Publié dans De père en fils, Généalogie

« Hommage à cet homme qui ne m’a pas conçue… »

Voilà comment commence la lettre que ma grand-mère a écrite à son père d’adoption.

Ma grand-mère est née en 1925 à Sorigny. Ses parents, Henri Eugène Bulot, né le 10 avril 1892 à Thilouze (Indre-et-Loire) et  Marie Alphonsine Georgette RABIER, née le 02 août 1900 à Saint-Branchs (Indre-et-Loire), se marient le 02 juin 1923 à Saint-Branchs mais divorcent quelques années plus tard, vers 1930/31. Marie se remarie vers 1931 avec Louis BOUTIN, de 22 ans son aîné. Cette deuxième union est brève puisque Louis meurt en 1939, à l’âge de 71 ans.

J’ai fait des recherches généalogiques sur cet homme, que ma grand-mère appelait « papa Boutin ». Je suis partie de ce que ma grand-mère savait : il était veuf d’une certaine Legeard…et j’ai trouvé des ancêtres sur plusieurs générations. De son côté, ma grand-mère avait fait elle aussi des recherches ; elle avait appris qu’il avait été Conseiller municipal de la ville de Sorigny de 1908 à 1939, date de son décès (dernière réélection en 1936) et le premier Président de la laiterie coopérative de Sorigny (fondée vers 1906 par Jules Meunier), dont il quitte la fonction vers 1924, suite aux malversations commises par le Directeur.

Ma grand-mère n’a pas connu Louis Boutin très longtemps, 8 ans tout au plus, mais elle l’a aimé comme son propre père, en témoigne la lettre qu’elle lui écrit des années après qu’il soit mort. J’ai hésité à publier cette lettre ; ma grand-mère nous a quitté récemment, trop récemment pour que je ne sois pas émue aux larmes. Bizarrement, égoïstement même, j’éprouve l’envie de garder cela pour moi, comme un dernier moment partagé avec elle, sans les autres. Et aurait-elle aimé voir ses réflexions exposées ainsi ? J’ose croire que oui puisqu’elle voulait laisser une trace de Louis. Finalement, après de longs moments de réflexion, j’ai décidé de publier des extraits de cette lettre…pour moi aussi, rendre hommage à cet homme que je n’ai pas connu et à « ma petite mamie ».

« Homage à cet Homme, qui ne m’a pas conçue mais dans mon cœur, il a été et sera toujours Mon Papa, celui qui a disparu trop tôt de ma vie, celui qui a plus donné que reçu car tu nous aimais Georges et moi, comme un vrai papa aime ses enfants. […]

Cet instant est resté à jamais dans ma mémoire, ainsi que nos petits déjeuners ensemble, avant mon départ pour l’école ; tu allumais le feu dans la cheminée et tu préparais la tartine de rillette. Tant de petits riens qui font la vie de chaque jour plus agréable.

J’ai souvenance de ton savoir intellectuel et manuel, car tes mains savaient faire tant de besogne. […]

[…] cela me navre de penser qu’après moi, il n’y aura plus rien de toi. […] Je me souviens de ta tendresse, mais aussi de ta souffrance dans ce mal qui t’a rongé jusqu’à ton dernier souffle de vie. […]

Papa : j’aurai tant voulu rencontrer dans ma vie de femme solitaire, un homme de ta valeur. […] »

Louis Boutin est décédé, emporté par un cancer, le 1er mars 1939, ma grand-mère l’a rejoint en février 2015.

Si je ne peux pas dater cette lettre avec certitude, il est probable qu’elle a été écrite au moment où ma grand-mère effectue ses recherches, en septembre 1985. Ce dont je suis sûre, c’est qu’elle date d’après 1973. En effet, ma grand-mère parle de sa vie solitaire, or, elle devient veuve le 28 novembre 1973 (un bien triste anniversaire pour elle que celui de ses 48 ans) et ne se remariera pas.

 

 

LSF

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