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10 livres sur Tours et la Touraine

1386 cm…13,86 m, c’est (approximativement) la distance que feraient tous mes livres s’ils étaient mis bout à bout ! Bon, rangés dans une bibliothèque, ça ne fait plus que 2,94m. Mais quand même, il faut les trouver les 3 m de mur. Et sur ces 3 m, 84 cm (4,92 m linéaire) sont dédiés à Tours et la Touraine.

Ma bibliothèque personnelle est loin d’être complète, tant par le nombre limités d’ouvrages que je possède (par rapport à la multitude éditée), que par les références qu’il me reste encore à acquérir. Mais j’ai sélectionné quelques livres, dont le sujet m’intéresse, que je lis souvent, ou qui me servent de référence dans mes recherches généalogiques. Lire la suite de « 10 livres sur Tours et la Touraine »

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Foiny, aviateur

Le dernier raid de l’adjudant-chef Jean Foiny

19 mai 1925 Peu de temps après avoir décollé de l’aérodrome de Parçay-Meslay pour reconquérir la coupe Zenith, l’adjudant-chef Jean Foiny, pris dans le brouillard, s’écrasait à quelques kilomètres du terrain après avoir fait demi-tour.

 

A la sortie de la Monnaie, dans la direction de Tours, sur la droite. Un monument rappelle qu’ici, aux Belles-Ruries, le 19 mai 1925, l’adjudant-chef aviateur Jean Foiny et son mécanicien Jean Foucher, ont trouvé la mort. L’adjudant-chef Foiny appartenait au 31e régiment d’aviation de Parçay-Meslay, comme Jean Foucher, un conscrit bordelais qui l’accompagnait. Ce matin-là, ils ont décollé à 4 h 28’27’’, dans le brouillard. L’heure est précise. Jean Foiny partait pour reconquérir la coupe Zenith, une épreuve réservée aux militaires dont il avait pris la tête en 1924, et des chronométreurs de l’Aéro-Club de France – MM. Deslis et Baconnier – étaient présents pour donner le signal du départ.

Au-dessus de Monnaie, à quelques kilomètres du terrain de Parçay-Meslay, l’adjudant-chef Foiny a décidé de faire demi-tour. Les habitants de Monnaie ont entendu l’avion. Brouillard ou ennuis de moteur, le pilote a cherché  à regagner son terrain. Il n’est pas allé loin. Après avoir touché un chêne de la forêt qui sépare le château des Belles-Ruries de la route, l’avion s’est écrasé dans une allée forestière, l’allée des Chasseurs. Les débris de l’appareil et les corps n’ont été découverts que deux heures plus tard par le jardinier du château.

Jean Foiny s’est fait un nom  dans l’aviation, enchaînant, sous les couleurs du 31e régiment d’aviation de Tours, meetings et compétitions. Il est né le 8 août 1890 à Niherne, dans l’Indre (ouest de Châteauroux), était menuisier-ébéniste à Tours avant la guerre. C’est au cours de celle-ci qu’il a découvert l’aviation après avoir été blessé dans l’artillerie coloniale (trois doigts écrasés). Il est élève pilote le 1er juin 1917,  avant de passer successivement par Dijon, Chartres, Châteauroux et Avord. Il est breveté le 16 août 1917 (brevet 8.143). Une formation qui ne se fait pas sans heurt. En effet, à Avord, Jean Foiny écope de huit jours de prison pour « être rentré au réfectoire avant l’heure par la porte servant à la distribution du thé ». On ne badinait pas avec la discipline à Avord.

Le 20 octobre 1917, il est de revue pour la visite du sous-secrétaire d’État à l’aéronautique, au cours de laquelle est lue la dernière citation de Georges Guynemer. Une tradition reprise depuis, chaque 11 septembre, date de la disparition de l’as français. Après son passage à la division Paul Schmitt, Jean Foiny est allé, comme tous les pilotes, au Groupement des divisions d’entraînement (GDE).  Jusqu’à son affectation à l’escadrille Sop 229, le 8 décembre 1917. Le 5 janvier 1918, il touche son premier Sopwith, le n°2525. Lui, l’ancien artilleur, fait beaucoup de réglage d’artillerie. En mai, le 5, il est transformé sur Breguet 14. Le sien est le n°2639.

Prisonnier de guerre

A ses obsèques, Jean Cournot, son chef à l’escadrille Br 229, a rappelé le dernier combat de Jean Foiny. « L’escadrille Br 229 était revenue à Verdun au début de septembre 18, comme soutien de l’armée américaine, rapporte la Dépêche. Là, après de multiples missions sur Charleville, Sedan et Briey, le 16 septembre, Foiny qui était parti plein d’ardeur en reconnaissance photographique dans la région de Metz accompagné de l’observateur mitrailleur Kackelbecker, fut attaqué dans ce secteur par la célèbre escadrille des “ Tangos ” .

« Foiny et son passager se battirent comme deux lions. Au bout de vingt minutes d’un combat désespéré, le vaillant pilote eut son mitrailleur très grièvement blessé et son avion criblé de balles. Une nouvelle rafale vint déchirer le réservoir de son appareil, casser l’hélice et briser le palonnier. Jouant le tout pour le tout, Foiny chercha à rentrer dans un des appareils ennemis mais les Allemands se dérobèrent devant une telle bravoure.

« Foiny fut contraint d’atterrir sous les balles, à Ozenailles, près d’Etain. Comme son observateur gisait dans la carlingue, une jambe et un bras déchiquetés, il lui fut impossible d’incendier son appareil mais il ne l’abandonna aux Allemands qu’après avoir brisé, toujours sous le feu de l’ennemi, tous ses appareils de bords et ses appareils photographiques. » Le sergent Foiny fut alors fait prisonnier. Pour mieux s’évader.

Après un passage à Dijon après guerre, il est affecté au 31e régiment d’aviation de Tours en 1920. Moniteur et réceptionneur, il a notamment formé un autre grand pilote de raid du 31e régiment d’aviation, le capitaine Victor Lassalle qui trouvera la mort en 1929, au cours d’une tentative de raid entre Paris et l’Indochine. L’adjudant Foiny a été victime de plusieurs accidents. Le 6 décembre 1920, il est victime d’une panne au décollage en rentrant du meeting de Loches auquel il participait à titre privé. L’année suivante, le 8 mars, une collision entre son avion et celui de son élève, le lieutenant Fabron, aboutissait à la mort de cet officier. Tout au long de sa carrière, Jean Foiny n’a pas hésité à voler dans les meetings. En 1924, il a notamment participé au concours des avions de tourisme, sur un Potez VIII, avec les plus grands pilotes civils de l’époque (Fronval, Lasne, Adrienne Boland, etc.)

La Military Zenith

Le 12 août 1922, Jean Foiny a déjà effectué un long raid de 2.000 kilomètres en France : Tours – Paris – Dijon – Lyon – Istres – Pau – Tours, en 14 h 12 min. de vol. Il pilotait un Breguet 14, moteur Renault 300 HP, accompagné d’un mécanicien, le sergent Belin. La même année, le 13 novembre, à l’occasion du Grand Prix des avions de transport, il remporte le « Military » en couvrant les quarante kilomètres du circuit en 14 min 3 s.

En juillet 1924, Jean Foiny prend donc la tête de la seconde édition  de la Military Zenith. Cette épreuve s’est courue sur le même circuit que la première édition : Paris – Metz–Strasbourg–Dijon–Lyon–Châteauroux–Tours–Paris soit 1.495 kilomètres à couvrir deux fois avec atterrissage obligatoire dans chacune de ces villes. L’épreuve a débuté en juin 1924 pour prendre fin en juin 1925 avec une trêve hivernale allant du 15 octobre au 15 mars. Une seule modification a été apportée pour la seconde édition, elle concerne la façon de prendre le temps à l’arrivée. Au lieu de stopper ter le chrono quand l’avion est complètement arrêté, moteur calé, le temps est pris quand l’avion franchit une ligne d’arrivée. Ce changement est destiné à éviter les accidents à l’atterrissage, car des concurrents, pour gagner du temps, ont atterri hélice calée et souvent le vent dans le dos.

Jean Foiny n’est pas parti seul. L’accompagne dans cette tentative, un autre pilote du 31e régiment d’aviation, le lieutenant Gonnet. Parti à 3 h 51 du matin, Foiny est revenu à Tours à 11 h 37 au terme de se première boucle. Il casse un essieu à l’atterrissage mais peut repartir. A 20 h 12, il en termine avec son périple. Avec une moyenne de 171,690 km/h, il devance le colonel Vuillemin qui avait la meilleure moyenne jusque-là : 166,179 km/h. Quant au lieutenant Gonnet, il a abandonné à l’issue du premier tour pour un problème de soupapes. L’adjudant-chef Foiny a disputé cette épreuve sur son avion d’arme, un Potez 15 A2. C’est avec ce même avion qu’il prend part à le coupe Lamblin, le 28 juillet. Son parcours, Paris – Lyon – Istres – Lyon – Paris. Là encore, il obtient le meilleur temps, devançant, de quatre minutes, le lieutenant Léon Challe (Nieuport-Delage 29), parti peu avant lui. Un succès qu’il doit à son talent mais aussi au règlement. Foiny a droit, en effet, de soustraire cinq minutes à sa performance pour avoir emmené un passager, Guinot, son mécanicien.

Record du monde

Jean Foiny a connu son jour de gloire en novembre 1924 lorsque, sur le circuit entre les pylônes de Villesauvage (Étampes) et La Marmagne (Gidy, au nord d’ Orléans), il a battu deux records du monde sur 500 kilomètres, avec 250 et 500 kg de charge à près de 200 km/h (195,987 exactement). Là encore, il a utilisé son avion d’arme, le Potez 15 A2 (moteur Lorraine de 400 ch, radiateurs Lamblin, hélice Merville). En 2 h 31 min 51 s 2/5 (moyenne de 196,987 km/h), il a repris le record à l’Américain R. Lockwood sur DH 4-L (180,805 km/h).

Jean Foiny a été inhumé à Châteauroux. Il était marié et père de trois enfants. Une rue de Tours porte son nom, mais pas son grade véritable puisqu’il était adjudant-chef et non adjudant.

Un mois après sa mort, en juin 1925, la coupe Military Zenith était remportée par un pilote encore peu connu, Henri Guillaumet.

 

Source : http://aeroplanedetouraine.fr/foiny/

 

LSF

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Contes de Touraine

Si vous aimez les histoires au coin du feu lors des longues nuits d’hiver, voici un conte qui ravivera vos souvenirs d’enfance.

« Une fois il y avait une fillette en condition dans la campagne qui entendit parler que sa grand-mère était malade ; elle se mit en chemin le lendemain, pour l’aller voir ; mais quand elle fut bien loin, à une croisée de chemins, elle ne savait pas lequel prendre. Elle y rencontra un homme bien laid, conduisant une truie, et à qui elle demanda son chemin, lui disant qu’elle allait voir sa grand-mère malade. Il faut aller à gauche, lui dit-il, c’est le meilleur et le plus court chemin, et vous serez vite rendue. La fillette y alla ; mais le chemin était le plus long et le plus mauvais, elle mit longtemps pour arriver chez sa grand-mère, et c’est avec beaucoup de peine qu’elle s’y rendit très tard. Pendant que la petite Jeannette était engagée dans les patouilles du mauvais chemin, le vilain homme, qui venait de la renseigner mal, s’en alla à droite par le bon et court chemin, puis il arriva chez la grand-mère longtemps avant elle. Il tua la pauvre femme et il déposa
son sang dans la mette (huche) et se mit au lit. Quand la petite arriva chez sa grand-mère, elle frappa à la porte, ouvrit, entra et dit : Comment allez-vous, ma grand-mère ?
– Pas mieux, ma fille, répondit le vaurien d’un air plaintif, et contrefaisant sa voix : As-tu faim ?
– Oui, ma grand-mère, qu’y a-t-il à manger ?
– Il y a du sang dans la mette, prends la poêle et le fricasse, tu le mangeras. La petite obéit. Pendant qu’elle fricassait le sang, elle entendait du haut de la cheminée des voix comme des voix d’anges qui disaient :
Ah ! la maudite petite fille qui fricasse le sang de sa grand-mère !
– Qu’est-ce qui disent donc, ma grand-mère, ces voix qui chantent par la cheminée ?
– Ne les écoute pas, ma fille, ce sont des petits oiseaux qui chantent leur langage; et la petite continuait toujours à fricasser le sang de sa grand-mère, Mais les voix recommencèrent encore à chanter : Ah ! la vilaine petite coquine qui fricasse le sang de sa grand-mère !
Jeannette dit alors. Je n’ai pas faim, ma grand-mère, je ne veux pas manger de ce sang-là. Hé bien ! viens au lit, ma fille, viens au lit. Jeannette s’en alla au lit à côté de lui.
Quand elle y fut, elle s’écriat :
Ah ! ma grand-mère, que vous avez de grands bras ?
– C’est pour mieux t’embrasser, ma fille, c’est pour mieux t’embrasser.
– Ah ! ma grand-mère que vous avez de grandes jambes ?
– C’est pour mieux marcher, ma fille, c’est pour mieux marcher.
– Ah ! ma grand-mère, que vous avez de grands yeux ?
– C’est pour mieux te voir, ma fille, c’est pour mieux te voir.
– Ah ! ma grand-mère, que vous avez de grandes dents ?
– C’est pour mieux manger ma fille, c’est pour mieux manger.
Jeannette prit peur et dit :
Ah ! ma grand-mère, que j’ai grand envie de faire ?– Fais au lit, ma fille, fais au lit.
– C’est bien sale, ma grand-mère, si vous avez peur que je m’en aille, attachez-moi un brin de laine à la jambe, quand vous serez ennuyée que je sois dehors, vous le tirerez et vous verrez que j’y suis, ça vous rassurera.
– Tu as raison, ma fille, tu as raison.
– Et le monstre attache un brin de laine à la jambe de Jeannette, puis il garda le bout dans sa main. Quand la jeune fille fut dehors, elle rompit le brin de laine et s’en alla. Un moment après la fausse grand-mère dit : As-tu fait, Jeannette, as-tu fait ? Et les mêmes voix des petits anges répondirent encore du haut de la cheminée : Pas encore, ma grand-mère, pas
encore ! Mais quand il y eut longtemps ils dirent : c’est fini. Le monstre tira le brin de laine, mais il n’y avait plus rien au bout.
Ce mauvais diable se leva tout en colère et monta sur sa grande truie qu’il avait mise au tet (toit) et il courut après la jeune fille pour la rattraper ; il arriva à une rivière où des laveuses lavaient la buie (buée). Il leur dit :
Avez-vous vu passer fillon fillette,
Avec un chien barbette (barbet)
Qui la suivette (suivait).
– Oui, répondirent les laveuses, nous avons étendu un drap sur l’eau de la rivière et elle a passé dessus.
– Ah ! dit le méchant, étendez-en donc un que je passe.
Les laveuses tendirent un drap sur l’eau et le diable s’y engagea avec sa truie qui enfonça aussitôt, et il s’écria : Lape, lape, lape, ma grande truie, si tu ne lapes pas tout, nous nous noierons tous deux. Mais la truie n’a pas pu tout laper, et le diable s’est noyé avec sa truie, et fillon fillette fut sauvée. »

Ce conte de tradition populaire a été collecté en 1885 auprès de paysans tourangeaux par M. Légot (Revue de l’Avranchin, 1885).

(source : texte emprunté au site Les Almanachs des Terroirs de France ;

Image : George Frederic Watts)

 

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Le chêne de l’Effondrée

Septembre 1619, un grand événement se préparait à Montbazon et à Couzières. Sous l’influence de Richelieu, la reine mère MARIE DE MEDICIS, sortie de son exil imposé par le roi LOUIS XIII, son fils, se rendit en Touraine en vue d’une réconciliation avec ce dernier.

Hercule DE ROHAN, Duc de Montbazon, proposa son château de Couzières pour cette entrevue secrète. Parmi les seigneurs figurait un jeune et élégant chambellan du roi, Yves de KARVANEC. Sa fiancée, Renée du BREIL, demoiselle d’honneur de Marie DE MEDICIS, était arrivée au donjon de Montbazon.

Ce jeune homme plein de fougue souhaitait retrouver sa fiancée. Une nuit, il scella son cheval et se dirigea de Couzières vers le château de Montbazon. Mais pour cela, il fallait franchir le ruisseau du MARDEREAU, peu profond mais entouré de marécages. Le jeune cavalier n’a jamais rejoint sa belle.

L’année suivante, un laboureur nommé GAYGNIER passait sur le ponceau du Mardereau (passage en guise de petit pont), surpris par une odeur nauséabonde qui émanait des roseaux, il découvrit le cadavre d’un jeune homme et celui d’un cheval. Il décida de planter un jeune chêne face au marais fatal.

Dans les temps jadis, il était dit que par les belles nuits de septembre, le fantôme d’un cavalier passait silencieusement près du chêne. Ce lieu où disparu Yves de KARVANEC portera le nom de l’EFFONDRÉE. Vérité ou belle légende romantique ?
Au centre bourg de Veigné, empruntez la rue Jules FERRY vers Montbazon, sur votre droite, avant le petit pont Saint Joseph, vous verrez ce chêne qui, malgré son grand âge, donne encore de l’ombrage aux promeneurs.

(source : Mairie-Veigné)

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