (Indre-et-Loire) à « environ 69 ans », comme l’indique son acte de décès. Je trouve une Marie Bureau naît le 17 mai 1743 à Saint-Branchs (Indre-et-Loire), au lieu de 1734. Problèmes, je n’ai pas la fratrie donc je sais que ma recherche est incomplète (peut-être y a-t-il une autre Marie née avant 1734 ou même après 1743) ; je n’ai pas noté le détail de ma recherche (je sais pas si j’ai cherché de 1734 à 1743, avant 1734…ah, les erreurs de débutants !!!). Recherches : vérifier que Marie est bien Marie.

Deuxième cas : les Caradeau.

René Caradeau, sosa 906, et Antoinette Quantin, sosa 907 ont 14 enfants dont 2 Marie et 4 René (je n’ai trouvé qu’un acte de décès en bas-âge). Et justement, l’une des deux Marie est mon ancêtre mais laquelle ? J’ai choisi la plus âgée, celle qui se serait mariée à l’âge de 22 ans (la cadette aurait eu 14 ans au moment du mariage, possible mais un peu jeune). Recherches : trouver des preuves que Marie est bien Marie.
Caradeau

Troisième cas : le couple BOUGRIER / HONET

Gilles Bougrier, fils de Jacques Bougrier et Jeanne Honet, épouse Jeanne Richard le 19 janvier 1708 à Saint Branchs. Françoise Bougrier, fille de Jacques Bougrier et Jeanne Honet, épouse Louis Caillot le 18 février 1743 à Saint-Branchs. Selon toute logique, Gilles et Françoise sont frère et sœur. Au vu de la date des mariages, Gilles pourrait être l’aîné de la fratrie et s’être marié jeune, tandis que Françoise serait la benjamine (20 ans plus jeune que Gilles) et se serait mariée âgée (naissance en 1710 et mariage à 33 ans). Sauf que…Jacques Bougrier et Jeanne Honet sont 4 personnes différentes et Gilles est l’oncle de Françoise. Mais pour le deviner, il faut chercher tous les mariages Bougrier de cette époque et trouver celui de Jacques Bougrier, fils de Jacques Bougrier et Jeanne Honet, avec Jeanne Honet, en 1709.
BOUGRIERxHONET

Quatrième cas : le couple SIMON / MAINGAULT

En 1673 naît Catherine, fille de Simon Mingault et Catherine Guérin.
En 1686, se marie Anne Mingault, fille de Simon et Mathurine Guérin.
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Catherine fille et Anne sont-elles sœurs ? Catherine mère et Mathurine sont-elles la même personne ?
On le découvre avec l’acte de baptême d’Anne Mingault. Encore fallait-il aller chercher l’acte de baptême d’Anne. Anne naît en 1665.
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En fait, il y a deux couples Mingault x Guérin
– Simon Mingault x1 Catherine Guérin, x2 Michelle Pidou, dont Simon, Jospeh, Catherine et Jeanne
– Simon Mingault x Mathurine Guérin, dont Anne qui a pour marraine Catherine Guérin ci-dessus.
Tous vivent à Sainte-Catherine-de-Fierbois.

Cinquième cas : Perrine Delaunay

Tout commence normalement avec le mariage d’Agathe Requien et Joseph Lihoireau (sosa 737 et 735), le 15 juin 1700 à Meigné-le-Vicomte (Maine-et-Loire). Agathe est la fille de Simon Requien et Perrine Delaunay. Son acte de baptême (23 avril 1680 à Meigné) confirme la parenté. Agathe a 10 frères et sœurs, nés entre 1660 et 1682, tous enfants de Simon et Perrine. Perrine meurt le 26 septembre 1689 à Meigné, à environ 60 ans. Les problèmes commencent. Je n’ai pas trouvé le mariage Simon et Perrine mais j’ai trouvé le mariage de Simon Requien et Marguerite Delaunay, le 18 août 1659 à Meigné. Marguerite est la fille de René Delaunay et Marguerite Renard. Jai trouvé des enfants pour Simon Requien et Perrine Delaunay mais je n’en ai pas trouvé pour Simon Requien et Marguerite Delaunay. Les problèmes continuent. Perrine Delaunay meurt en 1689 à environ 60 ans et je trouve la naissance d’une Perrine Delaunay, le 30 septembre 1639 ; elle est la fille de Girard et de Perrine Macé. Les problèmes se poursuivent. Je n’ai pas trouvé le mariage de René Delaunay et Marguerite Renard, mais j’ai trouvé celui de René Delaunay et Perrine Renard, le 03 novembre 1634 à Meigné. Perrine est le fille de Jean Renard et Perrine Beulay. J’ai trouvé des enfants pour René Delaunay et Perrine Renard, je n’en ai pas trouvé pour René Delaunay et Marguerite Renard. Les problèmes persistent. Il y a bien deux familles, Girard Delaunay x Perrine Macé, et René Delaunay x Perrine Renard/Regnard. J’aurais tendance à penser que ma Perrine descend de René et Perrine et que Perrine comme sa mère, se faisait appeler Marguerite au moment du mariage. De plus, René, fils de Simon Requien et Perrine Delaunay, a pour marraine, Renée Delaunay, fille de René et Perrine Renard (même s’il n’a pas dit que c’est sa tante, c’est tentant de le penser). Recherches : vérifier que  Perrine est bien Marguerite ?

Sixième cas : Anne VERRIER

Parmi mes ancêtres, j’ai Charles Doujée (sosa 250) et Magdeleine Galand (sosa 251). Ils se marient le 7 janvier 1788 à St-Flovier (Indre-et-Loire). Magdeleine est la fille de François Galand et Anne Verrier. En 1788, Magdeleine est mineure et ses parents vivent à Obterre (Indre). Magdeleine naît le 2 décembre 1767 à Cléré-du-Bois (Indre). Grâce à Geneanet, je trouve le mariage des parents de Magdeleine très facilement. François Galand et Anne Verrier se marient le 14 janvier 1729 à Charnizay (Indre-et-Loire). Alors, où est le problème ? Et bien l’acte correspondant est celui de François Galand et Anne Gaultier, fille de Jacques Gaultier et Anne Verrier. Est-il  vraisemblable que le prêtre ce soit trompé et ait interverti le nom du père et celui de la mère ? Recherches : trouver la fratrie pour vérifier s’il y a une ou deux familles.

LSF

 

 

 

Publié dans Généalogie

Où, quand, qui et c’est tout.

Les actes de mariage sont une source très prisée des généalogistes car ils renseignent un certain nombre d’informations. Le problème est que le nombre d’informations varie sensiblement en fonction des périodes (et des curés). Et bien sûr, plus on remonte dans le temps, moins les curés sont atteints de logorrhée.

Voici quelques exemples issus des actes de mes ancêtres.

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(C)AD37, BMS, Saint-Branchs, 1664

« Le mesme jour et an a esté espousé
Jacques bougrier avec Jehane aulnet« 

On ne peut pas faire plus succinct. Dans cet acte, on a le nom des époux et pour ce qui est de la date, il faut aller voir l’acte précédent. En ce qui concerne la paroisse, le curé a dû se dire que ce n’était pas utile de la répéter à chaque acte. Acte laconique s’il en est, le curé devait être un taiseux.

Si l’acte précédent est le plus concis, certains autres sont à peine plus précis.

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(C)AD37, BMS, Saint-Branchs, 1642

« Le 25 iesme a esté espouzé en n[ot]re eglise
Rémy Besnier avec Andrée arrault« 

Dans cet acte, on peut noter la petite fioriture « en notre église », mais le curé ne précise toujours pas le nom de la paroisse qu’il administre. Quant à la date, elle est réduite à son stricte minimum, le jour.

mar baudichon-liard 1640
(C)AD37, BMS, Loches, 1640

« Le neuf e fut espousé Anthoine baudichon de ceste paroi[sse] avec Gatienne Liard
de la paroi[sse] de Mouzé« 

Cet acte nous donne le jour du mariage mais toujours pas le mois ni l’année. En revanche, on apprend que l’époux est de la paroisse et que l’épouse est de celle de Mouzé.

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(C)AD37, BMS, Cormery, 1646, 6NUM7/083/003, p.47

« Le lundy cincquiesme jour de du moys de
feuvrier an susdict françois Bergeret et
Jacquinne Gitton ont reçu la bénédiction
nuptialle en nostre église par moy curé« 

L’acte « détaille » l’identité des futurs époux, le jour et le mois du mariage et revoit à l’acte précèdent pour l’année. Le curé ajoute les formes avec le rituel « ont reçu la bénédiction nuptialle en nostre église par moy curé ». Mais exit la paroisse d’origine des futurs époux.

Mar Delalande Taffonneau Manthelan 1659
(C)AD37, BMS, Manthelan, 1659

« Le 6me de juillet 1659 furent
espousez Estienne de La Lende et
Michelle Taffonneau tous de cette paroisse« 

Cette fois-ci, la date de l’acte est complète et si la paroisse doit toujours être déduite, on sait que les futurs époux en sont originaires.

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(C)AD37, BMS, Hommes, 1616

« Le 25 jo[ur] de juillet 1616 fut espouzé en l’eglise
d’hommes Jan pays de la p[ar]oisse de Cléré aveque
marie huet fille de deffunct René huet de cette
p[ar]oisse d’hommes« 

Enfin un peu de lecture. L’acte nous donne la date complète, la paroisse où est célébré le mariage, la paroisse d’origine du futur, le père et la paroisse d’origine de la future. Il manque encore des éléments mais on avance.

Mar Leroux-Joubert.jpg

(C)AD37, BMS, Villeperdue, 1612, 6NUM7/278/002, p.23

« Entre hélie Le roux fils de mathurin
Le roux de ceste p[ar]oisse [1 mot] et marie
Jo[u]bert fille de deffunct messire (?) michel Joubert vivant (?)
greffier en la baronnye darthannes (Artannes) [2 mots] espousé en
léglise de Thilouze (?) le lundy XX iesme (?) de juin 1612 »

Même si l’acte est écrit « à l’envers », on y trouve le père du futur, la paroisse d’origine du futur, le père de la future et son métier durant son vivant, la paroisse dans laquelle est célébré le mariage, et la date. Si on veut jouer les tatillons, le curé ne dit pas s’il s’agit d’un mariage ou d’une promesse de mariage.

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(C)AD37, BMS, Savigné-sur-Lathan, 1629

« Le vingt ieme jour dud[it] novem8[bre] fut espousé René
Rotereau dem[eurant] en la parroisse de chasné [Channay-sur-Lathan] avec michelle
pelloquin fille de deffunct pierre pelloquin et de deffuncte
Jullienne desouches p[ar] moy curé »

Cet acte est à moitié presque complet : manquent l’année, les parents du futur, la paroisse de la future. Mais on a la paroisse du futur et la parents de la future.

Mar Cosnier Lucas 1665
(C)AD37, BMS, Esvres-sur-Indre, 1665

« Le  cinquiesme juilllet 1665 a esté solennisé Le mariage
Entre Gille cosnier filz de deffunct Pierre cosnier et de
Renée Gauché et françoise Lucas fille de deffunct
Gatien Lucas et de Marie Brechot tous deux de ceste
paroisse en présence des soubsignez et de Leurs parents
et amis »

Ce qui manquait dans l’acte précédent est présent dans celui-ci : l’année du mariage, les parents du futur, la paroisse de la future. Est également mentionné, sans qu’ils soient nommément cités, la présence des parents et amis.

Mar_Lemesle_Hudault_Chappelle_Blanche_1638, p.64

Mar_Lemesle_Hudault_Chappelle_Blanche_1638, p.64_suite
(C)AD37, BMS, La Chapelle Blanche, 1638, mariage Lemesle/Hudault

« L’onziesme jour de febvrier
1638 Jay espouzé M[aîtr]e fabien
Le Mesle Sergent Royal de la
paroisse de Restigné le congé du S[ieu]r
curé dud[it] Restigné en date du 4e
du pr[ése]nt Mois et an signé Rideau
avec
Nicolle hudault fille d’Anthoine
hudault et de Nicolle Cirotteau
de cette p[a]roisse en présence des
soub signés »

Mar_Lemesle_Hudault_Restigné_6NUM7.193.003, p.109

Mar_Lemesle_Hudault_Restigné_6NUM7.193.003, p.110
(C)AD 37, BMS, Restigné, 1638, mariage Lemesle/Hudault

« Le jeudy quatorziesme iour de Jan febvrier
l’an mil six cent trente et huit moy
curé de Restigné soubz signé certifie
avoir donné permission a […]
[…]
et a fabien Lemesle sergent royal
mon paroissien espouser Nicolle hudaut
paroissienne de […] Chapelle Blanche
fille d’Anthoine hudaut et de nicolle
Cirotteau sa feme […]« 

Coup double pour ce mariage. Le futur ne se marie pas dans sa paroisse d’origine. Il y a donc un acte de mariage dans la paroisse de la future ET le congé dans la paroisse du futur. Le congé est plutôt détaillé puisqu’on y trouve le métier du futur, la paroisse d’origine et les parents de la future. L’acte de mariage n’en dit pas plus.

Mar Bouhourdin Lebougre Pont-de-Ruan 1681, p.3.jpg

Mar Bouhourdin Lebougre Pont-de-Ruan 1681, p.3 suite
(C)AD37 , BMS, Saché, 1681

« Aujourd’huy quinsiesme Jour de Juillet 1681 sont comparus
devant nous Jacques Broussin curé de Saché soussigné
les personnes d’Estienne Bouhourdin aagé de trente ans
ou environ fils de Catherin Bouhourdin et de marie moreau
ses père et mère et Estiennette le bougre aagée de
dix-huit ans ou environ fille de deffuncte gille le
bougre et de Marguerite cruchet ses père et mère tous
de ceste paroisse lesquels Etienne bouhourdin et Estiennette
le bougre nous ont requis leur administrer les sacrements du
mariage […] faict du consentement du Sr curé dudit
Saché et ne sestant trouvé aucun empeschement leur
avons Imparti la bénédiction nuptialle en présence dudit
catherin Bouhourdin et de ladicte moreau grandmère (?) de l’epoux
Jacques et pasques moreau ses oncles et de françois
cruchet et louis procher oncles du coste paternel et maternel
de ladicte épouse qui ont tous fors les soubsignés
déclaré ne scavoir signer […]« 

Mar Salmon Brecque Benais 1686.jpg
(C)AD 37, Benais, 1686

« Le troisiesme jour de septembre mil six cent quatre
vingt six jay pbre soubsigné donné la bénédiction
nuptialle  Jean Salmon aagé de vingt deux ans
ou environ filz de deffunct Jean Salmon et dantoinette
peltier de la paroisse de Restigné ; et à Jeanne
brec aagée de vingt deux ans ou environ fille de
René brec et de margueritte siroteau après les avoir
fiancés et faict la proclamation de leur bans par
trois differans jours de dimanches et festes tant dans cette
église que celle de Restigné sans quily ai eu aucune
opposition ny empeschement qui soit venu à notre
connoissance et comme il appert par le certificat de
Monsr le Curé de Restigné en datte du deuxiesme du
présens mois et an en présence de René goynaud
oncle dudit espoux, antoinne pecher, estienne
du feu ses cousins germains, René brec, margueritte
cyroteau père et mère de la ditte espouse et René
brec son oncle, René galbrun (?) son cousin germain
et autres soubsignez […] »

Ces actes, bien qu’un peu plus récents que les précédents, sont la preuve que les curés pouvaient parfois ne pas être avares des renseignements.

Ou pas.

mar Douault Souchu 1692.jpg
(C)AD 49, BMS, Courléon, 1692

« Le treziesme Jour de Juin 1692 michel Douault homme veuf
et Jeanne souchu fille de françois Souchu et de deff[unc]te
assier de cette paroisse ont reçu La bénédiction nuptialle en
léglise de céans par moy prieur soubsigné en présence de leurs
parents et autres soubsignés »

 

LSF