Publié dans Légendes et folklore de Touraine

Les origines bibliques de la Touraine ou pourquoi le Tourangeau est pacifique et la Touraine est le jardin de la France

Alfred de Vigny (1797-1863) a écrit : « bons Tourangeaux, simples comme leur vie, doux comme l’air qu’ils respirent, et forts comme le sol puissant qu’ils fertilisent. » Si l’on en croit une légende tourangelle, le caractère placide des habitants remonterait à l’époque de Noé.

La Touraine et la Loire ont gardé le nom de Tourânn, bel homme aux yeux bruns, fils de Japhet, petit-fils de Noé, et celui de Lygère, la femme blonde de Tourânn. Lorsque Noé ordonna à ses petits-fils d’aller peupler les régions éloignées, c’est dans le pays de l’actuelle Touraine que les deux émigrants choisirent de s’arrêter, séduits par le charme et la douceur de la région. Tourânn et Lygère avaient reçu du patriarche un « oignon merveilleux du paradis » , qui, planté en bonne terre, devait donner naissance à une population harmonieuse sur une terre enjolivée de fleurs. Ils avaient également reçu de Sem un anneau de turquoise. Qui le porterait serait rusé comme le renard, réussirait dans le commerce et deviendrait riche.

De Cham, ils avaient reçu un anneau de cornaline ; qui le porterait aurait la force du buffle, serait un conquérant par sa force et ses armes. Il se trouva, qu’ayant posé les trois présents sur le sol, l’oignon germa et les pousses traversèrent les deux anneaux. Ainsi les Tourangeaux nés de l’oignon miraculeux ne possédèrent ni le don du commerce, ni celui des armes…mais sont pacifiques et bons cultivateurs !

La Touraine est donc devenue un jardin gracieux ; depuis, on le nomme « jardin de la France » .

(Extrait du Folklore de Touraine, dictionnaire des rites et coutumes)

(sources bibliographiques : – Jacques Feneant, Maryse Leveel, Le Folklore de Touraine, dictionnaire des rites et coutumes, C.L.D., Chambray-lès-Tours, 1989
– R. Vivier, J.M. Rougé, E. Millet, Contes et légendes de Touraine, Histoires merveilleuses, éditions Royer-Clio, 1993)

Publié dans Petite histoire de la Touraine

La Touraine et les Tourangeaux vus d’ici et d’ailleurs

Pour ceux qui sont déjà venus dans ma Touraine natale, savez-vous ce qu’on dit de la Touraine et de ses habitants ? Plongez, quelques instants, dans la mémoire de certains d’entre nous.

« Honte à qui n’admirerait pas ma joyeuse, ma belle, ma brave Touraine, dont les sept vallées ruissellent d’eau et de vin. » (extrait de Balzac, Deux Amis). Le meilleur louangeur de la Touraine est sans conteste Honoré de Balzac ! Né à Tours le 1er prairial an VII [20 mai 1799] au 25 rue de l’Armée d’Italie [39 rue Nationale, aujourd’hui disparu], il se considère comme un véritable Tourangeau, qu’importe que sa famille paternelle soit d’origine albigeoise et sa famille maternelle d’origine parisienne. Dans plusieurs de ses romans, il écrit son affection pour sa Touraine. Pour preuve, « Tours a été et sera toujours les pieds dans la Loire [les inondations de 1846, 1856 et 1866 lui donneront raison, en témoignent les 150cm d’eau place Jean Jaurès], comme une jolie fille qui se baigne et joue avecque l’eau, faisant flic flac en fouettant les ondes avecque ses mains blanches ; car elle est rieuse, rigolleuse, amoureuse, fresche, fleurie, parfumée mieux que toutes les autres villes du monde qui ne sont pas tant seulement dignes de lui peigner les cheveux, ni de lui nouer sa ceinture. » (Balzac, Contes Drolatiques, 1832-1837)
Contrairement à Balzac et bien que né à Loches le 7 germinal an V [27 mars 1797], Alfred de Vigny ne manifeste guère d’attachement à sa province natale, qu’il quitte très jeune et dans laquelle il ne revient qu’en touriste. Il écrira pourtant : « bons Tourangeaux, simples comme leur vie, doux comme l’air qu’ils respirent, et forts comme le sol puissant qu’ils fertilisent. On ne voit sur leurs traits bruns ni la froide immobilité du Nord, ni la vivacité grimacière du Midi ; leur visage a, comme leur caractère, quelque chose de la candeur du vrai peuple de Saint-Louis. » (Vigny, Cinq Mars, 1826).
Et l’image d’affabilité des Tourangeaux n’est pas née d’hier puisque le moine Jean de Mamoutier disait déjà au XIIIème siècle : « On connaît les Tourangeaux pour des hommes fidèles à leurs promesses, modestes, affables, adonnés aux belles lettres, mesurés dans leurs paroles, persévérants dans leur travail, bienveillants dans leurs vœux, courageux contre l’ennemi, célèbres au pugilat…». Quant aux femmes, « A les contempler, les yeux de tous sont captivés, et la chair trésaille de désir ».
Mais Vaysse de Villiers ne semble pas sensible aux charmes de Tours, pour qui « Tout, jusque là, annonce une des plus belles villes de France ; mais il ne faut pas pénétrer dans l’intérieur, si l’on ne veut pas voir l’une des plus vilaines. » (1818) Stendhal non plus d’ailleurs. Ils voient les Tourangeaux comme des « barbares », des « monstres provinciaux », habitant dans une ville « fort mal bâtie », balayée par « un vent du nord exécrable » et dotée d’un « manque absolu de physionomie » (Stendhal, Mémoires d’un touriste, 1838). Peut-être ont-ils eu vent de l’histoire de ce malheureux Louis Secrétain, le seul condamné à mort de France à être bouilli vif…enfin presque. Mais ça, c’est une autre histoire.
Et que dire de la gastronomie tourangelle ! N’a-t’elle pas fait oublier que François Rabelais, né à la Devinière près de Chinon, avant d’être un épicurien comme son géant Gargantua, était un prêtre, un médecin, un botaniste et un écrivain reconnu. Parmi les mets alléchants de la ville, « Les célèbres rillettes et rillons de Tours formaient l’élément principal du repas que nous faisions au milieu de la journée […] Ils se pourléchaient en vantant les rillons, ces résidus de porc sautés dans sa graisse et qui ressemblaient à des truffes cuites. » (Balzac, Le Lys dans la vallée, 1836) Pour les plus gourmands, vous pouvez aussi déguster les nougats de Tours ou les macarons de Cormery, la géline de Touraine ou le coq au vin de Chinon, l’andouillette au Vouvray, les fouaces, le fromage de chèvre de Sainte-Maure AOC, la galette bourgueilloise et avec modération, les vins AOC de la région. Mais le tourisme culinaire n’est pas le seul à attirer les étrangers.
« Il y avait à Tours beaucoup d’Anglais -cela est obligatoire à dire- tant pour jouir de l’heureux climat du jardin de la France que pour y pendre le langage le plus pur. » (Boylesve, Melle Cloque, 1899). René Boylesve, né à La Haye-Descartes en 1899, ne fait que perpétuer une tradition déjà bien ancrée dans l’imaginaire collectif, tout comme Vigny qui dit des Tourangeaux que « leur langage est le plus pur français, sans lenteur, sans vitesse, sans accent ; le berceau de la langue française est là. » (Vigny, Cinq Mars, 1826) Déjà en 1616, un jeune étudiant allemand Johan Zinzerling publie le récit de son voyage en France, Itinerarium Galliae et écrit au sujet du Val de Loire : « Le français que l’on parle en ce pays est extrêmement pur, non seulement en ville mais dans la campagne et les bourgs voisins. ». Tout le monde aura donc compris « Quanque on cré voler, la pleume vous tombe on trove tojou eune endrette pou ponde, la grousse affaie, c’est d’avouère l’oeu ! ».
Publié dans Légendes et folklore de Touraine

Un mois, un dicton

JANVIER

  • Si les mouches dansent en janvier, garde bien ton foin au grenier.
  • Les jours allongent aux Rois d’une aiguillée d’soie, à la sainte Luce (17 février), d’un saut de puce.

FEVRIER

  • S’il fait beau à la Chand’leur, on voit ben sortir le leur (la loutre).
  • Pluie de février, vaut jus de fumier (ou remplit le grenier).
  • Vin soutiré en février, est toujours bien clarifié.

MARS

  • Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars.
  • Quand y tonne en mars, serre tes bussards (range tes tonneaux de vendange).

AVRIL

  • Quand Pâques marine, c’est peste ou famine.
  • Quand il pleut le Vendredi Saint, la pluie apaise les gelées.
  • Quand il ne pleut pas le Vendredi Saint, ils n’y a pas de gelées pendant la lune rousse (les Saints de glace).
  • Bourgeon qui pousse en avril, met peu de vin en baril.
  • Quand il tonne en avril, vigneron prépare ton baril.
  • Quand il pleut à la saint Georges (23 avril), saint Georges cueille les cerises et saint Marc vend ce qui reste.

MAI

  • Quand il pleut le premier mai, les vaches perdent moitié de lait.
  • En mai, blé et vin naît.

JUIN

  • Eau de la saint Jean ôte de vin, et ne donne pas de pain.
  • Pour avoir une « bonne vinée », que la saint Jean se trouve « secouée »

JUILLET

  • A la Madeleine (22 juillet), les noix sont pleines.

AOÛT

  • Qui dort en août, dort à son coût.
  • Quand il pleut en août, il pleut miel et bon moût.
  • Si la journée du 6 août est sèche, l’hiver sera sec.
  • S’il pleut à la Saint Georges, jour de la Bonne-Dame Neiges, ou s le temps est couvert, il y aura un hiver humide ou neigeux.

SEPTEMBRE

  • A la bonne Dame de septembre, tout fruit est bon à prendre.
  • Etoiles filantes en septembre, tonneaux débordants en novembre.

OCTOBRE

  • Entre saint Michel (29 septembre) et saint François (4 octobre), prends ta vendange telle qu’elle est.
  • Si saint Gall (16 octobre) coupe le raisin, mauvais signe pour le vin.

NOVEMBRE

  • A la saint Matheurin, boué l’vin et léesse l’iau pou l’moulin = A la saint Mathurin, début novembre, la vendange est terminée et la vin nouveau peut être bu.
  • A la sainte Catherine (25 novembre), tout bois prend racine.

DECEMBRE

  • Noël au tison, Pâques au balcon. Noël au pignon, Pâques au tison.
  • Entre la Noël et les Rois, sur le temps de tous les mois.

 

LSF

 

Publié dans Avis de recherches

Mariage Tulasne / Bodeau

Quasiment depuis le début de mon aventure généalogique, je cherche le mariage d’André Tulasne et d’Anne Bodeau (sosa 190 et 191). Lui est né à Cléré-les-Pins (Indre-et-Loire), elle est née à Savigné-sur-Lathan (37), ils sont décédés à Channay-sur-Lathan (37), et leurs enfants sont nés à Channay-sur-Lathan entre juillet 1795 et  mai 1805. J’ai épluché les tables décennales ainsi que les relevés de mariages entre 1780 et 1795 sur une quarantaine de communes tourangelles et sur une dizaine de communes angevines. A ce jour, ce mariage reste introuvable.