Publié dans Challenge AZ, Challenge AZ 2016

D comme…Déribouliner

« Tire la chevillette et la bobinette cherra ». Cette célèbre phrase de Charles Perrault dans Le Petit Chaperon rouge explique comment ouvrir le verrou de Mère-grand : il faut retirer une petite cheville de bois (la chevillette) qui maintient une sorte de loquet (la bobinette) qui, après cette manipulation, choit (cherra au futur), c’est-à-dire tombe et permet ainsi l’ouverture de la porte.
En Touraine, on aurait pu dire « tire la bobinette et la chevillette virera la pelote ». Si en plus, la bobinette était tombée en tournant, on dirait dit elle fera « vire-marion ».
Mais on pouvait cheuter (tomber) de façon plus brutale, en dévalant une pente par exemple. Et là, le parler tourangeau comporte une foultitude de  termes : déribouliner, dérabouliner, débouliner, dérabouler, dérabouloter, débouloter, décrabouler, décrabouliner, dégrabouliner, dégibouler, déribouler. Tous ces mots veulent dire, à quelques nuances près, dégringoler en tournant sur soi-même aussi vite que le ferait une boule, que ce soit au sens propre ou au sens figuré. « Le seille d’iau a débouliné dans l’chemin du côtiau. » (dommage, y’a plus qu’à descendre le chercher !), « Il a déribouliné de son lite. »
On peut également tomber « tout court ». Dans ce cas, les Tourangeaux employaient le verbe dépoter*, « il a dépoté d’la charrette » .

 

*autre sens : dire n’importe quoi parce qu’on perd un peu la tête en vieillissant.

 

 

4 commentaires sur « D comme…Déribouliner »

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