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Le Petit Journal, 28 septembre 1917

Lorsque ma grand-mère a déménagé en 1996, elle a quitté une maison_ en fait, un ensemble formé de plusieurs maisons réunies ultérieurement (parcelles 501 et 502 du cadastre napoléonien)_ et a vidé plusieurs greniers et autres débarras dans lesquels s’accumulaient, s’entassaient, s’empilaient, depuis des décennies, divers objets de toutes sortes et de tous horizons.

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(C) AD37 numérisées, Gizeux_6NUM10/112/009_Section_C2_Bourg_1829

Parmi ces objets, un vieux journal, que tout destinait à la poubelle si mon père ne me l’avait pas montré, car éventuellement, cela pouvait m’intéresser. Et c’était peu dire que ça m’intéressait, un journal vieux de 89 ans. Mais voilà, il y a 20 ans, je n’avais aucune connaissance en matière de conservation des documents anciens, et pour le préserver, je l’ai bien emballé, soigneusement…dans du film alimentaire (pour lui assurer une atmosphère un peu hermétique !). Et bien ce morceau de papier (tout de même à l’abri de la lumière et de l’humidité depuis que je l’ai adopté, ce qui n’était pas le cas auparavant) est un dur à cuire car il n’a pas bougé. Mais il a conservé toute la poussière coincée entre ses pages, que je n’avais pas enlevée en 1996, et ses déchirures qui ne se sont réparées toutes seules. Il s’agit du Petit Journal du 28 septembre 1917. Je vous le présente.

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Notez l’encart pour un établissement soignant la syphilis, la pub pour le Petrol Hahn (crée en 1885), le quinquina Byrrh (crée en 1866), Jouvence de l’Abbé Soury (crée au XVIIIè siècle) ou pour un traitement pour les constipés et entérités. Sachez qu’à Paris, la vielle, le temps était couvert et pluvieux.

Pour les plus curieux, vous trouverez une version beaucoup plus lisible sur Gallica.

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La loge franc-maçonnique des « amis du peuple » à Tours

Aujourd’hui, je vous présente une chronique que j’aime bien, HistLoire. Bonne lecture.

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HistLoire, c’est une nouvelle chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, découvrez l’histoire du temple des Démophiles, situé rue Georges Courteline.

Rue Georges Courteline, une drôle de façade se dresse sur la rue. Cette dernière est celle du temple des Démophiles, principal temple franc-maçonnique de la ville de Tours.

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Ce lieu est chargé d’histoire, avant d’abriter la communauté franc-maçonne il fut notamment un couvent religieux. En 1711 s’y installent les sœurs de Notre-Dame de Charité du Refuge. Dès lors, le lieu prend le surnom du « Refuge ». Pendant la Révolution, le Refuge est nationalisé puis est transformé sous le Directoire pour abriter le VIe régiment de Hussards de la République.

Lors de la Restauration (1814-1830), le Refuge change de nouveau d’activité. L’ordonnance royale du 11 septembre 1816 créé en ces lieux un orphelinat et une maison de correction pour les filles de « mauvaise vie ou en danger moral ». La maison de correction restera en activité tout le XIXe siècle, précisément jusqu’en 1903, année ou éclate un scandale. Certaines sœurs en charge du Refuge sont accusées de mauvais traitements et de sadisme sur leurs pensionnaires. Cette affaire fit grand bruit, Georges Clemenceau couvrit même le procès pour le journal l’Aurore.

Rachetés par l’Etat, les lieux sont en partis détruits avec le percement de la rue Dabilly en 1904. La loge maçonnique des Démophiles s’en porte alors acquéreur en 1907. Cette loge dépendante du Grand Orient de France, est toujours en possession des lieux aujourd’hui.

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Outre l’histoire maçonnique, ce lieu fut également lié à l’histoire politique. En effet, ce lieu porta bien son nom puisqu’il servit de refuge pour les délégués minoritaires du Congrès de Tours de Décembre 1920. Lors de ce congrès, avec la scission de la SFIO, qui entraina la création du Parti Communiste, les délégués ayant refusé l’adhésion à la IIIe Internationale, Léon Blum en tête, quittent la salle du Manège et rejoignent la loge des Démophiles pour y continuer leurs travaux et réfléchir à l’avenir de la SFIO, dorénavant orpheline de sa majorité de délégués ayant rejoint la IIIe Internationale.

Les Démophiles c’est quoi ?

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La loge des Démophiles naît en décembre 1847 de la volonté de Jules Charpentier. Cette appellation, tirée de la mythologie latine, se traduit par «amis du peuple». La loge des Démophiles est rattachée au Grand Orient de France (GODF). Sur la façade du bâtiment nous pouvons d’ailleurs observer les lettres GODF de part et d’autre de la porte.

(source : 37 degres mag)

L’Indre-et-Loire compte huit loges du Grand Orient de France : Les Enfants de Rabelais à Chinon, Concorde et Solidarité Lochoise à Loches, Altérité, Cosmodicée, Des Enfants de la Loire, Les Démophiles, Saint-Jean de Tours, Temple et Cité à Tours.

 

Pour aller plus loin :
Ecossais37.over-blog.org
L’express.fr
https://books.openedition.org/pufr/1853?lang=fr
https://books.openedition.org/pufr/1855?lang=fr

Publié dans Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

James Cane (1798-1868), philanthrope

Né le 17 frimaire an VII (7 décembre 1798) à Tours, James Cane est issu d’une famille d’origine irlandaise venue s’installer en Touraine après l’échec de la révolte de l’Irlande contre l’Angleterre. Au moment de son décès (27 avril 1868), il habitait la maison natale de Balzac, au 39 rue Royale, anciennement 25 rue de l’Armée d’Italie, actuellement Rue Nationale 1. D’ailleurs, à la mort de l’écrivain en 1850, Cane a financé la pose d’une plaque commémorative sur la façade de la demeure. Balzac et Cane ont vraisemblablement étaient des camarades de jeu.

Cane a légué à la ville de Tours un million de francs de l’époque pour le bureau de bienfaisance (pour comparaison, en 1850, 1kg de pain vaut 0,37 franc, 1 litre de vin vaut 0,80 franc, 1kg de viande de bœuf vaut 1,36 franc tandis qu’un maçon gagnait 2,30 francs par jour). 

Jusqu’en 1878, la rue James Cane était le prolongement de la rue de la Chevalerie. Elle prend son nom actuelle par arrêté du 05 août 1878.
 
Une stèle surmontée de son buste est installée dans le jardin de l’hôpital Bretonneau.

1.  selon d’autres sources, Cane ne vivait pas dans la maison de Balzac au moment de sa mort mais y serait né avant l’installation de la famille de l’écrivain. De même, ce serait Adrien Brun (1800-1876), l’un des condisciples de Balzac au collège de Vendôme, qui se serait chargé de faire apposer la plaque commémorative (il est alors préfet d’Indre-et-Loire). Après consultation des AD, James Cane est bien décédé 39 rue Royale (6NUM8/261/242 – Décès, 1868, vue 117), et Balzac bien né 25 rue de l’Armée d’Italie (6NUM8/261/025 – Naissances, an VII, vue 162).

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(sources :
– Geneviève Gascuel, Les noms des rues de Tours, Ed. C.M.D.
http://erwan.gil.free.fr/index.php?mod=freepages&pageid=109

Pour aller plus loin : assistancescolaire.com

Publié dans Personnalités tourangelles, Petite histoire de la Touraine

Jules Charpentier(1814-1892), bienfaiteur

Jules Charpentier naît à Tours le 11 novembre 1814 (AD37 numérisées, 6NUM8/261/073 – Naissances, 1814, p.159). Ses parents tenaient une boutique d’épicier-cirier.

Initié à la Franc-maçonnerie en 1837, Jules Charpentier reste aujourd’hui la figure emblématique de la loge du Grand Orient de France, les Démophiles, qu’il fonde à Tours en 1847. Il la préside  pendant dix-sept ans.

Il est maire de Tours de 1882 et 1884. Bienfaiteur de la ville, il lègue une forte somme d’argent qui devait être affectée à une fête des écoles dite « Fête scolaire de l’arbre de la Liberté ».

Il meurt soudainement salle Blandin (n°6 du Boulevard Béranger), alors qu’il présidait un banquet des Prévoyants de l’avenir, le 27 avril 1892 (AD37 numérisées, 6NUM8/261/317 – Décès, 1892, p.131). Il est inhumé au cimetière Lasalle de Tours-St-Symphorien.

Il a vécu au n°70 de la rue Saint-Eloi (devenue rue de Chinon, puis rue de Verville, puis rue Friedland, puis rue du faubourg St-Eloi en 1816, puis de nouveau rue St-Eloi en 1843) qui prend son nom (rue Charpentier) par délibération du 22 août 1892.

Pour aller plus loin : https://books.openedition.org/pufr/1853?lang=fr
Source : Geneviève Gascuel, Les Noms des rues de Tours