Publié dans Généalogie

Se mariait-on vraiment dans la commune de la future mariée ?

Pour répondre à cette question, j’ai fait des statistiques (j’aime bien les statistiques). Je n’ai pris en considération que les mariages pour lesquelles je connaissais la commune du mariage bien sûr, et les communes de naissances des deux mariés.

En ce qui concerne mes parents, on va dire que ça ne compte pas car ma mère ne se marie pas dans la commune où elle est née mais dans celle où elle a vécu 21 ans (sur 23 au moment de son mariage).

Donc, à la génération suivante, j’ai une relation sans mariage, et un mariage dans la commune de la future épouse.

A la génération 4, j’ai un mariage dans la commune de l’épouse et deux mariages dans une commune différents de celles des époux. A la génération 5, j’ai un mariage dans la commune de l’époux, 2 dans la commune de l’épouse, 2 dans une autre commune que celles des époux, 1 mariage dans la commune de l’époux et de l’épouse. A la génération 6, j’ai 2 mariages dans la commune de l’époux, 4 dans la commune de l’épouse, 2 dans la commune de l’époux et de l’épouse, 2 dans une autre commune. A la génération 7, j’ai 2 mariages dans la commune de l’époux, 3 dans la commune de l’épouse, 7 dans la commune de l’époux et de l’épouse, 4 dans une autre commune.

Au total, cela fait 5 mariages dans la commune de l’époux, 12 dans celle de l’épouse, 10 dans une commune identique pour les deux époux, 10 dans une autre commune.

Bon, avec ces statistiques, je ne réponds pas vraiment à la question car, comme c’était le cas pour mes parents, la future épouse pouvait résider dans une commune différente de celle de sa naissance et donc bien se marier dans sa commune.

LSF

Publié dans Généalogie, Qui sont mes ancêtres ?

Des origines tourangelles

Je suis tourangelle.
Effectivement, je suis née en Touraine. Et en plus, je suis née à Tours. Pas à la Clinique du Parc à Chambray-lès-Tours, comme beaucoup de bébés de ma génération, mais à l’Hôpital Bretonneau à Tours.
Je suis tourangelle.

Sauf que si je remonte une génération, ça n’est plus vrai qu’à 50%. En effet, si mon père est né en Touraine, ma mère est poitevine…enfin à 50% seulement car mon grand-père maternel est poitevin mais ma grand-mère maternel est tourangelle.

Donc à la troisième génération, je suis à 67% tourangelle et 33% poitevine.

Si je remonte encore d’une génération, le mélange se poursuit. Côté arrière-grands-parents paternels, pas d’informations pour les parents de mon grand-père, et un père breton et une mère mainoligérienne pour ma grand-mère. Côté arrière-grands-parents maternels, des parents poitevins pour mon grand-père, et un père tourangeau et une mère loirétaine pour ma grand-mère.

Donc à la quatrième génération, je suis tourangelle à 61%, poitevine à 23%, bretonne à 8%, loiretaine à 8%. A noter que mon ancêtre N° 13, Eugénie BOILEAU, est née à Orléans d’un père né dans l’Indre, d’une mère née à Orléans, et qu’elle se marie à La Riche, en Indre-et-Loire, avec un Poitevin.

A la cinquième génération, je ne suis plus tourangelle qu’à 44%, poitevine à 20%, bretonne à 12%, loirétaine à 8%, indrienne à 12%, angevine à 4 %.

A la sixième génération, je suis tourangelle à 39%, poitevine à 16%, bretonne à 14%, loirétaine à 8%, indrienne à 16%, angevine à 4%, deux-sévrienne à 2% (il manque 1% à cause des arrondis).

Ma branche bretonne est morbihannaise et pour l’instant, exclusivement concentrée sur les deux communs d’Elven et de Plaudren. C’est mon arrière-grand-père, Pierre Marie HEMON (sosa 10), qui a quitté sa Bretagne natale et s’est marié avec une Tourangelle, Anne Adrienne DUAULT (en fait, Anne n’est pas une « vraie » tourangelle puisqu’elle est née en Maine-et-Loire mais elle vit en Indre-et-Loire au moment de son mariage).
Pourtant, des Hémon en Touraine, il y en avait avant l’arrivée de mon AGP, et depuis longtemps (mariages à Reignac entre 1667 et 1669, aux Hermites entre 1692 et 1756, à Ligueil en 1731). J’en ai d’ailleurs dans mes ancêtres maternels (Anne Hémond x Gilles Laumosnier, peut-être dans la région de Beaulieu-lès-Loches).
Les patronymes de mes ancêtres bretons sont CONAN, DANO, EHANNO, HEMON, LEBRUN, LEPELTIER, LE PENRÛ, LE THIES, NIO, TREHONDAT.

En ce qui concerne ma branche tourangelle, elle est répartie dans l’Est du département et plus particulièrement dans le Bourgueillois (Bourgueil, Savigné-sur-Lathan, Channay-sur-Lathan, Saint-Nicolas-de-Bourgeuil, Benais, Gizeux, Hommes, Rillé, Restigné, Continvoir) par ma grand-mère paternelle, et au Sud du département, dans le Lochois et le Montbazonais par ma grand-mère maternelle. Certains de mes ancêtres ont des noms typiquement tourangeau, comme Bouhourdin (pour plus de détails, voir ici).

En toute logique, ma branche Ouest tourangelle trouve en partie ses origines en Anjou (sous l’Ancien Régime, cette région appartenait à l’Anjou), du côté de Vernoil-le-Fourrier, Pontigné, Parçay-les-Pins, Noyant, Mouliherne, Courléon, Dénézé-sous-le-Lude, Chavaignes, Breil, Brain-sur-Allonnes, Chalonnes-sous-le-Lude, Clefs. Et sans logique particulière, ma branche Sud tourangelle trouve une partie de ses origines dans l’Indre, du côté de Vicq-sur-Nahon, Géhée, Bouges, Cléré-du-Bois, Luçay-le-Mâle, Obterre, Veuil. Quand je remonte la branche indrienne, j’arrive dans le Loir-et-Cher (Selles-sur-Cher).

Rillé

Vicq

Ma branche angevine est concentrée dans l’Ouest du Maine-et-Loire et vient pour partie du Maine-et-Loire, pour partie de la Sarthe, avec des ancêtres dans les communes de Saint-Jean-de-la-Motte, Clermont, et pour une autre partie de la Touraine (des Angevins, originaires de Touraine, qui retournent en Touraine, la boucle est bouclée)

La branche poitevine, située à Vendeuvre-du-Poitou et ses alentours (Thurageau, Mirebeau) et au Sud de Poitiers (Vaux, Brux, Berthegon, La celle Lesvecaut) commence officiellement avec ma mère mais comme elle a presque toujours vécu en Indre-et-Loire (elle a vécu à Vendeuvre jusqu’à l’âge de 1 ou 2 ans), je la fais débuter avec mon grand-père maternel. C’est avec certains de mes ancêtres poitevins que j’entre dans les Deux-Sèvres, sur les communes de Sainte-Soline, Messé, Rom, et que je reviens dans le Maine-et-Loire, à Mouliherne, en 1685. Jean Royer (sosa 102), né le 9 messidor an 9 à Thurageau, m’a mise sur la piste car il était surnommé l’Angevin.

VendeuvreBrux

Je suis tourangelle…avec des ancêtres tourangeaux, bretons/morbihannais, poitevins, angevins/mainoligériens, indriens, deux-sévriens, loirétains et sarthois.

LSF

Publié dans Légendes et folklore de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Le loup-garou de Marçay

Il y a des ans et des ans que chaque nuit, du soleil couché à l’aube, un fantôme, sous forme d’une bête monstrueuse, courait par la plaine avec des sifflements sinistres.
Chaque fois qu’il entendait ces bruits, le fermier de la Maison Bleue se signait pour conjurer le mauvais sort et écarter de la ferme l’apparition fantomatique. On pensait à quelque seigneur du donjon de Marçay, pillard et voleur, qui avait ravagé longtemps les terres des paysans et dont l’âme, mise à la porte du Paradis, errait en expiation des se péchés.
Agacé d’être harcelé chaque nuit, le maître de la Maison Bleue s’était décidé à chasser le loup-garou, car, suivant une vieille croyance populaire, il fallait tuer le fantôme pour délivrer l’âme de sa peau et lui faire regagner des lieux de repos.
Il se mit en embuscade derrière la haie de sa borderie. Il vit bientôt s’avancer un fantôme vers lui vêtu d’un linceul blanc qui se confondait presque avec le brouillard, épais cette nuit-là. Presque terrifié, le paysan tira un coup de fusil et se sauva chez lui où il s’enferma soigneusement.

Le lendemain matin, dès l’aube, il sortit sans bruit et, à l’insu de tous, chercha à se rendre compte de l’effet du coup de fusil.
Quel ne fut pas son étonnement quand, au lieu du loup-garou, il vit qu’il avait tué une femme couverte d’un linceul banc ! Il évita de conter l’aventure et inhuma secrètement la malheureuse qu’il avait tuée. En réalité, il avait reconnu la châtelaine de Marçay, , qui chaque nuit, courait l’El-brou (1) sous une forme monstrueuse.

Depuis ce temps, la malheureuse châtelaine revient toutes les nuits et son âme continue de hanter la plaine de Marçay.
Quand la tempête mugit, quand le froid cingle, un sifflement aigu qui glace jusqu’à la moelle rappelle la peine de l’âme de la châtelaine en quête de repos, car elle n’a pas été inhumée en terre chrétienne.

(extrait de R. Vivier, J.M. Rougé, E. Millet, Contes et légendes de Touraine, Histoires merveilleuses, éditions Royer-Clio, 1993)

(1) Quand pour un méfait quelconque, un personne a été condamnée à courir l’El-brou, c’est-à-dire le loup-garou, tous les soirs, à la brume, elle deviendra mouton, chien ou loup. Elle courra du soleil couché à l’angélus du matin en bêlant, en jappant, ou bien en hurlant par les chemins et pas les champs. Dès le matin, le coureur d’El-brou redevient lui-même et le soir, par aucun moyen il ne peut s’empêcher de courir pendant le temps déterminé par celui qui lui a jeté un sort. (J.M. Rougé, Le Folklore de Touraine)

 

Publié dans Légendes et folklore de Touraine, Petite histoire de la Touraine

Taille de la vigne

Pourquoi le dicton tourangeau affirme « A la foire, il y a plus d’un âne qui s’appelle Martin » ?

Saint Martin s’en allait sur les chemins de Touraine pour rejoindre l’abbaye de Marmoutier. Il traversait les vignes qui, alors, n’étaient pas taillées. Elles étaient en liane, produisaient de petites grappes acides, desquelles les moines en tiraient un petit vin aigrelet.

A la vue des murs de l’abbaye, saint Martin fit une pause. Il attacha son âne à un piquet qui soutenait un pied de vigne et fatigué, s’allongea pour prendre un peu de repos. L’air était doux, le soleil agréable. Saint Martin s’endormit mais l’âne. Toujours affamé, il brouta toute la vigne que lui permettait sa corde, jusqu’à la dernière feuille.

A son réveil, saint Martin ne put que constater les dégâts. De la vigoureuse liane, il ne restait qu’un trognon. Saint Martin s’en fut  à l’abbaye et confessa aux moines le péché de son âne. Mais l’âne n’a-t-il pas fait plus que n’importe quel humain pour le fils de Dieu ? Il a réchauffé de son souffle chaud le petit Jésus nouveau-né, il l’a porté dans sa fuite en Egypte lorsqu’il était menacé de mort,… Si l’âne fut pardonné, saint Martin aurait eut à faire quelques corvées pour l’abbaye en compensation.

Quel ne fut pas l’étonnement des moines de Marmoutier quand à l’heure venue de la vendange, ils récoltèrent sur les vignes taillées par l’âne de nombreuses et grosses grappes de raisin, juteuses et sucrées, produisant le meilleur vin qu’ils n’avaient jamais bu jusqu’alors. C’est depuis ce temps que la vigne se taille court et que les ânes s’appellent Martin.

N.B. : A en croire une autre légende, les ânes pourraient s’appeler Vincent. En effet, la même mésaventure serait arrivée à saint Vincent, dans le Bugey. Là aussi, son âne profita de l’inattention de son maître pour se régaler de feuilles de vigne. Mais cette découverte de la taille fut mise au profit du saint et non de son âne : les vignerons ont fait de saint Vincent leur patron.

« Dans le temps, en Touraine, on ne taillait point la vigne. Elle poussait toute seule. Et, vous autres, vous ne savez pas par qui elle fut taillée en premier ? _ Eh bin, c’est par…un âne ; oui, c’est acement bin sûr !!! et j’en paris une pinte de bon vin pour vous en faire une de bon sang !
Y avait, autefoué, un mouéne de ,Saint-Martin qui m’nait soune âne au champ. Et v’là qu’un jour c’t’âne s’est-i point échappé, et v’là-t-i pas qu’il a brouté eune veugne ! nom de l’là d’bon d’là !
Et v’là-t-i pas queu c’teue veugne a s’est asurvengée, alle a ameuné bin pu d’reuzins que ses vouézines ! Z’alors les gas, y z’ont dit : « J’allons pendiment couper l’boute de toutes leus varges… » Et v’là c’ment que la taille deu la veugne a fut t’appri aux hoummes d’boune volonté pâ’ un âne… »

(extrait de J.M. Rougé, Folklore de la Touraine, Arrault, 1947)

LSF