Publié dans Petite histoire de la Touraine

La météo en Touraine

Les Archives départementales regorgent de ressources insoupçonnées (de moi en tout cas). Voici un document que les AD37 ont mis en avant sur leur site en juin 2013.

« Le 18 juin 1839, jour néfaste comme homme vivant n’en avait pas vu, un ouragan accompagné de tonnerre, d’éclaires et de grêle de la grosseur d’œufs de poules est venu fondre sur tout le canton d’Amboise. La tempête s’est apésentie plus particulièrement sur St Martin-le-Beau, ou il n’est pas resté face de végétation. Toutes les récoltes qui étaient de la plus belle apparance ont été détruite -en moins- de dix minutes, les blés étaient rentrés en terre, les cepes de vigne étaient en partie coupé, les tuiles des maisons étaient broyées par la grêle, les batiment étaient découvert, Les habitans étaient dans la désolation.

Le lendemain de ce desastre je me suis transporté à Tours près du préfet pour l’informer d’un pareil malheur et le prier de venir au secour des habitans les plus nécessiteux dont les habitations etaient découvertes. Ce magistrat avec lequel j’etais très bien, ma autorisé à acheter de suite toutes les tuilles que je pourais trouver et de les distribuer conjoinctement avec le conseil municipal à ceux qui en avais le plus grand besoin. De Tours je me rendis à Chargé ou j’ai acheté cent milliers de tuilles qui ont été donnés aux habitants les plus pauvres, a cette distribution de tuilles, Mr le Préfet à envoyé dans la commune de la graine de sarasin, des poix, du mils et j’ai acheté les pommes de terre qu’il y avait encore dans le pays. Ca a été donné aux habitans pour ensemancer les terreins qui etaient suceptible de l’être et malgré la saison avancée tous ses récoltes sont venues à maturité et assez belles.

Pour indemniser les propriétaires de se fléau la commune à été dégrévée sur les contributions directes de dix milles cinq cents francs…

La Préfecture lui à accordé sur les fonds départementaux pour réparer ses chemins vicinaux et fait planter des peupliers dans la plaine : 7 500 francs.
pour acheter du chanvre pour faire filer les femmes pauvres pendant l’hiver : 1200francs
pour acheter cent milles tuilles 1500 francs, et les grains de toutes espèces 1000 francs
En tout la commune à été indemnisée de 21 700 francs. »

(Le texte est reproduit tel quel, avec l’orthographe et la ponctuation utilisées par son auteur).

Ce témoignage, écrit par Jacques Briau, maire de Saint-Martin-le-Beau de 1832 à 1865, illustre les conséquences des intempéries de grêle sur les récoltes.

Cet ouragan ne fut pas un cas isolé puisqu’à cette date du 18 juin 1839, 108 communes furent touchées par la violence des intempéries : 53 communes dans l’arrondissement de Tours, 26 dans celui de Loches, 29 dans celui de Chinon.

Ces éléments statistiques sont connus grâce au travail accompli, entre 1860 et 1886, par Maurice de Tastes, alors professeur de physique et de chimie au lycée de Tours. Pour rédiger un article intitulé « De la répartition des grêles en Touraine, de 1811 à 1869 » paru en 1870, dans les Annales de la société d’agriculture, des sciences , arts et belles-lettres, Maurice de Tastes a consulté les archives de l’administration préfectorale, notamment des demandes de secours envoyés par les victimes de gelées printanières, pluies torrentielles, inondations, grêles.

De ce dépouillement, il ressort que juin occupe le premier rang avec 328 communes grêlées, juillet vient ensuite avec 138 communes touchées, 115 sinistres en mai, 50 en août et 3 seulement en avril. Un chiffre qui doit être pris avec précaution, car les documents consultés concernent non des procès-verbaux de chutes de grêle, mais des pertes matérielles causées par ce fléau. Or en avril, l’état peu avancé des récoltes rend souvent des grêles inoffensives.

De même si les communes les plus touchées sont Francueil et Athée, Thilouze, Truyes et Neuillé-Pont-Pierre, il ne faut pas oublier que cette répartition souligne des indemnités pour des récoltes touchées par la grêle et non pas le résultat d’observations météorologiques.

C’est pour cette raison que Maurice de Tastes organisa à partir de 1865 un réseau d’observateurs « bénévoles », recrutés parmi les instituteurs, chargés de rassembler les observations météorologiques dans des stations établies sur tout le département. Coordonnée par l’Association scientifique de France, une première campagne d’observations concerna l’étude des orages : direction des nuées orageuses, heures de l’orage, intensité des phénomènes électriques, coups foudroyants, dégâts causés par le vent, la pluie ou la grêle. Ces observations furent complétées par l’étude des pluies et de leur distribution sur la surface du sol, en vue du drainage et de l’irrigation des terres agricoles.

Ces observations furent rassemblées dans des tableaux mensuels regroupant les indications de température, de pression atmosphérique, de « l’état du ciel », de la direction et force du vent, des précipitations (pluie ou neige) accompagnés de commentaires, dont le style poétique et imagé n’est pas sans rappeler celui des actuels présentateurs télévisés de la météo.

Un relevé de ces tableaux pris aux mois de mai et juin 1872, 1902, 1904, 1935, 1968 permet une comparaison intéressante avec la situation actuelle .

Mai 1872
Moyenne des températures : 13°
Journée la plus froide : 12 mai : minima : 2°2 maxima : 11 °
Journée la plus chaude: 29 mai : minima : 12°2 maxima : 23°8

Ce mois de mai présente les caractéristiques ordinaires des mois de mai de nos contrées. Il débute par 3 belles journées (maximum : 22°) auxquelles succèdent une période de pluies, rafales, giboulées, terminées par 3 nuits de gelée désastreuse, précisément à la date des 11, 12, 13 mai aux jours dits des « saints de glace ». A cette période succède sans transition une période orageuse. La journée du 17 amène une grêle formidable qui ravage les communes de Joué, St-Avertin, la Ville-aux-Dames, Vouvray, Chancay, Montreuil et Dammarie, les dégâts sont considérables à St-Avertin, la Ville-aux-Dames, Vouvray. Le reste du mois est beau, de faibles mouvements orageux se manifestent de nouveau le 30 et 31.

Juin 1872
Moyenne des températures : 18°3
Journée la plus froide : 1er juin : minima : 8°6 maxima : 19°4
Journée la plus chaude: 16 juin : minima : 17°4 maxima : 30°8

Du 1er au 8 juin, temps nébuleux, température peu élevée et pluies fréquentes, quoique peu abondantes. Du 8 au 14 juin, temps pluvieux. A partir du 15 juin, beau temps et chaleur. La fin du mois offre une série de journées admirables, l’aspect des récoltes, surtout des fourrages, des blés et des seigles est aussi beau que possible.

Mai 1902
Moyenne des températures : 12°8
Journée la plus froide : 8 mai : minima: 4°8 maxima : 10°7
Journée la plus chaude: 28 mai : minima : 19°5 maxima : 25°5

Le mois de mai a été très mauvais pour l’agriculture. La température s’est maintenue très basse pendant la 1ère quinzaine. Les gelées ont fait des dégâts appréciables et dans les parties basses et non abritées, la vigne a beaucoup souffert. La seconde quinzaine est marquée par des pluies abondantes et des orages. La grêle a fait des dégâts en plusieurs endroits. Cette humidité froide et prolongée a retardé la végétation. Les prairies artificielles, fauchées pour la plupart, vont donner des foins de mauvaise qualité.

Juin 1902
Moyenne des températures : 18°3
Journée la plus froide : 9 juin : minima : 8°5 maxima : 15°9
Journée la plus chaude: 28 juin : minima : 20°2 maxima : 31°2

Les 3 premières semaines du mois de juin ont été bien mauvaises et défavorables à l’agriculture. la température fut relativement basse et 15 jours de pluie. Aussi la récolte de fourrage est-elle très endommagée et de médiocre qualité ! grâce à quelques beaux jours de la fin du mois, les foins n’auraient pas trop souffert. Là où les vignes ne sont pas gelées, il y a belle apparence et la floraison s’effectue dans de bonnes conditions. Les blés et les avoines promettent une bonne récolte.

Mai 1904
Moyenne des températures : 16°3
Journée la plus froide : 9 mai : minima : 5° maxima : 18°4
Journée la plus chaude: 16 mai : minima : 14°6 maxima : 32°7

Cette année , mai a été un peu capricieux, mais la note joyeuse d’espérance et de vie qui le caractérise n’a pas été faussée par une dernière apparition des rigueurs hivernales.
Jusqu’au 12 mai, il pleut presque tous les jours. La grêle, si appréhendée des viticulteurs, tombe le 6 et le 8 mai. Après cette période pluvieuse, le thermomètre se relève brusquement, dépasse 30° du 14 au 16 mai. Il fait un beau temps printanier. La chaleur donne même une poussée très vigoureuse à la végétation. Le reste du mois est marqué par un temps propice à l’agriculture.

Juin 1904
Moyenne des températures : 19°
Journée la plus froide : 2 juin : minima : 9° maxima : 17°8
Journée la plus chaude: 24 juin :minima : 15° maxima : 31°5

Le mois débute par un mauvaise période, la pluie ne cesse pas jusqu’au 10. Le temps est couvert, l’air chargé d’humidité. La grêle s’abat sur plusieurs points du département causant par endroits des dégâts très importants aux vignes. Après ces quelques mauvais jours, qui font naître beaucoup d’inquiétude chez les cultivateurs, le ciel se découvre, les pluies cessent et le soleil réapparaît dardant ses chauds rayons sur la campagne verdoyante. Jusqu’à la fin du mois, le beau temps n’est interrompu que par quelques averses bienfaisantes.

Mai 1935
Moyenne des températures : 12°2
Journée la plus froide : 15 mai : minima: 0°4 maxima : 12°1
Journée la plus chaude : 7 mai : minima : 10°2 maxima : 16°

La température se maintient assez élevée jusque vers le 12, vient ensuite un important refroidissement qui dure jusqu’au 20 mai. La température se relève jusqu’à la fin du mois, c’est un mois défavorable pour l’agriculture.

Juin 1935
Moyenne des températures : 17°7
Journée la plus froide : 1er juin : minima: 8°9 maxima : 19°6
Journée la plus chaude: 30 juin : minima : 17°6 maxima : 30°6

Températures assez basses du 1er au 17, par opposition à la période la plus chaude du 18 au 30. Les précipitations sont nettement excédentaires.

En 1935, ces observations furent faites à la station météorologique de Tours-Saint-Symphorien, nommée « Maurice de Tastes » en l’honneur de ce météorologiste tourangeau, qui au 19e siècle consacra 36 ans, de sa vie , au service météorologiste d’Indre-et-Loire. Ces observations étaient complétées par les relevés faits aux brigades de gendarmerie de Bourgueil, du Grand-Pressigny, de Montrésor et de Neuvy-le-Roi, à la Poudrerie du Ripault à Monts, à l’usine hydro-électrique de La Haye-Descartes, la tannerie Esnault à Château-Renault, l’école normale d’instituteurs de Loches, auprès d’instituteurs, et d’ingénieurs du service vicinal.

En 1968, le service météorologique d’Indre-et-Loire, installé depuis 1964, au nord de Tours, sur la commune de Parçay-Meslay, comporte un centre administratif et de climatologie, un service d’observation : la station « Maurice de Tastes » et un service de prévision et de renseignements, installé dans l’enceinte de la base aérienne, chargé de la protection aéronautique, mais également d’élaborer des prévisions à courte échéance 24 ou 48 heures à destination de tous les usagers.
Une dizaine de postes pluvio-thermométriques, répartis sur l’ensemble du département, sont exploités par des observateurs bénévoles qui effectuent les relevés quotidiens des températures minimales et maximales ainsi que la mesure de la quantité d’eau tombée.

Quel temps fit-il en Indre-et-Loire en mai 1968, pendant qu’à Paris, les étudiants manifestaient sur les barricades ?

Mai 1968
Moyenne des températures : 12°:
Température minimum : 18 mai : -1°8
Température maximum : 31 mai : 25°

Le début du mois fut très pluvieux. Les températures restèrent souvent inférieures à 10°, tandis que les maxima ne s’élevèrent que très rarement au dessus de 20°. Des températures basses qui eurent des répercussions sur les arbres fruitiers.

Juin 1968
Moyenne des températures : 16°4
Température minimum : 7 juin : 7°
Température maximum : 30 juin : 35°

Le nombre de jours de pluie atteignit 15 jours. Le mois débuta par 2 journées assez chaudes, mais l’établissement d’un régime perturbé et pluvieux entraîna rapidement un abaissement des températures. Les 3 derniers jours du mois deviennent les plus chauds, les maxima dépassant 25° les 28 et 29, s’élevant jusqu’à 35° dans l’après-midi du 30.

(source : AD37)

A titre de comparaison, voici les chiffres relevés par Météo-France à la station de Tours/Parçay-Meslay entre 1981 et 2010.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année

Température minimale moyenne (°C)

2 1,9 3,9 5,6 9,2 12,1 14 13,8 11,1 8,6 4,6 2,5 7,5

Température moyenne (°C)

4,7 5,2 8,1 10,4 14,2 17,5 19,8 19,6 16,5 12,2 7,8 5 11,8

Température maximale moyenne (°C)

7,3 8,5 12,3 15,2 19,1 22,8 25,5 25,5 21,8 16,8 10,9 7,5 16,1

Ensoleillement (h)

69,2 92 142,1 180,4 202,5 228,2 249,1 239 186 123,3 79,5 57,1 1 848

Précipitations (mm)

66,3 55,9 50,2 55,9 62,3 46,1 53,2 42,6 53,3 71 69,7 71,2 695,9

Et quelques records pour Tours  (sources : Lameteo.org/Wikipedia).

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année

Record de froid (°C)
date du record

−17,4
1987
−14,2
1963
−10,3
2005
−3,4
1974
−0,6
1957
2,6
1969
4,3
1965
4,8
1986
0,9
1956
−2,8
1950
−9
1956
−18,5
1964
18,5
1964

Record de chaleur (°C)
date du record

16,9
1975
21
1958
26,4
1955
29,3
1949
32,1
1953
36,7
1976
37,8
1949
39,8
2003
34,8
1953
29
1985
22,6
1955
18,9
1953
39,8
2003

Nombre de jours avec gel

10,6 9,1 6,7 2 0,1 0 0 0 0 0,5 6,2 10,2 45,3

Record de vent (km/h)
date du record

115
1998
122
2010
112
1988
94
1994
119
1988
86
1987
130
2003
119
1992
97
1995
104
1987
104
1987
130
1999
130
1999

Record de pluie en 24 h (mm)
date du record

36,4
1961
30,6
1997
33,8
1980
29,4
2001
62
2009
58
1970
52,7
1999
61,8
1997
48
2003
44
1966
36,6
1997
34,9
1976
62
2009

LSF

Publié dans Challenge AZ, Challenge AZ 2018

Mon thème pour le Challenge AZ 2018

Après le parler tourangeau en 2016 et un quiz sur Tours en  2017, le Challenge AZ 2018 sera l’occasion de vous présenter certains de mes ancêtres.

Il est déjà difficile de trouver des ancêtres dont le nom correspond aux lettres de l’alphabet mais que dire de ceux « choisis » parce qu’on n’a pas le choix. Que raconter si je n’ai aucune informations sur eux ? Ou que dire d’un simple laboureur qui n’a jamais quitté son village, qui a eu la joie d’être père et la douleur de perdre un enfant comme tant de personnes des temps passés, qui n’est pas mort dans la fleur de l’âge mais qui n’a pas atteint un âge canonique non plus ? Comment rendre une vie simple, intéressante pour les autres ? Non pas que la vie ordinaire de mes ancêtres ne soit pas digne d’intérêt, mais nous avons tous des histoires comme cela dans notre généalogie.

Alors, ne m’en veuillez pas si mes billets ne sont pas d’un intérêt généalogique époustouflant ou éblouissant. Quel que soit l’ancêtre que je mettrai à l’honneur et la somme d’informations que je pourrai communiquer, j’essaierai de mettre en évidence un détail, une date, une particularité qui fera sortir mon ancêtre de l’anonymat le temps d’un billet (comme disait Andy, « In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes. »).

Mon thème sera donc « Singularités et autres bizarreries de mes ancêtres ou pourquoi chaque personne est (presque) unique ».

Et puis, j’ai eu un moment d’égarement, je me suis crue possesseuse de supers pouvoirs, telle Wonder woman ou la Schtroumpfette et j’ai décidé de ne pas vous présenter un ancêtre par lettres mais deux, un homme et une femme (enfin, essayer). Et pour compliquer encore les choses, j’ai essayé de trouver un lien (parfois capilotracté) entre les deux.

Alors, c’est parti pour un voyage parmi mes ancêtres.

 

LSF

Publié dans Challenge AZ, Challenge AZ 2019

Challenge AZ 2019

Non, je ne me suis pas trompée, oui vous avez bien lu, j’ai déjà une idée pour le prochain challenge. En fait, j’ai cette idée depuis 6 mois.

C’est une idée un peu folle. Allez je vous donne un indice, c’est en rapport avec mon cousin Raymond Queneau. J’ai presque toutes les lettres, dont les plus difficultueuses, les redoutées W, X, Y, Z (il me manque le E, le F et le G) . Et j’ai même déjà écrit 9 billets sur les 26 (A, C, I, J, O, P, T, V, Y) ; j’ai la trame de 10 articles (B, D, K, L, M, Q, R, W, X, Z) et le titre pour 4 (H, N, S, U).

J’ai encore du boulot, mais j’ai encore un an.

 

LSF

 

Publié dans Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

Henri de Noyelle (1763-1794), guillotiné

Henri-François de Paule de Noyelle naît à Loches le 27 septembre 1763 (et non pas le 29 novembre comme le dit Michel Laurencin dans la source citée).

Denoyelle_Loches_1763_6NUM6_132_140_p.18
(C) AD37, 6NUM6/132/140, vue 18

« Le vingt huit septembre 1763 a été baptizé henry françois de paule né d’hier
fils de messire Charles joseph de noyelle, ecuyer, chevalier de l’ordre Royal et militaire
de st Louis, officier des troupes de France en Canada et de dame margueritte Mogé
à eû pour parrein messire henry françois de paule D’Aguesseau
Conseiller D’etat ordinaire et au Conseil Royal de Commerce Représenté par messire
jacques joseph de noyelle frère de l’Enfant et pour marraine demoiselle charles
magdelaine de noyelle sœur de l’Enfant lesquels ont signé avec nous.« 

Il est le dixième et dernier enfant du couple.

En 1765, le père d’Henri est affecté au Sénégal ; toute la famille le suit. Mme de Noyelle rentre à Loches en 1770, après la mort de son mari (1767).
Henri est alors placé au collège de La Flèce (1772), puis après le licenciement de l’école, il est envoyé au collège de Vendôme (1776), tenu par les Oratoriens. Il quitte l’établissement en 1779 et obtient une place de cadet-gentilhomme au régiment de Forez. Le 10 avril 1780, il est nommé sous-lieutenant dans la compagnie de Montault mais il abandonne le métier des armes pour embrasser la carrière religieuse.
A la fin de l’année 1786, il entre à l’abbaye bénédictine de St-Vincent du Mans, appartenant à l’ordre de St-Maur. Il fait profession le 29 juillet 1785, reçoit la tonsure et les ordres mineurs le 1er avril 1786 et est ordonné prêtre le 22 décembre 1787. En septembre 1788, il est envoyé à l’abbaye de St-Florent de Saumur. Lors de l’explusion des moines le 13 septembre 1790 (suite à l’interdiction des voeux monastiques et  à l’abolition de ordres religieux par décret du 13 février 1790), il se retire un temps à l’abbaye de Marmoutier à Tours, puis, suite aux pressions, se retire chez sa mère, à Loches.
Opposé à la Constitution civile du clergé (auquel il n’est pas tenu de prêter serment), il refuse le serment de liberté-égalité imposé en août 1792. Le 25 septembre, il est expulsé de l’abbaye et trouve refuge rue du cygne, à Tours. En février 1793, il se rend à Paris. Le 13 mars 1793, un arrêté des autorités départementales rend obligatoire le serment ou la réclusion des religieux. Il part alors pour Rouen puis Amiens où il est arrêté dans la nuit du 18 au 19 frimaire an II (8-9 décembre 1793). Après avoir été interrogé, il est déféré au Tribunal criminel de Tours. De nouveau interrogé, il est condamné à mort le 22 thermidor an II (9 août 1794) et guillotiné le lendemain place de la Nation (actuelle place Gaston Paillhou).

Sur son acte de décès, il n’est pas fait mention de la cause de son décès.

DC_denoyelle_6NUM8_261_011_p.131.JPG
(C) AD7, 6NUM8/261/011, p.131

Source :
– Michel Laurencin, Dictionnaire biographique de Touraine, Chambray-lès-Tours, 1990, C.L.D.

Illustration : photo personnelle, Guillotine mobile de 1794, Musée Maurice Dufresne (Azay-le-rideau, Indre-et-Loire)

 

LSF