Publié dans Généalogie, La boîte à trucs

Mesures anciennes et pifométrie

Les unités de mesure étaient nombreuses sous l’Ancien Régime et variaient d’une région à l’autre, voire d’une seigneurie à l’autre. Il faut attendre la création du système métrique pendant la Révolution Française pour qu’une (très relative) harmonisation se fasse, et presque un siècle de plus pour que ces nouvelles mesures s’imposent dans tout le pays.

Alors, je ne suis intéressée à la question. Qu’étais-je aller faire dans cette galère. A bien y réfléchir, c’est trop pour moi, trop complexe à expliquer, trop compliqué à retenir. Par exemple : en général, la superficie de l’acre est égale à deux journées de bœufs (deux journées de travail que peut accomplir un attelage de bœufs). Elle se situe ainsi généralement entre trente et soixante ares. En France, les arpenteurs utilisaient le plus souvent la perche de 22 pieds du Roi, dite « des eaux et forêts ». Ainsi, l’acre français valait 51,072 ares ou 5 107,2 m2. Localement, on pouvait aussi utiliser la « perche ordinaire » de 20 pieds du Roi, avec un acre (ou arpent carré) de 40 000 pieds du Roi carrés soit 42,208 ares ou 4 220,8 m2. L’arpent (mesure de surface) mesurait toujours 100 perches carrées, quelle que soit la longueur de la perche utilisée. 
Un arpent français (mesure de longueur) valait 10 perches d’arpent, soit 220 pieds du Roi, ce qui équivaut à 71,46 mètres ; c’est « l’arpent des arpenteurs ». Localement, on pouvait aussi utiliser un arpent de 10 perches ordinaires soit 200 pieds du Roi, ce qui équivaut à 64,97 mètres.

Bref, tout cela est bien approximatif. Donc, pourquoi ne pas vous parler de pifométrie ? L’idée ne vient pas de moi, je vous laisse découvrir le site d’origine, mais voici un extrait pour vous mettre l’eau à la bouche.

« La minute : unité de temps à venir, utilisée pour une mesure a priori. Pour une mesure a posteriori, la minute est qualifiée de « coiffeur ». Malgré ce que laisse supposer une homonymie aussi fâcheuse que fortuite, cette unité n’a aucun rapport avec la soixantième partie de l’heure. Ses sous-multiples sont la petite minute et la seconde, mais ils n’apportent rien sur le plan de la durée.

NOTE : la minute peut s’employer au pluriel, mais cette opération relève plus de la poésie que de l’arithmétique (voir règle 1*)

EXEMPLE : « Je vous appelle dans une minute », ou bien « Je vous appelle dans une petite minute », ou bien « Je vous appelle dans trois minutes », ou bien « Je vous appelle dans une seconde » ne constitue qu’une suite de promesses, généralement non tenues, qui n’ont aucune différence temporelle relative entre elles.

[Outre la palanquée, la flopée, la tripotée ou la lichette, NDLR] de nombreuses autres unités de quantité sont communément employées mais n’ont pas été définies ici. Il incombe à chacun de se reporter à son dictionnaire favori pour en connaître le sens et l’application. Le présent document se limitera à citer les plus connues :

  • grain, soupçon, doigt, …
  • goutte, larme, nuage, …
  • pointe, débauche, orgie, …
  • monceau, nuée, arsenal, …
  • myriade, kyrielle, avalanche, …

EXEMPLE : Il faut un grain de folie et une pointe de masochisme pour accepter sans moufter la kyrielle d’ennuis et l’orgie de travail que va te procurer ce dossier, sans compter l’avalanche d’engueulades de la part du chef.

Notons au passage que la pifométrie ne se borne pas à mesurer une grandeur. Elle permet également, et c’est là sa grande richesse, de suggérer suivant le contexte des valeurs profondément humaines que le pifométricien compétent discerne aisément.

EXEMPLE : « Je prendrais bien un(e) [pifôme] de lait dans mon thé ». Le commun des mortels comprend que son interlocutrice souhaite simplement un peu de lait dans son thé.

Le pifométricien averti saura interpréter plus finement le [pifôme] :

Pifôme Valeur révélée
soupçon la jalousie
larme le sentimentalisme
nuage l’onirisme
goutte l’incontinence
doigt la virginité

Il convient néanmoins de se méfier des interprétations abusives.

EXEMPLE : « Je me ferais bien un doigt de Porto » ne signifie pas systématiquement que l’interlocutrice envisage une escapade lusitanienne.« 

*Règle 1
Le produit d’une unité pifométrique par un scalaire quelconque est égal à l’unité pifométrique initiale.
EXEMPLE : « Deux minutes, s’il vous plaît ! » ou « Trois minutes, s’il vous plaît ! » représentent exactement la même durée que « Une minute, s’il vous plaît ! »

Pour aller plus loin, voir le blog genealexis, et ici.

 

LSF

Publié dans Cousins d'hier et d'aujourd'hui, Généalogie

Claire

Geneanet a cela de sympathique qu’il permet de trouver des pistes de recherches pour sa généalogie mais aussi de trouver des cousins généalogiques qui ont la même folle passion. Et des cousins, j’en ai trouvé un certain nombre, des avec qui je cousine une fois (comme Michel P.), deux fois (comme Robert C.), et même quatre fois (comme Jean-Pierre M. ou avec Marc V. ; et je cousine même avec Jean-Pierre M. et Marc V. par le même couple d’ancêtres, René Rotreau et Marie Barrier). Et il y en a une avec qui je cousine 3 fois. Elle s’appelle Claire.

Alors pourquoi Claire plutôt qu’un autre cousin ? Pour plusieurs raisons.
– Claire est la première cousine généalogique avec laquelle j’ai établi un lien. En tant que généalogiste amateur toute débutante, j’avais l’impression d’avoir rencontré Elvis (ou Marylin, selon votre préférence) !
– contrairement aux cousinages que j’ai établis par la suite, je cousine avec Claire à un degré assez faible, au 6è degré pour être précise.
– je cousine avec Claire 2 fois par la branche maternelle et 1 fois par la branche paternelle, alors que pour les autres cousinages, c’est toujours ou par la branche paternelle ou par la branche maternelle mais jamais les deux en même temps.

 

Voici ce que cela donne.

Pierre FOURRIER (1794-1873) x Madeleine TULASNE (1799-1840)
Madeleine FOURRIER (
1828-1861) x Louis Eugène BEAUFILS (1822-)
_ _
Madeleine Louise BEAUFILS (1852-1931) x Alexis Prosper COMPAGNON (1840-1917)
_ _ _Madeleine COMPAGNON (
1875-1961) x Jules Emile MARTINEAU (1874-1953)
_ _ _ _
le grand-père de Claire
_ _ _ _ _la mère de Claire
_ _ _ _ Claire
_Anne FOURRIER (
1834-1907) x Louis LIVOIREAU (1830-1901)
_ _Anne Victoire LIVOIREAU (
1865-1928) x André Jacques François DUAULT (1864-)
_ _ _Anne Adrienne DUAULT (
1887-1967) x Pierre Marie HÉMON (1883-1956)
_ _ _ _ma grand-mère
_ _ _ _ _mon père
_ _ _ _ moi
Charles SOMMIER (1647-1717) x Marie PLAUDIN (1655-1721)
_Marguerite SOMMIER (
1683-1762) x Jean FOSSEJEAN (1680-1737)
_ _Jean FOSSEJEAN (
1703-1778) x Marie SOUPIRE (1702-1752)
_ _ _Anne Catherine FAUSSEJEAN (
1727-1778) x François THOMAS (1717-1793)
_ _ _ _Pierre Simon SOMMIER x Catherine THOMAS

_ _ _ _ _Louis SOMMIER (
1786-) x Françoise DUJONC (1788-1842/)
_ _ __ _ _ _Pierre SOMMIER (
1813-1872) x Angélique MOREAU (1818-1845)
_ _ _ _ _ _Philomène 
SOMMIER (1836-1907x Adrien JOLLET (1835-1865)
_ _ _ _ _ _ _ _Joséphine JOLLET (
1862-1956) x Eugène POTTIER (1863-1892)
_ _ 
_ _ _ _ _ la grand-mère de Claire
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _le père de Claire
_ _ _ _ _ _ _ _ _ Claire
_Charles SOMMIER (1691-1730) x Marie Catherine BODIN (1696-1779)
_ _Catherine SOMMIER (1720-1796) x Francois PELE (†1766)
_ _ _Louise PELLÉ x François POUGNAUD
_ _ _ _Louise POUGNAUD (1772-1840) x Barthélémy RABIER (ca 1777-1821)
_ _ _ _ _Louis RABIER (1804-1860) x Catherine CHAMBON (1798-1874)
_ _ _ _ _ _Paul RABIER (1833-189)1 x Dorothée SIMON (1837-1928)
_ _ 
_ _ _ Georges RABIER (1864-1945) x Marceline PERDREAU (1871-1961)
_ _ _ _ _ _ _ _Marie RABIER (1900-1946) x Henri BULOT (1892-1968)
_ _ _ _ _ _ _ _ _ma grand-mère
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ma mère
_ _ _ _ _ _ _ _ _ moi
Thomas BODIN (1666-1739) x Marie DOUCET (1671-1736)
_Marguerite BODIN (1702-1766) x Pierre GODET (1697-1770)
_ _François GODET (1723-1801) x Marguerite SOMMIER (1724-1761)
_ _ _Marguerite GODET x Étienne MARQUET
_ _ _ _François GODET x Anne GALETTE (1794-1816)
_ _ _ _ _Anne GODET (1813-1891) x Guillaume JOLLET 1806-1869)
_ _ _ _ _ _Adrien JOLLET (1835-1865) x Philomène Caroline SOMMIER (1836-1907)
_ _ _ _ _ _ _Joséphine JOLLET (1862-) x Eugène POTTIER (1863-1892)
_ _ _ _ _ _ _ _le grand-père de Claire
_ _ _ _ _ _ _ _ _le père de Claire
_ _ _ _ _ _ _ _ Claire
_Marie Catherine BODIN (1696-1779) x Charles SOMMIER (1691-1730)
_ _Catherine SOMMIER (1720-1796) x Francois PELE (†1766)
_ _ _Louise PELLÉ x François POUGNAUD
_ _ _ _Louise POUGNAUD (1772-1840) x Barthélémy RABIER (ca 1777-1821)
_ _ _ _ _Louis RABIER (1804-1860) x Catherine CHAMBON (1798-1874)
_ _ _ _ _ _Paul RABIER (1833-1891) x Dorothée SIMON (1837-1928)
_ _ _ _ _ _ _Georges RABIER (1864-1945) x Marceline PERDREAU (1871-1961)
_ _ _ _ _ _ _ _Marie RABIER (1900-1946) x Henri BULOT (1892-1968)
_ _ _ _ _ _ _ _ _ma grand-mère
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ma mère
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _moi

 

NB : je n’ai pas vérifié les informations concernant les ancêtres de Claire.

 

LSF

 

Publié dans Généalogie

Ils auraient pu s’appeler scorsonère, miel ou azérole.

 

 

Le calendrier républicain a été utilisé entre le 22 septembre 1792 (1er vendémiaire an I)et le 31 décembre 1806 (10 nivôse an XIII). Pour être plus précise (si j’en crois Wikipédia), le calendrier républicain entre en vigueur le 6 octobre 1793 (15 vendémiaire an II) mais débute le 1er vendémiaire an I, jour de la proclamation de la République.
De même, il est abrogé le 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805) mais le retour au calendrier grégorien se fait le 11 nivôse suivant (1er janvier 1806).

Le calendrier républicain est découpé en douze mois de trente jours chacun, plus cinq jours complémentaires (6 jours les années bissextiles). Ces 5 jours supplémentaires (6 pour les années III, VII et XI) ajoutés en fin d’année sont appelés les « sanculottides ».
Chaque mois est divisé en 3 décades, c’est-à-dire en 3 semaines de 10 jours. Chaque jour d’une décade s’appelle primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et decadi. Les jours complémentaires sont appelés « jour de la vertu », « jour du génie », « jour du travail », « jour de l’opinion », « jour des récompenses », « jour de la révolution ».

Chaque nom de mois rappelle un aspect du climat français (par exemple, nivôse correspond à décembre est fait référence à la neige) ou des moments importants de la vie paysanne (par exemple, vendémiaire correspond à septembre et fait référence aux vendanges). Pour remplacer le nom des saints du calendrier grégorien, le calendrier républicain attribue à chaque jour une plante, un animal, un outil.

Les noms des mois et des jours ont été crées par le poète Fabre d’Églantine avec l’aide d’André Thouin, jardinier du jardin des plantes du Muséum d’Histoire naturelle. En 1796, Louis Lafitte réalise douze dessins pour le nouveau calendrier.
Voyons comment mes ancêtres se seraient prénommés s’ils avaient pris le nom associé au jour de leur naissance.

Mon sosa 88 est né le 8 brumaire an IX (30 octobre 1800). Il se serait prénommé scorsonère (salsifis d’Espagne ou salsifis noir). Plus prosaïquement, il s’appelle André Duault, comme son père.

Mon sosa 90 est né le 8 frimaire an VII (28 novembre 1798). Il se serait prénommé miel. Beaucoup moins original, il s’appelle Julien Fontaine, comme son père.

Mon sosa 95 est née le 28 frimaire an VIII (19 décembre 1799). Elle se serait appelée truffe. Finalement, ses parents la prénomment Madeleine (Tulasne).

Mon sosa 102 est né le 9 messidor an VIII (28 juin 1800). Il se serait appelé absinthe. Ses parents l’appelle Jean (Royer), comme son grand-père paternel.

Mon sosa 117 est née le 14 nivôse an V (3 janvier 1797). Elle se serait appelée grès. Au lieu de cela, elle se prénomme comme sa mère, Madeleine (Boiron).

Mon sosa 120 est né le 22 brumaire an XIII (13 novembre 1804). Il se serait prénommé azérole (petit fruit rouge ou jaune de la taille d’une cerise). Finalement, il s’appelle Louis (Rabier).

Mon sosa 121 est née 3 vendémiaire an VII (24 septembre 1798). Elle se serait prénommée potiron. Mais elle s’appelle comme sa mère, Catherine (Chambon).


Et si vous pensez que personne n’aura pu donner ces prénoms à leur enfants, jetez un œil ici.

 

LSF

Publié dans Au pied de mon arbre...mes débuts en généalogie, Avis de recherches, Généalogie

De l’importance de chercher les fratries et les actes correspondants.

C’est une évidence me direz-vous. Certes, après quelques années de pratique mais quand on débute, c’est loin d’être le cas.

Quand j’ai découvert qu’il ne fallait pas s’arrêter à ses ancêtres…

Tout commence quand j’ai voulu savoir qui étaient les parents de François Montprofit, époux Tessier. Tout naturellement, je suis partie à la recherche de leur acte de mariage, que j’ai trouvé à Pontigné le 26 novembre 1699. Et là, enfer et damnation, le nom de la mère n’est pas indiqué.

Mar_Montprofit_Tessier_Pontigné_1699_p.93
(C) AD 49

Sauf que, à cette époque, je n’étais plus totalement débutante et donc je lisais* les actes BMS dans leur intégralité. Et grand bien m’a pris car parmi les personnes présentes au mariage de leur fils, François, avec Françoise Vaucelle, le 20 juillet 1747 à Clefs, il y avait «Michel Chauvelier oncle de l’époux du côté paternel à cause de Scholastique Montprofit son épouse».

mar Montprofit Vaucelle Clefs 1747
(C)AD 49


François Montprofit, époux Tessier, est donc le frère de Scholastique Montprofit, épouse Chauvelier, or, les parents de cette dernière sont Mathurin Montprofit et Perrine DAVID.

mar enf Montprofit DAVID.jpg
(C)AD 49


C’est donc grâce aux témoins, et aux collatéraux, que j’ai remonté une génération facilement.

 

  • je l’avoue ou pas ? Je ne note toujours pas systématiquement les noms des témoins, quand ils n’ont pas de lien de parenté avéré notamment. Mais je me soigne.
Publié dans De père en fils, Généalogie

Qui est mon numéro binaire 1111101000 ?

Petite analyse de ce numéro binaire 1111101000. Il y a dix chiffres, il s’agit donc d’un ancêtre à la génération 10. D’un ancêtre et non une ancêtre puisque le nombre se termine par un 0 (0=homme, 1=femme). Mais d’un ancêtre du côté de ma grand-mère maternelle puisque que les 2è et 3è chiffres sont des 1 (le 1er chiffre, c’est moi, le 2è chiffre est l’un de mes parents, en l’occurrence, dans l’exemple, ma mère puisque c’est un numéro 1 (1=femme), le 3è chiffre est l’un de mes grands-parents, dans l’exemple, ma grand-mère puisque c’est un numéro 1).

Alors qui est mon numéro binaire 1111101000, autrement dit, qui est mon sosa 1000 ?

La réponse va être rapide, je ne sais pas (encore). Cette branche s’arrête à René Doujée, mon sosa 500, le fils de mon sosa 1000. On peut en conclure que mon sosa 1000 s’appelle Doujée.
René est né vers 1715 puisqu’il décède le 28 janvier 1780 à Saint-Flovier (Indre-et-Loire) à l’âge de 65 ans. Il épouse Marie Carati à une date inconnu dans une commune que je n’ai pas encore identifiée. René et Marie ont au moins un fils, Charles Doujée (sosa 250), né vers 1760.

Comme je ne suis pas hexakosioihexekontahexaphobe, je pourrais aussi chercher quel est mon sosa 666 (mon numéro binaire 1010011010) ? La réponse ne sera pas plus développée, la branche s’arrête au sosa 166, Julien Ehanno. Mon sosa 666 est donc très certainement Breton, puisque Julien Ehanno est Breton, et très probablement un Morbihannais de Plaudren.

Si vous voulez savoir qui est à l’origine de cette question que se posent désormais nombre de généabloggers, allez voir le site de Maïwenn.

 

LSF